LES FRANÇAIS
ITALIANISAINTS
II
YS \
LES FRANÇAIS
ITALIANISANTS
AU XVr SIÈCLE
Par Emile PICOT
MEMBRE DE l'iNSTITUT
TOME SECOND
PARIS
HONORÉ CHAMPION, LIBRAIRE-ÉDITEUR
5, quai Malaquais (VI^)
/
1907
. XXII
ALEXANDRE DE LA SALLE
On a vu précédemment' le nom d'Alexandre de La Salle
associé à celui de François Perrot au bas de deux lettres
adressées à Pietro Aretino. Quel était ce personnage et à
quelle famille appartenait-il? Il ne nous a pas été possible de
trouver la réponse à cette question. Le nom de La Salle est
répandu dans presque toutes les provinces, soit comme nom
de famille, soit comme nom de terre ; mais nous ne le voyons
porté par aucun Alexandre ayant joué un rôle au xvp siècle.
L'hypothèse la plus naturelle est de rattacher l'étudiant de
Bologne à Claude de La Salle, licencié es lois, avocat au
Parlement de Paris, que le roi Charles VIII voulait, à la fin de
Tannée 1491, pourvoir d'un office de conseiller à la même
cour^ et qu'il fit entrer au grand conseil en ii98 ^ Il est
surprenant que les recueils manuscrits de la Bibliothèque
nationale ne contiennent pas de documents généalogiques
relatifs à ce personnage. Il pouvait être apparenté avec
François, Henri et Jean-François de La Salle, qui étudiaient à
Pavie en 1189, et qui prirent part le 4 juillet à l'élection du
recteur". Les parlementaires de la fin du xv° siècle tenaient
1. Tome I, pp. 331-334.
2. Lettres de Charles VIII, publiées par P. Pélicier, III, p. 200.
3. Félibieii, Histoire de la ville de Paris, III, p. 569.
4. Ces trois La Salle figurent sur une liste manuscrite d'étudiants qui nous
a été obligeamment communiquée par Tabbé Rodoifo Maiocchi, conservateur
du Musée municipal de Pavie.
II. - 1.
i XXII. — ALEXANDRE DE LA SALLE.
à ce que leurs fils visitassent les universités italiennes. Claude
de La Salle était dans une situation analogue à celle des
Perrot, et pouvait avoir pour les siens la même ambition.
iSous ne pouvons établir de lien entre notre personnage et
ses homonymes des provinces. Un Louis de La Salle,
d'Avignon, fils de Clément, d'une famille originaire d'Anagni,
fut reçu docteur en droit civil à Avignon en 1571. Il devint
par la suite doyen de la cathédrale de Saint-Pierre '.
Le 2! avril 1573, Gratien de La Salle, « Cantaber Gallus »,
s'inscrivail à l'université deHeidelberg^; le 28 septembre 1604,
Pierre de La Salle, « Castellodunensis Gallus », s'inscrivait à la
même université ^ ; tous deux étaient sans doute protestants.
Il est probable que leurs familles n'avaient rien de commun
avec celles des étudiants cités plus haut.
Il se pourrait que le camarade de François Perrot eût signé
d'un nom de terre ; on aurait alors à se demander s'il n'y avait
pas une parenté entre lui et Paul Perrot, fils de Mcolas, quia
fait la branche des Perrot de La Salle. Des documents nouveaux
permettront seuls d'élucider ces questions.
1 . E. lie Teille. Chronologie des docteurs en droit civil de l' Univer-
sité d'Avignon, 1887, p. 37.
2. Toi|ikf, Mntrikel der Univcrsitat Heidelherg, II (1886), p. 66. —
Comme on le voit, ce (îralifii était un mériilioiial. C'est lui pourtant (jui
paraît avoir acheté, le 20 mars 1575, une maison à Ogny ou .Aongny eu
Tardenois ; il n'appartenait pas aux La Salle de Reims, dont M. H. Jadart
adonné une généalogie si précise {Revue de Champagne et rfeiSn'c. Il^sér ,
IV, i8'J2. pp. 641-1)60). C'est en vain que M. le baron Du Pin de La Cué-
rivière [ibid., 2^ sér., V, 1893, p. 136) a revendiqué pour Gratien une
origine rémoise; il n'a pu en fournir aucune preuve. Ce personnage était
protestant, et sa fille Sarah épousa, avant 1603, Jacques do Lérigos, mijor
au gouvernement de Metz, qui descendait d'une famille huguenote de Tou-
louse.
3. Toeple, II, p. 222.
XXIII
JEAN-BAPTISTE DU FOUR
Dans les notices que nous avons consacrées à Jean de
Tournes et à Guillaume Roville, nous avons dit quelques mots
des hommes de lettres qui surveillèrent les éditions italiennes
dues aux deux célèbres imprimeurs. A côté des Italiens,
comme Gabriel Simeoni, Lucantonio Ridolfi, Damiano et
Bartolommeo Maraffi, Francesco Ginntini, etc., il convient de
placer plusieurs écrivains français, qui paraissent avoir été
associés à leurs travaux : Antoine Du Moulin, Jean-Baptiste
Du Four, Claude de Herberay et Thomas Thierry.
Antoine Du Moulin, né à Mâcon vers 1510, fut, de 1537 à
1543, secrétaire de Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre.
En 154-4 il entra dans la maison de Jean de Tournes à Lyon,
et y dirigea la publication d'un certain nombre d'ouvrages
dont MM. Alfred Cartier et Adolphe Chenevière nous ont donné
une description minutieuse'. L'un de ces ouvrages, la traduc-
tion de la Physionomie }/aturelle extraite de plusieurs philosophes
anciens, nous montre que Du Moulin était versé dans les
lettres italiennes. S'il ne traduisit pas lui-même la compilation
qu'il avait d'abord publiée en français, il en soigna du moins
1. Un Homme de lettres du xvi° siècle. Antoine Du Moulin, valet de
chambre de la reine de Navarre, étude biographique et littéraire, par
Alfred Cartier [et] Adolphe CÂenevière. Extrait de la Revue d'histoire
littéraire de la France, t. Il et III. F^iris, Armand Colin et Cie, 1896.
In-8.
4 XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR.
l'impression'. L'épître à la reine Catherine de Médicis, qui
précède l'ouvrage, est peut-être de lui; cependant, comme
elle n'est pas signée et qu'elle peut être attribuée également
au traducteur Paolo Pinzio, ou même à l'imprimeur Jean de
Tournes, nous nous abstiendrons de ranger Du Moulin parmi
les Français qui ont écrit en italien. Il en est autrement de
Jean-Baptiste Du Four et de Claude de Herberay.
Jean-Baptiste Du Four est l'auteur d'une très curieuse épître
imprimée en 1555 à la fin de l'édition du Decamerone de
Boccace publiée par Guillaume Boville. Ce morceau lui donne
des titres pour figurer dans l'histoire littéraire, mais ne nous
apprend à peu près rien de sa vie. Nous ignorons le prénom
de son père. Sa mère était une Bardin^ Le prénom de Jean-
Baptiste, rare en France à cette époque, permet de conjecturer,
ou que Du Four était né en Italie, ou qu'il avait été tenu sur
les fonts baptismaux par quelque Italien. Des actes conservés
anx archives du Rhône et aux archives de Lyon nous font
voir qu'il fut notaire royal, secrétaire de l'archevêque de
Lyon, greffier des insinuations et banquier en cour de
Rome^
1. Fisioiiomia || con grandissima || breuità raccolta da i libri || di
aiitichi Filosofi, [j Niiouameiile falta volgare por Paolo || Pinzio. Et per
la (liligeiiza di RI. Aii-|| loiiio de) Moulin Messa in luce. || In Lione \\ Per
Giouan di Tournes. \\ .M. D. XXXXX [1550]. || Auec Priuilege du Roy
pour dix ans. — [Au vo de la p. 109 :] Srampato in Lione per Giouan di
Tournes à di V. di Marso, M. D. XVAXV. In-8 de 8 ff. lim., 109 pp. et
1 f. blanc.
Le volume français parut cinq jours plus lot ll'achevé d'imprimer est du
1er mars 1550). L'épître à Catberine de Médicis, qui précède le volume
italien, est également datée du l'^'" mars.
Nous ne savons rien de Pinzio.
Bibliotli. nat., ])U '2(>9. — Bibliotli. Sainte-Geneviève, V. 761. —
Cartier et Cbenevière, loc. cit., p. 6:2.
2. Le nom de la mère de J(!an-Bapliste, Françoise Bardin, est indiqué
dans un des actes cités ci-après. Un Estienne Bardin, prêtn;, fut vers 1550
chanoine de Saint- .hisl de Lvun (Castan, Calai, des Incunables de Besançon,
p. 150).
3. Le 29 octobre 1546, Cio. Battista Corsanico, marchand lucquois,
demeurant à^Lyon, vend à Jean-Baptiste Du Four, « ciloien dudit Lion,
XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR. 5
Nous ne savons si Jean-Baptiste fut d'abord attaché à Ippo-
lito d'Esté, cardinal de Ferrare, qui posséda l'arclievêclié de
Lyon de 1539 à 1551 ; sa connaissance approfondie des choses
italiennes aurait pu le recommander au choix du prélat ' ;
présent et acceptant », une pièce de bois sise à dures. (Archives du
Rhône, E 752.) Au mois d'août 1553, Jean-Baptiste Du Four donne
quittance comme procureur de Pierre Combi, gentilhomme servant du
dauphin et domestique du cardinal de Tournoii. (Archives de Lvon, CC
1009.)
Le 26 avril 1557, le notaire Marchand reçoit le contrat de mariage de
« honorable homme et saige maistre » Jean-Baptis(e Du Four, secrétaire de
l'archevêque de Lyon, avec Clémence Scarron, fille de Jean-Eustache
Scarron, bourgeois de Lyon, et de demoiselle Ancely Chevrot. (Archives de
Lyon, Insin., vol. 34.)
Le 30 janvier 1560, Jean-Baptiste Du Four, notaire royal et secrétaire
de l'archevêché de Lyon, est témoin au contrat de mariage de sa belle-sœur,
Louise Scarron, avec Jean de L'.Vube, bourgeois de Lyon.
Le 7 août 1560, Jeaii-Bapliste Du Four, secrétaire archiépiscopal et
greffier des insinuations au diocèse de Lyon, bourgeois de Lyon, contracte
un secoml mariage avec Isabeau Boytier (ou Bohier?). fille de noble Claude
Boytier, bourgcdis de Lyon, et de dame Catherine Perret.
Le 12 septembre 1561, Jean-Baptiste Du Four, « secrétaire de mon-
seigneur l'archevesque de Lyon », achète une rente de 5 1. t. (Archives du
Rhône, E 752.) Du Four prend la même qualité dans un acte du 7 février
1562 (n. s.) par lequel il transige an sujet d'un procès. (Ibid.)
Un achat de 20 livres de rente fait le 29 décembre 1571, le quahfie
« notaire royal, secretayre de l'archevesque de Lyon et greffier des
insynuations, fils et héritier de. . . feue dame Françoyse Bardin ». (Ibid.)
En 1575, Jean-Baptisic Du Four, secrétaire de rarchevèché de Lyon, est
élu membre du syndicat. (Archives de Lyon, BB. 372.) 11 exerce les
fonctions de conseiller de ville pendant les années 1576 et 1577.
Le 10 février 1577. Jean-Baptisle Du Four, conseiller et échevin de Lyon,
secrétaire de l'archevêché, et bourgeois dudit Lyon, est témoin avec Paul
de Médicis, marchand, du contrat de mariage de noble Claude Du Pré avec
Catherine Bonvoisin.
En 1585, il est élu de nouveau membre du syndicat. (Archives de Lyon,
BB. 372.)
Le 22 août 1587, Cuillaume Charrier, seigneur de La Rochette, con-
seiller, puis échevin de Lyon, épouse Çabrielle Du Four, fille de Jean-Baptiste
Du Four, secrétaire de l'archevêché, de Lyon, notaire apostolique et
banquier en cour de Rome, et d'Isabeau Bohier. Gabrielle meurt, à 95 ans,
au mois de janvier 1667. (Extrait d'une généalogie imprimée de la famille
Charrier.)
Nous devons le relevé de ces actes à l'obligeance de notre ami M. Julien
Baudrier.
1. Ippolito avait soin de confier à des Italiens l'administration des
immenses bénéfices qu'il possédait en France. C'est ainsi que, en pleine Bre-
6 XXiri. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR.
cependant l'acte de 1546 cité ci-dessous ne lui donne pas
d'autre qualité que celle de « citoyen de Lyon » . Il est donc
probable qu'il ne fut appelé aux fonctions de secrétaire que par
le cardinal de Tournon (1351-1562) '.
Les affaires dont Jean-Baptiste avait à s'occuper à Lyon
étaient des plus considérables, et l'on s'explique aisément
qu'elles laient appelé à la cour, et qu'il ait pu s'y créer de
puissantes relations. Ces affaires étaient du reste fructueuses
pour lui ; aussi les documents qui nous ont été conservés
nous le montrent -ils faisante plusieurs reprises des achats
de rentes.
Du Four resta en fonctions sous les successeurs du cardinal
de Tournon : Antoine d'Albon (1562-1573) et Pierre d'Épinac
(1573-1599). Nous ignorons quand il mourut. Nous ne con-
naissons de lui aucune autre production que la pièce suivante.
Il est permis de le regretter, car l'épître que nous allons
réimprimer montre un esprit délicat et un écrivain distingué.
Le style est d'une purelé remarquable, mais il a pu être
retouché par Lucantonio Ridolfi. qui paraît avoir eu la part
piincipale dans la correction du volume.
L'auteur lyonnais nous fait voir avec quelle ardeur les dames
de la cour de Catherine de Médicis cultivaient la langue ita-
lienne ; le tableau qu'il trace mérite d'autant plus d'être
reproduit que peu de bibliothèques possèdent le recueil qui
le contient. C'est en quelque sorte le pendant de la Selva
d'Amomo -.
« Joan Balllsta Du Four al molto maynifico et nobile M. Riyo
cli San Mavsale, consigliere cli Sua Maeslà Christianissima et
tagne, à Trégnier, il avait délégué comme trésorier Tommaso Vecchio, qui
fut bientôt on guerre avec le chapitre. Vov. Catal. des actes de François /•*'',
VI, n"s 23010 et iSOlG.
1. Le greffe des « insinuations » c'est-à-dire le greffe où étaient transcrits
en résumé les actes aullienlii|ues, ne fut établi qu'en ISSi. Les Lyonnais
tentèrent vainement d'obtenir l'abolition de ces insinuations qui avaient avant
tout un caractère fiscal, (.\rclnves de Lyon, BB 76.)
2. Voy. tome I, p. 56.
XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR. 7
ballivo délie montagne cC Alvernia \ sopra quesla nuova stampa
del Decamerone del Boccaccio.
« Essend'io andato alli giorni passati, quando tornai dalla
corte, a visilar il nostro M. Guglielmo Roviglio, et aveodo
seco amichevolmente alquanto ragionato delli suoi aflari et
degli miei, lo presi a domandare se, mentre che io non ero
slalo, egli aveva fatio stampar cosa alcuna di nuovo, e lo
confortai che, quando li capitaria aile mani qualche opéra
thoscana che gli paressi degna di essere vista dalle persone
di spirito, non mancassi farla slampare, perciô che ne potrebbe
alla giornata sperar utile honorevole, sendo hoggi la nobiltà
franzese niolto délia thoscana lingua studiosa, et, oltre la
utilità, potrebbe anche esser sicuro che farebbe opéra gratis-
sima a tante nobili donne délia corte et a tante principesse,
che, non solo sene dilettano, ma ne hanno perfetta cognizione,
come nel mio stare alla corte avevo inteso, et che infra le
altre madama iiargheritau, nica sorella di queslo invittissimo
re -, oltra la dottnna che ella ha nella lingua latina et greca
et la scientia di lutte le arti liberali, pu6 nell'arte poetica et
oratoria in questa lingua thoscana non meno che nella sua
propria agguagliarsi a qualsivoglia dotto huomo di questi
nostri tempi, et il simile aviene di madama di Monpensier,
principessa di reale sangue^, la quale, si come ha il petto di
1. Rigal de Saiut-.Marsal se qualifiait seigneur et baron de Couros et
Puydeval en Limousin. Nous avons vu de lui une quittance donnée à Tou-
louse le 30 mars loT^ (Biblioth. nat., ms. fr. 29:246, dossier 61657). Des
lettres de lui, datées de Puydeval, juin-août 1574, et de Couros, avril 1575,
mars 1576, figuraient [larini les papiers de Noailles brûlés avec la biblio-
thèque du Louvre 'L. Paris, Papiers de Noailles, l, pp. 1:21, ïi'o, 129,
13-2, 138, 145, 147.)
2. Marguerite de France faisant l'objet d'un article assez étendu dans
Les Italiens en France au xvie siècle, nous ne parlerons pas d'elle
incidemment.
Qu'il nous suffise de citer ce passage d'une dérêche de l'ambassadeur
vénitien Francesco Morosini, qui dit de la duchesse de Savoie, en 1570 :
« Ha un bellissimo ingegno e qualche gusto di lettere, per il che parla di
tutte le cose miralbilmente. Legge assai e latino e italiano, inlendendo cosi
bene l'una e l'altra lingua come la francese sua |iropria, nella quale sola
perô parla quasi sempre, non si assicurando di pariar le altre. » Eugenio
Albèri, Relazioni, série 11, vol. 11 (1841), p. 168.
3. il s'agit de Louise de Bourbon, comtesse de Montpensier, qui, le
21 mars 1504, avait épousé Jean II de Bourbon, comte de Vendôme. Jean,
8 XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR.
virtù et dotlrina pieno, cosi ha nella lingua la dolcezza nou
meno in questa favella thoscana che nella suanatîa franzese.
E queste sono seguite da più altre. il numéro délie quali io
non harei mai slimato se io non ne fussi slato fatto ct-rto dal
signore abate di Bellavilla, M. Baltista Alamanni ', gentil
buomo rarissimo in tutte le scienze et stimato hoggi nella
lingua thoscana tra i migliori compositori del nostro tempo ;
con il quale trovandomi io un giorno infra li altri in caméra
délia reina, dove er.i tut la la nobillà délie donne franzese, Io
pregai che gli piacesse darmene a conoscere qualch'una, acciô
che io potessi alcuna volta, secundo l'occasione, délia loro
virtù et valore parlare ; per il che lui, corne persona cortesis-
siraa, mi disse : « Tutte quelle che vedete qui con altre moite
che hora non ci sono, sarebbono degno suggetto di Homero
e di Vergilio, ne hanno solo la vera cognizione délia lingua
thoscana, ma nello scrivere et comporre in essa son venute
al colmo ï. El mostrandomi la signora duchessa di Castro^
disse : « Quesla si puô veramente cosi in vita, come dipoi la
morte del D. Oralio Farnese, suo marito, chiamare specchio di
pudicitia, et comm e negli occhi Io splendore e la grazia, et nel
volto la bellezza e la maiestà, cosi nel petto le scienze si hanno
fatto albergo ^ Quelle due poi gentildonne che appresso gli
slanno, sono sorelle chiare di sangue et, si come voi le vedete
del corpo bellissime e gentili, cosi sono d'animo ripieno dogni
devenu duc de Montpensier, était mort vers 1520. Sa veuve lui survécut
jusqu'au 5 juillet 1561. Mme de Montpensier étant dite « principessa di
reale sangue », on ne peut songer à Jacqueline de Longwy, belle-fille de
Louise de Bourbon .
1. Grio. Battista, fils du célèbre poète Luigi Alamanni, était né à
Florence le 30 octobre 1519. Il devint, le 31 octobre 1555, évêque de
Bazas; il passa ensuite à Févêché de Màcon (155(S), et mourut en 1582. Le
poète vivait encore en 1555; il ne mourut que l'année suivante.
2. Diane, fille naturelle et légitimée de Heiu'i H et d'une dame piémon-
taise appelée Filippa Ducci, était née en 1538. Elle avait épiuisé, par contrat
du 13 février 1552, Orazio Farnese, duc de Castro, fils naturel de Pierluigi
Farnese, duc de Parme. Orazio fut tué, au siège de Hesdin,le 18 juillet 1553.
Diane se remaria, par contrat du 3 mai 1557, avec François de Montmo-
rency, que son père, le connétable, força de rompre avec M""^ de Piennes.
Elle mourut le H janvier 1619.
Voy., sur Diane, Brantôme, éd. Lalanne, VIII, pp. 1.40-U5; éd. Mérimée
et Lacour, X, pp. 312-317, et Alpli. de Ruble, François de Montmorenci/,
dans les Mémoires de la Soc. rie l'hist. de Paris, VI (1880), pp. 200
el suiv.
XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR. \f
rara e pregiata virtù ; et la prima che in stato vedovile è più
tempo vissuta, è madama di Brun', l'allra è madamigella di
Teligny2, et ambodue nella cognitione di questa thoscana
lingua tanto perfette che da per loro potrebbono, quando la
fussi spenta, in luce ritornarla ; né meno farebbe madamigella
di Montigni^, gentildonna che allato a loro siede, perché non
manco è in questa lingua eceellente che la si sia in graudeza
d'animo e gentilezza. Délie quatro che vedele là insiemej
appresso alla nostra christianissima reina, quella che li é più
presso dalla destra mano è madamigella di Avogord*. e Taltra
è d'Humieres ^, tutte due figlie, et quella délia sinislra è
1. Anne de Venion, fille aînée de Raoul de Vernon, seigneur de .Alon-
treuil-Bonin, grand fauconnier de France, et d'Anne GonfTier, avait épousé
Claude de Villeblanche, seigneur de Bron ou de Brooii '^Anselme, Hist.
généal., VIII, p. 756). François I'^'" lui fit don des revenus des terres et
seigneuries d'Auray et de Quiberon {Cat. des actes de François I"^, III,
w^ 7478; IV, n'^ 11061). Elle est portée sur les états, parmi les dames de
Catherine de Médicis, de 1554 à 1569 (Bibliolh. nat., nis. fr. 7856,
p. 1131).
2. Arlluise de Vernon, su'ur puinée de la précédente, mariée à Louis,
seigneur de Théligny et de Lierville. (Anselme, VI 11, p. 756.)
François de Biilon. parlant des dames qui entouraient Marguerite de
France, dit : « Au meilleu duijuel tourbillon semble ja renseigne estre fort
élevée du bras de la gracieuse damoyselle de Théligny, en faveur de Tele-
gance de sa personne, si tresagreable qu'elle ne promet moins a tout bon
œil qui l'a une fois contemplée qu'une lumière de courtoises et pudiques
qualitéz de ses pensées, si au vif pourtant représentées en la face de cha-
cune des deux belles Piennes (voyez les notes qui suivent), que pour le
doute de la trop délicate personne de la susdite de Théligny, la reserve du
titre honorable de l'enseigne leur pourra bien estre offerte en ce lieu. . . »
Le Fort inexpiigiuthh de l'honneur femenin, 1555, fol. 77.
L'épitaphe d'Arluse de Vernon se lit, en 15o5, à la fin des Odes de
Pierre de Ronsard.
3. Charlotte de Clerniont, dite M'^^ Je j\lontigny, est citée parmi jes
dames de Catherine de .Médicis en 1573 (Biblioth. nat., ras. fr. 7856,
p. 1133).
4. M"e d'.\vaugour est .Madeleine, seconde fille de François d'Avaugour,
dit de Bretagne, comte de Vertus, etc., et de Madeleine dWstarac. .M''«
d'Avaugour épousa Paul, seigneur d'Andouins et de Lescun. Elle est citée
parmi les dames de Catherine de Médicis de 1547 à 1565. Elle figure alors
sur les états comme M«ie d'Andouins jusqu'en 1376 ; elle y est rétablie,
après une interruption de cinq ans, en 1581 (Biblioth. nat., ms. 7856,
p. 1130).
5. M''o d'Humières est Claude, fille de Jean III, seigneur d'Humières et
de Françoise de Contay. Claude fut mariée, à Blois, le "21 avril 1536, à
Charles de Rochechouart, seigneur de Saint-.\mant, fils d'.Vnloine de Roche-
10 XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR.
madamigella Du Goguié» et Taltra è la più giovane Pienna^.
Ne so io in queste conoscere vantaggio alcuno, perché tutte,
oltre la molia nobilià, bellezzael gratia, sono ripiene di tante
virlù che troppo tempo bisognerebbe a raccontarle, et tutte
délia lingua toscana tanto studiose et dotte che bene et orna-
tamente la parlano et leggiadramente la scrivano. Oi-, volta-
tevi alla schiera di queste altre quattro che circaudano
madama Margberita : po-sono assomigliarsi a quattro délie
più belle et piu leggiadre nimphe intorno a Diana, et il nome
di quella che a noi è più vicina è madamigella di Ciantelù^
clioiiart et de Catiierine de Barbazan. Elle figure sur les états de 1518 à
1560 (Biblioth. nat., ms. fr. 7856, p. 1136). Voy. Mellin de SaitU-Gelais,
Œuvres, éd. Blanclieniain, I, p. 171.
1. M"« Du Gauguier, ou du Goguier, était la fille di; Louis de Bourges,
dit Burgensis, sieur du Gauguier et de Mosland. preuiier médecin du roi, et
de Marie Hellaiii, sa première femme. Louis de Bourges, né à Blois, vers
1482, reçu docteur en médecine à Paris le 15 novembre 1506, premier
médecin de François !•"' en I5"i7, conserva ses fonctions sous Hpiiri II. 11
mourut le 19 novembre 1556. Sa fille venait alors d'épouser André de Hac-
queville, à qui son père céda une cliarge de conseiller lai au parlement de
Paris. Voy. Le Paulmier, Ambroise Paré, 1885, p. 37.
iM"e Du Gauguier avait sa cliambre dans la maison royale à côté de
«monseigneur» Du Gianguier, son père. Voy. Léon de Laborde, Comptes
des bâtiments du roi^ 1880, 11, p. 231.
Un Almaïuich fort singulier est dédié par Mellin de Saint-tielais à
J\|m" Du Goguier (éd. Blanchemain, 1, p. 259). Cette dernière devait être
Claude, fille de (lUillaume de Beaune, seigneur de Semblançay, seconde
femme du médecin. François de BiUon cite dans Le Fort inexpugnable,
p. 74, M"** Du Goguier, Claude de Beaune, confondant peut-être la belle-
mère avec la belle-fille.
2. Jeanne de Halluin, dite M"e de Piennes, était le cinquième enfant
d'Antoine de [lalluiii. sei,:;ueur de Piennes et de Maignelay. chevalier de
l'ordre du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes, grand lonvetier de
France, et de Louise de Crèvecœiir, veuve de l'amiral de Bonnivet. Ses amours
avec François di; Montmorency et la triste conduite de ce personnage sont
trop connus pour que nous ayons à les raconter ici. Elle épousa eu 1564
Florimond U-ibertet, baron d'Alluye. Voy. Alphonse de lluble, François
de Monhiiorencij, dans les Mémoires de la Soc. de l'Iiist. de Paris, \'l,
(1880), pp. 200-234,
3. Aniu; d'Estouteville, dit M'i*^ de Clianteloup, était, en 154(), fille d'hon-
neur de Marguerite de France (Biblioth. nat., ms. fr. 7856, p. 1094).
Mellin de Saint-lielais [Œuvres, éd. I5iancliemain, II, p. 74) adresse un
huitain à M"8 df ChaïUeloup. François de Billon (Le Fort inexpugnable,
1555, fol. 138 V") vante a la vermeillante el petite bouche de Cliantelou
la bloiule ».
XXIII. — JEAN-BA.PTISTE DU FOUR. H
e l'altra è la maggiore Pienna', et quella di là è madamigella
di Varty -, et l'attra di Altavilla ^, tutie figlie nobilissime, le
quali in ogni sorte di vera virtù sono lanto exercitate, che
molto più gloria ne riportano che délia corporale bellezza et
gratia, anchor che, corne vedere potelé, sia infinita, et nella
perfettione di questa lingua possono fare concorrenza a qual-
sivoglia persona che faccia professione di compor in essa, et
vi conchiudo che questa più tosto che corte puo chiamarsi
un nuovo et céleste choro di muse. »
« Cosi havendo detto il signor abate, soggiunse che bene si
maravigliava che avendo il Roviglio stanipato Dante ^, il
Petrarca^ et il Corllgiano^ et altri belli libri toscani in quelli
siioi piccoli et belli caratteri, non facessi il simile del
Decamerone del Boccaccio, acciô che tante principesse e dami-
gelle potessino più comodamente servirseue.
1. Louise de Halluin, dite M"« de Piennes rainée, l'pousa Philibert de
IVJarcilly, seigneur de Cipierre. Brantôme cite les deux sœurs parmi les
filles d'honneur de la ruine (éd. Lalaime, VIF, p. 386 ; éd. Mérimée et
Laconr, X, p. 93). Vov. Léon Dorez, dans la Revue d'histoire littéraire,
II (1895). pp. 83-86.'
2. Probablement Françoise de Warty, fille de Joachim de Warty et de
Madeleine de Suse. Françoise épousa : lo (ialiol de Crussol, seigneur de
Beaudiner et de La Coste-Saint-André, tué le 24 août 1572, à la Saint-
Barthélémy ; 2*^ Jean-François Faudoas de Serillac, seigneur de Belin,
gouverneur de Ilam, d'Ardres et de Calais, lieutenant du roi en Picardie,
puis gouverneur de Paris, etc. Voy. Anselme, Hist. gén., III, p. 769.
3. Isabelle de Hauteville, qui, le i^ décembre 1564, épousa le cardinal
Odet de Chastillon. avec qui elle vivait publiquement depuis plusieurs aimées.
Fn 1545, Isabelle figurait parmi les filles d'honneur de Marguerite de
France i^Biblioth. nat., ms. fr. 7856, p. 1094). Elle inspira des vers à
plusieurs poètes. On trouve dans les œuvres de Mellin de Saint-Gelais un
quatrain écrit « en un fort petit psautier de ,\ulheville « (éd. Blanchemain,
II, p. 34). Va rondeau de Charles de Sainte-Marthe lui est adressé [Hoësie.
1540, in-8, p. 99).
François de Billon {Le Fort inexpugnable, fol. 156) vante les talents
d'Isabelle comme musicienne.
4. La première édition de Dante publiée par Roville est datée de 1551
ou 1552; elle est précédée d'une épître du libraire à Lucantonio Rudolfl en
date du 25 avril (551. Des réimpressions parurent en 1571 et 1575. Voy.
tome I, pp. 195. 197, 218, 219.
5. // Petrarca parut pour la première fois chez Roville en 1550-1551 , avec
une épître à Gio. Manelli en date du 12 janvier. Des réimpressions furent
publiées en 1558, 1564 et 1574. Voy. tome 1. pp. 193, 195. 205, 214, 218.
5. Roville a donné deux éditions du Cortegiano de Baldassar Castiglione,
la première en 1553, la seconde en 1562. Voy. tome I, pp. 198, 213.
12 XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR.
« Mentre che io teneva questo proposito con dello Roviglio,
lo viddi sorridere et, senza lasciarmi fînire, mi disse che,
avanli che da lui partissi, mi farebbe cognoscere che mollo
bene era informalo délia virlù di tante gentildonne et délia
fantasia del signor abate, et che pensava non solo a compia-
cerli, ma d'aiutare in quanto per lui si poteva lo studio délia
nobiltà franzese nelhi lingua toscana, perché aveva già
principiato di fare stampare il detto Decamerone^ et che
disegnava fare il simile di moite altre belle opère toscane,
acciô che non pure le principesse et dame délia corte habbino
in apparare quella lingua maggiore commodità, ma tante
altre che per il regiio ne sono, che, non solo la intendano et
parlano bene, ma anchora leggiadrissimamente la scrivano,
come sarebbe quella molto bella, gratiosa et nobile madama
Margherita de Gambis, baronessa d'Aigremont, moglie del
luogotenente del re a Nismes^, che Iradusse, non è molto
tempo, di toscano in franzese quella bella et dolta epistola
del Trissino che tratla dello slato vedovile^, laquale, essendo
aile buone lettere del continue intenta, non si puô senon
maggior frutto delli suoi studij sperare, et di nuovo un'altra
consolatoria di questo nostro Boccaccio, che scrisse a messer
Pino de' Rossi, tosto si vedrcà da lei iradotta*.
« Et per non mi andar discostando, non habbiamo noi qui
in Lyone madama Margherita di Bourg, générale di Bretta-
gnia, a cui non senza molto juditio è stalo dedicato questo
Decamerone^ la quale ha in un suo studio, oltre molli libri di
filosofia et di tutte le arti liberali et li strumenti che si appar-
tengono aile matematiche, tutti i piùbelliauthori délia lingua
1. Passano {?\ovellieri in prosa. p. 60) cite une édition du Decamerone
ilonuée par Roville en 1552. On voit que cette éililion ne peut exister; il
s'agit (l'une réimpression de la traduction française d'Antoine Le .Maçon.
2. Marguerite de Cambis était originaire du conilat d'Avignon, comme
le Pierre de Cambis qui obtint en 15i6 des lettres de uatuialité [Calai,
des actes de François Z^'"", V, no 15233). Voy. Barjavel, Dict. historique,
l)iof/raphi(jue et bibliographie du déjjart . de Vaucluse, 1841, 1, p. 333.
3. Kpisire du ^eii;neur Jean-(ieorge Trys-in, de la vie que doit tenir une
dame venfve, tiaduicle par Marguerite de ('ambis, baronne d'Aygremont.
A LijOH, Par Gudlaume Houille, lûâi, lii-Ki. La Croix du Maine, éd.
Kigoley de Juviguy, 11, p. 81 ; Du Verdier, 111. p. 22.
4. Lpistre cousolatoire de l'exil envoyée par Jean Boccacce au seigneur
Pino de Piossi, iraduitte par Marguerite de Cambis, baronne d'.\ygremont.
A Lijun, Par Guillaume Hoville, I5ô6. ln-16. Du Verdier, III, p. 23.
XXIII. — JEAX-BAPTISTE DU FOUR. 13
toscana, et cosi bene gli intende et dichiara corne se fra i più
dotti d'essa fussi nata et allevata ' ? Et si corne madamigella
d'Yvort 2, giovane di rara bellezza, li è di sangue congiunta,
cosi in tutte le scienze e virlù si li puo dire compagnaetpar-
ticularmenie in questa lingua, laquale lei si bene intende et
con tanla gratia prenontia, che in sentirliene parlar' si sente
infinita dolcezza.
« Ghe dirô io di madamigella Glemenza di Borges, figliuola
délia gentilissima madama la generala di Piemonte ^ la quale
accompagna si bene la voce con la mano che tocca gli instru-
menli di musica, tanlo nelle parole toscane che nelle franzese,
et aggiugne tanta gratia ail' arte che par' che da Palade sia
stata chiamata per quarta compagna aile tre Grazie.
(c È già noto a ciascuno il maraviglioso ingegno di madama
1. Margiirrite de Boiiri;:, daine de Gage, était de Lyon. Elle jouissait
d'une réputation dont François de Billon s'est fait Fécho, en cette même
année 1555, dans son Fort inexpugnable, fol. 18. Damiano Maraffi lui fit
hommage, en 1554, de sa traduction de Julins Obsequens (voy. t. l. p. 177).
Ponlus de Tyard lui adressa, en 1556, le Discours du Temps. Non seulement
Roville lui dédia l'édiliou du Decame.rune à laquelle nous empruntons la
présente épître, mais il lui dédia aussi, eu 1564, une édition de Pétrarque
(voy. t. I, pp. 201, 205, 214). Une lettre italieinie à elle adressée par
Lucanlonio Ridolfi a été reproduite (lar Bernardino Pino (Sceltn di lettere,
Venetia, 1582, in-8, IV, pp. -243-245).
Marguerite de Bourg avait épousé Antoiue Bullioud, général des finances
de Bretagne. Leur fils aîné, Jean, était né le 26 avril 1540. Voy. C.-C-
A. Lambert, Catalor/ue des manuscrits de Carpentras, 1, p. 196.
2. M. d'Yvor était eu 1554 secrétaire du roi. Charles Fontaine lui dédia
sous cette date Les nouvellvs et antiques Merveilles. Claude de Taillemont
a chanté Mii^ d'Yvor dans La Tricarite '1556. in-8), p. 94.
3. Clémence était, au dire de Du Verdier (éd. liigoley de Juviguy, 1,
p. 394), « la perle des damoiselles lyonnoises de sou temps ». C'est à elle
que Louise Labé dédia, eu 1555, le recueil de ses Œuvres. François de
Billon dit dans son Fort inexpugnable (fol. 214 v») que « tout ainsi que
jadis y eut débat entre deux viles de Grèce à qui d'elles pour sa réputation
montreroit un certain philosophe y avoir été nay, la ville de Lyon eu sem-
blable, et la susdite de Bourges sont en hazard d'avoir un jour la picque
sur ce que, cette damoyseile étant nommée Clémence de Bourges, Lyon
soutient estre de son creu, et l'autre, au contraire, pour le regard du sur-
nom. >
Le père de Clémence était Claude de Bourges, qui avait été pourvu de
l'office dégénérai des finances de Piémont, par lettres royales du 13 juin 1538
(Cat. des actes de François i'^"", VI, n° 21427). Elle-même fut fiancée à
Jean Du Peyrat, fils du lieutenant général de Lyon ; mais Jean, ayant été
tué le 30 septembre 1562, Clémence mourut de chagrin l'année suivante.
14 XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR.
Sibilla Albiza delli Alloviti ' et cielle due sue fîgliuole, tulle
nate et allevale in questa lerra, délie quali la maggiore, che
è maritala, oltre l'altre virtù di che ella è ricca, ha con il con-
tinuo studio acquislato la perfetta cognitione del parlare et
serivere in questa lingua, et non manco di lei, la sua sorella
Ginevra, ancor non conjunta al nodo maritale, nella quale non
saprei giàdiscernere quai sia maggiore o la bellezza del viso,
o la splendore delli occhi, o la dolcezza et gratia del parlare,
co?i frauzese corne toscano. Onde si puô con verità dire che
nelli verdi frondi di si bello et fruttifero genepro mille chiare
virtù si han fatto nido.
« Ma non par' egli un miracolo di madama Maria Bessea
Galleotta Del Branca^, che in spatio di due anni che fu stata
col marito fiorentino, tanto naturalmente et ?i hene la lingua
toscana parla et ornalamente scrive, che molli credono che di
là fussi qui co'l marilo venuta?
« El in somma, per non haver io perfetta cognitione d'infi-
nité altre nobili et virtuose gentildone et figlie franzesi, cosi
1. Siliilla (legli Albizi, fille de Ruberto, épousa en 1530, Bernardo Allo-
viti, négociant à Lyon, né le 27 novembre 1495. Le comte de Charpin-
Feugerolles, à qui nous empruntons ces renseignements (Les Florentins à
Lyon^ I89i, p. 18), donne à Sibille trois filles, savoir : Isabeau, mariée en
15't9 à Gio. Baltista di Aiifonfrancesco degli Albizi ; Jeanne, mariée en
1551 à Rafi'aelio di Gio. Battista Bartoli ; Geneviève mariée à Lionardo
Strozzi. On voit que, en 1555, l'une des deux aînées était morte, et que
Geneviève n'était pas encore mariée.
iSous avons vainement clierché Bernardo Altoviti et ses tilles dans l'ou-
vrage de Liiigi l'asserini : Geneulogia e Storia délia famhjlia Altoviti
(Firenze, 1871. in -8).
2. Marie devait être parente, peut-être fille, de Jean de La Bessée, pro-
cureur général de la conmiime de Lyon, (jaleolto Del Branca, qu'elle avait
épousé, faisait à Lyon un très important conmierce. Le 25 avril 1537, il
recevait du roi 4G95 1., 15 s. t., pour divers objets destinés à la danpliine
Catherine de .Médicis. à Marguerite de France et à diverses demoiselles de
la cour : des draps, et toib s d'or et d'argent et une cbaîne d'or garnie de
viiigt-quatres perles (Léon de Liltorde. domptes des bâtiments du roi, 1880,
IL p. 229). .\u mois de janvier 1539 (n. s.i il recevait encore 116101.,
17 s. t. pour des fournitures analogues [ibid., II, p. 2i0j. Les documents
français l'apiiellint Galyot Delebrauc et Galliot Dallebranque.
Un Dominique de Branche, trompette ordinaire du roi, retiré à Beaulieu
près de Loches, qui obtint au mois de janvier 1537 (n. s.) des lettres de
naturalité. apjiarlenait peut-être à la même famille. Voy. Catalofjue des
actes de François /er, VI, n° 21105.
XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR. 15
di Lyone corne de l'altre terre di Francia, se bene la dottrina
di quelle è agli allri palese, dirô finalmente, per conchiusione
del mio ragionamento, di quella supranaturale et divina
Mâconese, Anna Tollona (anzi Tulliana, per la sua perfettis-
sima prontitudine del ben dire et scrivere in quaisivogiia
lingua, sia latina, franzese o toscana*) a la quale Dio ha con-
cesso, oltra labellezza admirabile, Tintera conoscenza di tulle
le arti liberali.
« Gosi dicendo il Roviglio rai fece venire avant! alcuni qua-
derni del Decamerone slampati con tanto belli caratleri e si
pulitamente fatti che, ancora che la stampa sia piccolissima,
non oflende perciô punto l'occhio del lectore con quelli. Et
mi mostrô anchora un raccoglimento di moite sentenze, forme
di dire et regole délia lingua toscana, stale già da masser
Luc' Antonio Ridolfi, gentilhuomo non meno litterato che di
inleroet saldo judiiio, et molto délia lingua toscana osserva-
tore, nella sua prima giovanezza notate et raccolte in un quin-
terno appicato a un Decamerone che gli accattô da lui, per ser-
virsene nella corretione di questo (quantunque ad altri sia
paruto poi altrimenli fare), et insieme la vita di esso Boccaccio
dal medesimo Ridolfi composta, la quale anche li è parso fare
mettere in questo libro. Il quale veggendo io tanto bene et si
correLtaraente stampalo, ardisco dire che le stampe di Lyone
potranno da qui innanzi quasiche stare al paragone nella lin-
gua toscana a quelle di Venetia, di Fiorenza et di Roina.
« Et perché io so che voi vi dilettate in questa lingua tos-
cana tanto et forse più che nella vostra propria, non ho voluto
mancar di mandaverne uno (che saràcon questa) etrallegrar-
mi con esso voi che qaestoregno, oltre la sua lingua naturu le
lanto copiosa et vaga, si va di continovamenle ampliando
I . Li Croix du Maine a recueilli le nom crAnne « Tulonne « (éd. Rigoley
de Juvigiiy, 1. p. 27) ; mais il ne nous donne à son sujet aucun renseigne-
ment précis. Une lettre à elle adressée par Lucantonio Ridolfi a été repro-
duite par Bernardino Pino (Scella di lettere 1582, IV, pp. 237-243).
François de Billon parle d'Anne Tiillon à peu près dans les mêmes termes
que Jcan-Baplisle Du Four : « ... en la personne tresgente de la demoy-
selle Anne Tullonne, Maconnoyse, qui se deust plus tost appeler Tuliane
pour la perfection de ses myssives plus que ciceroniannes, faites par grâce
spéciale de naturelle vivacité, non par art. » Le Fort inexpugnable, 1555,
fol. 35 v«.
16 XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR.
nella toscana, et ben si puô dir che, corne sua Maestà Ghris-
lianissima ha di poi che è venuto alla corona, accreseiuto il
Ruo reame et ampliato l'imperio di qaello più che alcunoaltro
delli suoi a)itecessori, cosi anche sotto il suo felice reggi-
mento, lutte le buone arti et scienze, et parlicularmente la
eloquentia, ci si vegono d'hora in hora andar multiplicando. »
Voici la description du volume à la fin duquel est imprimée
répître de De Four :
Il II Decamerone |1 di M. Giouanni II Boccaccio. Il * jj
Nuouamente stampato, con vn raccoglimento di || tutte le
sentenze, in questa sua 11 opéra da lui vsate. jt Aggiunteci le
annotationi di tutti queiluoghi, che II di queste cento nouelle,
da Mons. Bembo, per || osseruatione tV: intelligenza délia II
Tho- Il scana lingua, sono stati nelle sue II prose allegati. ||
In Lione, \\ Aprei^so Guiielnio \\ Roaillio. Il 1555. || Con
Priuilegio del Rè. In-16 de 932 pp., 13 ff. non chiffr. et 1 f.
blanc.
Le titre porte la marque de Poville, avec la devise : In vlr-
iute et fortuna. — Au v° du titre est un extrait du privilège
accordé pour cinq ans à Roville, le 6 novembre l5oi.
Les pp. 3-8 contiennent l'épîire de Roville « a madama,
madama Margherita de Bourg, geiierala di Bretlagna », épître
que nous avons reproduite dans notre tome I, pp. 201-203.
Les pp. 6-10 sont occupées par un avis du même « ailettori. »
Les pp. 880-888 rentérment la Vlla di M. Giovanni Boccaccio
brevemenle descritta ; les pp. 889-902, le Raccoglimento di lutte
le sentenze usate dal Boccucio [sic] in questa sua opéra ; les pp.
903-908, A loune belle Forme di scrivere et Epiteti u^ati da M. G. B-
in rjuesto suo Decamerone ; les pp. 909-925, les Annotationi di
tutti quei luoghi del Decamerone che da M . Bembo, per osserva-
zlone et intelligenza délia lingua thoscana, so7io nelle sue prose
stati allegati.
A la p. 926 est un avis « ai letlori » dans lequel le libraire
s'excuse de ne pouvoir donner, faute de place, tout ce qu'il a
promis au début.
XXIII. — JEAN-BAPTISTE DU FOUR. 17
Les pp. 927-932 sont remplies par la lettre de Jean-Baptiste
Du Four.
La Tavola di tntte le novelle occupe les 11 ff. qui suivent.
Sur les 2 derniers fi. se lit une lettre adressée à Roville par
un anonyme, qui propose diverses corrections. Nous avons
reproduit ci-dessus un passage de celte pièce.
Biblioth. nat. Rés., Y'^ 2263. — British Muséum, 1074. a. 17;
245 d. 40; G. 10 088. — Notre bibliothèque. — Nous avons vu
à la librairie Rahir, en 1900, un bel exemplaire portant la
signature du poète Philippe Des Portes.
II. - 2.
XXIV
CLAUDE DE HERBERAY
Nous ne savons rien de Claude de Herberay. II devait être
de la même famille que Nicolas de Herberay, seigneur des
Essarts, mort vers 1552, à qui Ton doit la traduction de divers
ouvrages espagnols; mais, pas phis que La Monnoye, qui
étudie déjà la question dans ses noies sur La Croix du Maine',
nous n'avons pu trouver le lien qui unissait les deux per-
sonnages-.
L'existence de Claude et sa parfaite connaissance de la
langue italienne ne peuvent être révoquées en doute, lors
1. Tome il, p. 166.
2. Nicolas de Herberay ne se bornait pas à traduire, en les arrangeant,
des ouvrages espagnols ; )1 se plaisait aussi à parler espagnol, comme on le
voit par une épître que lui adresse Gilles Boileau, de Bouillon, en tète de la
traduction française du Commentaire de Luis de Âvila y Zûniga (Paris,
Chrestien Wecliel, 1550, in-4). u Tan acostumbrado esloy », lui\it-il « de
hablar en espanol con V. .M. que nunca le puedo hablar de otra manera. »
Nicolas paraît avoir été marié deux fois. Il épousa, en 1531, Jeanne
de Neuville, fille de Nicolas de Neuville, seigneur de L'Equipée et de Chan-
telou etc.. (Anselme, Hist. généal., IV, p. 639), puis, à une date que nous
ignorons, Maria Compana. ou Compans, dont Mellin de Saint-Gelais a clianté
les louanges et dont il a déploré la mort dans plusieurs épitaphes (éd. Blan-
cbemain, II. pp. 25, 44, 76, 176, 293. 316). Marie était Espagnole et c'est
pour elle que Nicolas composa un Petit Discours d un chapitre du livre de
Primaleon, etc., que Vincent Sertenas fit imprimer en 1549. C'est sans
doute du premier mariage de Nicolas que naquit Louis de Herberay, écuyer,
seigneur des Essarts, gentilliomnie ordinaire du roi et commissaire ordinaire
en son artillerie. Ce dernier, dont Catherine de Médicis parle dans une
lettre du mois de novembre 1562 {Lettres, X, p. 71), mourut avant le
3 novembre 1582, laissant de .Marie Migot, une fille appelée Catherine
(Bibl. nat., nis. fr. 27997, dossier 34271, n"^ 2 et 3).
20 XXIV. — CLAUDE DE HERBEBAY.
même qu'il n'aurait eu aucune part dans la publication du
Rngionnmento dont nous allons parler. C'était un usage
général chez les auteurs qui composaient des dialogues au
xvr siècle de mettre en scène des personnages réels, le plus
souvent des contemporains ^
En 1557, parut à Lyon, chez Guillaume Roville. un volume
dont voici la description :
Ragionamento |! hauutoin Lii)ne,daClau- || diodeHerberè
gentil'huomo Franzese & da || Alessandro degli Vberti gentil'
huomo Fio - || rentino, sopra alcuni luoghi del Cen- || to
Nonelle del Boccaccio : Il I quali si ritroueranno secôdo i numeri
délie Carte del Decamerone stam- || pato in Lione. in picciola
formadaCr. Rouillio, l'AnnoM. D L. V. || InLionp, \\ Appresso
Giiglii'lmo Rouillio. \\ 1557. In-4 de 100 pp. et I f. non chifFr.
pour les Errori, car. ital.
L'intitulé est imprimé dans un bel encadrement composé
de figures grotesques. La partie inférieure du litre forme une
sorte de scène dont le fond est occupé par une marque de
Roville, et les côtés, par des cariatides. Un cartouche, placé
au milieu de la base, contient le nom de la ville, celui du
libraire et la date.
Bibliotb. nat.. Inv. X. 2270 — British Muséum, 899. e. 3 ').
— Notre bibliothèque (exemplaire de Grozat, président au
Parlement de Paris).
L'édition n'ayant pas été complètement vendue, Roville fit,
en 1560, réimprimerie premier cahier et modifia le titre de
la façon suivante :
Ragiona- 1| mento hauutoin \\ Lione da Claudio || dellerberè
Gen- Il til'huomo l| Lionese, || Et da Alessandro de 1| gliVberti
Gentil'huomo || Fiorentino : || Sopra la dichiaratione d'alcuni
1. Cilon"^ p;ir cxomple les Dm/o^? d'Antonio Rnicioli. Si Pierre Danès et
Georaes (rArm;iiiiiar tîiruroMt comme iiitrrloeuteiirs dans le dialot,nie XXIII,
Libro secondn (1537!, c'est qu'à cette date ils étaient réellemi'nt tous deux
en Italie.
XXIV. — CLAUDK DE HERBERaY. 21
luoghi di Dante, del |I Petrarca; e del Bocaccio : non stati
infino à || qui da gli altri spositori bene intesi. || In Lione,
11 Appresso Guglielino Rouillio j| M. D. LX [15G0J.
Le lilre porte la uiaïque de Roville, mais n'a plus le bel
encadrement de loo7.
A partir de la p. 9, le libraire n'a rien changé à l'édition
primitive. Il a même conservé le f. d'errata.
Bibliolh. nat., Inv. Yd. 364. — Brilish Muséum, 1062, h. 18.
Les deux personnages mis en scène paraissent être des
hommes jeunes. Nous ne sommes pas mieux renseignés sur
Alessandro degli Uberti que sur Herberay. La similitude du
nom et des études permet de penser que ce devait être un
proche parent d'Antonio di Niccolô degli Uberti qui, en 15:27,
avait participé à la révision du texte du Decameroue; mais
c'est là une simple supposition '.
Le début du dialogue parle dun séjour assez prolongé que
Claude de Herberay aurait fait à la cour et nous montre,
comme Tépître de Jean- Baptiste Du Four, avec quel amour
Marguerite de France et les dames qui l'entouraient cultivaient
les lettres italiennes :
w Alessandro. A me, Claudio, veranienle pare che, quel
tempo che da noi siete stato lontano, voi siate dimorato in
quella città ove, et per dono di natura et per lo diligente
studio, più ornalamente che in alcuna dell'allre é dai più
iniendenii giudicato che questa lingua si parli, et non alla
corte et a Parigi, corne dite haver faito, dapoi che (lasciato
hora a parte il vostro natio idioma franzese) m'havete in
queslo risposto. corretlamenle sempre favellando, cosa che di
voi, nel vero, m'è giunta inaspettata molto.
« Claudio. Io pure, Alessandro, corne hor vi diceva, souo
slalo tra la corte et Parigi due anni et mezzo, che tanti sono
a punlo da che di qui, di Lione, mi partii; ad hoggi ha otio
1. M. Jiilitn Baudrier a vainement fouillé à notre inteiitiou les archives
départementales et municipales de Lyun; il n'y a rencontré ni le nom de
Herberay, ni celui d'Ulierti.
22 XXIV. — CLAUDE DE HERBERAY
giorni che ci ritornai sano, la Iddio mercè, corne vedete, et
con bonissima speditione d'alcuua mia faccendri di non
picciolo momento, et si corne sempre fui, dapoi che noi amici
divenimmo, cosi anchora sono al présente, con tutte le cose
mie ad ogni vostro piacere apparecchiato.
« Alessandro. Rallegi'omi con voi che siale tornato sano el
con lieto fine, corne dite, délie cose vostre. Délie larghe offerte
che corlesemente fatle m'havete, assai vi ringraiio, et se non
fusse che ofïerendomivi io allô inconlro quasi nulla v'offerirei,
G quando pure alcuna cosa v'offerissi, quello che già ha gran
tempo è vostro vi verrei ad offerire, certaïuenle che io il
farei di cosi buono animo corne a dimoslrarvelo sarei sempre
presto là dove l'occasione misene porgesse. Ma laseiamo hora
indietro cotali cirimonie tra noi veramente superflue, et
ditemi, se vi piace, come essendo voi et alla corie et iuParigi
dimoralo, vi sia venuto fatto di havere questa favella, cosi
bene, come veggo che fatlo havete, apparata.
« Claudio. Io vel diro et molto volentieri, dapoi che questa
vostra demanda viene tutta a proposito ad un ragionamento
che io già haveva in animo di fare con voi d'intorno a questa
favella, di molli dubii che in essa nati mi sono addomandan-
dovi. Et per iscoprirvi hora interamente il mio pensiero, vi
dico ch'io vi sono ia questa hora venulo a Irovare, prima per
visitarvi, si come il debiio deU'amicitianostra richiede, et poi
non occupaio irovandovi, per pregarvi che in questo mio cosi
honesto desiderio voleste, come molto cortese che sete, corle-
semente compiacervi.
« Alessandro. Io al présente da far non ho cosa niuna...
« Claudio... Toi dovete adunque, Alessandro, sapere che,
essendo io stato, quasi in quel primi giorni che giunsi alla
corte, introdotto da un g^ntilhuomo, amicissimo mio, in
caméra di Madama Margheriia, unica sorella del nostro
invittissimo re, ove spesse volte molti valorosi signori el dame
d'aite virtù dotate adunare si sogliono, di cose alte ragionando
et degne cosi di quel luogo dove ogni hora tali dispute sono
po<te innanzi, le quali et chiara utilità et honesto piacere
apportano, come di cotali illustrissime persone, acciochecon
qualche dotio et piacevol ragionamento dieno alcun dilelto a
sua virluosissima Eccelenza, et quivi havendo io una volta tra
l'altre udito, non pur lei, ma molti d'essi signori et dame, non
XXIV. — CLAUDE DE HERBERAT. 23
solo ragionare lungamente con somma leggiadria in questa
favella, ma leggere anchora con gralia grandi^sima alcune cose
in questa medesima lingua scritte, délie quali intendendone io
alcune, cosi par quella simiglianza che cou la lalina lingua,
dalla quale ho, corne sapete, aleuna conoscenza, mi paie che
habbia questo idioma, come per quella familiarilà che qui con
voi havuta ho già buon tempo, mi senlij dalla dolcezza et
gravita di questa favella l'animo si fortemente commuovere,
che, anchoi'à che io sia nato in una lingua molio oruata et
copiosa, mi nacque nondimeno, come non contento a quel
poco che prima, per una certa consueludine di questa, inlen-
dava, un desiderio cosi maraviglioso di perfettamente saperla
et ragionare et scrivere, che meco stesso cou deliberato animo
proposi di non restare insino a tanto che cio fatto mi venisse
compiutamente, et cosi da queirhora innanzi tutto quel
tempo che dalle mie principali faccende, et alla corte et a
Parigi, m'avauzô (che fu molto), in apprendere regolatamente
cotai lingua a spendare incominciai, il Cento Novella di
M. Giovanni Boccacio, appresso havere moite altri autori in
questa lingua veduti, continovamente leggeiido. . .
Claude arrive ainsi à soumettre à son interlocuteur certains
doutes que divers passages du Décameron et le titre même du
recueil ont laissés dans son esprit; Alessandro répond à toutes
ses questions, invoquant sans cesse Fautorité de Dante et celle
de Pétrarque. Il ne nous appartient pas d'examiner le fond
même du dialogue.
Quelle part le gentilhomme français put-il prendre à cette
controverse ? Assurément on ne peut songer à lui attribuer la
rédaction du Ragionamento ; m.iis il est fort possible que,
possédant une connaissance peu ordinaire de la langue ita-
lienne, il ait posé diverses questions aux Florentins de Lyon,
et ait ainsi fourni l'idée première de Tentretien.
Quoi qu'il en soit, le volume fut répandu en Italie et ne
manqua pas d'attirer l'attention des critiques. Alfonso Cambi
ïmportuni, écrivant de Naples à Lucantonio Ridolfi, le 2 août
1562, lui attribue le Ragionamento. Voici comment il s'exprime
à ce sujet :
24 XXIV. — CLAUDE DE HERBERAY.
« Anchora che voi me non conosciate in modo alcuno, et io
voi mai veduto non habbia, non solo vi pregherro a farmi una
gratia, vene pregheno senza moite cirimonie, poichè la virtù
cbe ho conosciuto esser in voi me ne dà animo. Havendo letto
il vostro bellissimo dialogo cognominato Arelefda, ho giudi-
cato il Ragionemento havuto in Lione clal Herberè et dal nostro
Uberti sopra il Boccaccio, et cosi le dichiarationi che vanno col
Petrarca stampato dal Rovillio nel loo8, oltre al Rimario il
quale come cosa voslra vi è piaciuto dar faori, esser pur
fatiche vostre ; ma, perché in esse il vostro nome non si legge,
non voglio hora se vostre o non vostre sono contrastare :
basla che a me sommamente piacciono ...»
Ridolfî reproduit lui-même cette lettre en tête de rédition
des poésies de Pétrarque imprimées à Lyon en 1564- ', sans
confirmer ni démentir Tattribution de son correspondant.
Si Alfonso Cambi Importun! admirait le dialogue, il en fut
tout autrement de Lodovico Castelvetro, le critique chagrin
et acerbe dont la vie entière se passa dans la lutte. Voici en
quels termes celui-ci apprécie Fouvrage dans une lettre
adressée à Francesco Giuntini :
« Io sono stato avisato di Lione da uno amico mio che M.
Guglielmo Rovillio vuole stampare le centoNovelle del Boc-
caccio in piccolo volume, nella correctione, del quale intendo
che sete adoperato, et perô io mi sono mosso a scrivervi la
présente, parte per avisarvi di alcune cose non bene notate
nel Boccaccio, et parle per dimandarvene la solutione.
« Ouanto al primo, dico che è fuori un libretto sotto il nome
di uno Alessandro degli Uberti, Fiorentino, nel quale egli é
indotio a ragionare con un Claudio, di natione Francesco,
d'alcune cosette del Boccaccio et del Petrarca et di Dante 2,
la materia del quale è toi ta da più persone, et di ciô habbiamo
1, // Petrarca con nuove spositiotti. . . (in Lvoiie appres&o Gulielmo
Rovillio, M. [). LXIU, iii-16), fol. • l v".
2. Ou voit par ce passai^e que Castelvetro écrit après 15(J0 et qu"il a
oous les yeux un exemplaire du Rayiunumenlo, avec le litre nioililié.
XXIV. — CLAUDE DE HBRBERAY. 25
évidente testimonio, chè lo stile mostra di essere di persona
che sappia poco délia lingual »
Après cette introduction méprisante, Castelvetro aborde
l'examen détaillé du Ragionamenlo et réfute une à une toutes
les assertions d'Alessandro. Sa réfutation ne compte pas moins
de 96 articles.
Cette critique est visiblement outrée ; nous aimerions mieux
que le censeur modénais se fût appliqué à dissiper les doutes
1. Lettera || del Diibioso || A«",ademicû, || Al molto Magiiifko M. ||
Fraiicesco Giuiitini || Fiureiiliiio. S. l. n. d. [Lijon, vers 1566], ia-8 de
36 pp.
Le titre porte une grande marque représentant un personnage qui secourt
des naufragés. Cette marque, entourée de la devise grecque : Tr, àpéro ■a.xX
va^JyrJffapLéva) iJTïEpêàXXeiv ë^caxi, est Celle de rimprinieur Jean Martin.' Elle
se vérifie sur le titre de la Difesa de' Fiorentini, traduite de Michèle
Bruto, 1566.
La lettre du Dnbbioso Accademico occupe les pp. 2 (v du titre) -22 ; elle
est imprimée en gros caractères. La réponse de Giuntini, imprimée en
caractères plus petits, remplit les pp. 23-30. Le volume se termine par
quatre sonnets de Boccace, tirés d'un manuscrit, et par un sonnet
qu'Alfonso Cambi Impurtuni envoie à l'astrologue Giovainii da Bagnolo.
<iiuntini dédie celte dernière pièce à Giacopo Sozzi, de Reggio, en y
joignant une réponse de sa composition.
Biblioth. nat., Inv. D. 13x61. - Brilisli Muséum, 11840. b. 2 (2).
Dans les Opère varie critiche di Lodovico Castelvetro (Milano, 1727,
in-4, pp. 114-120). l'épilre à (iiuntini est reproduite avec quelques
variantes. Le nom du correspondant est supprimé et le morceau commence
ainsi :
« Che si dee giudicare délie cose conlenute in certo librello che é fuori
sotlo il nome d' Alessandro de gli Uberti. . .
« È fuori un libretto sotto il nome d'uno Alessandro degli Uberti
Fiorentino, nel quale egli è indotto a ragionare con Claudio, di nazione
Francesco, d'alcune cosette del Boccaccio, e del Petrarca e di Dante, la
maleria del quai libretto è involata da più persone, e di ciô abbiamo
évidente testimonio, che lo stilo mostra d'essere di persona che non sappia
la lingua. E adunque questo Alessandro un di quei giovani Fiorentini delF
Accademia di Fireiize, i quali in lutto lo spazio délia vita sua faniio una
lezione la quale, corne diceva Alfonso Pazzi, mette loro insieme Benedelto
da Monte Varco. »
Benedetlo Varchi, né en 1502, fut le membre le plus actif de Facadérnie
établie à Florence par Cosimo de' Medici. Il paraît que, non content de com-
poser des leçons sous son propre nom, il en composait encore pour les
autres. Ses Lezioni sopra diverse mater le poetiche e filoso fiche ont été
recueillies en 1560-1561 et en 1590.
26 XXIV. — CLAUDE DE HERBERAY.
qui existent sur le véritable auteur du dialogue. La réponse
de Giuntini est malheureusement moins explicite encore. Il
ne mentionne qu'en passant le dialogue ; cependant il est à
noter qu'il ne parait pas mettre en doute l'existence d'Ales-
sandro degli Uberti, et que, lui qui habitait Lyon, il en parle
comme d'un personnage réel :
« Quanto al Ragionamento di M. Alessandro degli Uberti
Fiorentino, vi giuro di non l'haver mai lelto ne visto, et per
questa cagione non posso darveue quel giuditio che vorresti
ch'io vene dessi in favor vostro. È ben vero che, per esst-re tal
Ragionamento ricordato dal mag. M. Luc' Antonio Ridolfi
nelle annotationi de' sonetti del Petrarca, ho havuto assai
desiderio di leggerlo; ne mai tal disio ho poste in opéra' , . »
Attendons qu'un hasard heureux nous fasse rencontrer
quelques documents sur Claude de Herberay et sur son ami.
1. Lettera, p. 2i.
XXY
THOMAS THIERRY
Le poète Lodovico Pdternù est peu connu ; il est passé
sous silence par Fontanini comme par Tirabosclii, bien qu'il
ait eu, au milieu du xvi« siècle, la prétention d'être un nouveau
Pétrarque. En 1560. Lodovico avait publié, ou, si l'on veut, fait
publier par son ami Lelio Fortunato, un recueil de vers divisé
en quatre parties '. L'année suivante, il avait donné un second
recueil intitulé : Nuove Fianime-, puis il avait habilement
1. Nuouo Petrarca |] Di M. Lodoiiico |1 Paterno, || Dislinto in quattro
parti. Il La prima & seconda, in vita & in morte [j di M. Mirtia. || La
terza de' varij soggetti, & la quarta || de' Trionfi. || Al Sereniss. lié Cato-
lico il gran || Filippo d'Auslria. || Cou Priiiilegio. || In Venetia. Appresso
Gioan Andréa Valuassori, || delto Guadagnino . M D LX [1560]. ln-8
de 8 ff. lim., 624 pp. et 12 tT
Le titre porte la marque de Giov. Andréa Valvassori.
Les 7 tf. qui suivent contiennent une épître de Lelio Fortunato à
Philippe II (di Nap-di a' xij di feb. 1560), et une épître de Mario degli
Andini aux lecteurs.
Les Trionfî sont ornés de figures sur bois.
British Muséum, 239. b. 19! — Notre bibliothèque.
2. Le nuoue Fiamme || di M. Lodouico || Paterno, || Partite in cinque
libri. Il II primo di Sonetti. & Canzoni pastorali. \\ Il seconde di Stanze.
Il II terzo di Elégie. H II quarto di Nenie, & Tumuli. || Et l'ultimo di
Egloghe Marittime, Amorose, H Luguliri, Illustri, & Varie. |I A Don
Carlo d'Austria Principe || di Spagna. 1| Cou Prinilegio. 1| In Venetia,
Per Gio. Andréa Valuassori, detlo Guadagnino, M. L»LXl [1561]. ln-8 de
254 lï. chifîr. et 6 ïï. non cliiffr.
Le titre porte la marque de Valvassori.
Lesff. 2-4 contiennent une épître dédicatoirede Lelio Fortunato à Don Carlos.
Au vo du dernier f. (après la table), est un sonnet de Luigi Valvassori.
Bibliotii. de l'Arsenal, B.-L 4160. — British Muséum, 241. e. 17.
Gio. Battista Giraldi avait fait paraître en 1518 un recueil intitulé : Fiamme.
28 .XXV. — THOMAS THIERRY.
mélangé ses œuvres à celles de poètes célèbres, tant dans les
Rime scelle éditées par Lodovico Dolce en 1565' que dans un
recueil de satires, où Paternô tient, à lui tout seul, plus de
place que Lodovico Ariosto, Francesco Sansovino, Ercole
Bentivoglio et Luigi Alamanni -.
Guillaume Roville, qui se proposait, ainsi que nous l'avons
vu ci-dessus, de donner au public les meilleurs ouvrages de la
langue italienne, fit paraître, en 1568, une édition augmentée
des Nuûve Fiamme, dont voici la description :
Le nuoue il Fiamme di M. || Lodouico !l Paterno, Il ^. Il Gon
diligentia riuiste & ristampate. \\ A Don Carlo || d'Austria
Principe di || Spagna. || In Lijone \\ Appresso Giiglielmo
Rouillio. Il 1568. In-16 de 541 pp., 8 flf. non cliifîr. et 1 f.
blanc (?).
Le titre porte la marque de Roville, avec la devise : In
virtule et fortuna.
Le volume s'ouvre par l'épître du premier éditeur, Lelio
Fortunato, à don Carlos, prince d'Espagne.
A la suite (pp. 10-13) est une épître de Lorenzo Vittorino
« Alla molto nobile et virtuosa signora, la S. Angela Spada de'
Cenami », en date de Lyon, !«■■ octobre 1566. — Angela, fille
de Bernardino Cenami, était la femme de Gherardo Spada.
1. 11 secûiuio Volume délie Rime scelle di diversi eccellenti aiitori. nuo-
vamanle maiidato iii liice. In Venegia, appresso Gabriel Giulito de' Ferrari,
1565. In- 12.
2. Satire || di ciiiqiii' || Poeti || illuslri, |j di imoiio raccolte |! et
poste a luce. Ij Cuii ima lellera del Patenio, doue si dis- || corre délia
Latiiia, et Tlioscana Satira : j| et s'iiiseiriiano alciini auiiertimonti ne- !|
lessarij intorno allô si;riiiere délie mo- || derne Satire || In Venetia, \\
Per Gio. Andréa Valuassori. \\ M DLXV [1565]. In-l'J de 118 11., car.
ital.
Le titre porte la marque de Valvassori.
Les tf 2 et 3 contiennent une épître de Mario dtgli .Andini aux lecteurs.
Les ff. 4-7 sont occupés par une épître de Paturuo à (iiuliano Bons!, sur
la satire, épître datée " di Villa, il di primo di maizo. »
Biblioth. nat., Inv. Vd. 6876.
Les satires ont été réimprimées dans la RaccolUt di poeti satirici
iudiani, t. V (1786, in-12) et dans la CoU'-ziune de'dassici italiani,
t. 231 (1804, in 8).
XXV. — THOMAS THIERRY. 29
Biblioth. nat., Inv. Rés. Yd. 1228. - Biblioth. de TArsenal,
B.-L. 4161.— British Muséum, 241. a. 34.— Notre bibliothèque.
Parmi les pièces qui sont nouvelles dans le volume, on
remarque (au verso de la p. 341) les deux sonnets suivants :
A M. Thomaso Thiebi
Tbieri, se mai Fortuna aspra et superba
Trearua mi dia pur brève spatio almeno,
Ne m'amareggi col suo rio veneno
i^e raie speranze, o le recida in berba,
Tempio farô. cbe, né per ira acerba
Di ciel, ne di pianeta venga ei meno,
Del mar tboscauo in quel più cbiaro seno,
Cbe de' maggiori tuoi memoria serba,
Dove quanti fur mai d'ingegno altero
Gh' ornaron Lucca in ampie lettre d'oro
Vedrai segnati et poi dipinti i visi.
Li fien Genami et Spadi quivi assisi,
Ne! mezo donna cb'io cotanto bonoro,
Degna d'eternità, degna d'impero.
RiSPOSTA
Veggio fartisi ognibor vie men superba
Fortuna et raddolcire il suo veneno,
Paternô, ond'è cbe lunga tregua almeno
Da sua t'alce sperar puô tua verd' berba.
Fa pur il Tempio et non temer cb'acerba
Ira di ciel mai ne'l riduca a meno.
Il Paradiso, a quel felice seno
Vicin, commodo luogo ecco li serba.
Et s'a quest' occbi fie don troppo altero
Cb'io mirar possa un si gentil lavoro
Et contemplar la majestà de' visi,
Miei voti al fin vedransi a' piedi assisi
Di quella donna, cb'a ragion adoro
Poic'ba d'alta virtù supremo impero.
30 XXV. — THOMAS THIERRY.
Le premier sonnet est bien l'œuvre de Paternô, puisque
c'est à lui que Thierry adresse sa réponse. L'allusion finale
aux Cenami et aux Spada nous montre que le poète connaissait
la société lyonnaise ; mais ce qui nous intéresse spécialement
ici, c'est la réponse. Oui était le Thomas Thierry capable de
refaire sur les mêmes rimes la pièce de Paterne ? C'était sans
nul doute un Lyonnais qui prétendait avoir une origine luc-
quoise. Nous savons qu'une famille Thierry joua un certain
rôle à Lyon dans la seconde moitié du xvi° siècle ; cependant
les efforts que nous avons faits, ou plutôt qu'a faits notre ami
M. Julien Baudrier, pour y rattacher Thomas, sont restés
infructueux.
Voici, d'après M. Baudrier, le tableau généalogique des
Thierry :
? Thierry
? Thierry. Claude Thierry, Jacques Thierry,
l'p. Anne Vizé. aumônier du roi , ép. Nicole Meriot,
I doyen du chapitre laquelle teste
I de Clermont, 1598-161.3'. le 3 nov. 1596.
Amiable Thierry, Divers enfants,
conseiller de ville, 1.586, l592, 1396;
échevin, 1607-1608;
seigneur et baron de Vaux et de Bronay ;
ép. Benoîte Guillemard.
Marie Thierry, (iilbert Thierry,
ép, Jacques de Villeneuve, écuyer. baron de Vaux ;
baron de La Basile. ép le 8 nov. 1620,
Isabeau de Rebé .
Maiie Thierry,
dame de Vaux et de Bronay ,
ép. Jean Champier.
baron de Juys et de Vaux,
bailli de Beaujolais *.
1. Ambr. Taidieu, Grand Dictionnaire historique du départ, du Puy-
de-Dôme, 1877, p. 133, '2" col. — Vu (iontrai; Thierry fut abbé de Saint-
Allyre de Clermont de 156'» à 1566. Ambr. Tardieu, loc. cit., p. 135, 3« col.
2. Vov. Anselme, //)*/. (jénéal., VllI, p. 337 A.
XXV. — THOMAS THIERRY. 31
Thomas Thierry était-il un parent de léchevin ? Nous
l'ignorons.
Outre les personnages que nous venons de citer, on ren-
contre à Lyon un noble homme Pierre Thierry, du lieu de
Fontenay en Lorraine, qui fréquentait en 1538 les foires de la
ville, et mourut avant 1556, laissant de Françoise Garnier :
François, Pierre et Alonce Thierry. Mais , comme notre
Thomas se dit Lucquois d'origine, il est peu probable qu'il
eût des attaches avec la Lorraine.
XXVI
LOUIS DE PERUSSTS
Louis de Perussis descendait d'une famille florentine, les
Peruzzi, dont une branche s'était fixée en Provence au com-
mencement du xv' siècle'. Au dire de son biographe-, il
naquit en 1524, de Clément de Perussis, co-seigneur de
Caumont, et de Blanche Vidal. Il était l'aîné de douze frères.
Le privilège de l'âge lui assura quelque bien^; il est probable
qu'il fit au moins une partie de ses études en Italie ^ ; en tout
t. Voy. Biblioth. d'Avisîiion, ni'< 1940 fol. J16, et J.-B. L'Hermite de
Soliers, La Toscane frnnnnsi\ 1H61, iii-4, pp. 501-506.
2. Notice hioçjraphique cl bibIio(jraj)hi(juesur Louis de Perussis, [parle
comte BlégiiT de Picrregrosse]. Avignon, Imprimerie de Jacquet et J.-B.
Joudou, 1839. In- 12 de 16 pp. (Exlr. du Messager de Vaucluse, nos 949^
254 et 258.) — Biblioth. nat., Lii-^. 16112
L'arliclt' de Bai'javel dans son Diciionnaire historique, biographique et
bibliographique du département de Vaucluse (II, pp. 249-255) ne
contient rien de plus que la notice précédente.
3. Un cousin de Louis, François de Perussis (Perutius) est cité parmi
les étudiants en droit à Padoue le 27 juillet 1538 (Arcli. univ. de Padoue,
reg. V, fol. 62) ; il y fut élu conseiller de la nation de Provence le
\" août 1539 (reg. Vl, fol. 3 v») et, peu après, syndic des juristes (reg.
VI, fol. 18 v») . Ce François fut reçu docteur en droit civil à l'Université
d'Avignon en 1543 (E. de Teule, Chronologie des docteurs en droit civil
de V Univ d'Avignon, 1887, p. 30). Il fut pourvu, le 10 septembre de
cette même année 1543. d'un office, nouvellement créé, de conseiller au
parlement de Provence [Catal. des actes de François b'^, VII, w 2o0l6),
devint baron de Lauris en septembre 1552 (Bibl. nat., ras. fr 28729,
dossier .50(S63, art. 13), et fut enfin reçu président au parlement de Pro-
vence le 16 octobre 1558 (Pr. CixhASse, Essais historiques sur le parlement
de Provence, 1826, I, p. iij).
II. - 3.
34 XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS.
cas, jeune encore, il put jouer nn rôle dans le comtat Venaissin.
Son zèle pour la cause catholique et rattachement qu'il
témoigna pour le pape le mirent en évidence, et lui permirent
de devenir, en 1561, viguier d'Avignon. Le viguier était un
personnage important ; aussi voyons-nous le poète Honoré
Henry lui adresser une ode pour étrennes le l^"" janvier de
l'année suivante ^ Les vers d'Honoré attestent le goût du
magistrat pour les belles-lettres. Perussis parait avoir reçu en
efïet une instruction assez variée. Il possédait à fond le latin,
le français et l'italien, et il nous a laissé un ouvrage historique
important.
Cet ouvrage est un récit assez confus, mais plein de détails
curieux, de la lutte à laquelle Perussis avait pris part contre
les protestants. Un premier discours, composé par lui, parut
en 1.^63. H est précédé d'une épître italienne qui montre avec
quelle application l'auteur avait étudié la langue parlée par
les représentants du pape.
Voici la description de l'édition originale •
Discours |l des Guerres de l| la Comté de Venayscin, || et
de la Prouuence : en- || semble quelques || incidentz.
II ^*, Il Le tout dédié à l'illustrissime &excellentissime || sei-
gneur, ^^" cheuallier, monseigneur Fr. Fabrice || de Serbellon,
cousin germain de N. S. P. & son || General en la cité
d'Auignon, k dicte Comté : |l Par le seigneur Loys de
Perussiis, Escuyer || de Coumons, subiect, ^.^ uassal de sa
saincteté. 11 Imprimé en Auignon \\ par Pierre Roux 11 1563.
— 1 Au Y" du dernier f. :] Imprimé eu Auignon, auer. \\ permission
de monseig. René- Il rendissime «.y Illustrissime Vi- \\ celegat,
monseigneur Lnurens || de Lence, Euesque de Ferme. \\
\. Ode donnée pour estreines le premier jour de P.-Vn MULXII. a
Magnifie Généreux et Noble Seigneur Loys de Perussij>, Escuvlt de
CouuKins, Viguier de la Ville et Cité d'/Viiignon pour X. S. P. Par
Honoré llenrv Secrétaire d'icelle ville. Imprime en Auiipion, par Pierre
Roux. 156-2.' In-'j de 4 IT. (Bibliolli. de Carpentras. C* 2879 el 2880 B )
Honoré Henry est l'auteur dis Commentaires des guerres civiles de
nostre temps (15(i5), qui sont une mise en vers aliréf-'ée des Discours de
Perussis. Ils sont dédiés de même à France-co Fabrizio Serbelloni. On
trouve à la fin des vers de l^erussis à la louange d'Henry.
XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS. 35
Errata.. .. Ii Fin du premier \\ volume. \\ Par Pierre Roux. ||
1563. In-4 de 112 pp. eti tf. non chiffr.
Le litre porte une marque formée d'un triangle renversé,
dont l'intérieur est orné d'entrelacs et de rinceaux. Autour de
ce triangle, dont la base est placée en l'air, on lit : Coelo
tutissima basls.
Au v» du titre est un dizain de Vasquin Philieul " A très
vertueux et très noble seigneur, le S. Loys de Perussiis,
escuyer de Coumons ".
Les pp. 3-4 cou tiennent l'épître italienne à Fabrizio
Serbelloni, que nous reproduisons plus loin.
Les pp. 5-6 sont occupées par une épître de Perussis " A
1res illustres, généreuses, vertueuses, sçavantes, et bien
disantes dames, mes dames et damoiselles d'Avignon, de la
comté de Venaiscin et generallement à toutes autres ". Cette
épître est datée, comme la précédente, du 20 septembre 1562.
A la suite, est l'écu des Serbelloni : coupé : au 1 [d'argent] à
un arbre [de sinople], accosté de deux griffons affrontés
[de gueules], le tout soutenu d'une terrasse [de sinople]; au
2 bandé [d'or et d'azurj de six pièces. L'écu est timbré d'un
cimier et entouré de cette devise : Nec vi nec vicia.
Le Discours se termine p. 110. On trouve à la fin les armes
de l'évêque de Fermo, Lorenzo de' Lenzi : un éeu cbargé de
six fleurs de lys : 3, 2 et 1, et accompagné de cette devise :
'0 xipTto; £/. Ttôv à'v6î(ov.
La p. 111 contient une octave italienne de Perussis à
Serbelloni, et la p. 112, deux octaves du même à Lorenzo
de' Lenzi'.
Les 4 ff. qui terminent le volume sont remplis par La Table.,
par les armes de Perussis : [d'azur] à trois poires [d'or], les
queues en haut, accompagnées de la devise : A recommencer;
par un dizain de Vasquin Philieul '' Au tresvestueux S., le
seigneur Loys de Perussiis, de ses armoiries et devise ", enfin,
par la souscription.
1. Lorenzo fut évêque de Fermo de 15i9 à 1571. La Bibliothèque
nationale possède plusieurs lettres de lui (ms. franc. 15878, fol. 126,
179,284).
36 xxvr. — LOUIS de perussts.
Biblioth. nat. Lk-. G02. — Musée Gondé à Chantilly. ~ Bi-
bliolh. de Carpentras, G^ 2870 B ; D^ 4487 B (recueil).
L'ouvrage fut réimprimé Tannée suivante dans les Pays-Bas .
Discours H des Guerres || delà Conlé.de Venayscin, Il et
de la Prouuence : Il Ensemble quelques II incidentz. || Le
tout dédié à rillustrissime, & Ex- Il cellentissime Seigneur,
& Chenal- || lier. Monseigneur Er. Eabrice || de Serbellon,
cousin germain || de N. S. P. & son General en la cité jj
d'Auignon, &. dicte Conté : || Par le Seigneur Loys de Peru-
siis, Il Escuyer de Coumons, subiect, Il «S: vassal de sa sainc-
teté. Il A Anuers || Au Faucon Diane, Bue de la Chambre. \\
M. D. LXIIII [156-i]. Il Auec Priuilege. In-8 de 811 ff. chilTr.
et 7 ff. non cliiiïr.
Au V" du titre est un extrait du privilège accordé par le roi
d'Espagne à Christophe Planiin, pour trois ans, le 28 juin 1564.
Les ff. Aij-Aiij contiennent l'épître italienne à Serbelioni;
les fï. Aliij-Av, l'épître aux dames d'Avignon et les vers de
Vasquin Philieul.
Le Discours se termine au f. 89 r° ; il est suivi des deux
pièces italiennes de Perussis et de La Table. Les armes gra-
vées et le dixain final de Philieul ont été supprimés.
Biblioth. nat., Lk^. 602 A. — Biblioth. Mazarine, 32833.
Bien que le privilège ait été accordé à Plantin et bien que
les bibliographes décrivent parfois sous son nom la présente
édition, il semble que le célèbre typographe ait cédé ses droits
à Tilens. Celui-ci fit reparaître le volume en 1565 sous le titre
suivant :
Discours || des Guerres || auenues en Prouence || & Conté
D'auignon, entre les || Catoliques, & ceulx qui se 11 disent,
Iluguenaux. H L'an M. D. LXII. || Par le Seigneur Loys de
Perusiis, Il Escuyer de Cumons. Il A Anuers, Il Chez Antoine
Tilens nu Faucon blanc, \\ 1505. |1 Auec Priuilege. In-8 de
80 11. chiffr. et 7 IT. non chilfr.
XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS. 37
Celle édilion ne diflére de la précédenle que par le lilre, qui
a seul élé réimprimé.
Le v» de ce nouveau lilre est blanc. Le volume n'a plus
d'extrait du privilège.
Biblioth. nat., Lk^ 003. — Bibliolh. Mazarine, 33269 (17«
pièce).
Antoine Tilens ne se borna pas à donner au public le texte
français ; il imprima en même temps une traduction néerlan-
daise qu'il nous suffira d'indiquer sommairement :
Die Hystorie van der Orlogben ghescbiedt in Vranckrijck in
Prouencen ende Tgraefschap van Venayscin, tusschen de Catho-
lycke en de die men noempt Hughenoysen, Int laer 1562. Be-
screuen vanden Heere Lowys de Perussijs in Fransoysche tate
en nu ouerghesedt in onse ghemeyne Nederlantsche sprake.
Thantwerpen, by Antonium Tilens, 1564. In-8 de 172 tî.
Biblioth. de l'Univer-sité de Gand (Cal. Meulman, I, p. 18,
no 108).
Perussis, encouragé par le succès de son livre, donna en
1564 un second discours dont les exemplaires sont presque
introuvables aujourd'hui :
Le second [| Discours || des Guerres || de la Comté de
Venayscin, H et quelques Obseruations de 1| nostre Saincte
mère Eglise, auec au- || très incidents. \\ Par le Seigneur
Loys de Perussiis, Escuyer II de Coumons, subiect & uassal
de N, S. P. II Attendue vniuersi populi, & videte dolorem
meum. || En Anignon, \\ Par Pierre Roux. \\ i564. — A la
lin :] Imprimé eu Anignon par Pierre Roux, imprimeur & habi-
tant, Il nuec permission de monseigneur Illiislriss. et Reueren-
diss. Il Laurens de Lenci, F.uesque. de Ferme, Vicelegnt , ||
gouuerneur, & commissaire gênerai andict \\ Anignon & Comté
de Ve- Il nayscin, &c. \\\-\ de 3 ff. lim., 4 76 pp. et 4 ff.
Le titre porte la même marque que le titre de la première
partie, le triangle renversé avec la devise : Coelo tutissima
basis .
38 XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS.
Les ff. Aij-Aiiij contiennent une épîlre française : « A l'il-
lustrissime et excellentissime seigneur, prudent et heureux
chevalier, monsieur François Fabrice de Serbellon, cousin
germain de nostre sainct père Pie IIII, et son tresdigne lieu-
tenant et gouverneur gênerai a ses pays d'Avignon et Comté
de Yenayscin » ; un avi? « Aux lecteurs » ; les armes de
Perussis, accompagnées des devises : A reconnne^icer ; A7nour
et Foy nous alie ; un dixain de V. P. [Vasquin Pbilieul] « Au
tresvertueux et tresnoble seigneur, seigneur Loys de Perussis,
escuier de Goumons, sur ses armoiries, tymbre et devise ».
Ce dixain se termine au haut de la p. 1.
Biblioth. du Musée Condé à Chantilly. — Bibliolh. de Gar-
pentras, C^ 2879 (exemi»!. annoté par Perussis lui-même).
Perussis ne borna pas là son travail d'historien, il le conti-
nua, au contraire, sur un plan beaucoup plus vaste, et con-
duisit son récit de 1564 à 158:2; mais cette troisième partie
est restée inédite. Nous en connaissons trois manuscrits :
a. — Tiers Discours de Loys de Perussiis, escuyer de Gou-
mons. Anles muerto que imidado. A recommencer. La foy nous
allé. Non nobis. Domine, sed noniini luo da gloriam. Ms. in-4-
sur papier de '277 11" chitïr., plus divers tï. intercalés.
Rédaction autographe, en tête de laquelle l'auteur a inscrit
ces mots : Record du sotnmaire de ce qaest advenu despuis le
seQond mien discours des guerres.
On lit à la fin : Jusques ycï est mis au nect, assavoir, au long,
au grand livre pour mettre a l'estampe, et au feuillet 457. Et d'icy
en avant., Dieu aydant, je le cuyde extendre tout au long, ainsy
que surviendra jnaliere, et mectre audicl grant livre et délaisser
cesluy cy .
Musée Condé à Chantilly, ms. 1360. Le volume, relié aux
armes du marquis de Caumont, provient de la vente Libri
(Londres, avril 1839).
h. — Discours et Commentaires, ensemble la continuation
de la guerre et troubles de ce temps, tant à la comté de
Venaissin que Languedoc, Provence, Daufiné, encore touchant
XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS. 39
la France, Spaigne, Italie, Flandre et [pays] du Levant ; traitant
aussi de plusieurs choses mémorables et dignes de sçavoir ;
plus, de la fertilité, situation et description d'Avignon et de
ladite comté de Venaissin ; de la défaite des Albigeois ; aussi
les moyens pour soy garder d'estre enveloppés dans les appas
des modernes hérétiques appelés huguenots. Par M. Loys de
Perussiis, seigneur de Coumons, vassal et chevalier de la
milice de N. S. P. le pape, et chevalier de l'ordre de
Sa Majesté le roy Tres-Crestien. Ms. en 2 vol. iu-fol. sur
papier comptant, ensemble 1006 iï.
Ce ms. contient une copie du second livre exécutée sur
l'imprimé, puis la mise au net du volume précèdent, et
enfin une continuation qui s'étend jusqu'à l'année 1381.
Biblioth. de Garpentras. ras. 546 (L. 529].— Voy. le Catal.
par Duhamel, I, p. 333.
c. — Copie du recueil b, exécutée au xviiic siècle. 3 vol.
in- fol.
Biblioth. d'Avignon., mss. 2773-2775. — En tête est un por-
trait, lavé à l'eucre de Chine, de « Louis de Perussis, seigneur
de Caumons, chevalier de Tordre de N. S. P. en 1568, et
chevalier de l'ordre du roy en 1570 ». — Voy. le Gâtai, par
Labande, II, p. 670.
Il est singulier que les mémoires de Loys de Perussis n'aient
pas encore trouvé d'éditeur. Le marquis d'Aubais en a donné,
il est vrai, d'après le manuscrit de Garpentras, une sorte
d'abrégé, qui occupe 384 pp. de la Ir^ partie du tome !'='• des
Pièces fugilives pour serrir à l'histoire de France (Paris, 1759,
in-4) ; mais cet extrait est fort défectueux. La réimpression
du premier Discours faite par MM. L Cimber (c'est-à-dire
Lafaist) et F. Danjou dans leurs Archives curieuses de l'histoire
de France (l''« série, tome i«, Paris^ 1835, in-8, pp 401-507),
n'est guère plus satisfaisante. Non seulement les éditeurs n'y
ont joint aucune note, mais ils ont supprimé les épitres limi-
naires, ainsi que les vers de Perussis et de VasquinPhilieul.Ce
sont précisément ces hors-d'œuvre qui nous intéressent ici.
40 XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS.
Voici répître italienne qui précède le premier Discours :
« Allô illuslrisslmo et ecccllentissimo s'ignore e ravalîiere,
monsignor Fr. Fabrltio di Serbelloni, engin carnale délia S. di
N. S., e suo générale nella ciltà d'Avignone e contado Venays-
cino, elc^.
c Illustrissimo et eccellentissirao signore, Sendo io alli
giorni passali ritiratto al luogho nostro, per vedervi con mio
dispiacere il grandissimo danno, rovina et incommodità : il
danno e rovina fatta per il campo avversario e l'incommodità
per il nostro, tanto nello andare ch'al rivenire di Proveuza,
pur l'uno è stato voluntario e l'altio forzato; e sendovi sopra-
stato alcuni giorni et havervi fatto rassettare alcune cose
disordinate, mi venero in mano certe succinte memorie che io
dal principio di queste guerre havevo coininciate e dapoi in
tal modo seguitate, con intentione di poi eommunicarle ad
alcuno amico mio, ricordandomi del gran maneamento che
gli nostri maggiori hanno commesso, massime in queste
parti, per non havere dato conto alla posterità delli suoi degni
fatti, quali, come credo, sono stati grandi, sendo slati nella
provincia d'Avignone e del contado Yenaiscino molti signori,
genlilhuomini et altre persone con carico et autorità grande,
e pensando più volte fra me stesso che ciô non dovissi fare,
si per la mia poca esperientia, come anchora per non haver
potuto ben honorare e minutamenle descrivere tutte le per-
sone che in esse guerre hanno meritato Iode; pur alla fine, si
come solo ne l'animo combattevo, solo anchora mi lasciai
vincere, e tanlo più che pigliai ardire di mandar faora questo
1. Francesco Fabrizio Serhelloni était le troisième fils de Gio. Pietro
Serbelloni, de Milan, et d'Elisabetla Rainoldi. La sœur de son père, Cecilia
Serbelloni, avait épousé Bernardo de' Medicini, araodiatcur des fermes
ducales à Milan, et elle avait eu pour fils le card. Giov. Angelo de' Medicini,
devenu pap(!, le 26 décembre 1549, sous le nom de Pie IV, Francesco
Fabrizio, qui avait servi dans l'armée impériale en Italie, et qui avait été
gouverneur de Pavie pour Cliarles-Ouint, fut nommé par Paul IV i;ouverneur
(lu coinlat Venaissin et général de ses armées. Il prit une part très active
aux guerres soutenues par les catholiques contre les protestants de la
Provence. Pie V le confirma d'abord dans ses fondions, puis l'appela au
généralat de l'Eglise. Fabrizio partit jiour Home vers la fin de 15G(j, mais
il v mourut.
XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS. 41
mio discorso sotto il nome di V. illustrissiina et eccellentis-
sima S., pigliandola per mioveroet ottimo defensore, assicu-
randomi che, se quella si degnerà pigliarlo sotto la sua
prolettione, come di ciô fare humilmente la prego, puotrâ poi
facilmente volare per tutlo, che sarà sempre ben visto
Alli. XX di settenibre M. I). LXII. »
La première des pièces placées à la fin du volume, est ainsi
conçue ;
Allô Ulustrissimo et eccelleniissimo cavalliere, il signor
Franc. Fabrilio di Serbelloni, générale per la Santilà di N. S.
in Avignone e Contado Veyiaiscino, e di dello paese vero reslau-
ralore e prolellore, etc. LuiGl de' Peruzzi
Magnanimo signor, alto e christiano,
Soave, dolce, buon, forte e constante,
Di giorno in giorno vostre virtù vanno
Alzando per il mondo fermo e stanLe
I raggi suoi, che tutti quanti sanno,
Et vostro oprar fa che la gente errante
Fuggendo va come caval sfrenato,
Sapendo ben ch'illustre siete nato.
Voici maintenant la seconde :
Al reverendissimo signor Lorenzo dé" Lenzi, vescovo di
Fermo, dignissimo vicelegalo et commissario d' Avignone et del
Contado Venaisino, etc. LuiGi de' Peruzzi
Monsignor mio, i ho un gran volera
De dir de voi come ben meritate,
Volendo ancora a tutti far vedere
Quante virtù sono in voi aquistate ;
Ma altro ingegno e stille e sapere
Vorrei havere et più matura etate.
Basta ch'Italia '1 sa per haverlo portato,
La Franza poi, che Fha tanto honorato,
42 XXVI. — LOUIS DE PERUSSIS.
Hora sa ben, et non lo puo tacere
Avignon bello e Venaiscin paese,
Dove meritamente siate a sedere,
Quanto siete giusto, libérale e cortese,
Si che mi basta far a chi no "1 sa sapere
Giô cbe m' intraterria settimane e mese,
Et è che siete raro e di valor reale,
Et che dovete esser, corne li vostri, cardinale.
Les courts fragments que nous venons de reproduire ne
sont pas les seules productions italiennes de Perussis. Il avait
composé en italien un traité des droits de l'église romaine sur
le Comtat et l'avait adressé au pape Pie V dans le courant du
mois de juillet 1570 ; mais le comte Blégier de Pierregrosse,
qui mentionne cet ouvrage, n'a pu retrouver aucune trace du
manuscrit.
Louis de Perussis mourut, à soixante ans, en 1584. Il avait
épousé, en premières noces, Madeleine de Pane, qui mourut
le 24 octobre 1578. Il s'était remarié, en secondes noces, avec
Françoise de Seytres. Il ne laissa qu'une fille, Blanche-Richarde
de Perussis.
XXVIl
VASOUm PHILIEUL
Nous avons cité, dans la notice qui précède, des vers com-
posés à la louange de Louis de Perussis par Vasquin Philieul ;
nous avons à dire maintenant quelques mots de cet auteur qui
fut aussi un italianisant'. Vasquin, né en 1522-, était fils de
Romain Philieul, notaire à Carpentras et Tun des éditeurs
des Statuts du Comtat en 1511. Sa famille était une des plus
anciennes de cette ville, où les Philieul étaient notaires, de
père en fils, depuis le commencement du xiv^ siècle. Vasquin
étudia le droit, comme ses ancêtres ; il prit même le grade de
docteur (nous ne savons si ce fut à l'université d'Avignon
ou en Italie), puis se fit prêtre, et devint chanoine de Notre-
Dame-des-Doms d'Avignon. Vers 1550, il fut pourvu des
fonctions de juge à la Cour temporelle du Comtat, fonctions
dans lesquelles il fut confirmé en 1562. Le 4 juin 1568. il
obtint un canonical en l'église de Carpentras ^
Vasquin fit son testament au mois de juillet 1582 et laissa
tous ses biens à la commune de Carpentras, à charge pour
i. Nous suivons rarticle consacré à Vasquin par le D"" Barjavel dans son
Dictionnaire historique, biographique et bibliographique du département
de Vaucluse, 1841, II, pp. ■/64-267.
2. Le porlrait joint, en 1556, aux Statuts de la comté de Venaissin
porte : Vasquini Filioli Effigies, anno aetatis suae XXXIIII.
3. Collatio canonicattis ecclesie cathedralis (^arpentoractensis cum
illius prebenda nuncupala prioratus Carumbi, facta auctoritate aposto-
lica pro egregio Vasqumo Filinli presbytero et jurium doctore (Mrpento-
ractensi. ÎBililioth. de Carpentras, ras. 1361, fol. 390.
44 5XVn. — VASQUIN PHILIEUL.
elle de construire une chapelle près de la grande porte de la
maison de ville. Il mourut \ à ce qu'il semble, peu de temps
après; en tout cas, il ne vivait plus en 1586.
La plupart des ouvrages de Philieul témoignent de son goût
pour la littérature italienne. Voici l'indication sommaire de
ceux qui nous sont coanus :
1. Laure d'Avignon, au nom et adveu de la royne Catherine
de Medecis, roine de France. Extraict du poète florentin
François Pétrarque et mis en françois par Vasquin Philieul
de Carpentras. Paris, Jacques Gazeau, 1548. In-8 de 119 pp.
Cat. Didol, 1881, n" 271.
Toutes les Euvres vulgaires de Françoys Pétrarque contenant
quatre livres de M. D. Laure d'Avignon, sa maistresse; jadis
par luy composés en langage thuscan, et mis en françois par
Vasquin Philieul de Carpentras. En Avignon, De rimprimerie
de Barlkelemy Bonhomme, 1555. In-8.
Bibliolh. liai., Rés. Yd. 11.54. — Musée Condé à Ghanlilly.
— BritisL Muséum, 11421 bb.
Celle Iraduction a élé peu favorablemenl jugée par Goujet
et par tous ceux qui l'ont copié. Il est certain qu'elle atteste
plutôt la bonne volonté de l'auleur que son talent poétique.
2. Les Statuts delacomtéde Venaissin, avec les jours feriatz
d'Avignon et de ladite comté ; mis de latin en françois par
Vasquin Philieul de Carpentras, docteur en droicts. En
Avignon, par Claude Bouquet, 1558. — [A l'avant-dernier f. :J
Imprimé en Avignon par Jean Tremblay et Pierre Roux, ln-4
de 112 ff. chitïr. et 6 fï. non chifîr.
Biblioth. naL.Inv.Rés. 2079(2) elF. 13694.— Brilish Muséum,
711. c. 28. — Bibliolb. de Carpentras, C. 1706 et 1708 B. Les
liires de ces deux derniers exemplaires oflrenl des variantes
avec le titre du n° G. 1709 B. de l:i m(^me bibliothôque.
1. Biblioth. (le Carpentras, nis. 1724, fol. 746.
XXVII. — VASQUIN PHILIEUL. 45
Les Statuts du Comtat Venaissin. Traduits du latin en
françois par M. Vasquin Philieul, docteur en droit, de la ville
de Carpentras, et augmentés en cette nouvelle édition de la
Bulle de N. S. P. le Pape Eugène IV, et de quelques Règlements
non encore imprimés. A Carpentras, Chez Claude Touset,
1700. In-4 de -292 pp., U ff. non chiffr. et 7 pp.
Biblioth. de Carpeutras, G. 1701 B.
3. Dix vers latins adressés au roi Henri II.
Biblioth. nat., ms. fr. 22360, p. 154.
A. Le Jeu des Eschecz. A Paris, de l'imprimerie De Philippe
Danfrie et Richard Breton, 1559. In-4.
Imitation en vers du poème de Girolamo Vida De ludo
scarchorum .
Cette imitation a été réimprimée pour le libraire Gay, à
Paris, en 1862, in- 12.
5. Dialogue des devises d'armes et d'amours du S. Paolo
Jovio. Avec un discours de M. Loys Dominique sur le mesme
subjet. Traduit d'italien par le S. Vasquin Philieul. Auquel
avons adjousté les devises héroïques et morales du S. Gabriel
Symeon. A Lyon, Chez Guillaume Roville, 1561, In-4, figg.
Biblioth. nat., Inv. Z 3392 et Rés. Z 912. — British Muséum,
9904. h.
Roville publia en même temps et avec les mêmes figures
une édition italienne et une traduction espagnole, due à
Alonso de Ulloa.
6, Dixain au v° du titre du Discours des guerres de la comté
de Venayscin de Louis de Perussis, 1563.
Voy. ci-dessus, la notice consacrée à L. de Perussis, p. 3o.
46 XXVII. — VASQUIN PHILIEUL.
7. Traduction italienne du Recueil des derniers propos tenus
par François de Lorraine, 1563. (Nous parlons plus loin de cet
ouvrage.)
8. Dixain en tète du Second Discours des guerres de In comté
de Venayscin, de Louis de Perussis, 156-4.
Voy. ci-dessus, p. 38.
9. Ballade adressée par « la ville d'Avignon au seigneur
illustrissime Fabrice des Serbellons », à la fin des Commen-
taires des guerres civiles de noslre temps, d'Honoré Henry
(Avignon, Pierre Roux, 1565, in-4), fol. 48 r^
Cette pièce est accompagnée de la devise : Des fleurs le fruicl.
10. Traité de souvent recevoir le saint sacrement de l'Eu-
charistie, composé en latin par Pi. P. Christophe de Mandric,
docteur en théologie, de la Compagnie de Jésus; traduit de
latin en françois par Vasquin Philieul. Imprimé en Avignon
par Pierre Roux, 1565. In-?.
Du Verdier, III, p. 5o8.
L'ouvrage traduit par Philieul avait paru à Naples en 1556
et avait été plusieurs fois réimprimé. Voy. Antonio, BiLlio-
theca hispana nova^ I, p. 247 ; De Backer et Sommervogel,
Bibliolh. de la Compagnie de Jésus, Y (1894), col. 278.
Le Traité de la fréquente Communion. Composé en latin
par R. P. Christophe de Madrid, docteur en théologie, de la
Compagnie de Jésus, et traduit en françois par M. Vasquin
Philieul, docteur es droicts, et depuis revu et corrigé. A Paris,
Chez Thomas Brumen..., 1581. In-12 de 131 ff.
Voy. De Backer et Sommervogel, loc. cit.
Nous donnerons maintenant une description complète du
n° 7 :
Recueil II des derniers II propos, tenus par feu tresil H lustre
XXVII. — VASQUIN PHILIEUL. 47
prince monsieur François de Lorraine, Il Duc de Guise, Cheua-
lier de l'ordre, Pair || de France, k Lieutenant gênerai II pour
le Roy treschrestien. Il Traduit de François en Italien, jj Rogio-
namenti [sic] k ultime parole, che dice Fillustrissimo II principe
M. Francesco de Lorrena, Duca di || Guisa, nel suo trapassare
da questa il a Faltra uita tradotti di Fran- Il cese in Italiano.
Jl * -|- * Il Imprimé en Auignon par \\ Pierre Roux. S. d. [1563],
in-4 de 8 fï. non chiffr., impr. à 2 col., sign. a-b.
Le titre est orné d'un cartouche dans lequel est inscrit
cette devise : Benedlcam Dominum in omni tejnpore.
Au v° du titre est un sonnet italien de Vasquin Philieul :
Allô illuslrissimo signore, il signore Francesco Fabritio de'
Serbelloni del sanlissimo papa Pio IIII. engin carnale et nelle
cose délia guerra, per sua Santità, in Avlgnone e nel Conlado
Vcnaiscino générale, VasQUINO Philioli, s.
Deh ! perché non rimase nel profonde
Abisso l'archibuso sordo e rio
Con il quai par ch'ugual rhuom voglia a Dio
Rendersi in terra, fulminando a tondo !
Fabritio, hor senza te qui giva al fondo
La gloria e' 1 nome di Pietro e di Pio,
Poiché, tradito e morto, ohimé, piansi io
Guisa, tuo par, se pare havesti al mondo.
Ecco i bei detti co' quali ne l'hora
Gh' a Paîtra vita l'heroe passava
T'invitava a tener questo alto luogo.
Vivi, signore, che vedremmo anchora
Colui che preuder dianzi il ciel pensava
Sotto tue forti man portare il giogo.
La relation traduite par Philieul avait paru d'abord sous le
titre suivant : Lellre de l'evcsque de Riez [Lancelot de Caries] au
roy, contenant les actions et propos de M. de Guy se depuis sa
blessure jusques à son trespas. Il en existe plusieurs éditions
françaises et une traduction latine de Jean Le Vieil (Joannes
Vêtus).
48 XXVII. — VASQUIN PHILIEUL.
Nous en avons parlé avec détail dans notre tome I,
pp. 245-248.
Le texte français et la traduction italienne sont imprimés
en regard (cette dernière en lettres italiques).
Voici le commencement de la traduction :
« Ragionamenli el ultime Parole che dice ViUustrissimo prin-
cipe M . Francesco de Lorrena, duca di Gitisa, nel trapassare da
questa in miglior vita. Tradolta [sic] di francese in italiano
per V. P.
« Gara mia e rnolto amata consorte, noi siamo insieme stati
congionti per il santo nodo di fede e d'amore con intera
communione d'ogni cosa. Voi sapete ch'io v'ho sempre amata
et stimata senza mai entrare in alcun sospetto di voi, si come
sempre mi son posto al mio dovere di farvelo cognoscere e di
darvi ogni contento ch'io ho potuto. Non voglio negarvi ch'i
consigli e fragilità délia giovanezza non m'hahbino talvolla
condotto a eose onde voi potelé essere stata offesa... »
Gat. Gharles Cottier, 1900, n^ 587.
XXVIII
CLAUDE DE PONTOUX
Nous allons voir maintenant les lettres italiennes cultivées
par des Français qui, ayant fréquenté les universités de la
Péninsule, s'intéressèrent plus à la poésie qu'aux sciences
professées par les jurisconsultes ou les médecins.
Claude de Pontoux, de Chalon-sur-Saône, était fils d'un
apothicaire. Nous supposons qu'il avait dû naître un peu avant
1540. Tout en étudiant la médecine, il s'éprit de la langue
grecque et de la poésie française. Après avoir suivi les cours
de l'université de Dôle, il partit pour Padoue et s'initia aux
beautés de la poésie italienne. Venise le séduisit particulière-
ment. Il nous a laissé dans ses vers un curieux tableau des
canaux et des gondoliers ' :
Vogae, garçon, ô vaillant barquerolle,
Estands tes bras, voute-toy, tire bien.
Fais moy voler d'un vol pegasien
Par ce canal ta légère gondole.
Il m'est advis qu'au paradis je voile.
Passe en Realte, au canal Cyprien,
A Calespurge ; ici, garçon, retien
Ferme au treguet^ : voici la Gasidole.
1. Les Œuvres de Claude de Pontoux (Lyon, Beiioist Rigaud, 1579,
in-16), p. 8l (Biblioth. nat., Inv. Rés. ïV. 1845.) — Ce sonnet est
le 13 h de ceux qui sont intitulés L'Idée.
2. Italien tragketto. — Cf. ci-après, p. 61.
II. — 4.
50 XXVIII. — CLAUDE DE POWTOUX,
Ha ! c'est icy que je dois appaiser
Tous mes ennuiz et où je dois baiser
A mon plaisir ma douce Philomide.
« Mon cher espoir, le voulez-vous pas bien ?
« Mon œil, mon cœur, mou tout, mon miel,
[mou bien,
<-< Sus, entrons donc au paradis de Gnide ! »
Arde'nt et débauché, le jeune Pontoux ne fit pas seulen:ient,
on le voit, la connaissance des canaux et des gondoliers. Le
sonnet suivant, que nous empruntons au même recueil, doit
être joint à l'histoire des courtisanes vénitiennes. Les docu-
ments ne nous manqueraient pas pour le commenter ; mais
nous préférons laisser ce soin à des auteurs plus compétents :
Selincourt, allons voir la gaye Luciane,
L'Es;meralde aux yeux verds, la belle Véronique
A qui tu es amy (mais tu n'es pas l'unique) ;
Nous la ferous baller à la venitiane.
Après, nous irons voir la gente Emiliane,
L'Angela Bell'occhi : bien qu'elle soit antique,
Elle n'entend que mieux l'amoureuse pratique.
De là nous irons voir la gentille Diane,
Ou bien la Mariette ', ou bien la Ragousee ;
Mais, pour ce que n'aguere un brave l'a frizee,
El' nous econduira ; mais d'elle ne nous chaut,
1. Nous voyons ailleurs que Pontoux avait eu pour rival auprès de
Mariette un Allemand a[)pelé .Minkwitz :
De Minkwitz est jaloux si j'aime Mariette, . .
{Œuvres, p. 145.)
Un Erasmus von Minkwitz (Mingvitius) avait été recteur des juristes à
Padoue en 1534 (.-\rcli. de l'univ. de Padoue, reg. V, fasc. 1) ; mais le rival
de Pontoux est évidemment postérieur. Il s'agit peut-être de Kaspar von
Minkwitz. (pii fut chargé par l'empereur, en 1571, d'uni! ambassade à
Conslantinople. Itappelons qu'Anna von .Minkwitz nuiriée à WolCgang von
Sciiomhurg l'ut la mère de Gaspard de Scliombcrg, naturalisé Français
en 1570, comte de iXanteuil, etc.
XXVIII. — CLAUDE DE PONTOUX. 51
Car nous pouvons aller autre part nous esbatre.
Que si tu as vouloir d'en baiser trente quatre
Encores aujourd'hui, Antoyne ne nous faut K
Le poète poussa jusqu'à Rome, où les Romaines semblent
avoir eu infiniment plus d'attraits pour lui que tous les souve-
nirs de l'antiquité. On en jugera par ce sonnet :
Mon Chappelain, veux-tu sçavoir comment
Je vy dans Rome où j'ay fait ma retraitte ?
Tousjours l'amour me brusle et me sagette
En ne cessant de me livrer tourment.
Je voy toujours en songe et pensement
Celle que j'ay dedans mon cœur pourtraite,
Celle pour qui tant de soupirs je jette,
Et penses-tu que je vive autrement?
Je suis tout tel que tu m'as veu dans Dole.
Il est bien vray que j'ay d'une Nicole
Belle trop plus que n'est l'aube du jour
Mille baisers ; mais pour cela l'Idée
Estre ne peut de mon penser vuidee :
Encor n'esl-il que la première amour 2.
Claude de Pontoux était, semble-t-il, de retour en France
en 1561, année où il publia la traduction d'une harangue de
saint Basile^ Nous ne savons s'il exerça la médecine ; ses
livres ne nous le révèlent que comme un philologue et comme
un rimeur au caractère enjoué. Après avoir fait paraître
divers petits ouvrages dont nous n'avons pas à donner ici le
détail, Claude fit imprimer, en 1569, une traduction partielle
1. Les Œuvres de Claude de Pontoux^ 1579, p. 149. — L'Idée^ son-
net CCLXVUI.
2. Œuvres, 1579, p. 86. — L'Idée, sonnet cxLii.
3. Harangue de sainct Basile le Grand à ses jeunes disciples et
neveux : quel profit ils pourront recueillir de la lecture des livres grecs
des auteurs profanes. . . Paris, Jehan Le Royer, Philippe Danfrie et Pierre
Hamon, 1561. In-8. (Librairie Morgand, décembre 1886.)
52 XXVIII. — CLAUDE DE PONTOUX.
des Sermoni funebri d'Orlemio Lando'. En 1576, il recueillit,
sous le titre de Celodacnje amoureuse-, des aubades, des
chansons, des gaillardes, des pavanes, des branles, des
sonnets, des stances et diverses autres petites pièces qu'il
avait composées. On trouve dans ce recueil un sonnet italien
que nous transcrivons ici :
Soiieto.
0 me felice più d'ogn'altro quanto
Più d'ogn'altra' é costei leggiadra e bella,
S'ugual a la mia voglia fusse quella
Di quella ch'amo e riverisco lanto !
Tante riverisco suc lume santo
Che* vince di splendor ogn'altra Stella,
Che di lui'" sempre l'aima^ mia favella
E di lui in rime sparse ogn'hora canto.
Ne vivo più in quel aogoscioso pianio
Come vissi al tempo di gran procella
D'amer; ma, liera cbe lai più nen mi nuoce,
le dice un'altra velta ad alla voce :
0 me felice più d'ogn'altro quanto
Più d'ogn'altra è costei leggiadra e bella ' !
1. Haranijiies lamentables sur la mort de divers animaux, extraictes
du tuscan, rendues et augmentées en uoslre vulgaire... Avec une
rhétorique gaillarde. Lvoii, Beuoist Rigaud, 1569. In- 16, fisg. (Biblioth.
de l'Arsenal, B.-L. 18'2"77.)
Tratluclion de huit des Sermoni funebri, qui existe aussi avec la date
de 1570 (Arsenal, B.L. 18254.)
2. Lyon, Benoist Rigaud, 1576, in-l6. (Bibliolh de Wolfenbùltel. )
Voy Baudrier, Bibliographie Igonnaise, III, p. 328.
Réimprimée à Paris, par Aiculas Buiifons, 1579, ia-16. (Biblioth. de
l'Arsenal. B.-L. 18730, Rés.)
3. L'édition des Œuvres porte p. 89j : Piu d'on' altro.
A. Œuvres (\>p. 85 et 162) : Chi.
5. 1/édition de la Gelodacrye inii)rimée en 1579 [la seule que nous ayons
pu consulter) porte luy . L" recueil lies œuvres fait la même faute aux vers
7 et 8.
6. Les Œuvres (p. 162) portent : l'arma. — Il nous paraît inutile de
relever les autres fautes.
7. Gelodacrye am'iurruse, 1579, fol. 50 V» ; Les Œuvres de Claude de
Pontoux gentilhomme chalonnois, docteur en médecine (Lyon, Benoist
XXVIII. — CLAUDE DE PONTOLX. 53
Les œuvres françaises de Claude de Ponloux, publiées après
sa mort par Benoist Rigaud, en 1579, reproduisent les pièces
contenues dans la Gelodacrye et en contiennent un grand
nombre d'autres, notamment les 300 sonnets consacrés à
l'Idée, c'est-à-dire à sa maîtresse '.
La pièce que nous venons de réimprimer figure de nouveau
parmi les poésies dédiées à l'Idée. L'éditeur y a joint deux
autres sonnets italiens que nous reproduisons d'autant plus
volontiers que le volume est d'une extrême rareté :
LX
Deh ! con quai piania mai tanto divina
E con quai doice unguento, o quai licore
Potrei sanar la piaga del mio core
Che d'ossa in ossa incurabil camina?
Obimè! piania mon fia ne- medicina
Che schemar posse questo mio languore.
Già fato è debol il tanlo mio vigore,
Che la mia vita a morte s'avicina.
Dunque poichè ^ raorir hora mi veggio
Del fier colpo d'Amor, Lgelio, ti cheggio
Ch'essendo Talma mia del eorpo uscita,
Porgi queste parole a tutto '1 mondo * :
Costui, per troppo araar d'amor profondo
Una donna crudel, perso ha la vita^
Rigaud, 1579, in-16), pp. 85 et 162. La même pièce est imprimée deux
fois.
1. Ces sonnets sont antérieurs au séjour de l'auteur à Padoue, Il dit
lui-même :
« Idée, adieu, je vay en Italie. . . »
Il promettait alors une inébranlable fidélité ; mais il s'applaudit bien vite
d'avoir changé de résidence et de niaîlresse.
2. Impr. me.
3. Impr. que.
i Impr. à tutto' mondo,
5. Les Œuvres de Claude de Poiitoux, 1579, p. 45.
54 XXVIII. — CLAUDE DE PONTOUX.
CLVIII
0 sol, mio bel sol, sol tralucente,
Sol dinanzi ' lo quai io brarao morire,
Sol ogni mio ben, ogni mio martire,
Sol chi riscaldi la gelata mente,
Sol chi vaneggiar mi fai dolcemente,
Sol chi l'aima del cor mi fai partira,
Sol quai mirando temo e perdo ardire,
Sol chi m'abbaglia, tanto sei possente ;
Sol albergo d'Amor, onde stral move,
Sol per cui leggiadria ogni quà giù piove.
Sol chi l'aima mia rendi sbigoilita,
Sol hor' a me benigno, hor crudo e rio,
Sol di bellezza colmo, opra d'Iddio,
Tu sei la morte raia, tu sei la vita^.
Quant aux œuvres françaises, l'influence italienne se fait
sentir à chacune des pages du volume. Une des aubades :
Benoist soit Tœil noir de ma dame...
est imitée de Pétrarque ^ Il en est de même du sonnet :
Vouloir m'espronne et l'aveugle me guide *...
Plus loin, nous rencontrons un a- chapitre amoureux » tra-
duit de l'Arioste, une imitation de Bembo, des vers sans rimes
traduits de Sesline de Pétrarque :
Tous animaux hébergeons sur la terre ^...
\. Impr. diaiizi.
2. Les Œuvrrs de Claude de Poiitoux, 1579, p. 94.
3. Sonetlo XLVIl :
B^'iiedeUo sia'l giorno e'i raese e l'anno...
4. Son.^tto CLXXVl :
Voglia mi sprona ; Amor mi guida e scorge...
5. Sestitia prima :
A quakiuqiie animale alberga in terra
XXVIIt. — CLA.UDE DE PONTOUX. 55
Pour les Français, comme pour les Italiens, toute la poésie
était alors dans Pétrarque, Bembo et Arioste.
Claude de Pontoux mourut jeune, vers 1578'. Il paraît
avoir été vivement regretté de ses amis, dont plusieurs lui
consacrèrent des vers imprimés en tête des Œuvres. Il n'est
pas sans intérêt de citer ici ceux à qui lui-même adresse des
sonnets, plusieurs d'entre eux ayant certainement été les
compagnons d'étude et de plaisir du poète en Italie. Ce sont :
Bonier (OEuvt-es, p. 123) ^ Chappelain (p. 86) ^ Contet
(p. 51)\ Du Verdier (p. iU] % Froissart (p. US)\ La Borde
1. 11 ne doit pas être confondu avec un autre Claude de Pontoux, sei-
gneur de Granges, qui, le 13 novembre 1582, se rrndit adjudicataire du
gretl'e du grenier à sel de Ghaloii, et qui, le lu mai 1601, céda ce même
greffe à son frère utérin, Artus Valon, seigneur de Rozey, ci-devant maître
ordinaire en la Chambre des Comptes de Dijon. (Biblioth. nat., ms. fr.
•28820, dossier Pontoux.)
2. Nicolas Boiiyer, de Dijon, a traduit en français VElegie de Baptiste
Mantouan contre les poêles lascif:, (Paris, Simon Calvarin, 1562, in-4 de
8 ff". : biblioth. nat. Rés. pYc. I6i0). Un N. Bonier, qui était peut-
être son fils, est l'auteur de vers miprimés, en 1588, au-devant du Dic-
tionnaire des rimes de Jean Le Fèvre.
:L Ce persoimage pourrait bien être un fils de Jean II Chapelain, fils de
Jean I*"", et de Perrette de Saint-Yon. Jean II fut docteur en médecine de
Montpellier et de Paris (1541), premier médecin de Henri II et de
Charles IX. Il mourut le 5 décembre 1569. Il avait bien pu envoyer son
fils étudier à Padoue.
4.. Les Contet étaient de Chalon. Un seul a marqué dans l'histoire litté-
raire, François Contet, frère mineur, docteur en droit et en théologie, mort
en 1638 (voy. Castan, Catal. des Incunables de Besançon, 1893, p. 50).
L'ami de Pontoux était probablement Pierre Contet, Bourguignon, fils de
feu noble homme Jean Contet, qui fut reçu docteiu- es droits à Pavie, le
26 avril 1576 (Arcli. de l'Univ. de Pavie, Doctoratus, ad annum). Avant
lui, Biaise Contet avait été professeur de belles-lettres à l'Université de
Franche-Comté (voy. Henri Beaune et J. d'Arbaumont, Les Universités de
Franche-Comté. Dijon, 187U, gr. in-8, p. 204).
5. Il s'agit sans doute du bibliographe Antoine Du Verdier, né en 1544,
mort en 1600. Nous dirons plus loin quelques mots de lui, dans l'article
consacré à son fils, Claude Du Verdier.
6. Il s'agit peut-être de Pierre Froissard, avocat fiscal au parlement de
Dôle. en 1570, président au même parlement en 1572 (voy. Castan, Catal.
des Incunables de Besançon., p. 568). Deux autres membres de la même
famille, Thomas et Pierre Froissard, professèrent la médecine à l'Université
de Franche-Comté. Le dernier, Pierre, mourut à Poligny en 1599 (voy.
Beaune et J. d'Arbaumoni, Les Universités de Franche Comté, pp. 201
et 202). Les Froissard étaient originaires du bourg de Sellières.
56 XXVIII. — CLAUDE DE PONTOUX.
(pp. 131, 136) ', Lambert (p. I23j ^ Le Goulx (p. 45) ^ Lentin
(p. -222) \ LeTartier (p. 154) ^ Richardot (p. 149) ^ Ruffay
1. Ce La Borde paraît être Antoine de Vienne, baron de La Borde, de
Grosbois. etc., né à Dijon le 27 janvier 1538, second fils de François de
Vienne, seigneur de Pymoiit, d'Antigny, etc., baron de Kuffey. Ce person-
nage devint comte de Comarin à la mort de son frère aîné. Jacques de
Vienne. 11 était mort en 1599. Voy. Anselme, Histoire généal., VII,
p. 803 D.
2. Il ^';tgit probablement d'un L:imbert de Besançon. M. Castan {Catal. des
Incunables de Besançon, pp. 144. 653) cite, au commencement du xvi«
siècle, un prêtre appelé Léger Lambert. Dominiqne Lambert, de l'ordre des
frères prêcbeurs, était prieur de Besançon en 1592 {ibid., p. 131).
3. .Nous parlons des Le Goulx dans une des notes de l'article suivant.
4. Nous ne connaissons ce Lantin que pur la chanson que lui adresse
Claude de Pontoux :
Lentin. veux-tu sçavoir comme
Je vis estant amoureux
(28 quatrains).
Lantin, qui a visité l'Italie, fait à cette pièce une Response pulinodique
à la façon des Italiens :
De Pontoux, vois aussi comme
Je vys estant amoureux
La famille Lantin était une de ces familles parlementaires de Bourgogne
dont les fils fréquentaient d'ordinaire les universités italiennes. Philibert
Lantin. étudiant eu droit à Padoue, fut chargé, le 26 novembre 1548, de
remplacer pour huit jours Charles de Grilly, conseiller de la nation de
Bourgogne Arch. uiiiv. de Padoue, registre VIL fol. 322 \°). Le 30 juin
1595, Jean-Baptiste Lantin, « Cabiionensis Buiguudus, cuni duobus parvis
signis in maxilla dextra «, s'inscrit comme juriste à Padoue (mêmes
Archives, reg. XX.\. fol 91 v).
5 Le personnage que Pontoux appelle Tartier doit être le médecin
champenois Adrien Le Tartier, celui même qui. en 15K1, éleva un monu-
ment à Guillaume Postel. Le Tartier avait étudié à Montpellier. Ses Pro-
menades printanieres, imprimées en 1585 et 1586, nous montrent qu'il
avait des relations très étendues. 11 y dédie plusieurs pièces à des Italiens,
ce qui permet de penser qu'il avait visité l'Italie.
6. La famille Bichardof doit surtout son illustration à François Richardot,
évêque d'Arras (1561-1574). Plusieurs autres de ses membres furent des
hommes distingués, notamment .\ntoine et Guillaume, que l'on rencontre
parmi les correspondants de Juste Lipse. Jean Richardul seigneur de Barli,
professa le droit civil à l'université de Besançon en 1569 (voy. Beanne et
J. d'Arbaumont, Les Universités de Franche-Comté. 1870, \k \9i] ; il
soutint la domination espagnole darjs les Pays-Bas et reçut en 1582 une
gratification de 3000 livres pour les bons et agréables services qu'il avait
rendus pendant les troubles (voy. Rousselle, Bibliographie moiitoise,
p. 131, n'' 1 et p. 132, n« 2).
XXVIIl. — CLAUDE DE PONTOUX. B7
(p. 120) \ Sélincourt (p. 14-9)2.
1 . 11 s'agit sans doute de Jean de Vienne, baron de Ruffey, né à Coniarin
le 13 octobre 1547. quatrième fils de François de Vienne, seigneur de
Pymont, baron de Hiitfey, et, par conséquent, frère du baron de La Borde.
Ce Jean avait été destiné à Tétat ecclésiastique, mais il abandonna ses
bénéfices pour épouser Gatberine de Monigascon. Il devint gouverneur du
Bourbonnais et fut fait, le 31 décembre 1584, chevalier des ordres du roi.
Voy. Anselme, Hist. (jénéal., VU, p. 803 G.
2. Ce personnage doit être l'un des fils de Jean Sacquespée, écuyer,
seigneur de Sélincourt, Bouillancourt, etc., qui avait épousé, par contrat
du 15 août 1539, Françoise Herlin. Jean, l'aîné, qui se qualifiait seigneur
de Sélincourt, Bussy-les Dames et La Vallée, fui écuyer du duc de Nemours ;
Antoine, le second, qui n'était connu que sous le nom de seigneur de
Sélincourt, fut commissaire général de l'artillerie en Picardie. Voy. le
M'« de Belleval, Nobiliaire, de Punthieu et de Vimeu, 1876, in-4, p. 840.
— Claude de Pontoux nous représente Sélincourt comme un débauché ;
ce trait convient parfaitement au commissaire de l'artillerie, dont L'Estoile
(éd. Jouaust, V, p. 75) nous raconte les excès et la mort tragique, le
10 mars 1591.
XXIX
CLAUDE TURRIlN
La vie de Claude Turrin est fort peu connue. Un de ses
compatriotes, l'avocat Jean Richard, nous dit qu'ils étaient
tous deux du même âge ' ; or Richard était né en 1545. Il est
vraisemblable que Turrin avait quelques années de plus -. Tout
jeune, il passa les Alpes et se rendit à Padoue pour y étudier
le droit; mais il avoue lui-même qu'il se dégoûta vite
d'Accurse et de Barthole ^. Il n'avait pas le tempérament gai
de Claude de Pontoux. Son àme, d'une mélancolie maladive,
ne songeait qu'à l'amour, à l'amour qui ne doit jamais être
satisfait. La dame de ses pensées, la cruelle qui le torturait
était Chrestienne de Baissey, demoiselle de Saillant. Chrestienne
était noble, elle était riche, et il semble qu'elle l'ait dédaigné.
C'est ce qu'il donne à entendre dans la quatrième élégie du
livre II de ses OEuvres, où il fait vœu de renoncer à la poésie :
Adieu, Phœbus, adieu, Muses, adieu ;
Gardez pour vous voslre bel héritage.
Quant est de moy, je veux estre plus sage
1 . « Claudinus Turrinus, coaetaneus et amicus meus, interceptus in
prima jiiventa », dit Richard, en 1585, dans son Antiquitatum Divionensium
Liber, fo\. 2. — La Monnoye cite déjà ce passage dans ses notes sur La
Croix dn Maine (L p. 154).
2. Le premier ouvrage de Turrin, Les Charités, prises de Theocrite,
parut à Toulouse en 1561; il devait être alors rentré en France. Nous
pensons qu'il avait dû naître vers 1540, et qu'il avait alors environ
vingt-un ans.
3. Œuvres poétiques de Claude Turrin (Paris, Jean de Bordeaux, 1572,
in-8), 4'^ élégie, fol. 40 v^.
60 XXIX. — CLAUDE TURRIN.
Doresnavant que je n'ay pas esté.
Gardez pour vous, Muses, la povreté.
Je ne veus plus désormais qu'on me pieque
De ces beaus noms : rêveur et fantastique ;
J'aime trop mieux, d'une honneste sueur,
Gaigner ensemble et le bien et l'honneur.
Le pauvre Turrin fut malheureux jusqu'au bout. Il ne put
faire imprimer lui-même le recueil de ses vers, recueil qu'il
dédiait à M"'^' de Saillant par une épître datée de Dijon le
20 juillet 1566. Il était mort quand ses amis Maurice Privey et
François d'Amboise prirent possession de ses œuvres et les
donnèrent au public !1572).
Turrin, avons-nous dit, avait étudié à Padoue. Il ne dit rien,
à la vérité, du séjour qu'il fit dans cette ville; mais son ami
Pontoux nous parle de son séjour dans un sonnet qu'il lui
dédie :
D'avoir passé les raonls pour courir rilalie,
Turin, il te doit estre ores un grand tourment;
Ores il me doit estre un grand soulagement.
Tu avois à Dijon une parfaite amie,
Et j'avois dedans Dole une fiere ennemie.
La tienne, d'un doux œil, te traitoit doucement ;
La mienne d'un rude œil me traitoit rudement,
Ne me paissant jamais que de melancholie.
Tu as laissé ton heur pour estre malheureux :
J'ay laissé mon malheur pour estre bien heureux.
Je plorois dans Bourgongne, et je riz dans Padoue ;
Tu riois dans Bourgongne et, dans Padoue estant,
Tu vas chez Bartholin tes amours regrettant :
Voilà comment de nous ce petit dieu se joue '.
Turrin, tout absorbé par sa passion, fut, en effet, insensible
aux charmes des dames italiennes.
1. Les Œuvres de Claude de Pontoux 'Lvon, Beiioist Rigaud, 1579,
in-l6), p. 125.
XXIX. — CLAUDE TURRIN. 61
Je reçois plus de bien de mon simple penser
Que de voir l'Angélique ou Lucrèce danser,
nous dit-il dans son 18'- sonnet. D'ailleurs, c'était un misan-
thrope. Le luxe des courtisanes et des gentilshommes véni-
tiens le révoltait au plus haut point. Il faut citer les deux
sonnets qu'il leur a consacrés :
Sonnel 65.
Quand je voy ces faquins de ceste republique,
Pour eslre troussés mal et vestus lourdement,
Pour traîner jusqu'aus pies un long babillement,
Se donner à grand tort le nom de magnifique,
El quand, pour balloter d'un affaire publique,
Pour appeler sainct Marc à leur commenceuient,
Je les vois usurper par l'orgueil seulement
Et le nom et Tbonneur de ceste Rome antique.
Les volants d'autre part si prodigue[s] d'honneurs,
Je ne puis me tenir de dire : a Ces seigneurs
« Sont vraiment, comme on dit, vrais enfants de leurs
fmeres,
« Leurs mères sont putains et déguisent leurs noms ;
« Geus-cy pour se farder preignent mille surnoms,
« Et par faute, je croi, de conuoistre leurs pères. »
Sonnel 66.
S'entremesler en rond dedans une moresque,
Ouir quelque Tané faire mille discours.
Voir messer Julio trompé de ses amours
Et pour une signore aimer une fautesque,
Aller voir l'Angela» ou la belle Tudesque,
Et pour se bien monter chevaucher le velours,
Pratiquer les traguès-, et dans les carrefours
Chanter quelque sonnet ou quelque romanesque,
1. Ce doit être Angela Beirocchi, dont parle Claude de Pontoux. Voy.
ci-dessus, p. 50.
2. Les traghetti. — Cf. ci-dessus, p. 49.
62 XXIX. — CLAUDE TURRIN.
Follastrer toute nuit dedans une gondole
Et pour donner martel manquer de sa paroUe,
Apprendre les sifflets et les signes connus,
Remarquer l'Aretin et le mettre en pratique,
Et bref entretenir l'une et l'autre Venus :
Voilà le passetams que prand le magnificque'.
Peut-être Turrin avait-il eu à Venise quelque aventure
désagréable ; peut-être y avait-il provoqué un bravo qui avait
repoussé son cartel. Le sonnet contre Rodomont, que nous
reproduisons plus loin, permettrait presque de le croire.
Malgré tout, le jeune Bourguignon aime la langue et la
poésie de l'Italie. Il se plait ici à reproduire en français la
terza rima^ ; plus loin il traduit une chanson de Pétrarque ^
Enfin, il cherche à imiter le chantre de Laure. Le volume de
1572 se termine, en effet, par trois sonnets italiens. Voici
deux de ses pièces, que Turrin a lui-même traduites en
français :
Sonnet 2.
Questo superbo e scioccho Rhodomonte,
Qui fatlo alliero, nondimeno pave,
Coprisce indarno con parolle brave
L'aima paurosa e l'orgogliosa fronte.
I dico : Gostui non ha le man' promte.
Il quai serviendo vuol far le sue prove.
Indarno, indarno, biestemando Giove,
Giace Tifœo sottoposto al monte.
Qualunque sia, giamai quel scrittore
Non hebbe saldo né gentile il cuore,
Anzi havrà sempre nome di forfante.
1. Œuvres poétiques de Claude Turrin, 1572, fol. 68 v».
2. Elégie 12, fol. 27.
o. La chanson : Gentil mia donna, i veggio, etc., fol. 76.
XXtX. — CLAUDE TURRIN. 63
Misero, perché non pigli l'ardire
Da gentilhuomo l'injuria seguire ?
Et già sol teco mi metto da parte ^
Sonet 64.
Ce brave Rhodomont, ce mutin dédaigneux,
Qui, superbe en maintien, a toutesfois grand' crainte.
Veut déguiser en vain, d'une bravade feincte,
Et son ame peureuse et son front orgueilleux.
Je dis moy que cestuy n'est point chevalureus
Lequel pour babiller nous veut bailler l'attainte.
En vain ce grand Tifé, d'une force contrainte,
Ecroule le Vésuve et despite les dieus.
Quiconque d'entre vous a fait de l'escrivain,
Il n'eut jamais bon cueur ny le jugement sain,
Ains il sera tousjours réputé pour forfante.
Misérable, pourquoi n'as-tu point tant de cueur
De me tirer à part pour suyvre ton honneur ?
Voy me cy contre toj^ : tout seul je me présente *.
Sonet Ô.
Deh ! speranza mia, non habbiate hormai
A schiffo e sdegno i miei caldi sospiri ;
Voi sola l'aima empieste ai desiri ;
Pur il mio maie non s'aquetta mai.
r amo, donna, sempre e sempre amai
Quel ' vostri begl'occhi ove amor s'aggiri,
Et per sottrarme a si dolei martiri
Non vorrei scampar la vita giamai.
Dunque si per la nemica mia sorte
Il tempo non è giunlo de la morte,
Perdonate, donna, hormai al core slanco
1. Œuvres poétiques de Claude Turrin, 1572, fui. 95.
2. Ibid., fol. 68.
3. Impr. Quel.
64 XXIX. — GLA.UDE TURRIN.
Overo s'amor crudo el mio destino
Inanzi al tempo fammi venir meno,
Stracciate, donna, l'amoroso incarco '.
Sonet 22.
Dea, mon petit cueur, ne prenés désormais
A mespris et dédain les vers que je soupire ;
Vous seule estes l'objet pour lequel je désire ;
Toutesfois ma douleur ne s'appaise jamais.
J'ay tousjours bien aimé et je veus tousjourmais
Aimer ces deus beaus yeux où l'amour se retire,
Et pour me retirer d'un si plaisant martire,
Je ne veus echaper du mal où je me plais.
Doncque, si par malbeur et par ma destinée
L'heure de mon destin n'est encor[e] bornée,
Pardonnes, s'il vous plaist, au povre cueur lassé.
Toutesfois, si l'amour et le destin contraire
S'essaye peu à peu à l'ennuy me défaire 2,
Déchargés moy du fais qui me tient oppressé'.
Claude Turrin cite dans ses vers quelques-uns de ses
amis : François Sayve, Dijonnais (fol. 35 v", 60, 67 v'')\
Claude de Pontoux (fol. 55), Le Goulx ' (fol. 55 V), Fabry
1. Œuvres poétiques, 1575, fol. 95.
2. Il faut sans duiite lire : S'essayent peu à peu à l'envy me défaire.
3. Œuvres poétiques, 1572, fol. 54.
4. La famille Sayve est une des plus anciennes familles parlementaires
de Bt)urgogne. François Sayve, seigneur de Vesurotle, devint conseiller à
Dijon, par résignation d'Eslienne Sayve. son père, le 7 juin 1566. Voy. P.
Palliot, Le Parlement de Bourgogne. 1649, in-fol., p. 218.
5. Pierre Le (ioulx de La Berchère, étudiant en droit à Padoue, a laissé
dans la cour de TUniversité un écusson à son nom et à ses armes. Ce Le
(ioulx était aussi un ami de Claude de Pontoux (voy. ci-dessus, p. 56).
11 était d'une famille dont beaucoup de membres se sont fait connaître à
divers titres. Sans parler de ceux qui vécurent au XV" siècle, on peut en
citer quelques-UMs qui appartiennent au xvi® siècle. Un Pierre Le Coulx,
« procuralor apiid urbem Belnensem », traduisit en vers français le Psal-
terium B. M.V. de saint Bernard (Du Verdier. lll, p. 282); il fit imprimer,
vers 15U8, un Breviariinn cabilonense (Bibliotb. Sainte-Geneviève, BB.
XXIX. — CLAUDE TURRIN. 65
(fol. 66) \ Coqueley (fol. 66 v% Q9]\ Saumaize (fol. 66 v")»,
Rompre (fol. 67) ^ Richard (fol. 69 y°)\ de Thésiit (fol. 69
v°)^ Frémiot (fol. 70)', Le Grand, seigneur de Saincte Co-
873) et, en 1521, un Psallerium virginis Mariai; (Biblioth. n.it., Inv. B.
1436). Guillaume Le Goulx, sieur de Vallepesie, cousin (fEstieiine Tabourot,
et Prudent Le Goulx figurent, en 1588, parmi les auteurs des hommages
poétiques placés en tête du Dictionnaire des rimes de Jean Le Févre.
Jean- Baptiste Le Goulx chevalier, seigneur de La Berchère, Boncourt
Vosne, etc., devint, en 1595. président aux requêtes du parlement de
Bourgogne. Il fut nommé premier président en 1627 et mourut en 1631.
Son fils, Pierre Le Goulx, chevalier, seigneur de La Berchère, Boncourt,
Vosne, etc., marquis d'Inteville, comte de La Rochepot, baron de Toisi et
de Cipierre, lui succéda. Voy. Palliot, Le Parlement de Bourfjn;/ne, p. 58.
et l'abbé Bissey, Précis historique sur les Loçjoux. de La Berchère. et en
particulier sur Pierre Légaux comte de La Hochepot, dans les Mémoires
de la Société d'histoire, d'archéologie, etc., de Beaune, 1874.
1. Claude Fabri, « médecin et astrophile », originaire de FArgonne.
demeurait à Dôle eu 1552; il était établi à Dijon en 1568, et, en cette même
année, Claude Turrin lui avait adressé un sonnet français et une pièce latine
qui sont imprimés en tète des Paradoxes de la cure de peste (à Paris, chez
Nicolas Chesneau, 1568, in-8. M. Hugues Vaganay a bien voulu nous
signaler ces vers qui nous avaient échappé.
2. Lazare Coqueley, étudiant à Padoue en 1563 et eu 1564, puis con-
seiller au parlement et chanoine de Paris, député du clergé de Paris aux
États de Biois en 1588, mort en 1606. Voy. notre t. I, p. 285.
3. Ce doit être Estienne de Saumaise, lieutenant particulier en la séné-
chaussée de Semur-en-Auxois, qui. en 1587, résigna ses fonctions en faveur
de Bénigne, son fils. Estienne avait épousé Antoinette Sayve, fille de Jean
Sayve, seigneur i!e Flavignerot, président à mortier au parlement de Bour-
gogne. (;Moreri.) Ou pourrait penser aussi à Jérôme de Saumaise, seigneur
de Ghasans, Cuilev, etc., né en 1534, conseiller au parlement de Ijournogne
en 1588, mort eu"l6l4 (Palliot, loc. cit., p. 221 )
4. Nous avouons ne pas connaître ce personnage.
5. il s'agit de Jean Richard, l'avocat bourguignon cité plus haut p. 61.
6. Les Thésut étaient Bourguignons. Un incunable de Pesançon porte la
signature de Jacques de Thésut, apposée vers le milieu du xvi'^siècle(Castan.
Catalogue des Incunables de Desatiçon, p 146), Louis de Thésut, « apud
Cabillonenses judex regius », est l'auteur de distiques latins imprimés, en
1588. au-devant des Mélanges historiques de Pierre de Sainct Julien.
7. Il s'agit peut-être de L. Menimius Frémiot dont on a deux épigrammes
latines à la fin des Juvemlia de Marc-Antoine de Muret (1552) et deux
distiques latins en tète des Amours de Ronsard (1553). Ou peut penser
aussi aux personnages suivants : André Frémiot, conseiller au parlement de
Bourgogne, par résignation de Jean, son père, en 1563 (Palliot, p. 217) ;
Bénigne Frémiot, seigneur de Tottes, d'abord maître extraordinaire en la
chambre des Comptes de Bourgogne (1571), puis avocat général au Parle-
ment, à la mort d'Olivier Sayve (1573), enfin président à mortier en 1581
(Palliot, p. 85) ; Pierre Frémiot, professeur de belles-lettres à. l'université
n. - 5.
66 XXrX. — CLAUDE TURRIN.
lombe (fol. 71)'. Nous n'avons pas à insister sur les poètes
célèbres à qui notre auteur s'adresse : Ronsard (fol. 58 v°),
Baïf (fol. 60), Pontus de Tyard (fol. 65 v^. Il est probable que
plusieurs des autres avaient été les compagnons d'étude de
Turrin à Padoue-.
de Franche-Comté (H. Beauiie et J. d'Arbeaiimont, Les Universités de
Franche-Comté, d870 p. 20-i).
1. Nous ne savons quel est le personnage auquel Turrin fait allusion.
On trouve une généalogie de la famille Le Grand dans un recueil manuscrit
de la bibliothèque de Ûijiiu (n« 1010).
2. Le (louk était eu Italie alors que Turrin était déjà rentré en France.
Celui-ci lui dit (sonnet 27) :
Si tu as rien appris et si tu ne m'oublie
Cependant que tu vois le ciel de l'Italie,
Le Goulx, je te siipply, donne moy le moyen
Qui puisse alambiquer l'honneur de ma follie.
y&y couru comme toy le ciel de l'Italie. . .
XXX
SIMON BOILEAU
La vie du musicien Simon Boileau nous est à peu près
inconnue. Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il passa
de longues années en Italie et qu'il y publia diverses compo-
sitions. A la vérité, les Motelli a qualtro voci imprimés à
Venise en 154-4, les Madrigali a qualtro voci imprimés dans la
même ville en 1546 ', ne sont pas plus des œuvres littéraires
que les trois pièces de notre auteur qui se trouvent dans les
Evangelin recueillis par Johannes Montanus et Ulrich Neuber,
à Nuremberg, en 1555-1556^.
Boileau entra au service de Marguerite de France, duchesse
de Savoie. Il mit pour elle en musique, à quatre parties, un
choix de poésies dont il forma un recueil dédié à la princesse.
Le manuscrit, qui était conservé à la Bibliothèque nationale
de Turin, sous la cote Q m. VI. 72 (nous ignorons si quelques
débris ont échappé à l'incendie du 26 janvier 1904), comptait
69 feuillets ; les quatre parties y étaient réunies : Basso,
Contralto, Soprano et Tenore. Au milieu du volume, entre
le Contralto et le Soprano (fol. 37 v°-38 r"), on lisait l'épître
suivante :
Alla Serenissi7na Madama Margherita, duchessa di Savoia.
I grandi merili di V Altezza, Serenissima Madama, i quali
per bocca di ogn' uno con ogni sorla di Iode sono homai per
1 . P. J. Fétis, Biographie universelle des musiciens II, (1867), p. 50.
2. Robert Eitiier, Bibliographie der Miisik-Sammehverke des XVI.
und XVII. Jahrhunderts (Berlin, 1877, iii-8), p. 423.
68 XXX. — SIMON BOILEAU.
tutlo il mondo celebrati, lianno spinto ancor me, corne ch'io
sia tra i minimi servitori et affettionali suoi. et massime per
esser anch'io di nation francese, a volerle dedicare alcune
délie mie fatiche, sperando le debba far degne e de Torecchie
e de la gratia sua, dove per se stesse indegnissime ne sareb-
bono, e che fra i suoi divini pensieri volentieri darà luogo a
quesie due mie opérette, le quali, se non solo bellissime per
altezza di slille [sic:, almeuo le saranno un segno de la rive-
renza ch'io le porto e de l'opinion ch'io tengo de la divotissima
mente e di tutte le virlù sue, al cui tempio homai tulto mi
sono consaerato; le placera adunque di accertarlo con buon'
animo, et con la gratia sua iscusar ogni difetto mio ; il che
senza più, riverenlemente le bascio l'honoratissime mani.
« Humilissimo servitor :
« Simon Boileau. »
A la suite de l'épître dédicatoire sont deux sonnets adressés
au duc Emmanuel-Philibert et à la duchesse Marguerite; ce
sont les deux « opérette » auxquelles l'artiste fait allusion.
En voici le texte :
I
L'animo inviito e il sopr' human valore
E l'industriae l'ingegno singolare
Con cui d'imprese e di vittorie rare
A' nostri tempi riportaste honore,
Sono, signor, cagion ch'a tutte l'hore
Miriamo il viso e le fdttezze care
Di Vostra Altezza, e che le schiere amare
Dai confin' nostri homai si veggon fuore
De l'aima pace, ond'a voi gloria eterna
Altrui gioia acquistate, hor' a Dio rende
Gratie l'Europa libéra con noi.
Ma con più segni di lelitia interna
Si gloria il popol vostro, perché pende
Tanta félicita tutta da voi.
XXX. — SIMON BOILEAU. 69
II
Degna d'eterno e d'iminorlal honore,
Margherita gentil, cui non le sorte
Desiar si magnanimo consorte,
Ma vera elettion già desto il core,
La virtù altéra e l'animo e'I valore
D'un cavalier senza par giusto e forte,
Del ben sen vostro apersero le porte
Onde entré per far noi felici Amore.
0 santo, 0 dolce Amore, onde intoruo
Fue l'età del' or santa e gradita
E lieto in pace homai si gode il mondo l
Mentre si gireranno i cieli intorno,
S'udirà il nome ognor di Margherita
Ch'un secol apporté tanto giocondo.
Les deux sonnets sont mis en musique par l'auteur en
quatre parties.
M. Luigi Alberto Villanio, qui nous a donné une notice du
manuscrit", a reproduit, non seulement les pièces qu'on vient
de lire, mais la notation complète des deux sonnets.
Gesner^ nous apprend que Boileau écrivit un livre sur la
musique, mais il n'indique pas le titre de cet ouvrage. Il dit
simplement : « Simonis Boylean [sic] Galli musica ». Comme
le chapitre est consacré aux « Recentiores qui musicam
theoricam et practicam scripserunt », et que d'autres chapitres
t. Atti dd Cotujresso inlernazioiiale di ncienze storiche (Roma,
1-9 aprile 1903), vol. VUl (Roma, 1905, iii-8), pp. 357-360, plus 5 pages
lie musique notée.
2. Pandectarum sive Partiliouiim univerxalium Conradi Gesneri
Tigurini, medici et pkilosophiae professuris Libri XXI (Tiguri, Christ.
Froschouerus, 1548, in-fol.), lib. VI, tit. III, fol. 82^.
70 XXX. — SIMON BOILEAU. ^
énumèrent les auteurs qui ont composé des chansons, des
motets, etc., il faut voir ici l'indication d"un livre sur la
théorie ou la composition musicale.
Il se pourrait que le musicien qui vivait en Italie eût
employé la langue italienne.
XXXI
PIERRE GENTIL
Nous ne savons rien de Pierre Gentil, si ce n'est qu'il était
originaire de Vendôme et qu'il était secrétaire de Giuseppe
Cam])iano, ambassadeur de l'ordre de Malte à Rome en 1565.
On ne connaît de lui qu'un seul ouvrage, plusieurs fois repro-
duit, et dont nous décrirons les diverses éditions :
a. — Trattato || del Successo (| délia potentissima || armata
del Gran || Turcho Ottoman Solimano. || Venuta sopra l'Isola
di Malta l'Anno || MDLXV. || In Roma per Antonio Blado
Slampalor Camerale. || Con Priuilegio. 5. d. [1565], in-8 de
68 ff. non chiffr., sign. A-H par 8, / par 4.
Le litre porte les armes du pape Pie IV. — Au v° du titre,
sont les armes du grand-maître de Malte,
Le fol. Aij contient une épître « AH' illustriss. et reverendiss.
Monsig. Hippolito da Este, cardinal di Ferrara. »
Au fol. H r° est un bois représentant la Résurrection. Ce
bois est accompagné d'un verset du Psaume 9.
Au v" de ce même f. commence la liste des Cavalieri morli
nelV assedio di Malta.
Le dernier f. contient un assez long passage qui a été omis
dans le corps du volume, fol. Cv. v". L'imprimeur a indiqué
le renvoi à l'aide du signe J5^* qu'il a frappé après coup dans
le texte.
Biblioth. de Bordeaux, Hisi. 4722 ; — notre bibliothèque
(exemplaire de M. Gh. Schefer ; Gat., 1899, I. no 797).
72 XXXI. — PIERRE GENTIL.
Cette première édition dut paraître dans le courant du mois
de décembre 1565; elle fut sans doute enlevée en peu de
jours ; aussi les libraires de Bologne en donnèrent-ils immé-
diatement une réimpression :
b. — Délia il historia 1| di Malta, 1| Et successo délia guerra
seguita tra || quel Religiosissimi Caualieri, Si il 11 potentissirao
Gran Turco Sulthan H Solimano, Tanno MDLXV. || InBologna,
Il Per Giouanm Rossi, \\ M DLXVI [1566]. In-8 de 112 pp.,
3 ff. non chiffr. et 1 f. bl.
Au \° du titre est un extrait du privilège accordé à Emilie
Giannolti et à Lucio Bacinetti.
L'épître au cardinal Ippolito d'Esté occupe les pp. 3 et 4.
Le passage omis par erreur dans la première édition a été
mis à sa place, p. 36.
Notre bibliothèque (exemplaire de M. Gli. Schefer : Gâtai.,
I, no 798).
Les deux éditions que nous venons de décrire satisfirent à
peine les lecteurs d'Italie ; aussi un Italien qui vivait en
Hongrie, Marino Fracasso, pensa-t-il qu'il pouvait sans crainte
s'attribuer an dehors l'ouvrage de Pierre Gentil. Il supprima
l'épître au cardinal de Ferrare et lui substitua une nouvelle
dédicace adressée au célèbre Anton Verancic, alors évêque
d'Agria (Eger, Erlau) '. Voici la description de cette réimpres-
sion frauduleuse :
c. — Il vero Successo || della potentissima Armata di Soli-
1. Anton Verancic. en lutin Verantius, né à Sebeiiik, ou Sibenico (Dal-
matie) le ;29 mai 1504, avait ('tudié à Padonc Evèque de Pécs, ou Fiinf-
kirchen. en 1554, évêqiie de Z:i'j,veh. ou Agrain, en 1557 évêque d'Eger,
ou Erlau. en 1557, il fui élevé en 1569 à rarclievèché d'Eszteigom (Stri-
goniuni, Ostriliom, Gran) ; mais les Turcs occupaient alors ceUe mélropole.
11 mourut à Eperics le "Il juillet 1573. Le chapeau de cardinal qui lui était
destiné ne parvint à destination que quelques jours après sa mort. On con-
sultera suilont, sur VeranCié, sa vie écrite par son neveu, Fausto Verancic
(M. (1. Kovacliicli, Scriploics reruin huii'juricurtiin minores, I, 1798,
pp. 191-201.
XXXI. — PIERRE GENTIL. 73
mano || Imperatore de Turchi, venuta H sopra llsola di Malta
Il l'Aiino 1565. || Co"l nome delli valorosi Cauallieri raorti 11
nella difesa di detta Isola. S. l. n. d. [v. 1566], in-S de 56 ff.
non chiffr. de 28 lignes à la page, car. ital., sign. A-G.
Le titre porte les armes du grand-maître de Malte.
Les ff. A2 - A5 contiennent une épîire « AUo illustrée
révérend, signore, il signor Antonio Verantio, vescovo
d'Agria », signée : Marino Fracasso ; puis un sonnet a Al
medesimo >.
Marino fait preuve d'une singulière impudence dans sa
dédicace, dont voici le début :
« Le rare et eccellenli qualità del nobilissimo animo vostro,
monsignor mio, le quali non pure invitano, ma dolcemente
sforzano ogn' anima gentile che riverirvi, accompagnate dal
desiderio ineredibile ch' ho di sodisfar iu qualche parte ail'
obligo infinito ch'io porto alla corlesissima e real nalura
vostra, hanno potulo tanlo in me che dopo l'haver io lungo
tempo considerato il modo con che potessi mostrarmivi graio,
finalmente mi è caduto in pensiero di raccorre con fedeltà le
cose più notabili délia guerra nei mesi adietro fatta sotto la
città di Malta, e quelle raccolte consacrare ail' immortal nome
di V. S. Reverendissima, dal cui splendore ricevessero luine
et ornamento. Ne mi ha potuto di quest' animo levare la
bassezza del dono rispetto a gli alli meriti vostri »
Les deux derniers ff. contiennent la liste des chevaliers
tués pendant le siège.
Biblioth. nal., Inv. K. 9367 (exempl. incomplet du dernier f.).
Dans l'édition suivante, le nom de Pierre Gentil est rétabli,
mais les vers de Fracasso sont conservés, avec addition de
quelques autres :
d. — Délia II Historia 11 di Malta, 11 et Successo délia
Guerra II seguita tra quei Religiosissimi Cauallieri, Il >5c il poten-
lissimo gran Turcho Sulthan 11 Solimano, Tanno. Il MDLXV. ||
Con la descrittione délia Isola à alcuni sonetti agionti. S. L
u. d. [45667J, in-8 de 56 ff. non chiffr. de 28 lignes à la page,
car. ital., sign. A-C.
74 XXXI. — PIERRE GENTIL.
Le litre porte les armes du grand-maître Jean de La Valette.
Ces armes sont écartelées ; les l^"' et 4'^ quartiers sont de
Malte ; les 2e et 3% qui sont très mal figurés, nous font voir
une sorte d'oiseau sur un champ uni (ce devrait être un ger-
faut d'or sur fond de gueules).
Au vo du titre est un premier sonnet :
A gli illuslrl cavalieri, etc.
Quai lingua canterà si degna hisloria. . .
Le f. aïj contient l'épître de « Pietro Gentile di Vendôme »
au cardinal de Ferrare.
Au f. aiij r» est le sonnet de Marino Fracasso :
Spirito divin qua giù sceso fra noi. . .
Marino avait adressé ses vers à Verancic ; mais ici les mots
« Al medesimo » se trouvent désigner le cardinal de Ferrare.
Au V* du f. aàj"estune Brève Discrittione deV isola di Malta,
etc., suivie (fol. aiiij r") d'un troisième sonnet :
Questa è la sacra e gloriosa terra. . .
Le texte de Gentil commence au vo du f. aiiij.
Les 2 derniers ff. sont occupés par la liste des chevaliers
tués pendant le siège.
Biblioth. nat., Inv. K. 9366.
Il existe encore au moins deux éditions de VHisloria di
Malta imprimées s. \. n. d., mais vers 1566. Le Catalogue du
British Muséum en indique en effet trois qui sont conservées
sous les cotes 1193. d. 19; — 171. b. 23 ; — G. 15194.
Notons encore que l'ouvrage de Pierre Gentil a été repro-
duit par Francesco Sansovino dans son Hisloria irniversale
deir origine et imperio de Turcln, 1572, 1582, 1600'. Le
compilateur a supprimé les pièces liminaires et la liste des
1 . Kous n'avons vu que l'édiliou di; « Viiiegia, presso Altobello Salicato »,
1582, in-4, fol. 413 V"-438 r". (Biblioth. nat., Inv. Rés. J. 1757.)
XXXI. — PIERRE GENTIL. 75
chevaliers tués pendant le siège, mais il a laissé subsister le
nom de l'auteur.
Le siège de Malte n'avait pas seulement intéressé l'Italie;
la France en avait suivi les péripéties avec une anxiété peut-
être plus grande encore, non seulement parce que beaucoup
de chevaliers français avaient pris part à la défense de l'île,
mais parce que Théroïsme du grand-maître Jean de La Valette
flattait l'orgueil national. L'ouvrage de Gentil eut en consé-
quence les honneurs d'une traduction française, augmentée
de diverses pièces relatives aux événements de l'année 150(j.
Nous ignorons si l'auteur eut part à cette nouvelle publication.
Voici la description du volume français :
Deux 11 véritables 11 Discours, l'vn con- || tenant le faict
entier de || toute Ja guerre de Malte, & l'autre declai- Il rant au
vray les choses exploictées, tant en II l'armée de l'Empereur,
qu'en celle du Turq 11 c^ Vayuode, au pays de Hongrie, 11 k
lieux circonuoysins. Il Auec le pourtraict de la ville k forte-
resse de Sygetz [sic], Il située audict pays de Hongrie, || êc
prinse d'icelle, || depuis peu de temps, par ledict Turq. ||
A Paris, || Pour lacques du Pvys, marchant Li- \\ braire lurê
de rVniuersilé, demourant \\ à renseigne de la Samaritaine, Il
rue Sninct Jeun de Lalran. \\ 1567. || Auec Priuilege du Roy.
— [Au v° du dernier f.] : Fin. || Imprimé à Paris, par Nicolas
du Che- Il min, pour lacques du Pays, Libraire 11 luré de l'Vni-
uersilé, le vingt-deuxies \\ me iour de lanuier, Mil cinq 11 cens
soixante sept. \\ Auec priuilege du Roy. In-8 de 88 iï. non
chiffr., sign. A-Y par 4, plus une fig. après le f. Xiij.
Au v° du titre est un extrait du privilège accordé à Jacques
Du Puys pour six ans, le M décembre 1S6G.
L'épître dédicatoire occupe le f. Aij.
La traduction du TratLato se termine au fol. Rij. Au fol.
Riij est un nouveau titre ainsi conçu :
Autre 11 Discours || véritable, conte- 1| nant certains récits &
aduertissemens de || tout ce qu'il c'est [sic] fait et passé tant
en l'arll mée de l'Empereur, qu'en celle du Turcq, !| au pays
76 XXXI. — PIERRE GENTIL.
de Hongrie & lieux circonuoisins, || depuis le vingt-deuxies-
me iour 11 d'Aoust, M. D. LXVl. iusques || à présent. || Ensem-
ble le pouriraict & nar- |1 ration de la prinse de la ville || de
Sygetz, par le- 1| dict Turq.
Les pièces réunies dans cette seconde partie doivent être
également traduites de l'italien. Nous en donnerons les titres :
1° Récit véritable des choses advenues en l'armée chrestienne,
soubz la conduite de V Empereur, contre les Turqs, depuis levingt-
deucciesme d'aoust dernier passé, jusqucs au 9. de septembre 1566.
2" (fol. Tij v'^J A ulre Récit de plusieurs choses qui se sont faictes
en la guerre contre ledict Turq par la Majesté Imperialle, en ses
terres et pays de Hongrie, en ceste année 1566 .
3° (fol. Vij) Récit véritable de tout ce qui s'est fait es pays de
Zips contre les Turqs par Lazarus de Schwendy, chevalier et
colonnel pour la Majesté hnperiaUe esdicts lieux, depuis le xxx.
d^aoust 4566.
4° (fol. V^iiij vu) Nouvelles envoyées de Vienne en Austriche
audict moys d'aoust 1566, faisans mention des choses advenues
devant la ville et place de Juki appartenant à la Majesté impériale.
5° (fol. Xiiij) Briefvc Narration de la prinse de Sygetz.
6" (fol. Vij) Aullre Advertissement véritable par lettres envoyées
à Romme, tant du camp de l'Empereur que de la ville de Vienne,
Biblioth. nat., K. 3603 (3). — Gat. Gh. Schefer, 1899, 1^* par-
tie, n» 799.
Après avoir fait connaître les diverses éditions de la relation
de Pierre Gentil, nous revenons à notre auteur et nous repro-
duisons l'épitre dont il a fait précéder son ouvrage. Nous
joindrons au texte original la traduction française imprimée
en 1507 :
« AU' illustrissimo et rêve- a A trcs-illuslre et tres-reve-
rendissimo monsignore Ilip- rend seigneur, monseigneur
poliùo da Este, cardinal di llippolite d'Esté, cardinal de
Ferrara. Ferrare.
«La commodità, illustris- «Monseigneur tres-illustre,
simo monsignore, ch'io ho La commodité que j'ay eue,
havuta, trovandonii (|ui al me trouvant icy au service de
servitiodeir illustre S. ambas- l'illustre seigneur, l'ambas-
XXXI. — PIERRE GENTIL.
77
ciatore Cambiano ', di poter
giornalmente intendere le
cose deir assedio di Malta, il
desiderio grande che si vedeva
universalmente di haverne
notitia, il buon animo et zelo
grandissimo che veramente
era et s'é conosciuio in tanti
signori et gentilliuomini, et
particolarmente in molli délia
nobilissima città di Ferrava, i
quali, abbandonata la loro
patria et prezzando ogni peri-
colo, si sono mossi per soc-
correre questa illustre reli-
gione, propugnacolo et guar-
dia di tutto questo mare
Mediterraneo et délia chris-
tianità, et finalmente la con-
sideratione délie diflese ga-
gliarde et fatti cosi egregii
deir illustrissimo etvalentis-
simo signor gran maestro
Valetta et di tntta quella sua
generosa militia, che con
efTetto ha mostro non esser
punto inferiore ail' antica,
poichè contra un' essercito si
potenie si sono tanto animo-
samente difesi et guardati,
accese in me voglia, come
cosa memorabile et degna
d'esser celebrala, di breve-
mente raccoglierela maggior
parle di quanto era seguito
dal principio al fine in questo
sadeurCambianoS de pouvoir
journellement entendre les
choses advenues durant le
siège de Malte, avec le grand
plaisir que j'ay veu qu'on
avoit universellement d'en
sçavoir la vérité, et mesme-
ment congnoissant le bon
cueur et grand zèle qui a esté
et s'est monstre en tant de sei-
gneurs et genlilz-hommes, et
particulièrement en plusieurs
de la tres-noble cité de Fer-
rare, lesquelz. ayant aban-
donné leur pays et mesprisé
tout péril, se sont mis en
peine de secourii'ceste illustre
religion, rempar et deflense
de toute la mer Méditerranée
et de la chrestienté : et encore
considérant finalement les
courageuses résistances et
vaillans faictz d'armes du
tres-illustre et Ires-preux sei-
gneur, le grand maisire Va-
lette et de toute sa généreuse
corapaignie de guerre, qui
par effect a monstre qu'elle
n'est point inférieure à l'an-
tique discipline militaire,
puisqu'ilz se sont tant ma-
gnanimement deffendus et
gardez contre un si puissant
exercite, m'a faict prendre
envie, comme estant cas mé-
morable et digne d'estre cele-
1. 11 s'agit de Giuseppe Cambiano, à qui est ailressée une lettre d'Annibal
Caro, datée du 6 avril 1558 (Lettere familiari del comm. Annibal Caro,
ili'Z, H. p. 159). Cambiano était alors a recipitor délia Religione a Roma ».
78
PIERRE GENTIL.
assedio. Poi, pregato da molti
di communicare col mezo
délia stampa quel tanto che
ne havea scritio, et conos-
cendo in me non esser alcun
lume d'eloquenza, et che
bisognerebbe altre forze che
non sono le mie a descrivere
degnamente cose tanto impor-
tant!, non haverei mai havuto
ardire di farlo se da molti
honoratissimi gentilhuomini
non mi fosse accertato ch'io
potrei in questo far cosa grata
a V. S. illustriss. et reveren-
diss. . la quale, pigliandosi
grandissimo piacere dalle
historié, é solita di ricercare
più in esse la pura et seraplice
verilà del fatto che l'elo-
quenza di chi lo scrive. E
perciochè in questa parte mi
dà l'animo di poter sodisfarle,
non havendo scritto cosa
alcuna ch'io non habbia intesa
con ogni diligenza da huo-
mini dignissimi di fede, ho
presoanimodipublicarquesta
mia fatica et dedicargliela.
La prego adunque mi faccia
gratia di riceverla con la sua
solita benignità et pigliarne
la protettione, et tenermi nel
numéro de' suoi humilissiini
et devotissimi servitori. Di
Roma, alli 4 di décembre 1365.
bré, de recueillir briefvement
la plus grande partie de tout
ce qui s'est ensuivy dès le
commencement jusques à la
fin de ce siège. Depuis, estant
prié par plusieurs person-
nages de communiquer eu
public moyennant l'impres-
sion ce que j'en ay reduict
par escrit, et congnoissant
n'y avoir eu moy aucune
lumière d'éloquence, et qu'il
faudroit autre suffisance que
la mienne à descrire digne-
ment choses de telle impor-
tance, je n'eusse jamais pris
la hardiesse de le publier si
beaucoup de tres-honorables
gentilz-hommes ne m'eussent
acertené qu'en ce faisant je
pourroye présenter chose
agréable à vostre illustris-
sime et reverendissime sei-
gneurie , laquelle , prenant
très-grand plaisir à la lecture
des histoires, a ceste bonne
coustume de rechercher plus
en icelles la pure et simple
vérité des choses y racomp-
tées que non pas l'éloquence
de celuy qui les escrit; de sorte
que, pour cest esgard, j'ai
pris espoir de vous pouvoir
satisfaire en publiant ce mien
labeur et le vous dédiant,
veu que je n'ay escript chose
aucune que je n'aye entendue
avec toute diligence par la
bouche de personnes tres-
dignes de foy. Je vous prie
XXXI.
PIERRE GENTIL.
79
donc de me faire tant de grâce
que de le recevoir selon vostre
accousturaée bénignité et en
prendre la protection, me
tenant au nombre de vos tres-
humbles et tres-devotz servi-
teurs. De Romme, le qua-
trième jour de décembre mil
cinq cens soixante-cinq.
« Di V. S. illustriss. et
reverendiss. humilissimo ser-
vi tore :
« PiETRO Gentile,
di Vendôme. »
« Le tres-humble serviteur
de votre illustrissime et reve-
rendissime seigneurie :
« Pierre Gentil,
de Vendosme. »
XXXII
ANTOINE VALET
« Antoine Valet, dit Valetiiis, docteur en médecine à Paris,
natif de S. Junian en Lymosin, homme docte es langues. Il a
traduit quelques livres de grec, latin, italien et autres langues
en la nostre. Il florissoit à Paris l'an io70. Je feray mention
de ses escrits latins autre part. » Tel est l'article que La Croix
du Maine a consacré à l'auteur dont nous voulons dire quelques
mots K
M. Clément-Simon nous apprend qu'il était né entre 1530
et 1540 d'Antoine Valet et de Catherine Devoyon. Il fit,
semble-t-il, ses études médicales aux frais de son compatriote,
frère Jacques Hugues, ou Hugonis, docteur en théologie et
prédicateur du roi. En quittant les écoles de Paris, il s'établit
à Saint-Junien ; mais, ne s'y trouvant pas apprécié, il prit le
parti de se fixera Bordeaux, où l'appelaient des amis influents,
en particulier le médecin de la ville, Martial Des Champs. A
Bordeaux, Valet se fit honorablement connaître ; il y fit même
un cours de médecine. Ce fut là qu'il mourut en 1607 -.
Nous avouons ne pas connaître les traductions dont parle
La Croix du Maine, et nous nous demandons s'il n'a pas fait
1. Premier Volume de la Bibliothèque du sieur de La Croix du Maine,
1585, p. 22 ; éd. Rigoley de Juviguy, I, p. 54. — La Croix du Maine dit
ailleurs (II, p. "203) que Valet fut un des maîtres d'Odet de Tournebu.
2. Curiosilés de la bibliographie limousine, par un bibliophile corrézien
(Limoges, Ducourtieux et Goût. 1905, in-8), pp. 203-211.
II. - 6.
82 XXXII. — ANTOINE YALET.
quelque confusion Les ouvrages de Valet dont nous avons pu
constater l'existence sont les suivants :
1. J. Hollerii de morboruni internorum curatione Liber I.
illustratus eruditissimis Lud. Dureti adversariis, opéra A.
Valetii selectis. Pa7isiis, 1562. In-8.
Biblioth. nat., Td-^»- 31. — Brilish Muséum, 773. a. 4.
Réimprimé : Parisiis, J. Macaeiis, lo67, in-8 (Biblioth. de
Bordeaux, Se. et A. 5722 .
Les annotations de Valet ont donné lieu à une réfutation de
Kaspar Wolf : C. Gesneri Evomjmus. Pars secmida. . . opéra
C. Wolphii in lucem édita. Accessit ejusdem de edilione Viatici
novi ad tltubantem A. Valelil Jun. lingmim Responsio. Tiguri,
Chr. Froscbawer, 1569. In-8. (Biblioth. de Zurich ; British
Muséum, 1031, c. 5.)
2. Heroidisillustrissimae Magdalenes Hannibaldae Tumulus,
graeca, latina et gallica dialexi consignatns. Parisiis, apud
viauam Tliomae Bichardi, 1508. ln-4. (Biblioth. nat., Inv. Yb.
439).
Ce Tombeau, consacré à Madeleine d'Annebaut, veuve, en
premières noces, de Gabriel, marquis de Saluées, et femme,
en secondes noces, de Jacques de Silly, comte de Rocliefort,
etc., contient un distique hébraïque de Guillaume Postel,
et une pièce française de Guy Le Fèvre de La Boderie.
3. Antoniis Valetii Lemovicensis Gallia triumphans. Gui
accessit Elegia in tristiss, D. Timoleontis Cossaei Brissaci
comitis obitum. Parisiis, apud Dionysium aPralo, 1569. In-4.
Du Verdier, éd. Rigoley de Juvigny, IV, p. 24.
4. Chant triomphal sur la victoire obtenue par le roy à
rencontre des rebelles et ennemys de sa Majesté. Premièrement
faict en françoys et depuis mis en latin par Antoine Valet,
médecin. A Paris, chez Gervais Mallot, 1569. In-4.
XXXII. — ANTOIKE VALET. 83
Cat. Rothschild, I, n° 730.
Réimprimé : A Paris, chez Gervais Mallol, 1571, in-4
(Biblioth. nat. Inv., Yc. 1759) et 1572, in-4 (Gat. Tandeau de
Marsac, 4^ partie, 1897, n° 472).
5. Épigramme latine dans le Discours panégyrique de
Nicolas Ellain, 1510, fol. Biij, reproduite dans les OEuvres
poétiques françaises de Nicolas Ellain, publiées par Ach. Geniy,
1861, in-16, p. 88.
6. Élégie latine, composée de treize distiques, dans le
Tumulus amplissimi viri D. Aegidii Burdini, regii juris in
suprema curia cognitoris, etc.. Le Tombeau de tresexcellentper-
sonage messire Gilles Bourdin..., par François d^Amboise,
Parisien (Paris, Denis Du Pré, 1570, io-4j. fol. B i w.
Celte pièce est accompagnée d'une traduction en vers fran-
çais par François d'Amboise. (Biblioth. nat., Inv. Yc. 2209.)
7. Antonii Valetii Oratio in scholis medicorum ante licen-
tiatum habita . . . Parisiis, apud Joaunem de Bordeaux, 1570.
ln-8. (Biblioth. nat., T«- 208.)
Ce discours, dédié à frère Jacques Hugonis, est le plus
curieux des ouvrages de Valet à cause de tous les noms de
médecins qui y sont cités.
8. Une épigramme latine : In iragici poematis interpretem,
que nous ne savons à qui appliquer, et dont nous ignorons la
date précise.
Biblioth. nat., ms. fr. 22 564, II, fol. 80.
9. Jac. Hollerii de morbis internis Libri II, illustrati. ..
ejusdem authoris scholiis... deinde A. Valetii. . . exercita-
tionibus luculentis ... Ejusdem Hollerii de febribus, de peste ...
Quae omnia A. Valetii opéra ductiora et castigatoria in lucem
prodeunt. Parisiis, C. Mocaeus, 1571. ln-8 (Biblioth. nat.,
Td3o- 32. — Brilish Muséum, 5-45. c. -4.)
84 XXXII. — ANTOINE VALKT.
Ces divers ouvrages ont été réimprimés avec les Opéra
omnia de Jacques Houllier Genevae, 1623, in-4 ; Parisiis,
1635, in-4, et 1664. in-fol.;.
10. SouQet français et épigramme latine à la suite de
ÏEncyclie de Guy Le Fèvre de La Boderie, 1571. Yoy. Cat.
Rothschild, I, ir 733.
11. Tumbeau de Jean de Voyer, vicomte de Paulmy, etc.,
1571. (Nous parlons plus loin de ce recueil.)
12. Vers latins en tète de la Prosopographie d'Antoine Du
Verdier, 1573.
13. Deux épigrammes latines et une épigramme grecque en
tête des Ausonii Opéra (Burdigalae, S. Millangius. 1580. 1590
et 1604. in-4).
14. Pièce latine adressée à Henri III, en tète des Premières
OEuvres poëligues de Joachiiu Blanchon (à Paris, pour Thomas
Perier, 1583, in-8), fol. àij.
Blanchon éiail Limousin comme Valet. On trouve dans le
même recueil (fol. 281 [Usez 284]) un sonnet adressé par lui à
Valet.
15. Osteologia, seu ossiuni liumani corporis Descriptio, Ant.
Valetio, medico burdigalensi, aulhore.
Poème manuscrit ajouté à un exemplaire de VOsleologia
corporis humani, du Limousin David Chabodie Burdigalae,
ap. S. Millangium, 1591, in-8i, exemplaire qui a figuré, en
1887. à la vente Bosvieux Cal., n» 319).
Les poésies latines de Jean Dorât recueillies en 158G con-
tiennent plusieurs pièces intéressantes pour la biographie de
Valet. Dorât nous fait connaître les relations d'amitié qui
existèrent entre Martial Des Champs, Élie Vinet et le médecin
limousin'. Ailleurs, il fait allusion au vol commis par Wolf^;
1. Joannis Aurati Poi'mutifi. 1586, pp. 153-158.
2. JouiuHs Aurati Eptyraiiimata, 1586, p. 75 (cutée 99). — Il s'agit
du Kaspar Wolf qui avail attaqué Valet en 1569.
XXXII — ANTOINE VALET. 60
puis il parle du portrait de Valet, et lui adresse même un
distique grec ' .
Dans la bibliographie sommaire que nous venons de donner,
un seul article, le n» 10, doit nous arrêter ici. En voici la des-
cription :
Le Tumbeau de II Tres-Hault et Paissant Sei- Il gneur, Messire
lean de Voyer. Il Cheualier de l'Ordre du Roy, et II Gentil-
homme ordinaire de sa II chambre, Viconte de Paulmy et || de
la Roche de Gennes, Seigneur II d'Argenson, la Railloliere, Il
le Plessis, Cha- || stre, &c. || En plusieurs langues. ||
Dux, Legatus, Eques, fudit, sociauit, adauxit, 1|
Hostes, Hispanos, titulos, vi, fœdere, fama. jj
Anto. Valelius M. P. |1
LiiteUse, M. D. LXXI [I571J. \\ Apud loannem Bene-nalum.
In- 4 de 42 pp. et 1 f , car. ital.
Le titre porte une marque que Silvestre n» 619 n'attribue
qu'à Robert I" Estienne. — Au v° du titre sont les armes du
défunt, surmontées de la devise : Vis et pnidentia vincimt, et
accompagnées de cinq vers hexamètres latins d'Antoine Valet.
Biblioth. nat., Inv. Yc. 1738. — Biblioth. de l'Arsenal, B.-L.
9098 (exemplaire précédé d'une longue dédicace manuscrite
du libraire Gabriel Martin à Marc-René de Voyer de Paulmy,
marquis d'Argenson).
Les auteurs qui ont fourni des poésies au recueil sont ; Jean
Dorât, Antoine Valet, Pierre de La Roche, Claude Nouvelet,
Guillaume Postel, Estienne Jodellje, Tamisier, G. Calvimont et
Sebastiano Buonaccorsi, de Pistoia.
Le volume contient trois pièces italiennes. La première est
la traduction d'un poème composé par Antoine Valel en grec,
et mis par lui-même en latin :
1. Ibid., p. 76. ""
86 XXXII. — ANTOINE VALET.
O-KAo^uoûOic; TJVE'jv.'rTx; to:; -TOÀsaoÏT'.v oaiÀo;;...
Qui quondain armigeras rapiebat in agmina turmas...
Valet a laissé à Pierre de La Roche, Saintongeois, le soin de
rendre l'épitapheen vers français ; mais il a peut-être composé
lui-même la traduction italienne. On lit en tête de cette der-
nière version : // medesimo Epilafio tradotlo del latino d'Anto-
nio Valeto. Ces mots n'indiquent pas que Valet ait écrit les
strophes italiennes ; cependant, comme on lit à la fin : Anto-
nius Valetius Junianensis^ D. M., Joannis Voieri hoc p. monii-
menlum, il est difficile de ne pas les lui attribuer.
L'épitaphe se compose de six octaves, dont nous reprodui-
sons seulement les trois premières :
Quel cb'a nessun ne l'aruie inferiore,
Su l'animoso suc fido destriero
Condusse già con intrepido core
L'armate tonne conira l'ost' ibero,
Mostrando in modo l'allo suo valore,
Con danno del nemico ardilo e fiero,
Cb'a suoi diè vittoria, alti conforli
Fra mille grand perigli e mille morli ;
Di cui la saggia e valorosa inano,
Fra dardi, spade, lancie e feno e foco
Le squadre avverse riversando al piano,
Pugna facea da non pigliar da gioco,
Onde n'bavesse il cavalier sovrano
Di famoso trionfo onor non poco,
E far poiesse udir, com'egli tauto
Bramava, a Taltra génie il nome santo,
Dopo l'haver con tanto suo sudore,
S'aspre faticbe superate e dôme,
Per defender il regno e'I suo signore,
Lit cara palria, e'I sacro sancto nome,
Slane' oramai de martial furore
E de le gravi de la corte some,
A' patrij albergbi, a la sua casa altéra,
Fatta la pace. ritirato s'era'. . .
1 . TuDibeau, pp. 8-9.
XXXII. — ANTOINE VALET. 87
Voici le début de la seconde pièce :
Canzo7i nella morte deW illustre signor,
il signor Giovanni di Voyer.
Lascia, ti prego, deh ! laseia, Talia,
L'usato suon de la cornuta ceira,
E con la benda tetra
Lega la trista tua turbata fronte,
E meco insieme, con dogliosa e pia
Voce, piangendo di pietade, spelra
Ogni più dura pielra
E de gli occhi facendo un vivo fonte,
Mostra quant'hai le voglie al dolor pronte.
Mort'è la fama tua, mort'è l'onore
Del Pegaseo liquore,
Ghe queJla clie co'l termine prescritlo
Rompe'l stame vital d'ogni mortale,
Ha di Voyer invitto
Levato fuor di questa spoglia fraie.
La Canziine compte cinq strophes de même mesure et une
queue de 7 vers ; elle n'est accompagnée d'aucune indication
qui nous en fasse connaître l'auteur. Elle est certainement
d'une meilleure langue que l'épitaphe; aussi ne pouvons-nous
penser à l'attribuer à Valet. Il est probable quelle est l'œuvre
de Sebastiano Buonaccorsi. gentilhomme de Pistoja, comme
le sonnet dont elle n'est séparée que par deux épigrarames
latines.
Voici le début du sonnet :
Morte el Voyer, ah ben uostro fugace !
Francia infelice, bor si che di dolore
Colmar ti dei ch'el tuo pregio maggiore
Seco sotterra in poco spatio jace.
Que faisait en France Sebastiano Buonaccorsi ? Nous l'igno-
rons. C'était peut-être le secrétaire de quelque grand seigneur.
Il est probable qu'il appartenait à la famille de Buonaccorso
88 XXXII. — ANTOINE VALET.
de Pistoia et du jurisconsulte Giovanni Buonaccorsi. Les
Buonacorsi établis à Lyon et le trésorier de Provence Giuliano
Buonacorsi étaient au contraire d origine florentine.
XXXIII
FRANÇOIS DE BELLEFOREST
François de Belleforest est l'un des plus féconds, mais aussi
l'un des plus médiocres auteurs du xvi« siècle. Les traits prin-
cipaux de sa vie sont connus, grâce à La Croix du Maine ' et
à Du Verdier-, et nous nous bornerons à les résumer en
quelques mots.
François naquit au mois de novembre 1530, près de Sama-
tan, dans le comté de Comminges. Son père, qui avait passé sa
vie à faire la guerre, mourut en 1537 ou 1538, ne lui laissant
aucune fortune. Sa mère le fit étudier comme elle put dans sa
petite ville, puis réussit à le faire admettre dans la maison de
Marguerite d'Angoulème. Il ne demeura pas longtemps chez
la reine de Navarre, mais contmua ses études à Bordeaux, à
Toulouse et à Paris. Nous ignorons s'il visita les pays étran-
gers ; il est probable qu'il ne put jamais voyager. Sa vie
s'écoula presque tout entière à Paris, où il trouva dans sa
plume les moyens de soutenir sa famille. Il obtint le titre
d'historiographe de France ; mais la faiblesse de ses ouvrages
historiques ne lui permit pas de le conserver. Il travailla sans
relâche à des compilations ou à des traductions que lui com-
mandaient les libraires. Il composa aussi des vers adressés,
soit à de grands personnages, soit aux poètes du temps :
tous ces ouvrages, écrits à la hâte, sont le plus souvent très
1. Édition Ri^oley de Juvignv. I, pp. 204-208.
2. Ibid., 1, pp. fi07-6^0. — 'Niceron, Mémoires, XIII, p. 90-109; XX,
p. 16; Uoiijet, Bibliothèque française, XIII, pp. 157-164.
9U XXXIir. — FRANÇOIS DE BELLEFOREST.
incorrects. Antoine Du Verdier. qu'une étroite amitié unissait
à Beileforest. nous a laissé de lui un éloge fort touchant,
mais que les biographes modernes ont trouvé singulièremen!
exagéré. L'infatisrable écrivain mourut à Paris, le l*' jan-
vier 1583. et fut enterré en l'église des Cordeliers.
Beileforest, né sur la frontière de l'Espagne, avait dû
apprendre l'espagnol dès son enfance; aussi composait-il, à
l'occasion, des vers dans cette langue. Voici un sonnet de lui
qui se lit dans le Tumbeau de treshaulle, Irespuissante et tres-
calholique princesse, madame Elisabeth de France, reyne
d'Espagne (1569) \ fol. Ciij :
Epilaphio por la muy alla y p)oderosa senora, madcwia
Elysabeth, infante de^ Francia y regma de las Esparias^
consorte de Su Cathôlica Maeslad.
En quai parte del cielo, en quai planeta,
Elysabeth, el tuo spirtu apartado
Mira el dolor del tuo rey y pesado,
Para enfluir en el cosa perfecta ?
No es, regina, tu posada secretta,
Y poco mas, tu bien, tu luz, tu estado ;
El paraiso es tu sacro posado,
Pues qu'a la muerte eras morlal sujeita.
Porque llorando andais tan mansamenie,
Hebro y Tago, une si crudo accidente ?
Pues que l'Espaùa y el su gran rey liera ?
Mais, rey y rios, dexais estes doleres,
Mirais qu'ell ciele tienne les loores
D'isabella, que Francia Espana adora.
F. DE BeLLEFOREST.
Comiûgeois^.
1. Voy. Catal. Rotliscliild, 1 rr 814.
2. Itnpr. (1} .
3. Beileforest traduit lui-même ainsi le sonnet espagnol
Version du précédent par le mesme.
Kii qui'Ue part du ciel, ou sous quelle planetle,
Ysabeau, ton e>prit s'est ores retiré
XXXIII. — FRANÇOIS DE BELLEFOREST. 91
Bien que l'espagnol fût plus familier à Belleforest que toute
autre langue étrangère, il n'en a traduit que les Comentarios
d'Alonso de Ulloa ;1570), le Libro llaniado Monte Calvario,
d'Antonio de Guevara (1575), le Libro de la oracion y medila-
cion, de frère Luis de Granada (1576) et ÏEspejo de consolacion
detristes, de frère Juan de Duefias (1583), tandis qu'il a traduit
de l'italien la plupart des Novelle de Matteo Bandello (1559-
1583), les Horc di recreatione de Luigi Guicciardini (1571], le
Corbaccio ou Laberinto d'dmore, de Gio. Boccacio (1571), les
Giornaie delV agricoUura e de' piaceri délia villa, d'Agostino
Gallo (1571j, les Imprese, Siralagemi et Errori mililnri, de
Bernardino Bocca 1571). les Leltere di principi, de Girolamo
Ruscelli(1572), la Relatione di lutloilsuccesso di Famagosta,de
Nestor Martinengo (1572), le Traltalo délia santissima commii-
nione, de Bonsignor Cacciaguerra (1577), la Civil Conversatione
de Stefano Guazzo, mise simultanément en français par Gabriel
Chappuis (1579)'.
Entre tous ces ouvrages, c'est surtout le recueil des Histoires
tragiques qui a sauvé de l'oubli le nom de Belleforest, non pas
Pour contempler ton roy dolfiit et martyre
Et influer en luy quelque chose parfaite ?
Ta demeure n'est point cachée ni secrette.
Moins ton bien, ta clarté, que tu as attiré
Au ciel en ton repos, au palais empiré,
Puisque mortelle estois, du corps à mort sujette.
Mais pourquoy en plourant flotez si doucement,
Tage et Hebre, voyant si triste événement,
Pour lequel et l'Espagne et son tresgrand roy plore "'
Mais, ô roy, fleuves grands, laissez-moy ces douleurs ;
Contemplez que le ciel chante et tient les honneurs
D'Isabelle, que France et que l'Espaigne honore.
1. D'après La Croix du Maine (I, p. 20S), Belleforest serait le véritable
auteur de la traduction dn Galateo de Giovanni Délia Casa, publiée à
Paris, en 1562. pur .Jacques Kerver, sous le nom de Jean Du Peyrat. Il
aurait aussi traduit la Descrittione de Paesi Bassi de Luigi Guicciardini
pour Christophe Plantin (Anvers, 1582, in-fol.) ; mais l'exactitude de ce
dernier renseignement nous paraît fort douteuse. L'ouvrage de Guicciardini
avait été mis en français par François Flory, de Lille, dès l'année 1567
(voy. plus loin l'article consacré à Flory). L'éditeur français de 1582, sans
doute quelque Anversois, a dû se borner à une simple révision.
92 XXXIII. — FRANÇOIS DE BELLEFOREST.
à cause du mérite de la traduction, mais à cause de IMntérêt
qu'offrent les nouvelles de Bandello. Les divers volumes qui
composent la collection ont été réimprimés un certain nombre
de fois, et nous serions fort en peine pour en donner une des-
cription un peu complète. Le tome lY, publié en 1570, est
dédié par Belleforest à Françoise de La Baume, dame de Car-
navalet, comtesse de Montrevel. Outre une épître en prose
française, le traducteur a placé en tête des nouvelles un sonnet
espagnol, qu'on ne lira peut être pas sans intérêt :
.4 la misma segnora.
Ny tu, viiia mortal, ny tu, muerte sin vida,
Pues que una gran beltad a el suo cierto lugar
Al cnerpo y al spiritu, y Dlos quiere dolar
Los dos d'una aima santa a les dos offrecida.
Viva esta la viciez con quien l'etad perdida
Rinvene con el tiempo el jusio dessear,
Porque non puede mas la muerte assi malar
D'estos dos la beltad en gloria enbravescida.
Segnora, dos beltadz, dos vidas os crean
Al vivir y pensar, y dos* glorias os dan
Las dos passadas son para^ l'eternidad.
Assi el cuerpo hermoso gose su bermosura,
L'aima de su virtud los dos de su cordura
Para se consacrar à l'immortalidad.
Uonrra mi gozo.
Le tome V de la même collection, qui vit le jour à Paris
chez Jean Hulpeau, dans le courant de la même année, est
précédé de deux pièces italiennes, qui ne peuvent être
attribuées qu'à Belleforest. La première de ces pièces est un
sonnet :
\. Impr. (édition de 1616) des.
2. Impr. psara.
XXXIII. — FRANÇOIS DE BELLEFOREST. 93
De gli spiriti francesi, a la Francia.
Se, rivolgendo anchor l'anlice historié,
Ti specchi iu quelle excelse e felici aime,
Francia, ch'in te tante honorate palme,
Tanti trophei portaion, tante vittorie,
Questa, fra l'altre tue rare memorie,
Fra l'altre lodi più leggiadre et aime,
Fra le più pretiose et ricche salme,
Per colme escriver puô de le tue glorie,
Ghe con gagliardi cuori et triomphali
Vedrai gli tuoi hoggi, al creder mio,
Farti col lor splendor maravigliarte.
Ghe dirai se questi son huom' mortali ?
Son gli Scipioui, ov' s'egli son Dio,
Ghi sa hor se son o Appoliin o Marte.
La seconde pièce est un simple neuvain; nous le transcrii'ons
également :
Il libro de se slesso.
Benchè, per fortuna, in un momento
Oppresso qui é, qui assaltato geme
Il spirto mio, ancor il mal non preme
Tanlo il cuor mio, ni tanto il danno sento,
Ghe senza speme io piango il mio tormeuto,
Perché sperar io penso cotai gloria
Ghe ne di notte o tempo temo assalto,
Anzi, condotto al ciel di salto in salto,
Al mondo' sarai nato iu clara bistoria.
Peut-être Belleforest a-t-ii composé d'autres vers italiens ;
mais ceux-ci sont les seuls que nous ayons rencontrés.
1. Impr. Mando.
XXXIV
HERMANN TAFFIN, SIEUR DE TORSAY
Les Taflin de Saint-Omer furent toujours d'ardents catho-
liques ' ; les Taffin de Tournai, qui sont probablement une
branche de la même famille, furent au contraire de zélés par-
tisans de la Réforme. Remy Taffin. riche marchand de Tournai,
dans la première moitié du xvf siècle, eut cinq fils et une
fdie. Les fils, dont nous ne pouvons indiquer Tordre avec
certitude, étaient : Hermann, Jean, Nicolas, Jacques et
Quentin. Le plus connu est Jean, qui fut l'un des propagateurs
les plus actifs du calvinisme dans les Pays-Bas. Plusieurs études
lui ont été consacrées -, et c'est en nous aidant de ces travaux
que nous essaierons de faire connaître la vie de celui de ses
frères qui appartient au groupe des italianisants.
Nicolas, devenu, tout jeune, avocat-pensionnaire de la ville
de Tournai, fui poursuivi au mois de décembre 1561 comme
1. Pierre Taffin, sieur du Hocquet, de Samt-Omer, né vers 1547, mort
le 19 février 1627, fut retenu par Philippe II, comme gentilhomme, à son
service, en raison de son zèle pour l'Eglise romaine (Bibliotli. nat., ras.
fr. 30 817, fol. 274). Il eut pour fille la vénérable sœur Françoise de
Saint-Omer qui, en 1614, fonda les religieuses de la Pénitence, vulgairement
appelées capucines.
2.Voy . Paquot, Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept pro-
vinces des Pays-Bas, 1768, in-fol.,II, p. 490; — ChristiaanSepp,/)rJe £!;««-
geliedienaren ait den tijd der Hervorming [Jean Taffin, Pieter de Zuterer,
gezegd Overhuag, Agge van Albada] ; Leiden, 1879, in-8, pp. 1-80 ; —
Charles Rahleiibeck, Jean Taffin, un réformateur belge du A'V'7e siècle ;
Leide, 1886, in-8. Les deux derniers auteurs et A. .1. Vander Aâ. [Biogra-
phisch Wordenboek der NederJanden XVIII, 1874, p, 8) renvoient à de
nombreuses sources.
96 XXXIV. — HERMANN TAFFIN.
suspect d'hérésie '. En 1566, il prononça devant les magistrats
une vigoureuse harangue, demandant que la commune parti-
cipât aux frais de construction du temple élevé par les dissi-
dents, lesquels, disait-il, représentaient les trois quarts de la
population-. Son attitude hardie ne manqua pas de le dési-
gner à la colère de la duchesse de Parme qui, au mois de
janvier 1567, lors de l'entrée de M. de Noircarmes dans Tournai,
lui recommanda de s'assurer du dangereux hérétique ^ Nicolas
avait heureusement quitté la ville ; il fut tué en 1572, hors les
murs de Mons qu'assiégeait le duc dAlhe ^
Jacques, receveur général à Cassel et à Nieppe, en 1561, fut
plus tard trésorier et secrétaire de Guillaume le Taciturne,
qui le chargea de diverses missions importantes ^
Quentin, sieur de La Prée. fut gentilhomme du comte
Ludovic de Nassau, et résida en France comme agent officieux
des États de Hollande auprès du roi ^
Hermann Taffin, qui fait l'objet de cet article , semble
avoir été l'aîné des cinq frères; il dut naître vers 1528.
Il reçut sa première instruction dans sa ville natale, d'un
prêtre appelé Jean Théodore, puis il passa en France et se
rendit à l'université de Poitiers. 1! y connut une dame puis-
sante à la cour, qui le prit à son service et q,ui assura son
avenir. Cette dame le fit entrer dans la maison de Piero
Strozzi, qui le choisit pour être le gouverneur de son fils
Filippo''. Celui-ci était né au mois d'avril 1541 ; nous pouvons
1. RuhltMibeck, Jean Taffin, 1886. p. 118.
2. .1. L. Motlt-y, The llise of the Dutch Rep'ihlir., 18.5(), iii-8. II. p. 20.
3. Gacliard, Correspondance de Gidllaume le Taciturne, 11, 185U,p. 480.
i. Ralilenbeck, p. 101 .
5. A. J. Vaudei' Aa, Biographisch Wordenboek der Nederlanden,
XVIII, 1874, p. 8, et les sources très iioml)reuses qui sont citées à la fin
de l'article.
6. La Hugiicrje, Mémoires, I, p. 19 ; Vander Aa, Biofjraphiscii Wor-
denboek, XVIII, p. lu.
7. Ces détails nous sont connus par l'interrogatoire (|u'un des frères de
Hermann, Nicolas, avocat-pensionnaire de la ville de Tournai, eut à subir,
le 22 décembre 1561, comme suspect d'hérésie. Nicolas dit « qu'il a deux
frères en France dont l'un est son aîné, lequel, passé quinze ans, étant
écolier à Poitiers, se mit au service de quelque dame favorite de la cour
XXXIV. — HERMANN TAFFIN. 97
supposer qu'il avait dix ans quand Taffin fut placé près de lui,
ce qui nous reporterait à l'année 1551.
A la date du 21 janvier 1561 (n. s.), nous trouvons le nom
de Taffin à la fin d'un acte passé par Filippo devant Jean de
La Marque, notaire et tabellion royal suivant la cour. Cet acte
mentionne comme témoins : Louis Anthenory, c'est-à-dire
Antinori, docteur et gentilhomme tlorentin, Barthélémy Bar-
bedor et Hcrmann Taffin '.
Lorsque, en 1565, le jeune Strozzi quitta brusquement la
France pour se rendre au siège de Malte, avec un certain
nombre de gentilshommes, Taffin dut l'accompagner et tra-
verser avec lui toute l'Italie. Il passa en effet la plus grande
partie de sa vie auprès de son ancien pupille : lui-même le
dit dans l'avis au lecteur qui précède La Vie, Mort et Tombeau
de Philippe de Slrozzi.
Filippo, pourvu le 28 septembre 1567, de la charge de
colonel général de l'infanterie française, était un catholique
fervent ; mais, tout jeune, il avait été nourri dans des idées
tolérantes ; il était lié avec Coligny et les autres chefs protes-
tants ; aussi le sieur de Torsay (tel est le nom sous lequel
Hermann fut désormais connu) continua-t-il d'habiter dans
sa maison, en même temps qu'il rendit à la cour d'appréciables
services. Catherine de Médicis, qui se l'attacha en qualité de
qui Ta depuis avancé au service de Pierre Strozzi, duquel il a eu les tils en
charge, et présentement se trouve au service de la reine-mère, en état de
gentilhomme, comme il estime. Si a-t-il aussi un autre frère plus jeune que
lui, suivant ladite cour de France. » Les deux frères dont parle ici Nicolas
sont Hermann, sieur de Torsay, et Quentin, sieur de La Prée.
Le même interrogatoire contient aussi des détails sur Jean Taffin, qui
prêchait alors la Réforme à Metz. Nicolas dit que Jean est son aîné de
vingt-deux mois, qu'il a étudié dans les écoles d'Italie et qu'il a été d'abord
au service du cardinal de Granvelle, alors évoque d'Arras. Vov. Pùihlenbeck,
Jean Taffin, pp. 118-119.
Jean, après avoir séjourné à Padoue, s'était en effet rendu à Rome, où
il s'était lié avec Estienne Pigghe, secrétaire de Granvelle, qui lui avait
procuré la place de bibliothécau'e du prélat, à Bruxelles. Voy. Bulletin du
Bibliophile belge, 1856, p. 375; 1857, p. 244; Christiâan Sepp, toc.
cit., pp. 5-10.
1. Bibliolh. nat., ms. fr. 29214, dossier 61 039, fol. 16 vo.
H. - 7.
98 XXXIV. — HERMANN TAFFIN.
gentilhomme, en fit iin intermédiaire sur entre elle et les
protestants des Pays-Bas. Vers 1569, Hermann Taffin est à
Sedan ; c'est de cette ville qu'il adresse à François Perrot, sieur
de MézièresS treize distiques latins sur la blessure qui a
coûté une main au vaillant François de La Noue-'.
En 1570, c'est le « sieur de Torcé » que le roi Charles IX
charge de remettre à François de Beaiivais, sieur de Briqne-
mault, un mémoire confidentiel destiné au comte Ludovic de
Nassau, mémoire dans lequel la cour se montrait disposée à
seconder les projets des partisans du prince d'Orange ^
Un passage des mémoires de La Huguerie qui se rapporte à
l'année 157:2, nous apprend que le sieur de Torsay, à qui ses
relations de famille assuraient un crédit particulier auprès des
adversaires de l'Espagne dans les Pays-Bas, rédigeait les lettres
adressées par l'amiral de Coligny au prince dOrange ou à ses
agents'*. Où étail-il au moment de la Saint- Barthélémy? Nous
devons penser qu'il était auprès de Filippo Strozzi, qui pré-
parait alors une expédition maritime, et qu'il ne l'ut pas
inquiété.
Après la Saint-Barthélémy, Hermann et son frère Quentin,
sieur de La Prée, se réfugièrent quelque temps à Genève, où
Jean, le ministre, alla les rejoindre au printemps de 1573^;
1. Voy. t. I*"", pp 325-380, rarticle que nous avons consacré à ce
personn;i^^f.
2. De Francisci Lanoi, herois clarissimi, taeva ri'scissa et dexira
inlerjra. Nous av(ins niicoulré ces vers dans Talbum de Jaii Ilademaker
(Bibliotli. de TUiiiv. de Gand, ms. G352I, fol. 17). — SurJaii lîadeuiaker,
dit Rutarius, né à Aix-la-Cli ipelic le 14 mars 1538, moil à Miildelbourg le
15 février 1G17, voy. la Bioijrajihie naiinnale belge, XVII (1905), col. 541.
3. « Fusmes tous esbahis que le sieur de Torcé, qui esloit à la royne
mère, nous apiiorta[st] uug beau mémoire dcsdictes raisons lies- véritables;
mais plus ils [les agents du roi] nous en parloient et pressoient, nous
entrions plus eu soupçon de quelque trame à noire dommage, bien que
ledict Toicé, qui nous doimoit souvent de bons advis, nous a^siirast que la
rovne sa maisiresse y estoit fort alfectidunée à cause de sa tille [la reine
d'Espagne, qu'en disait avoir été enqioisonuée par les E>pagnolsJ ». La
Huguerie. Mémoires, I, p. 23.
4. La HuL;uerie (I, p. 121) parle des « lettres dudit sieur admirai, que
le sieur de Torcev esn'i|ivoit (et il esciipvoit tonsjours au dessoulz du chilTre
pour asseuranre, ces mots : Vaiis congnoissez la main, de sa main propre). »
b. liablenbeck, Jean Taffin, p. 101.
XXXIV. — HERMANN TaFFIN. 99
mais bientôt Jean reprit le chemin de la Hollande, tandis que
Hermann et Quentin rentrèrent en France.
Au mois de février 1574, le duc d'AIençon voulut entrer en
pourparlers avec La Huguerie, que Ludovic de Nassau avait
envoyé secrètement à Paris, <- et choisit le sieur de Torcey
Daffin [sic], qui estoit au sieur de Strosse, et frère du trésorier
gênerai dudict sieur prince d'Orenge', et pour ce m'estoit
agréable », dit l'auteur des Mémoires; « mais estoit aussy à la
roine mère, pourquoy je craignois qu'elle eust quelque advis
demoy. . . - »
Il devait être difficile à Hermann Taffin de conserver la
faveur de la Cour, lui que l'on savait en relations si intimes
avec les Orangistes et dont on connaissait les opinions reli-
gieuses. Ces opinions, en effet, il ne les cachait pas, et, s'il avait
voulu les dissimuler, son ami François Perrot l'en eût empêché.
Dans les Perle elette du sieur de Mézières ^ nous trouvons en
effet, non seulement des vers adressés au sieur de Torsay,
mais encore des vers composés par lui. Voici ces pièces qui
nous ont fait donner à Hermann Taffin une place dans notre
galerie des Français italianisants :
Al siijiior de Torse.
Ecco del mio giardin che si reserba
Tulto a mostrarti un di novelli fiori,
Ch'in su'l fia di slagione a noi si acerba,
D'alia speranza nova escono fuori.
Dentro nascoslo ancor n'è ' 1 frutto in berba ;
Ma non inganna 1 ben fondali cuori
L'aspettar Dio. Poi parte è di prudenza
Pur hier mostrata a noi la patienza.
Quelle cb'io li promisi bora ti mande
Et, s'atiien sua promessa buom' cb'è mendace,
1. Ce trésorier étuit Jacques Quentin.
2. La Huguerie. I, p. 21 0.
3. Voy. noire tome I, p. 3G0.
100 XXXIV. — HERMANN TAFFIN.
Ghe sia di Dio ? Dirai, s'io t'el dimando,
L'istessa verità, non pur verace
Ne sia '1 nostro sperar ch'ei vada armando
Di forza i suoi. Chi crede aspetta et taee
Ghi la 'nde men si pensa ei vuol si scopra
Si che di Dio sia lulto il fin de l'opra.
AUi vij. di Marzo 1576 *.
Stanza del signov de Torse.
D'Hesperidi '1 giardin quai mio novello
Tal non fu mai, o gentil hortolano.
S'ei di verno nevoso, freddo et fello
Fiorisce, si che sia di mano in mano
Quando poggiando il sol più chiaro et bello
Farà verde et fiorito monte et piano ?
Da si bei fiori di tal primavera
Più bello et vago il frutto ancor si spera ^.
Trois mois plus tard, Perrot reprend la plume et envoie à
son ami les vers suivants :
Al signor de Toi'sè.
Hor che più caldo il gran pianeta poggia
Et freddo pur nostro sperar rimane
Come terren cui gelo et fredda pioggia
Fè le prime speranze sparir vane,
Quel tuo horlolan, che tuttavia s'appoggia
Più sopra '1 ver ch'in apparenze humane
Del SUD giardin, perché ti parver belli
I fiori, t'oQre ancor frutti novelli.
Non già, che com'a te quel fiori o frutti
Bei paian, cossi a lui le li présenta ;
i. Perle elelte di Fruncesco Perrotlo, i576, iii-S, fol. D 6 \°.
'Llhid., fol. D 7.
XXXIV. — HERMANN TAFFIN. 101
Ma, perché quai si sian che veggan tutti
Et ne faccian giudicio ei si contenta.
0 se dal rivo al fonte sien condutti
Quivi l'anima haver paga et contenta
So che potranno ; et tu non fiori o foglie,
Ma il frutto coglier puoi la 've si coglie.
Alli 16. di giugno 1576'.
Hermann Taffin n'avait plus le loisir de passer les Alpes ;
mais, dans la maison de Filippo Strozzi, il devait être chaque
jour en contact avec des Italiens. Il était en toute chose
l'homme de confiance de son ancien élève. Le 15 juin 4581,
Strozzi, préparant son expédition aux Açores, écrit à Del
Bene, à Paris : « Monsieur de Torsay vous dira de nos nou-
velles et de nostre armée de mer, qui est plus belle et plus
forte que nous ne pensions nous mesme debvoir estre -. »
On connaît la catastrophe dans laquelle le commandant de
l'expédition trouva la mort. Hermann Taffin, qui n'avait pu
accompagner Filippo, conserva pieusement sa mémoire et
s'efforça plus tard de payer sa dette de reconnaissance envers
le héros en écrivant sa vie. Dès lors, il se voua tout entier
aux négociations poursuivies entre les protestants et les
catholiques. A la fin de 1582, il sert d'intermédiaire à Phi-
lippe de Mornay, quand celui-ci offre aux Flamands proscrits
un asile dans les états du roi de Nayarre. Le 7 décembre 1582,
Mornay écrit, de Nérac, au ministre Jean Taffin. Vous pouvez,
lui dit-il, adresser vos lettres « à Paris, chés M. de Torsay,
voslre frère, pour les bailler à M. de Chassincourt^ » Sa haute
impartialité lui mérite la confiance du prince de Condé " ; elle
lui mérite aussi celle de François de La Noue. Le 25 oc-
tobre 1585, La Noue écrit, du Plessis-les-Tourn elles, qu'il n'a
1. Perle elette di Francesco Penotto, 1876, iii-8, fol. D 8.
2. Biblioth. nat., ms. fr. 20539, fol. 55; Lettres de Catherine de
Médicis, XIII, p. 43, en note.
3. Mémoires et Correspondance de Duplessis-Mornay, 1824, II, pp.
157-160.
4. La Huguerie, Mémoires, II, p. 323.
102 XXXIV. — HERMANN TAFFIN.
pas cru blesser le roi en quittant la cour. « Je me suis con-
duict, ajoute-l-il, par le conseil de messieurs de Chassincourt
et de Torsay, qui sont prudens et ont de la pieté, et n'ay rien
escrit qui ne doive satisfaire Sa Majesté. » La Noue prie son
correspondant de consulter, lui aussi, les deux hommes sages
dont les avis l'ont guidé '.
Il n'est pas facile de déterminer la part prise par Hermann
Taffin aux événements qui marquèrent les dernières années
du xvr siècle. Tout ce que nous savons, c'est que la haute'
estime dont il jouissait auprès du parti protestant ne se
démentit jamais. Nous avons déjà parlé de ses relations avec
le rigide François Perrot ; nous renverrons encore à la lettre
adressée par celui-ci au chancelier Pompone de Bellièvre, le
24 juin 1603, lettre dans laquelle il parle de son « ancien et
intime ami d et dit qu' « il est bien connu et aimé du roy
auquel il a fait grans services- ». Perrot avait alors soixante-
dix- sept ans ; Hermann Taffin ne devait pas être beaucoup
plus jeune. Il se trouvait à La Haye au commencement de
1006, quand il fit une grave maladie qui inquiéta beaucoup
ses amis. Le 7 mars, Paul Choart de Buzanval écrit, de cette
ville, à Joseph Scaliger : « Le pauvre M. de Torsay est alité
depuis quinze jours, travaillé d'une fiebvre lente et continuelle
de laquelle on craint l'issue ^ » Il se remit pourtant, et deux
ans plus tard, il fit paraître sa Vie de Strozzi.
Voici la description de cet ouvrage, écrit avec le sentiment
de la plus large tolérance religieuse :
La Vie, || Mort, et Tombeau, || de haut et puissant || Sei-
gneur Philippe de Strozzi, i| Cheualier des deux ordres du
Roy, Con- 1| seiller en ses Conseils d'Estat & priué, Ca- 1| pitaine
1. H. Hauser, François de La Noue, 1892, pp. 306-307. — Le nom
(le Torsay y est altéré en Toi'^ay.
2. Voy. notre tome I, p. 370.
3. Epistres françaises des personnat/es ilbisbes et doctes à M. Joseph
Juste de La Scala. mises en lumière par Jaques de Rêvas (Harderwijck,
1G24, in-8), p. 217.
XXXIV. — HERMANN TAFFIN. 103
de cinquante hommes d'armes, || Colonel General de L'infan-
terie Fran- |i çoise & despuis Amiral en larmee de Mer, ||
dressée par la Roine, Catherine de Medicj, i| en faueur du Roy
Don Antoine de Portu-||gal, en l'an mil cinq cens quatre
vingt deux. Il Ou par occasion, se voit la bonne & généreuse
nourriture de la || ieune Noblesse Françoise, sous les Roys
Henry k François || second, pendant son bas aage. Et plusieurs
notables points || de IHistoire de nostre temps non touchez,
ou si particulièrement déduis ailleurs. || Par H. T. S. de Tor-
sayll A Paris. II Chez Guillaume le Nuir, rue sainclWIacques,
à l'enseigne de la II Rose Blanche. \\ 1608. || Auec Priuilege du
Roy. In-8 de 7 pp., l f. pour le portrait de Strozzi, 95 pp.
et 1 tableau plié
Les pp. 3-S qui suivent le titre contiennent une épîlre.
« Au roy », datée de Paris, le l^'' mars 1608, et signée : H. T.
DE ToRSAi. — Les pp. 6 et 7 sont occupées par un avis « Au
lecteur », où il est dit que « l'auteur de ce discours de la vie
et mort du seigneur Philippe de Strozi a jugé en devoir
diferer la publication le long temps qu'il a fait, à fin de le
rendre encore plus agréable et recommandable par Tasseu-
rance de la vérité que le temps, père d'icelle, lu^^ en a une
si longue dilation confirmée. Outre ce qu'il a esté présent,
voire assistant, à la pluspart de ce qu'il contient, ou, s'il n'y
a peu estre, le service dudit seigneur de Strozi le retenant
ailleurs (comme en ce voiage aus Essores en faveur du roy
don Antoine de Portugal), l'ayant appris, par le commande-
ment de la royne lors régnant, de ceus qui y avoient accom-
pagné ledit seigneur Strozi jusques à sa mort, et de ses
domestiques mesmes retournés en France, desquels Sa Ma-
jesté a voulu particulièrement et au vray entendre le succès
dudit voyage favorisé de son autorité et moyens, pour le
double interest qu'elle y avoit, et de la personne dudit sei-
gneur Strozy et de ses prétentions à la couronne de Portugal
et estas dependans. »
Le v° de la p. 7 contient la liste des Fautes surveriues en
Vimpression,
Le portrait, finement gravé en taille-douce, est signé de
Thomas de Leu. On lit au-des.sus ce quatrain :
i04 XXXIV. — HERMANN TAFFIN.
Le peintre ingenieus en Strosse au vif icy
La candeur el valeur au vif a peint aussy,
Gomme voir on le peut, el mieus et davantage
Au reste, ce crayon n'estant que le visage.
La Vie de Strozzi se termine à la p. 82 ; elle est suivie de
diverses pièces dont voici le relevé :
1 (p. 83). Poicr le Tombeau.
Clio.
Qui a l'or et l'azur du ciel pour couverture
Et du grand Océan le saphir pour tombeau. . .
(Onze quatrains récités par les neuf Muses, Apollon et
Minerve. On lit à la fin : H. T. S. de Torsay.)
2 (p. 85). De conflictu dassium galUcae et hispanicae in quo
Philippus Strozza, gallicae praefectus, cum paucis forliter pu-
gnans occubuit. Teiraslicha. (8 distiques.)
3 (p. 86). Pro tumulo (3 distiques).
4. Pro ils qui cwn Slroza duce in hoc conflictu fortiler pu-
gjianieft occubuerunt. (2 distiques signés H, T. Torseus.)
5. Stroza patrem et patruum referons virtute parique...
(3 distiques, signés : Franc. Perrotus de Mezieres.)
6 (p. 87). Ejusdem. (3 distiques.)
7. Unus Slroza unojacet hauda milite miles...
(2 distiques, signés : Henricus Stephanus '.)
8. Ejusdem. (2 distiques.)
9. Ejusdem. (3 distiques.)
10. Qualis Achilidae memoratur gloria Pyrrhi. . .
(63 vers hexamètres signés : Jo Auratus 2, poeta et interpres
regius.)
11 (p. 90). Quid varie mihi mens agitas praecordia fluctu... ?
(49 vers hexamètres, signés : P. Ganaius, c'est-à-dire Philippe
Canaye '.)
1 . Ces vers et les suivants sont du grand imprimeur Henri Estienne,
mort en 1598.
2. Jean Dorât avait été un des apologistes de la Saint-Barthélémy ; m;iis
l'amour des belles-lettres le rapprochait du sieur de Torsay. D'ailleurs,
l'habile politique de Henri IV avait singulièrement calmé les esprits.
3. Nous consacrons plus loin une notice à Philippe de Canave, sieur de
Fresne (no X.\N.V1, pp. 115-125).
XXXIV. — HERMANN TAFFIN. 105
12 (p. 92). Quod Gain alterius pro libertate ruentes...
(7 distiques signés : Angel. Bargaeus, c'est-à-dire Pietro
Angelio da Barga'.)
13. Dum ruis in proras et peclora gentis iberae. . .
(5 distiques signés : Passeratius 2.)
14 (p. 93). Idem. (2 distiques.)
15. Idem. (Traduction de ces distiques en 2 distiques fran-
çais.)
16. Extrait des Vies des hommes illustres de Boccace, « où il
y a une adition récent, de nostre temps, et le tout imprimé
à Florence par les Juncty. On y trouve, à la louange du tres-
illustre seigneur Léon de Strozy \ les vers cy- après » :
Peregrin quai tu sei che quinci passi,
S'alla citlà, domna d'Hetruria, arrivi
17. Sonnet imprimé « ailleurs sur le mesme personnage» :
Partendo dal mortal carcer terreno. . .
18 (p. 94). Ejusdem, Leonis Strozae, magni Capue prloris^
Tumulus. (4 distiques.)
19 (p. 95). Pelri Slrozae, Franciae mareschalli, Tumulus..
(4 distiques.)
20. Zachariae Monlio'^y palritio florentino, Kyriaci nepoti ac
Philippi Stroziadum clientulo, Papirius Massonus^., juris con-
sullus, benevoli affeclus symbolum dlcavit. (12 vers hexamètres.)
1. Pietro Angelio, né à Barga, près de Lucques, le 22 avril 1517, était
mort à Pise le 29 février 1596. Sur ses rapports avec la France, on peut
voir le Bulldin italien. 1, p. 292.
2. Jean Passerai, né à Trêves, le 18 octobre 1534, était mort le 14 oc-
tobre 1602
3. Leone Strozzi, prieur de Capoue, était frère de Piero et par consé-
quent oncle de Filippo.
4. Le Florentin Zaccaria Monti était établi à Paris, ou tout au moins en
France. Une épîlre à lui adressée par Jean Roën, de Rouen, à la date du
!'■■ novembre 1598, se lit à la fin des Orationes sive Introductiones V.
Cl. ac summi peripaletici Kyriaci Slrozae, patritii florentini, in aliquot
Arist. de moribus libros, ohm PIsis habilae.. . (Parisiis, ex tvpograpliia
Philippi a Prato, 1599, in-4) .
5. Jean Masson, dit Papire, né le 6 mai 1544, mourut le 9 janvier 1611.
106 XXXIV. — HERMANN TAFFIN.
Le f. plié contient une curieuse Pyramide de vers servant
d'épitaphe :
Slrozi
N'est enclos,
Sa cendre, ou os ;
L'ame au ciel revit ,
Le corps en mer gist. , .
Pour, à son tour,
Estre un jour
Au Ciel
Tel...
(34 lignes, on n'ose dire vers, de diverse longueur, plus
9 lignes en prose, le tout « Posé par H. T., sieur de Torsay ».)
Cette épilaphe avait été imprimée, avec quelques variantes,
dès l'année 1582, sous le tiire d'Eguille de vers, et Pierre de
L'Estoile l'avait alors recueillie, sans connaître le nom de
l'auteur (éd. Jouaust, II, p. 80).
Biblioth, nat., Ln.^'. 19194, et Recueil F ontanicu, t. ccxcix.
— British Muséum, 1192, i. 1 (4). — Biblioth. Mazarine, 34408.
— Ce dernier exemplaire, qui porte la signature de Zaccaria
Monti (« Zach. Montius »), le personnage à qui Papire Masson
adresse la pièce latine qui termine le volume, est précédé
d'un portrait de Christophe, prince de Portugal, gravé par
Jaspar Isac d'après une peinture de Daniel Du Monstier,
datée du 9 septembre 1632. La liste des fautes d'impression a
reçu plusieurs additions manuscrites qui visent les pages 2
et 47 ; enfin l'ancien possesseur a sans doute composé lui-
même les vers suivants qui se lisent sur le dernier f. de
garde :
A Kyriace de Slrossy. '
Stros.sy, je di, qui remplis et parfais
Les documents d'un sage qu'on adore,
Qu'as surpassé par tes escriptz bien faits
L'opinion que teuoit Piihagore,
1. Ciriaro Slrozzi, né à Capalla, près de Florence, le 22 avril 1504,
mort à Pise le 16 décembre 1565, est surtout connu par le supplément à
la Politique d'Aristote, qu'il écrivit lui-même eu grec.
XXXIV. — HERMA.NN TAFFIN. 107
Car, qui lira les livres de police
Venus de toy, oseroit-il nier
Que dans toy seul mis est l'ame sans vice,
Longtemps y a, et en es héritier
De cestui-là duquel tu as attaint
Le beau parler et la haulte doctrine,
L'ayant si ben en ton esprit enpraint
Qu'on jugeroit sortir tout d'une mine.
La Vie de Slrozzi a été réimprimée dans les Archives
curieuses de rHisloire de France de MM. Cimber [L. Lafaist] et
Danjou, 1^° série, t. IX, pp. •401-460; mais cette réimpression,
qui ne donne que le morceau principal sans aucune des pièces
accessoires, et qui n'est accompagnée d'aucune note, laisse
beaucoup à désirer.
Nous ne savons rien de Hermanu Taffm après la publication
de cet ouvrage. Il vivait encore en 1G09, car c'est évidemment
à lui que se rapporte un article du testament de Joseph
Scaliger (Leide, 18 novembre 1609) : « Au sieur Daniel (faute
de lecture ou de transcription évidente pour Hermann) Taffin
Torsai' je donne une médaille d'or pesant trente trois e:?cus,
atachée à un cordon de soye noire, avecq un anneau attaché
ensemble^ ». Il appartient aux historiens du protestantisme
de nous faire connaître avec plus de détails la vie de notre
personnage et de fixer la date de sa mort.
1. L'imprimé que nous avons sous les yeux porte par eneur : Torsac.
2. Documents sur Jules-César Scaliger et sa famille, publiés par
M. Adolphe Magen (extrait du Recueil des travaux de la Société d'Agri-
culture, etc., d'Agen) ; Agen, 1873, in-8, p. 78.
XXXV
PHILIPPE DE MORNAY, SIEUR DU PLESSIS MARLY
La vie de Da Plessis-Mornay est trop connue pour que nous
ayons à la raconter tout entière. Né à Buhy, clans le Vexin fran-
çais, le 5 novembre 1549, il eut de bonne heure le goût des
lettres. Il entreprit, en 1568, une série de voyages qui devaient
compléter ses études. La première ville qu'il visita fut Genève,
où il arriva vers le milieu du mois d'août. La peste l'empêcha
d'y faire un long séjour. Il se rendit alors à Francfort-sur-
Mein, et passa l'hiver à Heidelberg, chez Emmanuel Tremelius,
« l'homme de chrestieiité qui avoit connoissance de plus de
langues, mais particulièrement très-excellent en l'hébraïque ».
Le nom de Mornay figure sur les matricules de l'Université, à
la date du 17 janvier 1500. Son précepteur, Lazare
Ramigny, ' et son compagnon, Théophile de Banos-, s'ins-
1. Mme (le Mornay avait donné pour précepteur à son fils « M. Lazare
Ramigny, natif de Linsle es montagnes de Nice de Provence, homme
religieux et docte, mais veliement selon riiumeur de son païs, lequel lui
avoit esté adressé par M. Mercier, professeur du roy en la langue
hébraïque. » (Mémoires de madame de Mornay, édition revue par
madame De Witt, née Guizot, 1868, I, p. 21.) Ramigny fut une des
dernières victimes de la Saint-Barthélémy à Pans. Tandis que Mornay
réussissait à fuir, il fut massacré, le 27 août 1572, près la porte Saint-
Honoré. {Ibid., I, p. 46.)
2. Théodore de Banos, originaire de Bordeaux, avait été disciple de Pierre
de La Ramée, dont il publia les Commentarii de religione christiana et
dont il écrivit la vie (Francoforli, -1576, 1577, 1583). 11 devint pasteur à
Francfort (1572-1578), puis s'occupa d'afïaires financières, en même
temps qu'il fut l'agent de divers princes allemands. On a de lui plusieurs
ouvrages. Voy. La France protestanie, nouv. éd., V, col. 1121.
H^ XXXV. — PHILIPPE DE MORNAY.
crivirent en même temps que lui sur les registres. A Heidelberg,
Philippe étudia l'allemand et a y profita de telle sorte qu'au
bout de six mois n'y avoit livre qu'il ne leust et entendist. »
Étant à Francfort à la foire de septembre 1569, il fit la
connaissance d'Hubert Languet, de trente-un ans plus âgé
que lui, et qui lui porta dès lors une affection presque
paternelle.
De Francfort, Mornay, toujours accompagné, à ce qu'il
semble, de Ramigny et de Banos, se rendit à Venise. Il y
trouva le meilleur accueil auprès de l'ambassadeur de France,
Paul de Foix, et du successeur de celui-ci, Arnaud Du Ferrier.
Il s'établit à Padoue pour y continuer l'étude du droit qu'il
avait commencée en Allemagne, et se perfectionner dans
l'escrime et dans les exercices du corps. Bientôt cependant les
persécutions ordonnées par l'évêque de Padoue contre les
protestants l'obligèrent à quitter cette ville et à retourner
à Venise, où il passa six ou sept mois. Ce fut là, nous l'avons
dit ci-dessus, qu'il se lia d'amitié avec François Perrot'.
Mme de Mornay, à qui nous empruntons tous ces détails,
continue ainsi :
« L'an 71, il partit de Venize pour faire ung tour par toute
l'Italie, costoyant la mer Adriatique, et retourna par la coste
de Thoscaue jusqu'à Gennes, et recherchant de lieu en lieu le
dedans des terres, affin que rien ne luy eschappast à voir en
tout le pais. Pour s'en mieux esclaircir, il avoit recherché et
leu, tandis qu'il estoit de séjour, les plus notables histoires,
tant generalles que particulières de l'Italie et de tous les
eslatz, principautés et republiques d'icelle, remarquant non
seulement, comme la plus part, les fondations, naissances,
progrès, accroissemens et causes d'icelles, pareillement les
lieux où s'estoient données les batailles et par où avoieni
esté a-^saillies des places; dont il avoit fait un recueil fort
ample en italien, qui est à Golongue, entre les mains do Jehan
i. Voy. noire tome I, p. 356.
XXXV. — PHILIPPE DE MORNAY. lll
Metellus, Bourguignon de la Franche Comté ', avec plusieurs
autres siens papiers, lesquels je n'ai encores peu retirer 2. »
Mornay visita donc toute l'Italie, passant d'abord par
Ferrare, où il observa une partie des tremblements de terre
qui avaient commencé au mois de novembre 157i) et qui se
prolongèrent pendant sept ou huit mois. Il eut à subir à Rome
un interrogatoire qui eût pu avoir des conséquences tragiques;
mais il fut assez heureux pour échapper au danger. Il gagna
Milan et Crémone, puis traversa le Tyrol, parcourut l'Autriche,
la Hongrie, la Moravie, la Bohème, l'Allemagne, et revint à
Francfort pour la foire de 137.1.
Le voyageur avait soin de rédiger partout un journal ; il est
probable qu'il ne se servit de l'italien que pour raconter ses
pérégrinations en Italie, ainsi que le fit plus tard Montaigne. Il
serait curieux de retrouver cette relation ; mais, comme M'»'' de
Mornay ne réussit pas à rentrer en possession des manuscrits
de son mari, nous ne pouvons guère espérer d'être plus
heureux qu'elle.
Le séjour que Mornay avait fait en Italie lui laissa la plus
durable impression. Dès que son fils, Philippe II, marquis de
Bauves, né à Anvers le 20 juillet 1579, fut en âge d'aborder
les études sérieuses, c'est-à-dire vers 1595, il voulut qu'il se
rendît, lui aussi, à Padoue. Le jeune homme y fut accompagné
par son précepteur, appelé Pésillau. Dans une très intéres-
i. C'est à Cologne même, que Mornay avait connu Jean Matai, 0 ung
docte homme, Bourguignon de la Comté, nommé Metellus, chassé, non
pour la religion dont il ne fait pas profession, mais pour la haine du cardinal
de Granvelle. » {Mém. de Mme de Mornay, éd. citée, I, p. 35.)
L'humaniste Jean Matai, né en 15'20, mort en 1597, avait dû étudier en
Italie. En 1518, Jean Sayve, de Dijon, reçu docteur es droits à Pavie, avait
eu pour témoins de sa promotion : « Egregii legiira scol.ires, D. Franciscus
Bonvalet, Simo Matai, Tholozaniis. et Phileclus Matai, fratres, diocesis
Bisuutinensis et civilatis, et Marchus Perret, Viennensis civitatis et
diocesis ». (Arcliives notariales de Pavie, actes de Riccardo Rovesiale, année
1518 ) Simon et Philecte étaient fils de Henri Matai, mort le 15 octobre
1510 (Castan, Catal. des incunables de Besançon, 1893, p. 322).
Sur la famille Matai, voy. Clievalier, Histoire de Poligny, 11pp. 412-415.
2. Mém. de Mme de Mornay, t. I, p. 30.
H2 XXXV. — PHILIPPE DE MORNAY.
santé lettre adressée à sa mère, il nous donne de précieux
détails sur son séjour à l'université'. Les Français, autrefois
si nombreux, y étaient devenus rares, et Philippe les évitait
pour ne pas risquer d'être trahi et inquiété. 11 avait eu l'heu-
reuse fortune de trouver chez Charles de Harlay, baron de
Dolot, qui résidait alors à Padoue, « tout ce qui se pouvoit
désirer et de promptitude d'affection et d'industrie à obliger
ses amis » ^
Le 23 juin 1597, l'étudiant était encore à Padoue, comme
on le voit par une lettre de Charles de Harlay à M. de Mornay
père^; mais dans sa réponse, en date du 29 juillet 1597,
celui-ci dit qu'il écrit à son fils pour le rappeler \
A son retour en France, le jeune Mornay espérait obtenir
un régiment ; quelques imprudences de langage qui déplurent
au roi et un duel qu'il eut avec M. de La Marthonie le forcè-
rent de s'exiler. Il alla servir en Hollande dans l'armée du
prince Maurice, et fut tué à l'attaque de Gueldres, le 23 octo-
1. Mémoires de madame de Mornay, éil. cilée, II, 18G9, pp. 218-224. —
M'"*^ De Witl claie la lettre de 1595.
2. Charles de Harlay, né en 1540, était le troisième fils de Christophe
de Harlay, seigneur do Beaumont, conseiller, pnis président au parlement
(le Parisj et de Catherine Du Val. Il avait étudié à Padoue, où, le
31 juillet 1561, il avait été élu conseiller des juristes de la nation de Boin-
gogue, et, le lendemain, conseiller pour la nation de Provence {Arch. univ.
de Padoue, reg. X, fol. I3i, 14S v"). Ajirès avoir été employé en diverses
négociations diplomatiques, il chercha, en 1585, une retraite à Padoue.
Rappelé en France par ses amis, il retoiu'ua encore une fois à Padoue, s'y
fit inscrire de nouveau parmi les étudiants. Un fragment de matricule qui
nous a été conservé relate son inscription à la date du 28 septembre 1591,
et le qualifie « Galus Parisiensis, cum signo in digito anuulari » {Arch.
Univ., reg. XXX, fol. 63). Ou trouve de curieux détails sur les séjours de
Charles en Italie, où il passa en tout environ quatorze ans, et sur un court
séjour qu'il fit à Bfile, dans une lettre par lui, de Dolot, à .loseph Scaliger,
le 28 jinllet 1.599. {Epislres françaises des personnages illiislres et doctes
à M. Joseph Juste de La Scala, I62i, iu-8, |(. 27'.^). C'est Charles de
Harlay que fra l'aolo Sar|ii appelle « monsignor Dollot » [Lettere italiane
sc.rilte al Sig. MX Isola C.roslot, 1673, pp. 31-37).
Charles Dreliucourt, dans une épîtrc dédicatoire, en date du 7 juillet 1625,
qui précède La l'erseverance di's saints, dit que Harlay vient d'accomplir
sa 85e année.
.3 Mémoires et Correspondance de Duplessis -Mornay, 1824, VII, p. 21 9.
4. Ibid., Vil, p. 300.
XXXV. — PHILIPPE DE MORNaT. Il3
Bre 1605 ^ Le sieur Du Plessis, accablé par la douleur, se
consacra de plus en plus à la controverse et à la propa-
gande religieuse. Un de ses rêves favoris était de faire péné-
trer la réforme à Venise. Il faut lire dans sa correspondance
les lettres qu'il échangea pendant plusieurs années avec fra
Paolo Sarpi^ avec Pierre Asselineau, médecin français établi
à Venise ', avec l'ambassadeur d'Angleterre, Sir Henry Wot-
ton '', avec le théologien Giovanni Diodati qui lui soumettait
sa traduction italienne des Psaumes ^ etc.
Mornay, que l'on peut appeler un des saints de l'Église
protestante, termina sa belle vie le 11 novembre 1623.
1. Voy. M.-J. Gaufrés, Philippe Mornay de Bauves, dans le Bulletin
de la Société de l'histoire du Protestantisme français, XVII (1868),
pp. 232-246, 257-279.
2. Mémoires et Correspondance de Uuplessis-Mornay^ 182 i, X, pp. 255,
328, 332, 336. etc.
3. Ibid., X, pp. 238, 246. 247, 291. 303. etc. — Cf. Fra Paolo Sarpi.
Letlere italiane scritte al Sig. Dell' Isola Groslot, 1673, in-12, pp. 14,
28, 33, 51, 57, 81, 148, 151, etc.
4. Mémoires et Correspondance de Duplessis-MornaT/ , X, pp. 353, 355,
6tC
5. Ibid, X, pp. 236, 244. 249, 252. 268, etc.. etc. — Le 2 octobre 1608,
Diodati écrit à Mornay : « Pour mes Psaulmes, j'en alteiulrai encores votre
censure, que je présume debvoir estre autant severe que véritable. J'en
perds et l'espérance et le gonsl, et ne sçais si je m'y remettrai. De Venise,
ils les trouvent trop haults, mais beaux et pleins d'air ; d'ailleurs, ils en
jugent aultrement (p. 249), »
II. - 8.
XXXVI
PHILIPPE CAN4YE, SIEUR DE FRESNE
La famille Canaye appartenait à la grande bourgeoisie pari-
sienne, à celle qui, dès la fin du xv^' siècle, cessa de s'occuper
exclusivement de commerce pour briguer les honneurs muni-
cipaux et les charges judiciaires.
Séverin Canaye, teinturier à Saint-Marcel près Paris, cité
dès l'année U95, eut de Mathurine Gobelin ' quatre fils. L'un
d'eux, Philippe, s'occupa de l'achat des plantes tinctoriales
dans le midi de la France ; deux antres, Pierre et Jean, diri-
gèrent à Paris la teinturerie et la fabrique de tapis ; le qua-
trième, Jacques, fut avocat au parlement.
De bonne heure, les Canaye se prononcèrent en faveur de la
Réforme. En 1 524, Jean était en correspondance avec Guillaume
Farel, qu'il avait connu chez Le Fèvre d'Étaples -. En to29, il
accompagna Milles Perrot en Italie ^ Plus tard, devenu sei-
gneur de Fresne, il affecta aux prêches sa belle maison du
Patriarche; mais, au moment du tumulte de Saint-Médard, il
fut dénoncé, poursuivi, et dut abandonner sa propriété aux
1. France protestante, nouv. éd., III, fol. 683. — Séveriii Caiiave
possédait encore la Ipinliirerie en 1540 et 1541 (Coyecqiie, Recueils d'acîes
notariés, I, 19u5, ii"'' 1560, 20Hi) ; ce n'est donc pas sa veuve, Mathurine
Gobelin, qui avait éfiousé eu secondes noces Jacques Cuvier, marchand et
bourgeois de Paris, mort le 10 octobre 1532, et (jui était morte elle-même
le 14 septembre 1551 (Lebeuf, Histoire de la ville et de tout le diocèse
de Paris, éd. Cocheris, I, p. '200).
2. Hermiujard, Correspondance des réformateurs, I, p. 240.
3. Ibid , II, p. 166.
116 XXW'I. — PHILIPPE CANAYE.
œuvres pies (15t>2) '. A la fin de 1571 , il s'occupait toujours de
son industrie- ; mais, l'année suivante, il céda la teinturerie à
Michel Charpentier ^ fît don à son frère Jacques et au fils de
celui-ci de la seigneurie de Fresne, et prit le parti d'émigrer.
Il se réfugia d'abord à Cologne, puis à Genève, où il fut reçu
habitant le li décembre 1573, en même temps que François
Perrot^ Philippe avait été moins heureux. Il avait été con-
damné au dernier supplice par les capitouls de Toulouse, en
I5G8, pour crime de lèse-majesté, en réalité pour cause de
religions Quant à Pierre, il ne joua qu'un rôle secondaire, et
mourut avant 1574".
1. Vùv. France protestante, iiouv. éd., IV, col. 61 ; Mémoiresde Coudé,
17i3, lii, pp. 602-605. — Cf. Lebfiif, Histoire de la ville et de tout le
diocèse de Paris, éd. Cocheris, II, pp 607, 73i. — Jacques Canaye
avait pourlaiit déclaré devant la cour de parlement que Jean, son frère,
n'était pour rien dans les désordres de Saint iMédaid ; que la maison avait
été lonée par ledit Je;in « à un nommé Ange de Caule, marcliandluquois »,
lequel l'avait « baillée pour y faire presches contre le gré et volonté dudit
JeliiUi Canaye «. Ce dernier avait même protesté par un acte notarié en
date du "25 novemltie 1561 (Félibien, Histoire de la ville de Paris, 1725,
IV, pp. 806-807).
2. Registre des délibérations du bureau de la rille de Paris, VI
(1891), p. 378.
3. Muhel Charpentier, successeur des Canaye, obtint un brevet du roi le
8 février 1574. Ce brevet fut enregistré au parlement le 1er ,^i;„.^ 157.3
{Registre des delibératiims de la rille de Paris, 111, 1886, p. 102. n.).
— La vente de la teinturerie avait eu probablement lieu avant la Saint-
Bartliélemy.
4. Voy. notre tome I, p. 358.
5. Une ancienne Histoire de Toulouse, restée manuscrite, rapporte que
Philippe Canaye, « marchant parisien fort riche et puysant eu deniers, feust
convaincu du crisme de leze magesté et de favoriser les enuemys du roy ;
dont il feust condampné par les capilolz, qui lui firent son procès, à estre
pendu et estranglez, ses biens confisquez, estant de la valeur, comme ou
disoil, de cent cinquante mil livres, mais si tres-avaricieux et chiche que
plus estre ne le ponvoit, ayant gaigné la meilleure partie dans Tholose et
pavs circonvoisin ; et, par arrest de la court du parlement, le jugement
confirmé, mis à exécution en la place du Salin, où il finit ses jours. » His-
toire ijénérale de Languedoe, éd. Privât, XII, col. 877.
Ni Jean Crespin. ni l'iiéodore de Bèze, ni même La France protestante
ne rapportent la mort de l'inlipjje.
6. Il est question, dans une lettre de Catherine de .Médicis du mois de
juin 157'i, de balles de pastel appartenant aux héritiers de Pierre Canaye et
à divers autres négociants {Lettres de Catherine de Médicis, V, p. 21). Un
XXXXI. — PHILIPPE CANAYE. 117
Jacques Canaye, né vers 1513. fut également suspect d'hé-
résie. Il dut même se retirer à Bourges, en 1535, avec plu-
sieurs étudiants enclins aux idées nouvelles '. Reçu avocat au
parlement, il occupa bientôt une place éminente au Palais.
En 1550, il fut chargé, comme « juge de marche », d'une
mission à la fois diplomatique et judiciaire en Suisse. Avec
Antoine Morelet du Museau, sieur de Marche-Ferrière, égale-
ment délégué comme juge de marche, et Mathieu Coignet,
procureur du roi, il prit part à la « journée de marche » de
Payerne (juin-septembre 1550)^
En 1564, il fut un des six avocats qui rédigèrent une consul-
tation contre les jésuites ^ Il resta, du reste, fidèle toute sa
vie à la doctrine protestante, ce qui ne l'empêcha pas d'être
fort considéré. Il mourut, à l'âge de 80 ans, le i février 1593^
Jacques avait épousé Marie de Flécelles, fille de Philippe de
Flécelles, seigneur de Brégy, vicomte de Corbeil. Il eut de ce
mariage un fils et quatre filles.' Le fils, appelé Philippe, est le
personnage dont nous avons à parler.
Philippe Canaye, né en 1551, dut faire de solides études.
Les fils de bourgeois qui aspiraient aux offices judiciaires s'y
préparaient ordinairement par la culture des humanités et du
droit, et aussi par des voyages en Italie et en Allemagne. Le
autre Pierre Canaye fut conseiller à la Chambre établie à L'IsIe en Albigeois,
et mourut vers la fin d'août 1590. Voy. L'Estoile, Mémoires-Journaux,
éd. Jouaust, V, p. 52.
1. Jacques Aniyot était un de ces étudiants. Voy. Th. de Bèze, Histoire
ecclésiastique, \, p. 16 ; Herminjard, Correspondance des réformateurs,
m, p. 273.
2. Ed. hott. Histoire de la représentation diplomatique de la France
auprès des cantons suisses, 1 (I9U0), p. 511.
3. Voy. Adi'is notable et Consultation des six plus fameux advocats du
parlement de Paris contre les frères, eux disans jésuites, ou de la Société
de Jésus, pris sur la minute signée desdiis avocatz. 1(326. S. 1., in-8.
(Biblioth.nat.,Ld39. 133.)
Les six avocats étaient : Estienne Pasquier, Robert \. de Cliappe,
Jacques Canaye, Guillaume DuVair, Jean-Baptiste Du Mesnil et Augustin
de ïhou
i. L'Esloile, édition Jouaust, V, p. 2l5. — Pierre Pithou et Nicolas Le
Fèvre lui ont consacré des épitaphes latines (Bibl. nat,, ms. Dupuv 639,
fol. 184).
118 XXXXl. — PHILIPPE CANAYE.
jeune Ganaye suivit l'exemple que lui avaient donné les
Perrot, les de Thou et nombre d'autres. Il visita d'abord
l'Allemagne. Au mois d'août ir)(»8, il se fit inscrire comme
étudiant à l'université de Ileidelberg'. En quittant cette ville,
il se mit en route pour l'Italie. Nous savons par lui-même
qu'il était à Rome le 14 mai 1572, jour de lexaltation du pape
Grégoire XIII. Il quitta Rome pour Venise, où il retrouva son
cousin François Perrot, qui remplissait les fondions de secré-
taire auprès de l'ambassadeur Arnauld Du Ferrier ^ Sur l'ordre
de son père, il allait rentrer en France pour compléter ses
connaissances juridiques à l'université de Valence, quand il
reçut des nouvelles inquiétantes. Le survivant de ses oncles,
Jean Ganaye, prévoyant des orages, et rendu prudent par la
fin tragique du condamné de Toulouse, se décidait à quitter
la France. Par un acte du 14 juin 1572, il s'était démis au
profit de Jacques Ganaye, son frère, et, par substitution, au
profit du fils de ce dernier, de la seigneurie de Fresne (Fresne-
lès-Rungis). Quelques semaines plus tard, on apprenait à
Venise le massacre de la Saint-Bartliélemy.
Pliilippe Ganaye, ou, comme on dit alors, le sieur de Fresne,
jugea qu'il ne devait pas se bâter de repasser les Alpes. Il
resta provisoirement à Venise, et il y était, au commencement
d'octobre, quand y arriva M. Massiot, secrétaire de l'évêque
de Dax, François de Noailles, ambassadeur à Gonstantinople,
qui allait rejoindre son cbef à Ilaguse. Le jeune buguenot
conçut le désir de mettre à profit ses loisirs forcés pour visiter
le Levant. Il connaissait l'esprit large et tolérant de l'évêque
de Dax, et il résolut de solliciter la permission de l'accompa-
gner à Gonstantinople. 11 partit de Venise le 14 octobre avec
Massiot. Assailli par le mauvais temps, il ne put débarquer à
liaguse que le 2 novembre. Il y trouva l'ambassadeur qui se
disposait à retourner à son poste, et qui consentit à l'admettre
dans sa suite.
1. Toepke, Die Matrikel der Universitcil Heidelberi/, II (1880), p. 48.
2. Voy. notre tome I, p. 357. — l'iusieurs alliances avec la famille
(ioltelin unissaient les Perrut avec les Caiiave.
XXXVI. — PHILIPPE CANAYE. 119
La mission quitta Raguse le 14 janvier 1573, et mit six
semaines pour gagner Constantinople. Elle n'y arriva que le
soir du 28 février. Pliilippe prolongea son séjour sur les bords
du Bosphore jusqu'au 9 juin suivant. Il prit alors congé de
M. de Noailles et s'embarqua pour Venise, où, après avoir fait
diverses escales, il débarqua le 20 octobre suivant.
Le sieur de Fresne, qui parcourait le monde pour s'ins-
truire, nous a laissé un journal de son voyage, et ce journal,
il l'a rédigé en italien, suivant l'exemple donné par Jérôme
Maurand et par Du Plessis-Mornay.
Deux manuscrits nous ont conservé sa relation savoir :
A. — Biblioth. nat., ms. Dupuy 238, fol. 23-58. (Voy. Léon
Dorez, Cnlal. de la Collection Dupuy, 1899, I, p. 245.)
B. — Biblioth. de Carpentras, ms. 448 (Lambert, 442',
in- 8 de 159 ff . '
On lit au l*"" f. du manuscrit B, mais d'une autre main, cette
note, qui soulève toute une série de questions :
« Nota que ce voyage a esté fait en l'an 1572, en compagnie
de M. de Nouailles, evesque d'Acqs, ambassadeur de Constan-
tinople, par un gentilhomme, François de condition, qui
l'accompagna, a dessein seulement de voyager et de voir le
pays... Il n'a pas voulu mettre son nom, mais celuy d'un
sien cousin damitié ou de sang, appelé Papus, avec lequel il
faisoit des vers italiens... Or ce Papus, mentionné dans cette
relation, est M. Papon, autheur si célèbre en droict, qui
fleurit quelques ans aprez dans Paris; de façon que ladicte
relation est d'autant plus curieuse qu'elle contient des choses
qui se sont passées en un voyage faict en compagnie d'un
homme tresfameux, et par laquelle nous aprenons l'itinéraire
fort exact de Raguse à Constantinople, par terre. »
Quelle créance mérite cette note, dont nous ignorons l'au-
teur ? Il est bien difficile de le dire. Tout d'abord, il convient
1 . Voy. C.-G.-A.. Lambert, Catal. descriptif et raisonné des manuscrits
de la Bibliothèque de Carpentras, 186:2, I, u. 268 ; Duhamel Catalouue,
l, 1901, p. 246.
120 XXXVI. — PHILIPPE CANAYE.
d'écarter ridentificalion de Papus avec le jurisconsulte Jean
Papon, né à Croizet, près de Pioanne, en 1505, mort à Mont-
brison, en 1590 ; mais il se pourrait que le volume eût effec-
tivement porté le nom d'un ami de Canaye appelé Pappus.
Un Pierre Pappus, de Toulouse, avait été élu recteur des
juristes à l'université de Padoue, le 24 août 1540 (voy. Arch.
univ. de Padoue, reg. VI, fol. 85 v^, où l'on trouve une belle
signature autographe : Pietro Pappus ; Facciolati, Fasii Gym-
nasii Patavini, 1757, II, p. 9). Il était encore en charge au
mois de juillet lo41, quand il dut se faire remplacer pour
cause de maladie (reg. VI, fol. 120 v). Le 9 avril 1543, Pappus
fut pourvu de l'un des huit offices de conseiller lai nouvelle-
ment créés au parlement de Toulouse {Cal. des actes de Fran-
çois I"', IV, n° 12971). Il exerçait toujours son office à la mort
de Henri II (Bibl. nat., ms. fr. 4402, fol. ICI v°), et rien
n'empêche de supposer que son fils avait été un ami, un com-
pagnon d'études de François Perrot. Les deux familles avaient
pu se lier quand Philippe P"" Canaye habitait Toulouse.
Les deux manuscrits sont la copie du même original ;
cependant le second est probablement plus ancien et paraît
contenir certains passages qui ont été supprimés dans le
volume de Paris. Il est regrettable que M. Hauser, à qui nous
devons une édition du journal de Philippe Canaye, n'ait pas
connu le texte de Carpentras, et n'en ait pas donné la colla-
tion. Peut-être aurait- il réussi à résoudre la question que
soulève la note du second manuscrit.
Voici le titre de l'édition récemment publiée :
Le Voyage du Levant de Philippe Du Fresne-Canaye(1573),
publié et annoté par M. H. Hauser, chargé de cours à l'uni-
versité de Clermont-Ferrand. Paris, Ernest Leroux, éditeur,
28, me Bonaparte, 28. [Angers, imprimerie de A. Burdin, rue
Garnier 4.] M. D. CCC. XCVII [18'.t7J. Gr. in-8 de 1 f.. xxxvij
pp., 1 f., 3;j2 pp. et 2 lï., plus un portr. de Sélim II, une carte
et 2 ligg.
Le faux-titre porte : lieciieil de Voyages et Documents pour
XXXVI. — PHILIPPE CANAYE, 121
servir à Vhlstoire de la géographie depuis le xill® jusqii'à la fin
du XVI'' siècle, publié sous la direction de MM. Ch. Schefer,
membre de Vlnstitut, et Henri Cordier. — Le titre est suivi
d'une dédicace à M. Schefer.
L'édition que nous venons de citer nous dispense de donner
aucun extrait de l'ouvrage de Canaye ; il nous suffira d'en
reproduire les premiers mots :
Quantumque honorevole e bella cosa sia il cercar molti
paesi e con la notitia délie lingue strane e esperieiiza délie
cose del rnoodo renderse degno del governo e maneggio di
esse, nientedimeno ...»
A la fin, le manuscrit de Carpentras contient une phrase qui
manque dans celui de Paris (nous l'imprimons en italiques) :
« Alli 20 di ottobre hebbituo libéra pratica, et aceoinpagnali
délia carissima brigala, tornammo aU'inclyta Venetia et
visitammo l'illustrissimo imbasciatore mous'" Du Ferrier, dal
quale per sua cortesia bumanissimamente fummo ricevuti,
et quella sera con molti giorni seguenti stettimo in convitti
et feste, non curandosi d'altro che di sollicitar i sa^'tori per
panni nuovi de' quali cerlo in grandissimo bisogno, corne
anchora di molle altre ose, per la lunghezza del viaggio ci
ritrovavam.0.
« Hora prego la inaeslà del eterno Iddio ... un perpétue et
securissimo riposo. »
Philippe Canaye, rentré en France dans le courant de l'année
1574., termina ses études de droit et brigua des fonctions
judiciaires. Les cours souveraines n'admettaient pas de
huguenots dans leur sein ; il réussit pourtant, au printemps de
1580, grâce à une intervention personnelle du roi, à être
pourvu d'un office de conseiller au grand Conseil '.
Nous n'insisterons pas sur la carrière politique de notre
auteur; nous aimons mieux parler de ses travaux littéraires.
11 faisait des vers latins ; nous trouvons trois pièces de lui
1. Lettres missives de Henri IV, l, p. 29;2.
122 XXXVI. — PHILIPPE CANAYE.
« ad sociales ^ clans le Tombeau d'Odet de Toiirnebii, 1582 '. On
rencontre aussi une ode signée de lui dans le Tombeau de Jean
de Morel-. Chargé, en 1586, par le roi de Navarre, d'une
mission à l'étranger, il passa plusieurs mois à Lausanne
auprès de François de La Noue. Il obtint alors communication
des Discours politiques et militaires composés par le capitaine
protestant, en prit copie, et les publia, l'année suivante, à
l'insu de l'auteur ^
Pendant son séjour en Suisse, notre auteur entra en relations
avec Henri Estienne, cjui lui dédia, en 1587, sa dissertation sur
les criticiues anciens, grecs et latins''.
En 1588, le sieur de Fresne publia une réfutation du mémoire
dans lec|uel le jurisconsulte ligueur Matteo Zampini s'efforçait
de combattre l'ordre de succession au trône traditionnelle-
ment établi en France ^ Cette même année, on trouve un
sonnet signé de ses initiales à la suite du Paradoxe d'Odet de
La Noue ^
1 . JNoiis consacrons plus loin une notice à Odet de Tournebu et nous
parlons nalurellenient de son Tombeau.
2. V. C. Joari. Morelli Ebredun., consilidrii oeconoinique regii, niode-
raloris illuslrissittii pnncipis Hem ici Eiif/ulisinaei muijni Francuie pi'ioris,
Tuniiiliis (Parisiis. apiul Federiciiiu .Moreiliun, 15X3, in-i), p. "li .
3. biscnurs politiques et tnililaires du seifjnear de La Noue nouvellement
recueillis et mis en lumière. A Basle, par François Forest, 1587. I11-8.
Souvent réimprimés, traduits en ani^lais et en allemand.
4. De criticis veteribus, fjraecis et lutinis. eorumque apud poêlas potis-
simum reprehcnsionibus. Disserlalio Henriri Stephani. Parisiis, 1587.
In-l. (Uenonard, Annales de l'imprimerie des Estienne, 2^ éd., p. 151.)
5. Ad 'Iractuium Mattaei Zampini, ./. (J. liicunatensis. de successione
praerogativae primi pnncipis Frnnciae. ornaliss. viri P. (!. A. F.
[Fhilippi (lanayc a Fraxino], civts parisiensis et reqii consiliarii,
liesponsio. 1588. (Bibiiolli. nal.. Lli.3''. 431.) .\nUe édilioii : Framofnrti,
apud hereib'S .\ndreae Weclieli, Claudium .Marninm et Joann. Aubrium,
158'J. In-8. (liibliotb. de Berne, W. 159, art. 6.)
Celte réponse est ordinairement aUribnée à François Hotman ; mais ni
les initiales, ni la qualité de consiliarius reijius ne Ini conviennent. Ilotinan
a composé un autre traité imprimé sous ce nom : De Jure successionis iii
regno Francorum etc. 1588, in-N''. (Biblintli. nat. Bb-" 432.)
Nous consacrerons à Matteo Zampini un article détaillé dans le second
livre de notre liisloire litiéraire.
G. Paradoxe que les adversités sont ])lus nécessaires que les prospérités,
etc. (Genève, Jean de Tournes, lo88, in-<S). p. 45.
Odet de La Noue est l'objet d'une des notices qui suivent.
XXXVI, — PHiLIPPE CANAYE. 123
Philippe travaillait alors à un grand ouvrage, une sorte de
refonte de VOrganou d'Aristote, qui parut au commencement
de l'année suivante '.
Des voyages politiques en Allemagne, en Angleterre et en
Danemark interrompirent alors les travaux littéraires du sieur
de Fresne-. Il fut appelé par Henri IV, en 1593, à la confé-
rence de Mantes ^ et prit part pendant les années suivantes à
des négociations délicates engagées sur divers points de la
France \ Il présida, depuis le mois de novembre 1595 jusqu'au
printemps de 1590, la chambre de l'Édit établie à Castres en
Albigeois, et quatre des harangues prononcées par lui devant
cette juridiction ont été publiées comme des modèles du
genre \
Canaye était alors en communion d'idées et en correspon-
\. L'Organe, c'est-à-dire l' Instrument du discours, divisé eu deux
parties, sçnvoir est : l'analijtirjue pour discourir véritablement, et la
dialectique pour discourir probabkntent. Le tout puisé de COnjane
d'Aristote par M. Philippe Canai/c, sieur de Fresne. Par Jean de Tournes,
S. I. n. (i. [Genève, 158UJ, in-foi.
En tèle de l'ouvrage est une épître au roi, datée de Lausanne, le
28 février 1589.
Biblioth. nat., Inv. R. 339; Brilisli Muséum, 519. K. J5.
Le volume a reparu avrc un nouveau tilie :
A Genève, par Jean de Tournes, 16^8 (Biidiotli d'Amiens, Se. et A. 292.)
2. Vov Recueil des lellres missives de Henri IV, II, pp. 421-425; III,
pp. 60-62, 129-135 174, 502, 505
3 Ibid , III, p. 806.
4. L'Estoile, éd. Jouaust, VI, p. 107 ; Recueil des lettres missives de
Henri IV, IX pp. 408-ill ; V, pp. 279-280, etc.
5. Renioiistrance laicte en la cour et chambre de l'Ediet e^tahlie à
Castres d'Albigeois pour le ressort du parlement de Tholose, à l'ouverture
des audiences, le lendemain de la Saint-Martin 1595.
Harangues et Actions publiques des plus rares esprits de notre temps
(Paris, 1609, in-8j, p. 313.
Discoiu's faict. . . en iadicte chambre le 21. mars 1596 sur ce que le
substitut du procureur gênerai créé par le roy en icelle a requis qu'il pleust
à la cour ordoinier que grâces publiques fussent rendues à Dieu de la
réduction de la ville de Tholose et plusieurs autres à l'obeyssance du roy.
Ibid., p. 359.
Discours faict... en Iadicte chambre le 4. avril 1596, sur la closture des
audiences devant les testes de Pasques. Ibid., p. 385.
Piemonstrance faicte... en Iadicte chambre sur l'ouverture des audiences
après Quasimodo. Ibid., p. 391.
124 XXXVt. — PHILIPPE CANAYE.
dance suivie avec tous les cliefs du parti protestant, en parti-
culier avec Pliilippe de Mornay. En 1595, Isaac Casaubon, lui
dédiait son édition de Suétone ' ; en 1596, Denis Le Bey de
Batilly lui dédiait le 52^ de ses Emblemata. Le 5 mai IGOO, il
alla visiter Mornay, qui était malade à Fontainebleau -.
Cependant, le 10 avril 1601, le même Canaye, qui avait tou-
jours été regardé comme un des plus fermes soutiens du parti
réformé, suivit l'exemple du roi et abjura le protestantisme.
Ses amis jugèrent sévèrement une conversion que l'ambition
politique paraissait seule inspirer ^ Peu après, il fut en effet
appelé à l'ambassade de Venise, poste qu'il enviait sans doute
depuis longtemps.
Le sieur de Fresne avait fait ses preuves comme diplomate
dans les missions difficiles que lui avait confiées Henri IV ;
Il avait eu souvent aussi des affaires à traiter avec les agents
italiens \ et la connaissance qu'il avait de la langue parlée
au-delà des monts lui avait sans doute été fort utile. Elle lui
fut plus utile encore à Venise, où il joua bientôt un rôle des
plus importants. Il sut faire revivre l'influence française, et
réussit à raccommoder la république avec le pape Paul V, Sa
correspondance, publiée en 1635 ^ nous permet de juger de
son activité. On y remarque un assez grand nombre de lettres
italiennes.
Le nouveau converti n'était pas fanatique ; aussi parvint -il
à renouer ses relations avec la plupart des amis que son abju-
ration avait blessés. Nous avons déjà parlé des lettres qu'il
eut l'occasion d'échanger avec François Perrot". Casaubon,
qui l'avait d'abord traité de misérable ", finit par se récon-
1. [Genève], Jacques Chouet, 1595, iii-4.
2. i/Estoile, L'd. Jouaust, Vil. |i. 375.
3. Ibid.. VII, pp. 287, 396, 303.
i. Voyez i)ot;immHiit Abri Desjardiiis. Néfjociations diplomullques de
la France avec lu Toscane. V, p|i. 458. 403.
5. Lettres et Ambassade de niessire Philippe Canai/e, seiijneur de
Fresne, conseiller du roij; avec un sommaire de sa vie [par le P. Hubert
He;/nault]. . . Paris, 1635-1G36. 3 vol. iii-fol.
i». Vov. notre tome I, p. 371.
7. L'Èstoile, éd. Jouaiisl, VII, p. 396.
XXXVI. — PHILIPPE CA.NA.YE. 125
cilier avec lui, et composa plus tard son épitaphe. Cependant
Joseph Scaliger lui garda rancune ^ .
Parmi les hommes avec lesquels il eut l'occasion de lier
amitié pendant son séjour à Venise, il faut citer fra Paolo
Sarpi, qui continua de correspondre avec lui quand il fut
rentré en France ^
Philippe quitta Venise vers la fin de septembre 1607. Il
mourut à Paris, rue Pavée, au logis de M. de Mesmes, le
25 février 1610. « On disoit que l'avancement qu'il s'estoit
promis par le changement de sa religion Tavoit trompé, et
que le roy, lui aiant failli de promesse et garant de ce costé
là, avoit miné toutes ses affaires, ses desseins et sa maison^»
Fra Paolo Sarpi, qui ne faisait aucune différence entre les
catholiques et les protestants, fut plus juste envers lui. Le
30 mars 1610, il écrivait, de Venise, à Jérémie Groslot, sieur
de Llsle : « Ho sentito molto dispiacere délia morte di Monsieur
de Fresnes, per la perdita che ha fatto il re de un buon servi-
tore. Non credo che in Francia sia forse un altro che meglio
intenda le cose d'Italia ^ »
i. On lit dans les Scalujerana (Coloniae Agrippinae, aputl Gerbrandum
Scagen, 1667,10 12), p. M: « M. de Frênes Canaye, ambassadeur à
Venise. Vidi epistolam quam scribit ad Causnbonitm [sic] ; nescio quid
velit. C'est du latin li'Amphithealrum. (^asanbun Iny a bien écrit autre-
ment. » Plus loin, p. 86, on lit encore : « Monsieur de Fresnes miserrimo
stylo scribit, ila ut non intelligatur. » — L'ouvrage auquel Scaliger
compare le latin de Canaye est le célèbre Amphitheatnim honoris du
jésuite anversois Carolus Scribainis.
2. Fra Paolo Sarpi, Lettere italiane scrilte al sirjnor Dell' Isola Groslot,
1673, in-12. p. 10 et p. 4 ; L'Estoile, éd. .louaust, IX, p. 21 .
3. L'Estoile, éd. Juuaust, X, [ip. 151-152.
4.. J.ettere di fra Paolo Sarpi' al Sianor Dell Isola Groslot, 1673, in-
12, p. 237.
XXXYII
FRANÇOIS FLOHY
François Flory, originaire de Lille, tenait à Anvers une
école de commerce. L'arithmétique et la comptabilité formaient
le fond de son enseignement ; il y joignait les langues étran-
gères, et spécialement l'italien, qui était au xvF siècle la
langue commerciale. Nous ne saurions dire ni où Flory avait
puisé ses connaissances, ni quand son école fut fondée, ni
combien de temps elle subsista. Nous ne savons du modeste
auteur que ce qu'il nous apprend lui-même dans les préfaces
de ses ouvrages. Nous admirons en lui un homme tout entier
appliqué au travail et réussissant à vivre grâce à une assiduité
de tous les instants. Cette assiduité, il la recommandait du
reste à ses élèves, comme nous le voyons par une belle lettre
autographe de lui, conservée dans VAlbum amïcornm de Jean
Rademaker ou Rotarius. Celte lettre, datée de 1572, est
adressée à deux jeunes gens, Gilles et Arnold Hooftman '.
Le premier ouvrage de Flory qui nous soit connu est la tra-
duction française de la Descrillione di tutti i Paesi Bassi de
Lodovico Guicciardini (1567) -. Cette traduction est à la vérité
1. Piblioth. (le FUiiiversité de Gand, ms. G 3521. (Gomnuinicalion de
M. Ferd. Vaiider llaeghen.)
2. Description de tout le Pais Ras. . . Avec diverses cartes géographiques
dudit pais, aussi le pourtrait d'aucunes villes principales selon leur vray
naturel. . . Avec un ample discours sur le faict de la négociation et trafique
(les marcliandises qui se f lit audit païs. En Anvers, par Guillaume Silvius,
1567 [etl568].In-fol.(Bibliotli.nat.,lnv. M.-2181.) Voy. Brunet, II, 1806.
128 XXXVII. — FRANÇOIS FLORY.
anonyme ; mais le maître d'école anversois nous apprend an
début de l'ouvrage suivant (fol. a 2) qu'il en est l'auteur.
En 1572, Flory fit paraître un second ouvrage, dont voici
la description :
Tariffe, ou Table 11 proportionnelle des II changes en Anuers
et ail- I! leurs, sur plusieurs places de l'Europe, k \\ leur
retour, pour soudain trouuer son II compte faict, en quelque
calculation que II ce soit. Ensemble vue Réduction de mon- II
noyés, poids k aulnages de plusieurs villes II oV: Régions
foraines, a l'argent, poids & || mesure d'Anuers, et d'entre
elles, Tresuti- Il le & profitable, a toute sorte de Mar- II chants.
Il Par François Flory II de Lille, arithméticien. II La Table i.V:
l'Epistre au Lecteur, mon- || strent le contenu k vtilité du
liure. Il En Anuers, \\ Par Gilles vanden Rade, pour ledit Flory.
I1 1^72. Il Auec priuilege pour || buict ans. — I^Au milieu de la
p. 797 :] En Anuers, \\ De Vimprimerie de \\ Gilles vanden Rade,
Il VAn M. D. LXXIL In-8 de A ff. lim., 1 f. blanc et 797 pp.
Les fl. lira, comprennent : le titre; des vers italiens de
Cenno Poggini ', et un sonnet français de ce Jean Rade-
maker, dont nous avons cité V Album amicorum : la table;
une épîlre « A magnifique, vertueux et honorable S., le
seigneur Gilles Hooftman », datée d'Anvers, le 8 mai 1572;
un avis h Au lecteur débonnaire. »
Voici la pièce italienne et la pièce française :
Senno Poggini a M. Francesco FLori sopra la présente opéra.
Francesco, quel che Tarte mercantile
Seguon con speme d'acquistar thesori,
1. Cenno ou Senno Poggini habita longtemps les Pays-Bas et la France.
Un sonnet de lui se lit en lèle de la Description de tout le Païs Bas, tra-
duite de Lod. Guiiciardini par Fiorv (1567), fol. *iij \° Uu second sonnet,
placé en tèle du Thresor d'esrriture de Jean de Beaurliesne (1580), nous
apprend que Poggini était alors fixé à Lyon (Baudrier, Bibliographie hjon-
naise, IV, p. 8) Deux autres sonnets de lui, « in Iode délia città di Lione »
et « in Iode di .M. Niccoli) Arrighi », se trouvent dans Le Historié delta
città di Fiurenza de Jacopo iXardi (Lione, 1582, ia-4), fol. XX 2.
XXXVII. — FRANÇOIS FLORY. 129
Vi sien sempre obligaii & debiiori,
Per quesla opra di voi, non bassa o vile,
Quai moslra lor con ben purgato stile
L'qso de' cambi et di più argenti et ori,
La lor valuta, e a schivar quelli errori
Ghe schivar cerca ogni spirlo soLtile;
Oltra di queslo, le raisure e i pesi
D'Italia, Spagna, Germania, Inghlilerra,
El Francia, e Flandra e lutli i lor paesi ;
Onde al nome di voi faccia ogni hor guerra
La Morte e il Tempo, a i nostri danni accesi,
Ch'ella mai non sarà spenla o sol terra.
Sonnet de Jan Hadermacker :
Laissant autrui priser les escripts inutiles.
Contraires a vertu, corrompans bonnes mœurs,
Je suis esmeu, Flori, a louer tes labeurs
Qui rendront aux marcbans leurs comptes plus faciles.
Du temps en gaigneront les prompts et plus habiles,
Les entouillez seront délivrez des erreurs,
Les apprentifs aussi, avec moins de labeurs,
Plus que devant seront à leurs maistres utiles.
Dieu fasse tes vertus de plus en plus fleurir,
Sans que de ton esprit la fleur puisse flestrir.
Tant que la marchandise aura son cours au monde !
Et de cest œuvre soit le payement parfait,
Gomme les vertueux t'en porteront souhait.
Puis qu'ayde et grand profit au commun en re ionde !
British Muséum, 523, c. 18. — Biblioth. de Hambourg.
Voy. Bulletin du Bibliophile belge, publié par F. Heussner,
XIV (1838), p. 333.
Tout en instruisant ses élèves et en rédigeant ce manuel de
change, Flory s'occupait à traduire en italien les Nacigations
de Nicolas de Nicolay, seigneur d'Arfeville. Le voyageur dau-
phinois avait accompagné M. d'Aranion en 1551, lorsque celui-
II. — 9.
130 XXXVII. — FRANÇOIS FLORY.
ci était retourné à Constantinople en passant par Alger, Malte,
Tripoli et les îles de l'Archipel. Il était resté un temps assez
long eu Turquie, et il avait publié chez Guillaume Roville, à
Lyon, en 1567, Les quatre premiers Livres des navigations et
pérégrinations orientales, excellent ouvrage, enrichi de
soixante belles figures, gravées d'après des dessins de l'auteur.
Le succès de ces quatre livres avait été grand ; aussi l'impri-
meur anversois Guillaume Silvius fit-il exécuter d'habiles
copies des figures, et piiblia-t-il le livre successivement en
français, en allemand et en flamand. Il voulut aussi donifer
une édition italienne, et il chargea Flory, qui sans doute avait
appris l'italien à Venise, et qui enseignait cette langue dans
son école, de faire la traduction. L'honnête Lillois se mit
couiageusement à l'œuvre, et les voyages de Nicolay parurent
en 1576 sous le titre suivant :
Le 11 Nauigationi II et Viaggi nellajjTurchia, di Nicole 11 de
Nicolai del Delfinato II Signor d'Arfevilla, Camerierc k Geo-
grafo Ordi- il nario del Re di Francia, con diuerse singo- 1| larità
in quelle parti dall'Autore H viste èc osseruate. Il Nouamente
tradolto di Francese in uolgare, Il da Francesco Flori de Lilla,
Arithmetico. Il Con sessanta figure al naturale si d'huomini
come II di Donne, seconde la varietà délie nationi, i H loro por-
tamenti, gesti, habiti, leggi, rili, H costumi k modo di viuere,
in tempo di pace 11 & di guerra. Il Con varie belle k niemorande
historié nel 11 nostro tempo auenute. || In Anuersa, M. D. LXXVI
[1576]. Il Appresso Guiglielnio Siluio \\ stampatore Reglo. In-i de
8 ff. lim., 400 pp. très inexactement chiffr., 15 ff. de table et
1 f. blanc.
Le titre est entouré d'un encadrement et porte une petite
marque de Guillaume Silviu-;, avec la devise : Scniltimini.
Le f. *2 contient une épîlre dédicatoire qu'il nous parait
intéressant de reproduire :
« Al serenissuno cl inv'Uissimo principe il signor don Giovanni
d'Austria^ etc.
«< Mosso da ardente desiderlo di impiegare ad utile conuine
quel talento da Dio prestalomi, fui da alcuni aniici niiei di
XXXVII. — FRANÇOIS FLORY. 131
pari desio stimulato al tradurre queste presinti Navigationi
et Peregrinalioni del dolto et virluoso M. N. de Nicolay,
cameriero et g^ ographo ordinario de la Corona di Francia. Et
avenga cbe di prima inslanza io mi diiïîdassi di me stesso,
dubitando cbe non mi riuscisse l'impresa come barei voluto,
perô, conforlato da coloro cbe più di me intendevano, final-
mente l'accettai, considerando fra me stesso cbe tal soggetto
richiedeva più tosto una semplice et scliietta tradutlione cbe
una narralione alla, o paliata, et forse lonlana dalla vera
intentione dell'autore. El cosi continuai qiiesti nostri viagg
di sorte cbe bo ridotlo il libro a quel fine cbe si vede; la quale
opéra sovra ogni altro con ogni bumiltà et devotione bodedi-
caia air Alteza Vostra, non per voler con quello illuslrare il
sole, ma per fargli ricevere et splendote et protettione dal
magno don Gian d'Austiia contra a i morsi de gli immortali
ripri nsori delT altrui opère, i qualli ail' umbra sola del suo
invilissimo nome a forza caleranno la vêla. Degnerassi
adunque l'Alteza Vostra di accetiare questo mio présente,
bencbè picciolo, con quel generoso animo cbe ella suole
agradire ogni amalore di virlù, leggendone tal voila qual-
cbe poco a quelle bore cbe ella si suole ripartire per sua
ricrealione. Il cbe facendo, magnanimo signore, voi vedrete
con quanta tirannica signoria il Gran Turco, nemico délia
nostra cbrisliana fede, regge i suoi popoli, et da quanto egli
si tiene, et in un medesimo instante si porgerà dinanzi a
Vostra Alteza quella felice memoria del beato giorno di santa
Giuslina M. U. LXXII, nel quale voi, aiutato da Gbristo
medesimo, fondatore délia uostra religione, et guidato dalle
voslre fide scorte, la Prudenza, la Forza et Magnanimità, olte-
neste, con Tauspicio del nostre re, quella gran vittoria sopra
gli infedeli, vicino a Lepanto, memorabile per tutti i secoli,
con tanta fesla et letitia di tutta la cbristianilà, ad bonore et
gloria vostra perpétua. Et con questo, baciando le honoratis-
sime mani dell' Alteza Vostra, pregberemo Iddio cbe le
continu! tante vittorie ad auinenlo et essallatione délia sua
santissima religione.
«D'Anversa, alli XXX di marzo M. D. LXXVI.
« Di Vostra Alteza Ser">'^
« Humilissiino et devotissimo servitore :
Cl Francesco Flori. »
132 XXXVII. — FRANÇOIS FLORY.
Les 6 fl. qui suivent sont occupés par un Proemio in Iode
délie feregrinationi et osservalioni de' forestieri.
Le 8« f- est blanc.
Les pages du texte sont numérotées à peu près régulière-
ment, tandis que les planches sont numérotées sans qu'il soit
tenu compte du v" blanc. Les deux dernières pages du texte
portent le chitïre 325; les trois dernières figures sont chiûrées
32t3, 327, 328.
Les figures sont supérieurement gravées. Celles qui portent
les n°^ 21, 113, 132, 170, 185 sont signées des lettres A. V. L.
en monogramme, c'est-à-dire Assuerus van Landerseel (voy.
Nagler, Monogi-anunisten, I, n° 1459). Les planches numérotées
[115], 166 sont signées G. Les planches cotées l7o, 176, 182,
210, 238, 295 sont signées des lettres C. E. en monogramme
Nagler (I, n» 24841. La planche 117 porte un monogramme qui
paraît être A. L. La planche 287 est signée de l'initiale G, et
la planche 295, du monogramme G. I. Nagler, II, n" 214).
La planche cotée 199, qui représente un calender, a subi
des grattages dans beaucoup d'exemplaires.
Une partie de l'édition porte la date de 1570, une autre
partie, la date de lb77.
Briàtish Muséum, 1047, c. Il, et G. 1736. — Notre biblio-
thèque. (Exemplaires datés de 1576.)
Biblioth. de l'École des Langues orientales vivantes, N. III,
18. — British Muséum, 303. d, 1. (Exemplaires datés de 1577.)
Les diverses éditions et réimpressions d'Anvers eurent un
débit considérable; elles n'empêchèrent pas un imprimeur
vénitien de faire graver de nouveaux bois, beaucoup plus
grands cette fois, et de reproduire la traduction de Flory non
sans lui faire subir quelques retouches :
Voici la description de celte édiion, plus rare que celle de
Silvius :
Le 11 Nauigationi 1| et Viaggi, || fatti nella Turcliia || di
Kicolo de' Nicolai || del Delfinato, Signor d'Arfeuilla, Il Ca-
meriere, & Geogralb ordinario del Re di Francia, Il con
diuerse singularità uiste, & osseruate II in quelle parti dall'
Autore. Il Mouanienle tradotto di Francese in Italiano da
Francesco Flori 11 da Lilla, Aritmetico. || Con sessantasette
XXXVII. — FRANÇOIS FLORY. 133
figure natiirali.si d'hiiomini come di donne, secondo la uarie-
II ta délie nationi, de i loro portamenti, de' gesti, de gli
habiti, délie II leggi, de' riti. Il de' costumi, k de' modi del
uiuere II in tempo di pace t.^ di giierra. \\ Con moite varie,
& belle historié auuenute nel nostro tempo. H Con due
Tauole, l'una de' Capitoli, & l'altra délie materie principali.
Il In Venelia, Presso Francesco Zilelli. M D LXXX [1580].
In-fol. de 10 ff. lim. et 19 pp.
Le titre porte la marque de Ziletti représentant une grande
étoile entourée de petites éioiles, et accompagnée delà devise :
Inter omnes.
Le f. a 2 contient une épître de Zilelti « AU' illustrissimo et
eccellentisimo signore, il sig. Jacopo Boncompagno, duca di
Sora, marchese di Vignola et générale di S. Ghiesa », en date
de Venise, le l^^" août to80.
Le f. a 3 est occupé par la table des chapitres, et les ff. a 4-
a 6, parla table des matières.
Le Proemio remplit les fl. h i-b 4,
Les figures, admirablement gravées, sont attribuées à Louis
Danet. Ce sont presque toutes des copies agrandies de celle
d'Anvers, sauf les sept planches ajoutées. Elles occupent
chacune une page et sont comptées dans la pagination.
Les pp. 181-192 contiennent six courts chapitres [Capitano
(TArabi, Donna lurca in casa, Sposa di Cosianlinopoli per lacitlà,
etc.) et six figures qui sont des additions de l'imprimeur
vénitien.
Biblioth. de l'Institut, S 140 ;exempl. incomplet des pages
191-192). — Biblioth. nationale, Inv. J. 805 (exempt, incomplet
des pages 16o-176). — British Muséum, oG9. g. 9 et G. 4289.
Nous n'avons pas à parler ici des autres éditions des Navi-
gations de iXicolay. non plus que de la traduction anglaise qui
ne vit le jour qu'en 1585. Le voyageur était mort, âgé de
67 ans, le 25 juin 1583, laissant divers autres ouvrages,
imprimés ou manuscrits, mais nayant jamais terminé le récit
de ses explorations dans le Levant. L'exactitude et la pré-
cision des détails contenus dans les quatre premiers livres
134 XXXVII. — FRANÇOIS FLORY.
ont souvent fait regretter qu'ils n'aient pas eu la suite
promise.
Nicolay paraît être resté complètement étranger aux édi-
tions italiennes d'Anvers et de Venise. Il avait cependant
passé un certain temps en Italie, et il avait profité, en 1560,
de son séjour à Venise pour y graver lui-même et y publier
un portulan accompagné d'un texte italien. Cette pièce raris-
sime est signée : Nlcold del Delfinalo '.
Pour en revenir à François Flory, il n'eut pas plus tôt
achevé la traduction des Navigations qu'il mit sons presse un
petit traité annoncé dès l'année 1572 :
Les Practiques de II Chiffre de François Flory de II Lille
Arithméticien, A: Maistre H d'Escole en diuers Langages, || au
Bassin d'or, près l'Eglise no- || stre Dame. Contenâs toute
for- Il me de Comptes journellement II vsitez entre Marchans
& Banc- 1! quiers, au faict de leurs traffiques & Changes. Le
tout mis II par bon ordre, clairement, II au bref, & tresutile
a II la ieunesse. II En Anuers \\ Imprimé par Mathieu de Risrhe.
I1 1577. Il Auec Priuilege du Roy II pour quatre ans. II On les
vend chez ledit t Fiory. In-8 de 32 ff. non chitfr.. sign. A-D,
titre encadi'é .
Le second f. contient une épître que nous reproduirons
comme le seul document biographique que nous possédions
sur l'auteur :
« A honorable et vertueux seigneur,
le seigneur François Le Fort.
« Avecques mes Tari/fcs de change sur toutes places impri-
mées dès l'an 1572, j'obtins aussi privilège de mettre en
lumière mon Arithmétique fort copieuse et pleine de belles reigles
pour les marchans ; mais le temps aislé m'a tousjours prévenu,
car, depuis, la charge de mon escole s'est tousjours aug-
mentée. Aussy m'en ha relardé la traduction italienne des
Pérégrinations de Nicolay, qui furent achevées d'imprimer au
l. Calai. Tross, 1880, n*^ 4172.
XXXVII. — FRANÇOIS FLORT. 135
mois d'apvril passé, et les dediay au serenissime prince
don Jan d'Austrice. Et pour encore mieux excuser ma tardi-
veté, vous diray aussi que, depuis quelques années en çà,
les heures dédiées à mon repos, devant et après le temps de
mon escole ordinaire, je les employé à tenir les livres de
comptes du S. J. G., marchant italien. Toutes lesquelles
choses suffisent à monstrer qti'ay eu bien peu ou rien de
relasche, Toutesfois l'horrible et cruel massacre et sacca-
gement advenu à ceste pauvre Anvers ont faict telle-
ment cesser tous négoces par l'espace de six mois, au grand
dommage universel, que tout marchant a eu loisir de visiter
ses livres et clorre ses comptes ; dont aussi, par telle occasion,
me suis mis au dessus de mes escriptures, et le temps
d'abondant, l'ay employé à composer un grand Livre de
comptes avec son Journal, du mesme stiîe que j'use es livres
des marchans, lequel j'espère de faire imprimer le plus tost
que sera possible, au profit de la jeunesse et de mes escoliers ;
car ceste sainte paix semble tellement rappeler les marchans
espars à leur traffîque accoustumé, qu'elle nous promet
bonne, ains meilleure continuation à la marchandise que
devant. C'est pourquoy, le quaresme passé, ay composé et
mis en lumière ces miennes Pracliques d'arithmétique en
reiylis brèves, au soulagement des jeunes gens, esquelles,
combien qu'elles soient au bref et avec peu de paroles, je ne
pense toutesfois avoir obmis chose duisante au train
mercantil.
« Or vous ayant, passé long temps, cogneu personne douée
non seulement de ceste, mais de plusieurs autres sciences,
affable, donnant grand accueil aux hommes vertueux, et qui
tenez rang entre marchans bien qualifiez en ceste ville, j'ay
prins la hardiesse de les faire sortir en lumière soubs le nom
et protection de vostre invincible Fort, afin de ne les laisser
moins provues de père et defïenseur que mes autres précé-
dentes opuscules. Plaise vous donc, mon bon seigneur, les
recevoir d'aussi bon cueur comme tresafTectueusement je
désire d'estre tenu l'un de vos humbles serviteurs!
« De mon escole, ce X. d'apvril M. D. LXXVII.
« Votre aflectionné serviteur à jamais,
« François Flori. »
136 XXXVri. — FRANÇOIS FLORY.
Au r» du f. Aiij est une seconde épître de « Uaucteur à son
livre », dans laquelle Flori répète que le manuel est surtout
destiné à ses élèves.
Le volume contient la table de multiplication, les quatre
règles, une longue série d'applications au commerce, la règle
de trois, enfin la règle des changes, laquelle est accompagnée
de divers exemples.
Biblioth. nat., Inv. Bés. V. 2054.
Ici s'arrêtent les renseignements que nous avons pu
recueillir sur François Flory. Nous ne savons combien de
temps il continua d'habiter Anvers, ni quand il mourut.
XXXVIII
JEAN DU CHEMIN
Léonce Couture a consacré à Jean Du Chemin une substan-
tielle notice ' qu'il nous suffira de résumer. Nous pourrons y
apporter quelques corrections dues à d'obligeantes communi-
cations de M. Clément- Simon.
Jean était né vers 1540 à Treignac, près de Tulle. Son père,
Denis Chemin, était juge d'appeaux de la baronnie ; sa mère,
que La Chênaye-Desbois et, d'après lui, Couture disent avoi^
été une Comborn, était une L'Espinats : elle appartenait à
une famille de petite noblesse, et son frère, Antoine de L'Es-'
pinats, chanoine de Condom, fut choisi par l'évèque Charles
de Pisseleu (15i3-15(U) comme vicaire général. Cet Antoine
attira son neveu dans la ville épiscopale, et lui procura une
prébende, puis un canonicat (1567). Jean n'avait sans doute
pas encore la vocation ecclésiastique; il était jeune et songeait
surtout à mener joyeuse vie. Un sonnet français de son ami
Gérard-Marie Imbert ^ et une pièce latine de Jean-Paul de
Labeyrie^ ne peuvent laisser de doute à cet égard. Les deux
1. Trois Poêles condutuois du XVl^ siècle, éludes biographiques et
littéraires sur Jean Du Chemin. Jean-Paul de Labeyrie, Gérard-Marie
Imbert (Bordeaux, Ch. Lefebvre; Paris, A. Claudiii. 1877, in-8), pp. 17-43
2. Première Partie des Sonnels exotériques de Gérard-Marie Imbert,
publiée avec une préface et des notes par Philippe Tamizeij de Larroque
(Paris et Bordeaux, l874, in-8), soiuiet xcvi, p. 65.
3. Jo. Pauli Laberii Condomiensis, régis consiliarii, Carminum Sylva
(Tolosae, apud Ariiaklum et Jacobum Colomerios fratres, 1570, iii-4), fol.
13; — Couture, loc. cit., p. 20.
138 XXXVIII. — JEAN DU CHEMIN.
poètes nous parlent sans réticences d'une liaison amoureuse
qui enlevait à Du Chemin sa liberté. Cependant, celui-ci prit
au sérieux ses fonctions de chanoine et gagna la confiance de
ses confrères, au point d'être député vers le roi, en 1570, pour
implorer des remises sur les impositions dont étaient grevés
les biens du clergé condomois. Sa mission fut couronnée de
succès, au point que la part contributive du diocèse fut réduite
des deux tiers.
L'évêque de Condom, Robert de Gontaut, était mort en
1569, et ces négociations se poursuivirent alors que le siège
était vacant. En 1571, le roi le donna à Jean de Monluc,
commandeur de Malte, fils du maréchal. Jean n'avait reçu
qu'une éducation toute militaire ; mais il tombait du haut mal,
et la vie paisible d'un prélat semblait devoir lui être plus favo-
rable que la vie des camps. Il lui fallait un homme de confiance
pour l'initier aux choses spirituelles et le mettre en état
d'administrer son diocèse ; cet homme de confiance, il le ren-
contra en la personne de Du Chemin. Sétant décidé à partir
pour ritalie, où il comptait trouver à la fois une utile préj)a-
ralion et un climat propre à fortifier sa santé, il se mit en
route avec le chanoine condomois, dont il avait fait le gouver-
neur de sa maison. Les voyageurs firent à Padoue un assez
long séjour. Du Chemin eut le temps de s'y faire recevoir
docteur es droits'. L'évêque et son compagnon visitèrent
ensuite Rome et Malte; mais Tévêque se trouvant plus malade,
le pape refusa de lui donner la consécration. Il prit le parti de
rentrer en France.
De retour à Condom, Du Chemin fut nommé prévôt et
vicaire général; mais, en 1581, il quitta ces fonctions pour
aller, avec son évêque, combattre les huguenots de Nérac.
La même année, Jean de Monluc se démit de son siège en
faveur de son ami, ne se réservant pour lui-même qu'une
pension viagère. Jean Du Chemin voyait ainsi se réaliser les
1. Nous ne pouvons indiquer la date de la promoliou. Le nom de Du Che-
min ne figure pas dans les registres actuellement existants de riJnivtrsité
de Padoue.
XXXVIII. — JEAN DU CHKMIN. 139
vœux qu'il avait pu former ; mais il eut à surmonter bien des
difficultés avant de prendre possession. Il se heurla d'abord
au chancelier Renato da Birago, ou de Birague, à qui le roi
avait donné révêché; il parvint à transiger avec lui. Il vit
alors surgir un autre concurrent, un Pardaillan' de Gondrin,
qui l'avait dénoncé à Rome comme impropre à occuper un
diocèse, et qui avait obtenu des bulles en son nom. Du Chemin
présenta au pape un mémoire justificatif, et réussit à obtenir
sa confirmation. Il avait d'ailleurs l'esprit disposée la lutte, et
son épiscopat fut des plus agités. Jean reprit les armes contre
les huguenots; il eut des conflits avec la communauté de
Condom, avec son chapitre, même avec son neveu Antoine de
Coux, qu'il avait pris pour coadjuteur avec future succession.
Il mourut au château de La Cassagne, à la fin de juillet 1616
(les uns disent le 29, les autres, le 31). Par un testament en
date du i^'" décembre 1615, il faisait divers legs pieux et
instituait héritiers généraux et universels ses deux neveux,
Théophile et Antoine Du Chemin, fils de son frère Guy
Du Chemin et d'une demoiselle de Combort d'Enval. Il passait
sous silence son neveu et successeur Antoine de Coux. Ce
testament établissait un ordre de substitutions au sujet duquel
les héritiers de l'évêque plaidaient encore à la veille de la
Révolution'.
Dans le calme ordinaire de sa petite ville, Du Chemin aimait
à cultiver la poésie. Les plus anciennes pièces de lui que
l'on possède sont huit vers latins et un quatrain français qui
se lisent dans le Tombeau d'Arnauld de Ferron [Tumulus
Arnoldi Ferroni Burdigalensis, senaloris regii). Le juriscon-
sulte était mort en 1563, et les hommages poétiques de ses
amis avaient dû être composés et recueillis peu de temps après ;
1. Peut-être François de Pardailluii, qui était abbé de Duvielle en 1551
(.\nselnie, W/i'i. ^e'neo/., V, p. 178 F.)
2. M. Clétnt'ut-Siniou possède dans ses archives un factura judiciaire
intitulé Précis pour le baron de Gelas, hérilier de J. 6'« Dtichcmin, baron
de Lauract, contre la dame comtesse de Beaumont (Bordeaux, 1784X qui
se réfère encore au testament de 1615.
140 XXXVIII. — JEAN DU CHEMIN.
mais on n'en connaît pas d'édition séparée : on les trouve, en
1.^85, en tête des Commentaires d'Arnauld sur les Coutumes
de Bordeaux '.
Le 2 février 1564 (n. s.) le roi Charles IX fit son entrée à
Toulouse. Plusieurs poètes composèrent pour la circonstance
des inscriptions en vers grecs, latins el français, qui ont été
recueillies pour la plupart dans les registres municipaux'^.
Les auteurs, dont les noms sont indiqués en marge, sont :
Garnier, Forcatel, Ferrière, Pascal, Cardone, Telesphorus et
enfin Duchemin. Garnier n'est autre que Robert Garnier, le
futur poète tragique ^ ; Forcatel est le jurisconsulte et poète
Estienne Forcadel, Fauteur du Chant des Seraines; Ferrière
est probablement François de Ferrières, conseiller lai au
parlement de Toulouse, tenant lieu de clerc ^ ; Pascal est Pierre
de Paschal. historiographe du roi, mort à Toulouse le 10 février
1565 ; Cardone est.lean de Cardonne, docteur es droits, avocat
au parlement de Toulouse ^ Nous avouons ne pas deviner
l'auteur qui s'est caché sous le nom de Telesphorus. Quant à
Duchemin, ce doit être le chanoine de Condom. Sa signature
est jointe à une pièce grecque en deux distiques", à une
seconde pièce grecque en un distique \ et à des vers latins *.
1. Arnoldi Ferrnni Btirdiffiilensis, senutoris rcffii. in Consiietiidines
Burdi(jalensium rommciitariorum Lihri duo (Liigdiiiii, A. Grvpliiiis, 1585,
iii-fol.').
2. (lermaiii de Lafai'le, Aniudes de la ville de Toulouse (Toulouse,
1687-1701, in-fol.). II. u. pp. 70-8-2
3. Celui-ci f'Uuliait alors à Toulouse. Il y fit iiii-nièine imitrinicr les
Plaint' s amoureuses de R. Garnier, Manceau, contenant FJIegies, Sonnets,
Epistrcs, Chansons. Plus deux Ef/loi/iies, la première apprestée pour
rrriter (levant le roy^ et la seconde récitée en la ville de TItolose devant
la majesté du liojj là Tliolose, par .Iac(|ues Colomiez, 1565, in-i). Ce
volumi', citi' par Du Verdier (éd. Rigolcy de Juviguy, 111, p. 418), ue se
retrouve plus aujourd'hui. Voy. Tamizev de Larroque, dans le Polijbihlion,
XV (1882), p. 183.
■i. Il est cité comme ttd, à la date de 1555, par Dcvic et Vaissèle,
Histoire de Lamjutduc. riouv. éd., XII, col. 557.
5. Voy. Du Verdier, II, p. 371.
6. Lai'aille, loc. cit.. Il, n, p. 74.
7. Ihid , p. 75.
8. Ibid., p. 79.
i
XXXVIII. — JEAN DU CHEMIN '141
Il avait dû composer d'autres vers grecs omis dans le
registre '.
Ces inscriptions de 1564 sont intéressantes à noter, parce
qu'elles nous font connaître ceux qui cultivaient alors la poésie
à Toulouse.
En 4576, lorsque Pierre de Brach publia ses Poèmes, il fit
précéder le volume d'hommages poétiques dus à Geofîroy de
Malvin, à Florimond de Raymond, à Estienne Du Mirail, à
Guillaume de Cursol, secrétaire du roi en la chancellerie, à
Jean Du Chemin, à Martial Monier, à M. Viène, avocat au
parlement, à François Moncaud, à P. Chambon de Gotz et au
médecin Estienne Maniald. Du Chemin est l'auteur d'un
sonnet français et d'un sonnet italien ; c'est cette dernière
pièce qui lui donne le droit de figurer dans notre galerie.
Nous reproduisons ici les deux morceaux :
Sonnel.
Soit qu'il vienne de l'art, ou soit que la nature
Rende louable un vers, ou soit que tous les deux
Causent ensemblement, par un accord heureux,
Sa grandeur, sa naissance et sa gloire future ;
Et si celui qui a l'un et l'autre s'assure
De se retirer vif des sepalchres ombreux
Et de faire son nom, tousjours victorieux,
Triompher de la Parque et de la nuit obscure.
Tu vivras, mon de Brach, et tes vers dous-coulans
Demeureront vainqueurs sur la cource des ans,
Car l'art et la nature y ont mesme advantage.
Et si l'Amour vouloit amoureux devenir,
Il voudroit sur le tien façonner son langage
Et de tes vers encor sa dame entretenir.
J. Du Chemin.
1. Lafaille, loc. cit., IL il, p.
142 XXXVIII. — JEAN DU CHEMIN.
Del medesimo '.
Quando il cieco faneiul, il dio d'Amore
Giunse al tuo cuor col suo dorato si raie,
Volse, in darli una ferila iminortale,
Ti dar anchor un' immortal bonoie.
Fu grande il colpo et possente l'ardore,
Ma non pero morlalmente t'assale,
Anzi via più fa ch'el tuo nome sale
Al cielo, cinto di chiaro splendore.
Et cosi avien che quel stesso t'aita
Che t'a piagato et fatta la ferita,
Come fece il generoso Achille.
Et hai cagion di riputarbeato
L'incendio tuo, poi channi mille et mille
Farà splender tuo nome in ogni lato.
Pierre de Brach^ répondit à ces compliments par une ode%
par un sonnet* et par une longue pièce que M. Dezeimeris a
imprimée pour la première fois'. Les relations poétiques entre
les deux amis furent d'ailleurs durables. Lorsque Pierre perdit
sa femme, Aimée Perrot, celle qu'il avait chantée avec tant de
constance, Du Chemin, bien qu'il eût renoncé à composer des
vers le jour où il avait ceint la mitre épiscopale, joignit sa
voix à celle d'une foule d'autres poètes*^.
1. Dans l'exemplaire corrigé pur Pierre de Bracli, exemplaire qu'a
reproduit M. Dezeimeris eu 18(31-6^ (i, fol. dij), ces mots ont élé reuiplacés
par une autre mention : a Délia Strada ».
2. Les Pocmes de Pierre de Brach, 1576, iu-i, fol. àiilj\"-ei; éd. de
1861-G-2, iu-4, 1, fol. (// vo-(/y.
3. Éd. de 157(), fol. 11 v".
4. Ed. de 1576, fol. 2U, v" ; éd. de 1861-62, II, p. 55.
5. Éd. de 1861-62, 1, p. 169. — Puur se conformer au désir île révoque,
Pierre de Brach iravcslit son nom eu « Du Sentier ».
6. Éd. de 1861-62, 1, p. -286. — Les auteurs qui ont dép'oré la mort pré-
maturée d'Aimée Perrot sont : Jean Dorât. Jean-Autoine de Baïf, Jean Du
Chemin, le président [François] de Nesmond, seigneur de Chézac, Adrien II
XXXVIII. — JEAN DU CHEMIN. 143
Dans le peu qui subsiste des poésies de Jean Du Chemin (ses
biographes racontent qu'il jeta lui-même au feu le recueil
manuscrit de ses œuvres), on doit citer avant tout les vers
dont il fit précéder, en 1592. la première édition des Commen-
taires de Biaise de Monluc. Il tint à profiter de cette publication
pour témoigner de sa reconnaissance envers le fils du maré-
chal, qui lui avait cédé son évèché, et envers le maréchal lui-
même. Comme le dit avec raison Léonce Couture, Du Chemin
est l'auteur des pièces suivantes :
Tombeau de messire Biaise de Monluc, en vers français ;
Sixain Sur le tombeau de sou cœur ;
Épitaphe en prose latine signée : « J. Du Cm:., evesque de
Condom » ;
Quatre épilaphes (deux dixains et un sonnet) en l'honneur
(le Jean de Monluc, évêque de Valence, de Pierre-Bertrand de
Monluc, sieur de Caupenne, qui mourut à Madère, de Fabien
de Monluc, seigneur de Montesquiou, et du commandeur de
Monluc. A la fin de ces pièces est la signature : « J. Du C, e.
de C. », qui s'applique à toutes.
Jean Du Chemin avait en outre composé pour son prédé-
cesseur, Jean de Monluc, une épitaphe en prose latine, qu'il
avait fait graver dans l'église de La Cassagne, sur le tombeau
de l'évèque, près de l'endroit où il s'était réservé pour lui-
même une sépulture ',
L'humanisme avait, au xvr- siècle, le don d'amener l'apai-
sement et la conciliation. Bien que Du Chemiu fût un adver-
saire résolu des prolestants, il ne craignait pas d'entretenir
Turiièbe, Richard de Lcstoiiac, Geoffroy de Malviii, [Honoré Lauuier] de Por-
chères, Jean Doiisa (ils, Jean Rivasson, Estienae Pasquier. P. Dampmarlin,
Claude d'Expilly. Florimond de Raymonl, L. de .Massiot, P. Bjrramaeus,
.Marie Le Jars de GoiM'nay, Gilles Durant de La Bergerie, Jean Laniezas,
avocat au parlement de Bordeau.\, Françoise de Terissan, François de La
RocqueUe, avocat au parlement de Bordeaux, Daniel Perreau, conseiller au
même parlement, Jean de Saint- .Martin, avocat au parleniL'nt, Estienne
.Mauiald, GniHaume Du Peyrat et Estienne Tabourot, seigneur des .\ccords.
1. Quelques fragments de cette épitaphe se sont conservés dans une cid-
lection particulière. Le texte dilfère de celui qu'a reproduit la Gallia
christiana. Voy- Léonce Coulure, loc. cit., pp. 36-38.
144 XXXVIII. — JEAN DU CHEMIN.
avec certains d'entre eux des relations amicales quand il ne
s'agissait que de poésie. C'est ainsi qu'on trouve un sonnet
de lui en tète de La Septuaine, de Du Bartas', et que, en 1590,
Denis Le Bey de Batilly lui dédie le 22*^ de ses Emhlemnin.
Dans les dernières années de sa vie, Du Chemin abandonna
la littérature profane. Le seul ouvrage qu'on puisse citer de
lui est un opuscule théologique, une réponse à un dominicain,
le P. Jean Journé, dont il avait jugé la docti'ine hérétique :
ExposUio apologetica ad lUustriss. ei Revcrendiss. D.D.S. R.E.
Cardinales, Sanclissimae IiiguisUionis supremos judices, in qua
ervor Fr. Joan. Jorneli, ord. S. Doininici, huuianam )ialuram
Chrisli anle Ascensionem in coelo fuisse afferenlem expliaUur et
confulalur (Tolosae, Colomerius, IGll, in 12 de 113 pp.).
M. Clémeni-Siraon avait signalé ce factum à Léonce Couture ;
mais celui-ci, après en avoir fait mention comme d'une œuvre
de Du Chemin -, y voit une production de son neveu et suc-
cesseur, Antoine de Coux ^ La rectification, ainsi que veut
bien nous l'écrire M. Clément- Simon lui-même, n'est nulle-
ment fondée. Quétifet Échard* donnent des renseignements
très précis sur le conflit survenu en 1609 entre le P. Journé et
l'évêque de Condom. Le Dominicain prêchait dans la cathé-
drale; le prélat, qui l'écoutait, blâma sa doctrine et monta en
chaire pour la réfuter. Le promoteurdu diocèse, s'étant plaint
que Journé avait attenté à l'aulorité du pape, obtint de l'évêque
un ordre de détention. Le prédicateur en appela au parlement
de Toulouse, qui le fit mettre en liberté. Il publia, en 1011,
une défense qui fut suivie du factum dont nous avons cité le
titre.
i. La Sepmaine, ou Création du inonde, de G. de Saltisle, seigneur du
Barlas (à Paris, pour Jean Février, 1580, iii-12), fol. Aij v". — Ce
sonnet est signé : J. D. Cli.
2. Couture, lac. cit., p. 39.
3. l^etlre à Taniiyey de Larroque. ibid, p. 2.
4. Scnplores ordinis Praedicatorum, 1719-1721, in-t'ul., H, p. 4G0".
XXXIX
ODET DE TOURNEBU
Odet de Tournebu, fils aîné du célèbre Adrien Turnèbe et
de Madeleine Clément, veuve de Jean Le Messager, était né le
23 octobre 1552 '. Grâce aux leçons de son père et à celles de
plusieurs autres érudits, parmi lesquels La Croix du Maine cite
Antoine Valet-, il acquit tout jeune une connaissance merveil-
leuse des langues anciennes et modernes ; on peut même dire
que ce fut un enfant prodige. Il n'avait guère plus de treize ans,
quand il publia deux volumes que son père, mort quelques mois
auparavant, avait préparés pour l'impression : Plntarctii de
fato,ejusdem Conviinum S^ptem Sapientam (Parisiis, 1566, in-?)^
et Adriani Twnehi Commeniarii el Emendationcs in libros
M. Varronis de lingua Iniina (Parisiis, apud Gabriel. Buon,
1566, in-8)^
Il est probable qu'Odet termina ses études en Italie. Nous
ne pouvons faire sur ce point que des conjectures, car nous
1. Nous déduisons cette date de répilaphe placée en tète du Tumulm
de 1582. On y voit, en effet, qn'Odet mourut à 28 ans, 8 mois et 28 jours,
le 13 des calendes d'août 1581. Nous ne savons pourquoi M. Edouard
Fournier place la naissance d'Odet au 23 novembre 1553.
2. Voy. ci-dessus pp. 81-88.
3. La préface est datée de l'aris, le l^r avril 1566. — M. Clément (De
Adriani Turnebi, regii professoris, praefalionibus et poematis, 1899,
p. 135) déclare avoir vaiiiemeiil cherclié un exemplaire de cette édition.
Elle a été reproduite dans : Adriani Turnebi, regii quondarn Lutetiae pro-
fessoris, Opéra (Argeiitorati, 1601, 3 vol. in-fol.), II, p. 48.
4. Ce volume est dédié à Michel de L'Hos{iilal.
II. - 10.
146 XXXIX. — ODET DE TOURNEBU.
le perdons de vue de 1566 à 1576. Il reprend alors la publi-
cation des ouvrages laissés inachevés par son père. Au mois
d'avril 1576, il fait paraître, avec une dédicace à Estienne Pas-
quier, les commentaires qu'Adrien avait composés sur les
discours de Cicéron De re agrariaK En 1577, il surveille
l'édition du Commentaire sur le premier livre des Odes
d'Horace -.
Nous ignorons en quelle année Odet fut reçu avocat au par-
lement de Paris. Ce fut en cette qualité qu'il se rendit, en 1579,
aux grands jours de Poitiers. Dès son arrivée dans la capitale
du Poitou, il fut admis dans la petite cour littéraire que pré-
sidaient M'"^ Des Roches et sa fdle. Une puce effrontée, qui
vint se poser sur le sein de la muse poitevine, fournit à tous
les beaux esprits réunis autour d'elle l'occasion de rimer des
vers à sa louange. Odet prit une part active à ce tournoi poé-
tique ; il fournit à La Puce une ode française, qui ne compte
pas moins de vingt huit strophes de huit vers, un sonnet ita-
lien, un sonnet espagnol et un sonnet français.
Voici le sonnet italien :
Alla signora Catharhia Des Roches.
Donna gentil ehe con leggiadro viso,
Cou vaghe luci, dove alberga Amore,
Abbagli gl' occhi e fai stupir il core
Di quel che li riguarda intento e fiso ;
Donna gentil che con soave riso,
Con un dolce parlar, col tuo valore,
Cou le rime che fan al sesso honore,
Fai parer la tua casa un paradiso ;
1. Adr. Turnebi Commerttarii in M. T. Ciceronis Orationes très delege
ayraria contra P. Servilium RulUan. Parisiis, apiid Jo. Beiienalum, 157G.
hi-4.
2. Adr. Turnebi Commentarius in libritm prlmuin Carmiimm Horatii;
M. Anlonii Mureti et Aldi Manutii in eiimdem IJoruliinn Annotalioues.
Parisiis, apud iMart. Juveiieni, 1577. I11-8.
XXXIX. — ODET DE TOURNEBU. 147
Donna gentil, del cui candido petto
Gupido essendo preso fu costrelto
Pigliar sembianza di una pulce audace •,
Rivolgi gr occhi tuoi verso gli scritti
Di questi che da te morti et trafitti
Non han ne di ne notte o tregua o pace.
0. D. T. 2
Nous reproduisons également le sonnet espagnol
A la misma stnora.
Duros peùascos, aspros y ertos calles,
Rios corrientes, que teneis cercada
D'esla gran nympha la bella posada,
Ghe d'hermosura vence las mortales ;
1. L'imprimé porle :
Pigliar sembianza di pulce audace.
2. La Puce || de Madame || des Roches. |1 Qui est || vn Recueil de diuers ||
Poèmes Grecs, Latins & François, || Composez par plusieurs || doctes Per-
sonnages aux II Grands lours tenus à Poitiers || l'An M. D. LXXIX. || A Paris,
Il Pour Ahel rAnf/elier au premier Pillier de \\ la grande Salle du Palais,
Il M. D. LXXXll [1582]. || Auec Priuilege du Roy. in-4 de 4 ff. non chiffr.
et 94 fF. chiffr., caract. ital.
Nous avons donné la description de ce recueil dans le Bulletin de la
librairie Morgand et Falout, 1876, n" 2348. Certains exemplaires sont
datés de 1582 (Bihiiolii. de Besançon, B. L. 2449) ; mais la plupart de
ceux que nous avons vus sont datés de 1583 (Bihiiolh. nat., Inv. Ye 523
et 524 ; — Biblioth. ftlazarine ; — Biblioth. de Bordeaux, 5637 = B. L.
3035). Un exemplaire dont le titre portait 1581 figure dans le Catal. Solar ;
mais on peut se demander s'il n'y a pas une faute d'impression dans la
description de ce volume.
Le sonnet italien et le sonnet espagnol se trouvent au fol. 36.
La II leunesse || d'Estienne l| Pasquier. || Et sa Suite. || A Paris, || Chez
lean Petit-pas, rue sainct \\ lean de Latran, au collège de || Cambray. ||
M. DC. X [1610]. Il .Auec priuilege du Roy. In 8 de 8 tf. et 799 pp.
Voy. la description de ce volume dans le Catalogue Rothschild, I, n» 737.
Les deux sonnets sont à la p. 632.
Des réimpressions de La Puce ont été données par Jouaust en 1868 et
1872.
148 XXXIX. — ODET DE TOURNEBU.
Verdes prados, hondas y lindas valles,
Que cingeys e^ta gran ciudad diehada,
Esta gran ciudad bien avanturada
Por la presenza d'hermosuras taies ;
Gomo poteys esuchar sin espanto
Sus rimas mas dulces qu'el dulce canto
D'Amphion, que os die sentidos pies y orejas?
Peùas, un sol vers los lindos cabellos
D'esta peùa viva y sus ojos bellos
De * peùas muertas os hiziera vivas.
Le sonnet français, qui vient ensuite, est lui-même suivi
d'une réponse de M'""^ Des Roclies, qui renvoie au poète toutes
les belles qualités que le poète admire en elle :
Les dieux m'en ont esté avares
Pour les prodiguer dedans vous.
Afin d'achever de se faire bien venir des Poitevins, Odet
rima encore douze sonnets sur les ruines de la forteresse de
Lusignan, que Louis de Bourbon, duc de Montpensier, avait
fait démolir à la suite du siège de 1574 2.
De retour à Paris, le jeune auteur donna un recueil des
poésies de son père ; il dédia ce recueil au président du parle-
ment de Paris, Achille do Ilarlay, qui n'avait pas dédaigné de
chanter, lui aussi, M'"'^ Des Roches ^
Il est probable que ce fut également en 1580 qu'Odet com-
posa celle de ses œuvres qui lui assure une place distinguée
dans notre histoire littéraire : Les Conlens, comédie nouvelle
i. Inipr. Di.
2. Les (louzn sonnets sont, imprimés à la suite de La Puce de madame
Des Roches, éd. de 15(S!2 fol. 71. — Ils sont accompagnés d'un treizième
sonnet « A madann! Des lîoclies » et de la liesponse de Callierine Des
Pioclics. On trouve dans celle Respouse raiiai;i'amine 0 esprit 01 né de
beauté dine, c'est-à-dire : Odet de Tninèbe, Paiisien.
3. Adr. Turnebi, philDSophiae et graeraruin lilernrum professoris
regii, Poemala. Parisiis, apud Martinum Juveneia, 1580. ln-8.
XXXIX. — ODET DE TOURNEBU. 149
en prose françoise. Cette pièce, qui est probablement imitée
d'un original italien, bien qu'elle n'ait avec les Contenti de
Parabosco que la similitude du titre, se dislingue par un style
simple et naturel, de l'esprit et de la vivacité. Nul doute que
l'auteur n'eût été un de nos bons poètes comiques s'il avait
parcouru une plus longue carrière. Le jeune auteur, que sa
fortune \ ses travaux d'érudition, ses productions légères et
ses succès mondains paraissaient appeler aux plus hautes
destinées, fut pourvu vers le milieu de l'aunée 1581 de la
charge de premier président à la cour des Monnaies. Il ne
jouit guère de cet honneur, car il fut enlevé à l'affection et à
l'admiration de ses amis le 20 juillet 1581. Il n'avait pas
vingt-neuf ans !
La mort prématurée d'Odet de Tournebu causa un véritable
deuil parmi les lettrés. Ceux-ci lui consacrèrent un tombeau^
que nous devons décrire avec soin, car on y trouve des vers
italiens qui nous intéressent particulièrement.
Othonis Tur- || nebi in suprema || Curia Parisiensi i| Aduo-
cati II Tumulus. || Luleliœ, || Apud Mamerturn Paiissoniumf
Typographum || Regiiim, in offtclna Bob. Slephani || M. D.
LXXXII [1582]. In-8 de 28 ff. chifïr.
Le titre porte la marque des Estlenne avec la devise : NoU
altam sopere, sed time.
Le 2« f. contient une épilaphe en style lapidaire. On y voit
qu'Odet, mort le 20 juillet (13 des calendes d'août) 1581, vécut
28 ans, 8 mois et 28 jours.
Voici le détail des pièces contenues dans le recueil :
Fol. 2 v». Tumulus, en vers hendécasyllabiques, par Estienne
Pasquier, avocat au parlement de Paris, « consangui-
nitate conjunctus ».
1. Le 23 juin 1581 (moins d'un mois avant sa mort), Ûdet de Tournebu,
avocat au parlement, fils aine de feu Adrien Turnèbe et de Madeleine Clé-
ment, reçoit de sa mère, en avancement d'hoirie : une maison sise à Corbeil
près le port Saint-Laurent ; une maison sise à Féricy-en-Brie, au lieu dit
Frémery, avec six perches de vigne, tenant à Germain Pilion. (J.Pichon et
G. Vicaire, Documents pour servir à l'histoire des libraires de Paris^
1895, p. 69.)
450 XXXIX. — ODET DE TOURNEBU.
Fol. 3. Traduction en alexandrins français, par le même.
— 3 vo. Épitaphe en vers hébreux par Jean de Ginqarbres
CQuinquarboreus], doyen des professeurs royaux.
— Sept distiques grecs par Nicolas Goulu [N. ruXtovto;].
— 4. Élégie hybride par Florent Ghrestien (16 distiques
composés chacun d'un hexamètre latin et d'un penta-
mètre grec).
— 4 Y°. Tumulus, en hexamètres, par Adrien Du Drac [Dra-
cus], conseiller au Parlement de Paris.
— 5 v°. Pièce latine, en hendécasyllabes, par M. Bouyer
[Buerius, propraetor P.].
— G. 16 distiques latins par Germain Audebert, conseiller
du roi et « vectigalium indictionumque apud Aurelios
judex »,
— 6 vo. 0py,voç, en vers hendécasyllabiques latins, par
Nicolas Audebert, fils de Germain.
— 7 vo. Pièce latine, en vers hendécasyllabiques, par Jean
Bonnefoy [J. Bonefius].
— 8. Pièce latine, en vers hexamètres, par Pierre de
Lamoignon [Lamonius].
— 9 vo. EpUaphimn, en quatre distiques, par le même.
— 10. Epicedium, en vers hendécasyllabiques, par Guillaume
Du Vair [G. Varius].
— 10 vo. Epitaphium, en vers hendécasyllabiques, par le
même.
— 12. Pièce latine, en vers hexamètres, par Louis d'Orléans
[L. Aurelius].
— 13. Pièce latine, en vers ïambiques trimètres, par Claude
Binet.
— 14. Neuf distiques latins, par G. Marteau, sieur de Gland
[G. Martellus Glandius, M. P.] ^
— 14 v°. Pièce latine, en vers ïambiques trimètres, par le
même.
— 15. Trois pièces latines de Philippe Ganaye « ad sodales ».
— 15 v». Pièce latine en hendécasyllabes, par Jean Bonnefoy
[Janus Bonefiusj.
1. l'.eau-frère de Pierre de L'Esloile. 11 mourut le 23 septembre 1595.
Voy. L'Estoile, éd. Jouaust, VII, p. 38.
XXXIX. — ODET DE TOURNEBU. 151
Fol. 16. Pièce latine, en hendécasyllabes, par Is. de La Marli-
nière [Is. Marlinius BirriusJ .
— Deux distiques latins par Charles Mainard [Maenardus].
— 16 v. Monodia, en hexamètres, par Olivier Fontenay, de
Fontenay-le-Comte [Olivarius Fontenaius, Fontanus].
— 17. Six distiques latins, par Jan-Antoine de Baïf.
— 17 V». Sonnet italien, par Nicolas Audebert, d'Orléans.
— Sonnet italien, par P. Joulet.
(Nous reproduisons ces deux pièces dans les notices qui suivent )
— 18. Sonnet français, par Claude Binet.
Autre, par [Antoine] Senneton.
— 18 vo. Sonnet français, par B. Poitevin.
— Autre, par G. Le Breton.
— 19. Sonnet français, par N. Bezançon.
— Autre, par N. Pinon, de Mancy.
— 19 v. Sonnet français, par de Macefer.
— Autre, par François d'Amboise.
— 20. Sonnet français, par Pierre Le Loyer, Angevin.
— Autre, par Jacques Gourlin de Cissé.
— 20 V. Pièce latine, en vers hexamètres, par Jean Pelletier
[Janus Peletarius, P. T.].
— 21. Trois distiques latins, Naenia et épitaphe en hexa-
mètres par Estienne de Tournebu [Turnebus], frère
d'Odet.
— 22 vo. Version de la dernière pièce, par A. D. T. [Adrien
de Tournebu].
— Elégie latine, par Adrien de Tournebu, fils d'Adrien P'"
[Adr. Turnebus, A. f.].
— 2i. Huit sonnets français, par Adrien de Tournebu.
— 26. Deux distiques latins et un sonnet français, par
Augustin Gosté.
— 26 \°. Sonnet français, par J. Du Quesnel.
— Vei'S mesurez, par Estienne Pasquier.
— 27. Autre pièce française. Ode française, trois distiques
latins et Version en six hexamètres français, par le
même.
— 28. Huit distiques latins par Adrien de Tournebu [A.
Turnebus, A. f.].
Biblioth. nat., Inv. Yc. 8822 (ancien Y. 2961).
152 XXXTX. — ODET DE TOURNEBU.
En dehors de ce Tamuhis, on peut citer encore une élégie
latine insérée dans \di Ptmcharis de Jean Bonnefons^
Un autre ami d'Odet, Pierre de Ravel, lui éleva un monu-
ment plus durable ; il publia la Comédie des Contens, pièce
que Fauteur avait gardée manuscrite, et quMl n'aurait sans
doute jamais fait imprimer -.
On peut citer enfin comme un dernier ouvrage posthume
les Lettres d'Arnoul, évêque de Montpellier, qui furent données
au public, en 1585, d'après un manuscrit ayant appartenu à
Odet de Tournebu, manuscrit dont il avait lui-même préparé
l'édition \
1. É(i. de 1588, fol. 25.
2. Les Contens. || Comédie nouuelle H en prose Françoise. I| A Paris, ||
four Félix le Manguier, Libraire iurê en rVniuersité de Paris, au
Valais, Il en la galerie allant à la Chancellerie. || M. D. LXXXIIIl
[1584]. Il .\uec Priuilege du lloy. In-8 de 4 ÏÏ. lira., 55 ff., cliiffr. de 9 à
63. et 1 f. pour le Privilège.
Les fï. lira, contiennent : le titre ; les Personnages ; une épîlre « A
monsieur Du Sault, conseiller du roy, et son advocat gênerai en la cour de
Parlement, à Bordeaux », épître signée : Pierre de Ravel ; un sonnet, qui
doit être du même lîavel ; le Prologue.
Le nom de l'auteur est cité dans l'épîlre et dans le sonnet.
Biblioth. Mazarine, 21679.
La réimpression de 1594, portée au Catalogue Delaleu (no 636) n'existe
probalilenient pas. Nous soupçonnons que la date aura été mal lue.
En 1626, uu maître d'école de Blois changea le titre de la pièce et en
publia une nouvelle édition accompagnée d'un commentaire sur les locutions
jiopulaires et les proverbes employés par l'auteur :
Les Desguisez, Cumedie Françoise. Aucc l'explicalion des prouerbes et
mots dilficiles. A Bloi/s, Par Gaucher Collas, deuant la grande Fontaine,
1626. In-12 de 4 tf. lim. 180 et 2i pp.
L'éditeur a placé en tète du volume une épître « A tous seigneurs et
gentils hommes estrangers amateurs de la langue françoise. » Cette épîlre,
datée du premier jour de l'an est signée: Charles Maupas.
Vov. R. Porcher, Notice sur les imprimeurs et libraires blésois, 1895,
p. 116.
Les Contens ont été reproduits par MolIet-le-Duc (Ancien Théâtre
français, VII, 1856, pp. 107-231) et par Edouard Fournier, Le Théâtre
français au xvi^ et au xvil* siècle, [t871J, gr. in-8 à 2 col., pp. 90-131 .
3. Ejiistolae Arnulphi, episcopi Lexovicnsis, numquam antehac in luceni
editae. Ex bildiotheca Odonis Turnebi, lladriani f. Parisiis, apud Joh.
liicherum, 1583. I.i-S.
XL
NICOLAS AUDEBERT
Parmi les pièces insérées dans le Tumvlus d'Odet de
Tournebu, nous avons relevé des sonnets italiens signés de
Nicolas Audebert et de Pierre Joulet. Nous avons à faire
connaître maintenant ces deux auteurs.
La vie de Nicolas Audebert est si étroitement liée à celle
de son père, que nous ne pouvons parler de Pun sans l'autre.
Déplus, Germain Audebert, le père, bien que nous ne connais-
sions de lui aucun écrit italien, appartient plus encore que
son fds à Phistoire littéraire de l'Italie.
Germain, né à Orléans vers 1520, fut un humaniste des
plus distingués. Dès l'année 1539 il avait pris le chemin de
PItalie. Il nous a donné lui-même, à la fin de sa Parlhenope,
des détails sur le séjour qu'il fit au-delà des monts '. Nous
savons ainsi qu'il se rendit à Bologne, où il passa trois ans,
et où il eut pour maîtres Romolo Amaseo, Andréa Alciato et
Ugo Buoncompagni, qui fat plus tard pape sous le nom de
Haec loca lustrabam primo siib vere juventae ;
Bis decinuis, memini. iiecdum me ceperat annus,
Tempore qiio faciebat iler per gallica régna
.\d Belgas Caesar, Galloruin acerrimus hostis,
Hosti se credens, ut inexpectata rebelles
Sisleret invicti lierois praesenlia motus.
[Parthenope, v. 917-922 )
154 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
Grégoire XIIP. Il cite parmi ses condisciples: Antoine Sen-
neton. qui devint conseiller au parlement de Paris, puis
président au parlement de Metz- ; Pierre de Yillars, qui
devint auditeur de la maison du cardinal de Tournon, puis
évêque de Mirepoix et archevêque de Vienne ^ ; Charles de
Laraoignon, qui devint conseiller des Eaux et Forêts, puis
conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes et
conseiller d'État"^. Ce dernier mourut au mois de novembre
1572, longtemps avant que Germain écrivît sa Parthenope ;
aussi le poète joint-il à l'éloge du père l'éloge du fils, Pierre
de Lamoignon, enfant prodige qui n'avait pas encore seize
ans quand il fit imprimer des vers latins et grecs ^
Parmi les personnages que les étudiants français avaient
connus à Bologne, le jeune Orléanais mentionne spécialement
le savant médecin Matteo Corti ^
\. Audebert dit dans sa Roma (v. 125-131), éd. de 1603, pp. 146-147 :
Qui sacris sacras manibus raoliris habeiias,
Saiicte pater, vigili pascens pecuaria cura, Gregorius 13.
NulH ductrina, nulli caiidore secundus, Pont. Max.
Ingeniosa palara legum praescripta docebas,
Tota auditorum mecuni admirante caterva,
Qiium me discentem civilia jura teneret
Ferlilis Hesperio vicina Bononia Rbeno.
Cf. Tirabosciii, VII, p. 726.
2. Voy. notre tome I, p. 354, en note.
3. Pierre IV de Villars, nt' vers 1517, fut reçu docteur à Padoue vers
1540. Il devint en 1535 conseiller-clerc au Parlement de Paris, et fut pourvu
en 1366 de révêcbé de Mirepoix, qu'il écbangea, en 1575, contre Tarche-
vèché de Vienne. Il se démit, en 1587, en faveur de son neveu Pierre V
de Villars, qui lui avait déjà succédé sur le siège de Mirepoix, et il mourut
le 14 novembre 1592.
4. Né le h'"' juin 151 i, il fut reçu docteur à Ferrare, le 20 juillet 1543.
(Voy. Gins. Pardi, / Titoli dottorali conferiti dallo studio di Fennra,
1900. in-l, p. 134). Moreri indique déjà la date du doctorat de Lamoignon,
d'après une note inscrite sur un livre d'beures aujourd'hui conservé par
M. le marquis de Luppé.
5. Né le 27 août 1554, il fut avocat au parlement de Paris. Il mourut
le 14 août 1584. Il y a des vers de lui dans le tombeau d'Odet de Tournebu.
(Voy. ci -dessus, p. 150).
6. Originaire de Pavie, il commença d'enseigner en 1497. Il fut appelé
à Pise en 1515, à Padoue en 1524. à Bologne en 1538. Il retourna, en
1543, à Pise et y mourut l'année suivante. Vov. Tiraboschi, VII (éd. de
1809-1812, p. 653.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 153
En quittant l'Université, Audebert se rendit à Ferrare, où il
vit Renée de France et les beaux esprits qui formaient la cour
littéraire de la princesse : Olimpia Morata', Giglio Gregorio
Giraldi, paralysé depuis dix-huit ans-, Cato^ Celio Calca-
gnini^ et Gio Battista Giraldi, dit Cintio ou Cinzio'. Passant
à Padoue, il y rencontra Lazzaro Buonamico, déjà vieux et
cassé ^ le médecin Girolamo Montano ' et le jurisconsulte
Alessandro Sozzini ^
De Padoue, Audebert fit une excursion à Gênes, puis il
revint à Padoue et visita enfin Venise, qui devait lui laisser
un impérissable souvenir. Il fit ensuite le voyage de Rome''
et descendit jusqu'à Naples, où il conduisit le jeune Philippe
Hiirault, sieur de Cheverny. de huit ans plus jeune que lui.
Philippe était né, posthume, le 25 mars 1528. Son père, Raoul
Hurault, sieur de Cheverny, secrétaire du roi et général des
finances, était mort au mois d'août 1527 pendant la campagne
de Naples, et avait été enterré à Capoue. Le voyage du
futur chancelier avait pour but de visiter et d'embellir son
tombeau '".
1. Née à Ferrare en 152G, mariée en 1550 à Andréas Grilntliler, morte
à Heidelberg le 26 octobre 1555.
2. Né à Ferrare en 14.79, mort en 155'2. Vov. Tirabosclii, VII, pp. 837-
842, 944.
3. Sans doute Renalo Cato. que Giglio Gregorio Giraldi, en 15i8, cite
parmi les poètes. Voy. Tiral)osclii, Vit, p. I4Ô7.
4. Né à Mantoue en 1479, professeur à Ferrare, mort en i5U. Vov.
Tiraboschi, Vit, p. 858.
5. Gio. Batlista Giraldi, élève de Calcagnini, mourut en 1573.
6. Lazzaro n'était pourtant pas plus âgé que Corti ni que Calcagnini. Il
«tait né comme eux eu 1479. Il mourut en 1552. Vov. Tiraboschi, VII,
pp. 1483-1485.
7. Gio. Battista Monlano ou Da Moule. Véronais, professeur à Padoue
(1539). mort en 1551. Voy. Tiraboschi. VII, pp. 654-656.
8. Alessandro, fils de Mariano, mourut jeune en 1541. Voy. Tiraboschi,
VII, p. 716. — La mention d'Alessandro permet de penser qu'Audehert
visita Padoue en 1541.
9. On voit parmi passage du poème intitulé Rnmri (éd. de 1603, p. 146)
que Germain, élant tombé malade à Rome, fut soigné par Ippolito Salviani,
l'auteur de VAqualilium Animalium Uidoria, publiée en 1558. Cf. Tira-
boschi, vit, p. 606.
10. Voy. le début de la Parllienope.
156 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
De retour à Orléans après une absence de cinq ou six ans,
Germain vécut modestement dans sa ville natale sans briguer
les honneurs que ses anciens camarades d'étude eussent pu
lui faire obtenir. Il se contenta de la charge d'élu d'Orléans,
et il la remplit pendant cinquante ans. II cultivait les lettres,
faisait des vers latins et grecs et entretenait un étroit com-
merce avec une foule d'érudits et de beaux esprits ^ Parmi
les érudits qui furent ses amis, on peut citer Jean de Dam-
pierre, qui lui soumettait ses ouvrages-, et Scévole de Sainte-
Marthe, qui, en 1575, lui adressa une épître, et qu'il remercia
par quatre épigrammes et une petite pièce grecque ^ Vers le
même temps, nous le voyous féliciter le jeune Odet de Tour-
nebu du soin apporté par lui à la publication des œuvres
paternelles \
Comme tous les hommes éclairés et instruits de son temps,
Audebert paraît avoir incliné vers la Réforme; aussi fut-il
poursuivi pour rébellion et condamné, par contumace, à être
pendu, le H novembre 1562, en même temps qu'Antoine
Fumée, que Robert de La Haye, que le bailli d'Orléans,
Jérôme Groslot, que les échevins Gabriel Framberge et Pierre
Stamplé, et qu'une foule d'autres personnages de marque ^
Après les troubles, il put heureusement rentrer dans sa
maison.
Germain avait un fds, Nicolas, né en 1556, qui eut le même
goût que lui pour l'étude.
Nicolas n'eut pas plutôt fini ses humanités qu'il partit pour
l'Italie. Le voyage du fils ranima chez le père l'enthousiasme
que lui avaient fait éprouver toutes les merveilles de la pénin-
1. Il ]);iraît avoir été un des familiers de Tévèque d'Orléans. Jean de
Morvillier, qui fut ambassadeur à Venise et chancelier de Fiance. En 1552,
il lui adresse, sous forme de lettre, une [lièce latine. In fiKjam Caroli
qiiinli, mense maio i55!2. (L'antoi^raphe est à la Bibliothèque nationale,
ms. lat. 8143, fol. "20.)
2. bibliolh. nat., ms. lat. 8U3, fol. M9.
3. Scévole de Sainte-Marthe, l'oetica Paraphrasis in sacra canfica,
etc., 1575, fol. 60, 65, 66.
4. Biblioth. nat., ms. fr. 22 564, 11, p. 80.
5. Mémoires de Condé. 1743, IV, p. 122.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 157
suie. Il rassembla tous ses souvenirs et entreprit de chanter
en vers latins les principales villes qu'il avait visitées au delà
des Alpes. Son premier ouvrage, qui est consacré à la louange
de Venise, est le plus important.
Le poème, divisé en trois chants, contient une description
singulièrement exacte, et parfois même très minutieuse, de la
ville des doges. Son histoire, sa construction, ses poissons et
ses coquillages, ses monuments, ses palais, ses trésors, ses
gondoles, ses théâtres et ses foires attirent successivement
l'attention de l'auteur. Germain rappelle avec reconnaissance
l'accueil bienveillant qu'il reçut de Guillaume Pellicier, qui
dirigea de 1539 à 15i3 l'ambassade de France. Grâce à lui,
il put monter sur le Bucintoro un jour de grande fête. Le
poète n'oublie pas les grands hommes de Venise. Il cite parti-
culièrement Pietro Bembo, Andréa Navagero, Gio. Battista
Cipelli, dit Egnazio, qu'il avait entendu lui-même parler avec
éloquence, Ermolao Barbaro, Gasparo Contarini, Domenico
Venier, enfin et surtout Paolo Manuzio.
L'ouvrage devait être terminé depuis plusieurs années,
quand Germain Âudebert pria l'ambassadeur de Venise en
France, Lorenzo Priuli, qui retournait auprès de la Seigneurie,
d'en faire hommage au grand Conseil. La présentation eut lieu
le 31 mars 1583, et les Vénitiens furent si charmés du poème
qu'ils décidèrent, le jour même, de donner à l'auteur le titre
de chevalier, plus une chaîne d'or, du prix de 200 écus, et
une médaille de saint Marc. Il fut arrêté, en même temps, que
l'ouvrage serait imprimé à 400 exemplaires aux frais de la
République. Il parut en elTet en 1583', et Giovanni Moro,
successeur de Lorenzo Priuli en France, remit à Germain le
présent qui lui était destiné.
Pour célébrer Florence, le docte Orléanais se contenta de
compléter et de retoucher un poème inachevé d'Ugolino
i. Germani Audelierti Aiirelii Venetiae. Venetiis apitd Aldum, 1583,
In-4 (Biblioth. nal., Inv. Yc. H98j. Cf. Renouard, Annales des Aide,
3«éd.,p. 233.
158 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
Verini, dont il possédait le manuscrit, et il le mit au jour avec
une dédicace à Catherine de Médicis'.
En 1585 parurent Téloge de Rome, dédié au cardinal
Alessandro Farnese-, et enfin l'éloge de Naples, dédié à
Philippe Hurault, vicomte de Cheverny^
On pourrait citer encore quelques autres menus ouvrages
de Germain Audebert, par exemple une pièce adressée à
Scévole de Sainte-Marthe \ et des vers sur la mort^ ; mais ses
poèmes sur Tltalie dans lesquels respire un amour si sincère
des choses qu'il y avait vues et des hommes qu'il y avait
connus, doivent seuls nous arrêter ici. Les éloges de Venise,
de Rome et de Naples ont été réunis en 1603 dans un volume
qui mérite vraiment d'être lu*'.
iS'ous avons dit que Nicolas Audebert était né en 1556; il
n'avait que dix-huit ans, mais il avait fait de solides études et
il possédait à merveille les langues anciennes', quand son père
1. LVolini Veiini, poetae florriilini, de illiistratione urbis Florentiae Libri
très, muic priinuni in lucem editi. Ex bibliotheca (iermani Audeberli Aiirelii,
cujiis labore atque iiuliisliia mullae lacuiiafi quae eraiit in manuscripto
repletae, ac mnlli loci, partira vetustale exesi, restituli et restaurati sunt.
Luteliae, apiid Mainertum Patissonium, 1583. In-fol. ;Bibliolh. nat.. Inv.
Rés. K 45; liés. g. Yc. 501 {'l) ; Rés. Yc. 1011). — Germain traduisit
lui-même en vers français l'épître à la reine (Biblioth. nat., ms. lat. 8143,
fol. 7).
2 Germani Audeberti Aureliaiiensis Ronia, poema. Parisiis, Jac. Du
Puis. 1585. In-4. Biblioth. nat., Inv. Yc. 1197 et l:2uOi. Cf. xNolliac,
La Bihliolhèrjue de Ftilvio Orsini, 1887. pp. 66, 67, 398, 432.
3. (Germani Audeberti Aurelianensis Parllienope, poema. l'arisiis. Jac,
Du Puis, 158:j. In 4. (Biblioth. nat., Yc. 1199 et 1201). Cf. Biblioth.
nat., ms. lat. 8144.
4. En tète des Poënwta de Scévole de Sainte-Marthe, 1596.
5. L'Estoile. Mémoires-Journaux, éd. Jouanst, IX, p. 387.
6. Germani Audeberti .\urtlii, Galliarum régis ac 1). .Marri Vcneti equitis
torquati, Veneliae, lionia, Partbenope. Haiioviae, tyvis Weclielinnis upud
Claudium Murnium et lieredcs Juan Anbrii, 1603. ln-8 de 8 tr. lim.,
237 pp. et 1 f. (Bibliolh. nat., Inv. Yc. 8022 : — notre bibliothèque.)
Les mêmes poèmes ont été reproduits dans les Deliciae poctarum (jallorum,
I, p. 89.
7. On trouve dans les œuvres de Sainte-Marthe deux épigrammes latines
à lui adressées par .Nicolas avant son voyage d'Italie. Voy. Scaevolae Sam-
marlhani. . . Poiilica Paraphrasis in sacra Caniica, etc., 1575, fol. 66.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 159
songea pour lui au voyage d'Italie. Le jeune homme avait besoin
de lettres de recommandation pour quelques professeurs en
renom. Germain Audebert, qui était depuis longtemps rentré
en France, n'avait guère de relations au-delà des Alpes ; mais
son ami Pierre Daniel sollicita l'obligeante intervention de
Claude Du Puy, avocat au parlement de Paris. Celui-ci était
depuis peu revenu d'Italie', où il s'était lié avec plusieurs
hommes distingués, particulièrement avec Gio. Vincenzo Pi-
nelli% Carlo Sigonio^ et Fulvio Orsini^
Un des recueils de Bongars contient la copie d'une lettre de
recommandation en date du 21 septembre 1574, adressée par
Du Puy à Pinelli, en faveur de Nicolas, à la demande de Daniel :
« Monsieur, etc., vous recevrez la présente par les mains de
monsieur Audebert, d'Orléans, jeun'homme de gentil esprit
et de fort grand'esperance, et, pour le faire convl, juvenis pâtre
digni, homine apuci suos curn primis ovnalo et honeslo. Je ne l'ai
jamais veu ; mais il m'est pieça assez connu par ses doctes
escrits et par la réputation qu'il a envers tout le monde de
grand' preudhommie et intégrité. Il envoie sondict filz aus
universités d'Italie, lequel sur toute chose désire de coimoi&tre
et fréquenter les hommes doctes plus renommés, comme chose
qui lui peult grandement proufiter pour le parachèvement de
ses estudes, à quoi monsieur Daniel, civis ipsorum, quique
patrem ob eas quas modo dixi res dlligenler observcU, adules-
cenlem vero, propter summain ingenii et virtutis spem quam de
se praebet, diligit in primis, a pensé qu'il ne pouvoit avoir
meilleur adresse que la vostre, et m'a prié de vous escrire en
sa faveur, vous suppliants, monsieur, et mei et Danielis, et
patris eliam ipstus, viri opllmi et eruditissirni causa, d'user
envers lui de tout bon accueil, traitement et courtoisie qu'un
de sa sorte peut désirer et recevoir d'un gentilhomme tel que
1. Du Puy avait quitté Paris vers la fin de 1569. Le Jfl mai 1570, i
écrivait de Venise à Pierre Daniel (Bibliotli. de Berne, nis. 141. art. 218).
2. Le ms. Dupuy 704 contient lÙi lettres adressées par Piuelli à Claude.
Voy. aussi le ms. 663, fol. 110.
3. Ms. Dupuy 704. fol. 116.
4. .Même ms., fol. 115 et 114.
160 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
VOUS, id est ab v'iro génère, virlule, doctrlna, industria, huma-
nilate praeslantissimo, et parespecial lui faire connoistre pre-
mièrement vous mesmes, qui U7nis instar es maltorum, en
après les autres personnages de nom et de sçavoir, tant de
Padoue que des autres villes d'Italie où il voudra aller. En
quoi, monsieur, vous obligerez plusieurs personnes, à sçavoir:
ledict sieur Audebert, lequel, estant si bien né et institué que
j'entens, ne peut estre autre que bien reconnoissant, son père,
homme de bien et d'honneur, .si quisdam est^ et monsieur
Daniel. Et quant à moi, ad plurima tua m me promerila liaud
parva erit islhaec accessio. Et n'estant la présente à autre fin,
je la finirai par mes bien humbles, etc *. »
Germain Audebert, recevant, à Orléans, la lettre de Du Puy,
lui répondit, le 28 septembre, trois jours avant le départ de
Nicolas :
« Monsieur, je ne sçauroys assez suffisamment à mon gré
vous remercyer du bien singulier et inespéré que [de] vostre
grâce et seule bonté avez faict tant à moy qu'à mon fils, et
de la grande honnesteté et courtoysie de laquelle vous [nous]
avez tous deux à la foys provoquez et obligez à vous faire
service toutes nos vies. . . Caelerum, quia [ul et verbis et ratione
Ciceronis itlar) est animi ingenui cui multum debeas eidem plu-
rimum velle debere, abs le magnopere conlendo ut huic gratiae
alteram etiam superaddas non minus mihi gratam, et jucundam,
ut me videlicel et Audeberlum meuin viris dortissimis et rarissimis
Sigonio et Mureto de mellore nota per (itéras commendes^ et in
illorum amicitiain o/ficiose ac Insigniler insinues. . . Au surplus,
monsieur, je me suis advisé vous envoyer quelque peu de
poésie de ma façon, sçavoir est les quatre premiers epigrammes
et le dernier, et les deux precedens le dernier, de la façon de
mon fils. . . Si c'estoit chose digne de la vue de ces deux grands
maistres, messieurs Sigonius et Muret, je vous supplyroys
leur en faire part, pareillement à mons"" Pinelli, mais plus
pour subir leur censure et castigation, que pour rien de bon
qui soit eneulx. Vous en jugerez et ferez comme il vous plaira.
i. iîibliulli. (le IJcriie, ins. 141, ;irl. 172.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 161
Mon filz les a escriptz pour vous laisser quelque petite sou-
venance de lui avant que partir d'icy * . . . »
Trois jours après, Nicolas commençait son journal de
voyage :
« Vendredy, premier jour d'octobre M.D.LXXIIII.
« Ce jour d'huy estant adverty par monsieur de La Lan-
douze 2 du partement d'un sien nepveu, nommé monsieur
Pignerelle, mareschal des logis du roy, demeurant à Tours,
lequel s'en alloit à Lion, où estoit le roy, qui, pour lors reve-
noit de Poulongne, j'employay tout le reste du jour à faire
mes adieux et à me préparer pour partir le landemain matin
pour aller en Italie, et ainsy partys le samedy.
« Samedy 2. jour. Et premièrement d'Orléans à Lyon.
« Je party d'Orléans pour aller à Lyon, et de là en Italie,
le second jour d'octobre, tenant le chemin qui suict :
« Estans sortys par la porte du Pont, où nous lournasmes
à gauche, premièrement passasmes par :
« Sandillon 2 1. et demie,
village après lequel se trouve à costé gausche :
« Farrolles 2 1.
« Jeguy 2 1.
« Bouteilles 2 1.
« Sully (disnée) 11.,
petite ville assez forte, eslongnée de la rivière de Loyre d'un
traict d'arc, ceinte de murs et petites tours, et environnée
d'eau. Il y a chasteau séparé de la ville d'un gros et large
bras d'eau, sur lequel y a un pont de boys ; dont est
seigneur monsieur de La Trimouille. . . ' »
A Cosne, les deux voyageurs trouvèrent « compagnie d'un
chantre de la Saincte Chapelle du roy, et chanoine de Sainct-
1. Bibl. nat., ms. Dupiiy 712, fol. 10; — Bévue archéologique, IIP
série, X (1887). p. 319. — On lit au dos celte note de la main de Du Puy :
Monsieur Vesleu Audrbert.
2. Scévole de Sainle-IMarihe, Poëtica Paraphrasis in sacra cantica, etc.
1575, parle de M. de La Landouze (Landuza) comme d'un ami commun à
lui et à Germain Audebcrt.
3. Ms. Limsdowne 720, fol. 1.
II. — 11.
162 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
Maur, nommé monsieur Oudart\ et d'un tapissier du roy ».
Dans la ville était tout le train du duc de Nevers -. A La
Charité, ils rencontrèrent « monsieur d'Obigny^ ».
Avant d'arriver à Lyon, Nicolas et son compagnon allèrent
voir « un homme docte, appelle le bailly Piochet^ ».
Le jeune Orléanais ne s'arrêta guère à Lyon, dont il partit
le 14. octobre avec le P. Bernardin, jésuite ^ Il traversa la
Savoie, où il alla voir l'évèque de Maurienne, Pierre de Lam-
bert, qui le retint à dînera II franchit le Mont-Cenls, passa
par Turin et Plaisance, et gagna Bologne, où il devait étudier.
Voici le début de Tarticle qu'il consacre à cette ville :
« Mercredy, 3'^ jour de novembre 1574.
« Bologna la Grassa. J'arrivay à Bolongne sur les vingt -
deux heures, en compagnie d'un Piedmontoys avec lequel
j'estoys parly de Thurin, qui se nomme il slgjior Gàvlo Broio,
nalif de Chiers, et trouvay logis in casa dl M. Francesco
Délia Rota, nella casa di Cento Trece?Uo, al yuaslo di Benlï-
vogli, où y avoit pour lors logez deux Plaisantins, l'un
nommé Verduzio Landi, homme fort docte et de grande
maison. Y avoit aussy un Françoys, cappitaine de la marine,
nommé Pasquier Cornu, ([ui estoii en ce pays à la poursuitte
d'un procès. Pendant qu'ay esté à Bolongne je n'ay faicl
aultre logis ; qui est fort eslongné de la place et des escholles,
mais fort retiré du bruit, et le quartier bien habité de la
1. Ce personnage était sans cloute de la même famille que le Pliilippe
Oudarl, mort le i mai 1361, qui avait son tombeau dans la Sainte-Cha-
pelle basse. Voy. Raunié, Epitaphier du vieux Paris, II, 1893. p. 474.
2. Même ms., fol. 2. — Le duc de ÎN'evers était Lodovico Gonzaga.
3. Fol. 2 \°.
4. Jean de Piochet, seigneur de Sallin, qui était un fervent bibliophile
(voy. le Catal. Didot. 1878, nos 4,4, et 574). Il y aine pièce de lui,
accompagnée de la devise In pacc novi hostes, dans les Œuvres de Claude
de Butlel (éd. de Lyon, 1877, in-8, p. 360).
5. Ms. Lansdowne, fol. 12.
6. Pierre de Lambert, de Chambéry, avait d'abord été chanoine de
Genève. Chassé de cette ville, en 1535, avec révè(jue Philibert de La
Baume, il fut pourvu du doyenné de la Sainte-Chapelle de Chambéry. j,Il
devint, le SI novembre 1567, évêque de Mauiienne 'A occupa ce siège
jusqu'en 1590. Vov. l'abbé Truciiet, Sainl-Jean-de-Maurienne au xvi«
siècle, 1887, p. 361.
XL. — NICOLAS AUDEBERT, 163
noblesse, et estimé le plus sain de la ville, à cause qu'il est
le plus eslongné de la montaigne, et, au contraire, les lieux
qui en sont proches sont fort malsains et dangereux, y ayant
l'hiver tout le jour une grosse et espoisse brouée, qui cause
de grandes douleurs de teste, princi{)alement si l'on sort
avant le soleil levé ou après qu'il est cousché; qui faict
que en ceste ville tout coup sur la teste, petit qu'il soit, si le
lieu est eutcmmé, est mortel; et, cela advenant, se trans-
porte soudain le blessé à 20 ou 30 milles, et ordinairement à
Ferrare, où au contraire les coups de leste se guérissent
facilement, mais, au lieu de cela, tout coup de jambe y est
mortel si soudain Ton ne transporte le patient, et le mesme
s'observe à Rome, où les blesseures de teste sont périlleuses,
et à Naples, celles de jambe.
« La situation de Bolongne est au pied de l'Apenin, au
milieu de la via Emilia, et est par Ptolomée descriple au
6" climat, degré 33«. Les montagnes de l'Apenin sont ver.s le
Midi. Vers l'Orient est le fleuve Savona et la Romagne. Du
costé de Septentrion passe le Rein, et s'eslend toute la cam-
pagne de la Lombardie, et vers l'Occident est toute belle
plaine jusques au Po et à Ferrare : par ainsy Bolongne est
en plaine au pied de l'Apenin, entre la Lombardie el la
Romagne.
« La forme d'icelle est deux foys plus longue que large, et
par dedans passent deux bras d'eau, l'un de Savona (au lieu
de Savena), l'autre du Rein, et oultre ce un torrent nommé
Lanza, ou Avesa, comme l'appelle fra Leandro '.
Les professeurs de droit à l'Université de Bologne étaient
alors Pietro Maria Sangiorgi, Francesco Giovanetti, Luca
Costeo, Niccolô Orazi, Ferrante Vezza, Alfonso Dosi, Giovanni
Morandi, Gio. Battista Salimbeni, Gio. Girolanio Gratti, Paolo
Bargellini, Giov. An-gelo Papio, Annibale Monterenzi, Antonio
Gessi, Lodovico Segiii, Antonio Giavarini, Marcantonio Malva-
tico, Camillo Bordoni, Lodovico Lambertini, Alessandro
Stiatici, Giacomo Mercato, Giovanni Pagano, Claudio Moro,
1. Ms. Laiisdowiie 720, fol. 64. — Voy. F. Leandro Alberti, Descrillione
di tutta Italia (in Venelia, appresso Ludovico de gli Avanzi, 1561, in-4),
fol. 328.
164 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
Francisco Pena, espagnol, Riccio Garavino et Giiilio Borzano.
Dans la faculté des arts, Carlo Sigonio enseignait les huma-
nités, et Pompilio Amaseo, les lettres grecques'. Les deux der-
niers paraissent avoir particulièrement attiré notre voyageur.
Il nous le dit lui-même dans son journal :
a Les plus grandes congnoissances que j'eusse en Bolongne
estoyenl du sieur Garolus Sigonius. . ., professeur en huma-
lulé^..., Joannes Augelus Papius^, Pompdius Amasaeus,
filz de Romulus, professeur en grec*, Augustinus Galesius,
Grec de nation, docteur en philosophie 5, Oldrovandus, doc-
teur en philosophie..., qui avoit une infinité de poissons
estranges^. . . »
1. Umberto Dallari, / Rotuli dei lettori legisli e artisti dello studio
bolognese, 1889, gr. in-fol., II, p. 186, année 1573-1574..
2. Carlo Sigonio. né à ÎModène en 152i, avait enseigné d'abord dans
cette ville, puis à Venise. En 1560. il était devenu professeur d éloquence
à Padoue, et il avait été appelé à Bologne, en 1563. comme professeur
d'humanités. Il mourut le l!2 août 1584 Voy. Ser. .Alazzetti. Répertoria
di tutti i professori antichi e moderni . . . di Bologna, J848, p. 290.
3. Giov. Augeio Papio, de Salerue, avait d'abord enseigné K' droit à
Bologne, à Salerne et à Rome. En 1553 il avait été appelé à l'université
d'Avignon. Ce fut à lui que Vasquiii Pbilieul dédia, en 1555, le Livre troi-
siesme de Laure d'Avignon (voy. ci-dessus, t. Il, p. 44). l'bilibert Bugnyon
lui adressa, vers le même temps, un quatrain imprimé, en 1557, dans les
Erotasmes (p. 73). 11 rentra en Italie vers la fin de 1562, et devint pro-
fesseur à Bologne, où il resta jusqu'en 1581. Il mourut en 1595. Yo\.
Tiraboscbi, Vil, p. 747; Mazzetti, Répertoria^ 1848, p. 235.
4. Pompilio enseignait à Bologne depuis 1540 ; il avait succédé en 1543
à Ciriaco Strozzi dans la chaire de grec. Il mourut en 1585. Vov. Tira-
boscbi, VII, p. 1105; Mazzetti, Répertoria, 1848. p. 21.
5. Sous n'avons pas vu ailleurs qu'Agostino Galesi fût d'origine grecque.
Francesco, son père, est dit Bolonais. Agostino, reçu docteur en philosophie
et en médecine le 22 décembre 1567, obtini, l'année suivante, une chaire
de logique. De 1572 à 1574 il enseiiiua la philosophie. En 1575 il devint
professeur h Pérouse, passa ensuite à Pise et revint à Bologne en 1585. Il
mourut Ir 7 février 1621. Voy. Eantuzzi, Scrittori bolognesi IV, p. 22 ;
Mazzeiti, Répertoria, 1848. p. 136.
6. Le naturaliste Ulisse Aldrovandi, né à Bologne le H sejitembre 1522,
et reçu docteur eu 1553, enseigna dans sa ville natale de 1554 à 1600. Il
mourut le 10 mai 1605. Voy. Tiraboscbi, VII, p. 610; Mazzetti, Rcper-
torio, 1848, p. 18. — .^joutons qn'Aldrovandi fut lié avec divers savants
étrangers : Guillaume Ilondelet, Matliieu de L'Obel, etc. Un tableau du
Musée impérial de Vienne, « der Mann mit der Thier[iranke in der Hand »
(n" 215), tableau dont on fait honneur à Lorenzo Lotto, passe pour être
le portrait d'Adrovandi.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 165
De Bologne, Nicolas gagna Padoue. Il y visita le célèbre
Gio. Vincenzo Pinelli à qui le recommandait Claude Du Puy.
Le 10 mai 1575, Pinelli écrivait à Du Puy :
« Sono Otto giorni ch'è coraparso, con una lettera di V. S.
fin del mese di settembre, Mons'' d'Audebert, il quale è stato
a Bolop^na, e m'è riuscito tanto modesto quantoaltrapeisona
ch'io habbia mai conosciuta. lo bo cominciato a far per lui
quello tanlo ch' bo poluto, et se continuera questa slanza,
troverà quanlo le recominandationi di V. S. mi siino care.
Ha seco alcuui versi bellissimi di suo padre et quali va mos-
irando a questi letterati. . .' »
Le 7 juin 1575, notre étudiant partit de Padoue, en compa-
gnie de M. de Vizé^ et se rendit à Venise, puis il visita
Gênes. Près de cette dernière ville, il fit la connaissance du
médecin Alessandro Giustiniani, Grec d'originel
A l'automne de 1576, Nicolas s'achemina vers Rome par
Pise, Lucques, Florence et Sienne. A Florence, une de ses
préoccupations fut de visiter le vieux Piero Vettori pour qui il
avait reçu de son père et de Carlo Sigonio des lettres d'intro-
duction. Il ne le trouva pas chez lui et poussa jusqu'à la
1. Bibliolh. nat., ras. Diipiiy 704-, fol. 35 v» ; — Noihac, dans la
Revue archéologique, II1« série, X (1887), p. 315.
Du Puy, répondant à ceUe lettre, éciivait aussitôt à Pinelli :
« Je désire singulièrement q\ie M. Audeliert conuoisse que ma recoin-
mandalion a eu pois envers vous, et je vous en prie do reclief 5ic ut magis
ex animo non possitn. Certes le jeune homme vaut beaucoup, mais il ne
mérite pas peu pour estre issu de tel père, lequel est un des plus sai;;es et
vertueux personnages de ce pais (francice haec, non ambitiose dico) et
docte a bon escient... » (Biblioth. Ambrosienne, ras. G. 77,. fol. 76 v" ;
Revue archéologique, vol. cité, p. 320, en note.)
2. Go personnage pouvait être (lilles Donneau de Vizé, ancêtre de Jean
Donneau de Vizé, historiographe de France et rédacteur du Mercure. Gilles
servit sous Charles IX, sous Henri III qu'il suivit en Pologue, sous Henri IV
et sous Louis Xlll. Voy. Mercure galant, févr. 1699, p. 160.
3. Ms. Lausdowue 720, fol. I5i. — Alessandro Giusiiuiani, Candiote,
était un des correspondants de Marc-Antoine de Muret. On a de lui
deux lettres adressées au graïul humaniste, en date de Venise, 30 sep-
tembre 1558 et de Gênes, 26 mars 1575. [M. Antonii Mureti Epistolue,
1580, fol. 46 vu, 47.)
166 XL. — NICOLAS AUDKBERT.
campagne pour lui présenter ses devoirs ^ Vettori écrivit
aussitôt à Germain Aiidebert pour le remercier de la lettre
que Nicolas lui avait remise et des vers élogieux que le poète
Orléanais lui avait envoyés. Il lui faisait part en même
temps de l'excellente impression que le jeune voyageur lui
avait produite ^
Entre Bolsena et Montefiascone, notre étudiant rencontra
« monsieur Brachct, filz de monsieur de Pormorant, en com-
pagnie de monsieur de Montasier, lesquelz s'en retournoient
en France » ^
De Piome, où il fit de très intéressantes observations archéo-
logiques, Nicolas se rendit à Naples, visita Canoue. puis
remonta par Ravenne jusqu'à Venise et regagna Bologne, oîi
était le centre de ses études.
1. « San Casci.ino... A un quart de mil de ce villai;e... y a une
mestairie. . . appartenante a l'etrus Victorius. . . et le fus visiter, pré-
sentent une lettre de reconiniaudatiitn que Iny escrivoient en ma faveur
Carolus Siyonius. » Ms. !,ansdo\vne 7:2U, fol. 203 v».
2. La lettre est dati'e du 10 si'ptenibre 1576. — Voy. Pétri Victorii
Epistolaritm Libri X, Orationcs XIII . . . (Klorentiae, apnd Junctas, 1586,
in-fol,), p. 1U5
3. Ms. Lansdnwne 720, fol. 2U. — .lean Brachet, seigneur de Port-
Morand, secrétaire du roi, avait épousé en 155.5 Antoinette Henncquin,
sœur du président Pierre Hennei|nin (Fr. Blanchard. Les Présidens au
mortier du parlement de Paris, 16i7. in-fol., p 267) ; son fils était sans
doute pins à|,^é que Aicolas Audeliert. Il mourut jeune.
Le< Brachet, dont l'illustration remonte à Catherine Brachet, femme du
maréchal Jean l'olon de Saintrailles, eiivoyai(;iit leurs fils étudier en Italie.
Antoine Brachet monrnt à Pavie le 1^'' août 1.50i, et ses camarades lui
consacrèrent une belle pierre tombale en haut relief qui se voit aujiuu'd'hui
dans une des cours de l'Université. Charles Brachet, fils de François, qui,
de iSll à 1513, avait étudié le i^rec à Oiléans, puis à Paris, sous Giro-
lamo Aleandro (voy. Journal autobiofiraphique du cardinal Jérôme Aléan-
dre, publié par IL Ornant, 1cS05, pp. 20, 21), se rendit par la suite en
Italie, où Christuphe de LoMi;neil le recommanda à Ollaviano Crimahii, en
même temps que .Mathuiin (iaillard. Il y était eu 1521, au moment de la
mort de Lédii X (voy. Christ ophtiri Lonf/olii Epislolarum Libri llll,
1580, pp. 205, 206).
Les Brachet protestants allèrent an contraire étudier à Ileidelher^i. Ignace
s'y inscrivit lo 28 décembre 1569 (voy. Toepke. Die Matrikid dcr Univer-
sitât [hid(dberf), II, 1886, p. 5'»). ïhéo|ihile Brachet, qui fut avocat au
parlement de Paris, et prit une part importante aux polénii(pies religieuses,
sons le nom de sieur de La Millelière. s'inscrivit à la même Université le
9 avril 1608 (voy. Toepke, II, p. 239).
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 167
Non content de suivre les cours de l'Université, le voyageur
Orléanais s'efforçait de nouer des relations avec les hommes
qui jouissaient alors auprès des amis des belles-lettres de la
plus haute réputation. Avant tout, Nicolas, poussé par un
sentiment des plus touchants, voulait faire connaître les
œuvres de son père. Cette préoccupation se montre à chaque
ligne des lettres que nous possédons de lui. Ce sont surtout
les conseils et l'appui de Piero Vettori qu'il désirait obtenir*.
Voici une lettre que Vettori lui écrivait peu de temps après
la visite du mois de septembre 1576 :
Petrus Vigtorius Nicolao Audeberlo s.
NoUem te lantopere benignitatem meara in le laudare, quae
tennis admodum fuit, vel polius luiUa ; tu verius humaniter
fecisti qui dévia digressus tune es ut me salutares et domuni
meam venisti, ut fungereris isto amantissimo munere. Que
lue officie mihi uiultum plaeuisti,acbenevolum omni tempera
reddidisti. Sequutus est serme brevis ille quidem, sed eruditus
et plenus suavitatis ; quare crede mihi saepe in memoriam
rediisse tempus illnd, nec uraquam fuiuruni esse ul penitus
obliviscar humanitalis luae. E qua enim re tantam voluptalem
capere pessum quantam mérite capio e cellequio preberura
et declorum juvenum, quibus omni aetale mea servivi,
quosque ut juvarem vigiliis meis {)lurimum laboravi. Acces-
sit pestea epistola tua quae et ipsa me ernat, quaeque plane
intelligitur manasse ex eedem ingénie tue lepide et memeri
exilium etiam in se cellaterum cemmederum. Nam quid ego
dicam de egregia voluntate patris tui in me et anime preno
in henerem meum, qui studia mea eleganli carminé cele-
braviteademque epistola sua cemmendavil? Quomede igitur
facere possum quin tetam deraumvestram diligam summoque
amere preseqnar ? Qued sane ego facie et quacunque re petere
omni tempère praeslabe. Unum tauiummodo dolet, qued non
salis apte qued petitis a me nunc efflcere valeo, id est scripta
1. C'est M. de Nolliac qui, dans son article de la Revue archéologique,
a, le preniier, attiré rattenlion sur les lettres adressées par Vettori à Nicolas
Audebert.
168 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
optimi et doctissimi parenlis lui cum fruclu aliquo vestro
légère, neque eniiu tantuin prudentia valeo ut queam de
alieuis scriplis exquisile existimare et minime fallax norma
eo.rum esse. Praestabo tamen quod potero : legam enim
accurate. Quod si judicium non probabitis, diligentiam certe
et fidem, addo etiam libertatem non desiderabitis. Vale inté-
rim et me ama '.
Nous ne possédons pas la réponse de Nicolas Audebert ;
mais nous pouvons penser qu'il fit tous ses elïorts pour donner
à Vettori un spécimen de belle latinité. Il lui adressa un frag-
ment du poème dont son père avait entrepris la composition.
Le professeur florentin en accusa réception le 25 juin 1577 :
« Petrus ViCTORlus Nicolao Audeberlo s.
« Probus adoleseens cui fasciculum ad me perferendum
dedisti functus est officio. Epislolam tuam legi libenter
ipsaque vehementer delectatus sum; est enim ejusdem
generis ac senlentiae cujus prima illa tua fuit, id est huma-
nissima atque omni suavitate conditd. Laudo autem ingenium
tuum et toto animo amplector ob amorem istum singularem
erga me. Vellem tamen te (de quo etiam lecum in superiore
illa mea libère questus sum) in eo temperatiorem esse, nec
lantopere augere res meas et officia quae non po^sunt sine
culpa durae admodum naturae ei alienae ab ingenuis ariibus
omitti. Partem eam quam ad me misisti poëmatis grandioris
palris tui diligenter legam, et quod petis a me sedu)o faciam
etsi jam cognosco quod plane mibi significavit illud primum
me operam consumpturum potius in eo commendando quam
in quopiam illic quod merito celebrari debeai desiderando.
Vale. Florent., vn. k. quint, cio. lO. lxxvii -. »
Quelque temps après, Vettori reprit la plume dans les
termes les plus élogieux pour les deux Audebert :
1. Pétri Vidorii Epistolarum Libri X, Orationes XIIII, 1586, in-fol,,
p. 189. Cf. la lettre de Vettori à Germaia Audebert (1111 id. sept. 1576
{ibid., pp. 185-18b).
2. Ibid.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 169
« PETRU3 ViCTORius Nicolao Audeberlo s.
« Remitto tibi, adolescens optime mihique carisslme, parlera
suavis et varii poëmatis quam a me legi voluisti. Affecil
autem me illa voluplate mirifica, cum eleganter ornateque
cuncta in ea seripla sint, vel potius expressa et anle oculos
posita. Quin res omuis illa ac materia per se jueunda est et
merito quemli])et delectare potest, etsi dubinm non est quin
magis capiat animes eorum qui aliquando ea viserunt et
gavisi sunt aspectu pulclierrimorum nobilis artis monimen-
torum, quod mihi qiioque non semel contigit. Laudo vero
atque admiror ingenium et memoriam parentis lui qui recor-
datur illa quae in ipsis inprimis feruntur, et summo arlificio
a petitis confecta esse exislimantur, in ipsisque exponendis
potius aliquid venustalis ac decoris adjungat, quam dotes
eorum operum ullam in partem minuat. Nec tameu non, ut
verum fatear, magis suspicio et commendo probitatem ejus-
dem qui célébrât ingenio suo atque in caelum fert universos
illos qui speciem aliquam virtutis atque bonestae arlis babere
putantur, in quibus ego quoque beneficio ipsius sum. Hoc
enira rarius bonum atque infrequentius bac aetate qua invidis
ac malevolis bominibus omnia referla sunt ; sed tempus non
est nunc ingenium et mores bonesti viri dilaudare. Gum
domum redieris, meo nomine ipsi gratias âges, luque etiam
me amabis, ut coepisti facere sponte tua, cum primum me
salutasli rure degentem superiori anno, bis ipsis fere diebus.
Ego cerle nunquam obliviscar comitatem tuam et amorem in
me singularem ; studui autem placere tibi explereqiie desi-
derium tuura. Voluisli enim me existimare de facultate
condendi carminis tui parentis, etsi non tantuni extuli
spécimen boc ingenii ejus quantum vere facere potuissem.
Vale 1. »
Le séjour de Nicolas en Italie ne se prolongea pas au delà
des premiers mois de l'année 1578, Germain Audebert se
sentait vieillir. Dans une épître adressée à son fils cliéri, il se
dit accablé par les maladies et les infirmités, et il supplie le
1. Pétri Victorii Epislolarum Lihri A', Orulumes XllII, 158G, iii-fol.,
p. 190.
170 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
jeune étudiant de repasser les Alpes pour revenir près de lui* .
Nicolas était trop soumis à son père pour hésiter un instant.
Il fit aussitôt ses préparatifs de départ. Il eut soin d'écrire
une dernière fois à Piero Vettori en le remerciant de son
bienveillant accueil et de ses affectueux conseils :
« N. AuDEBERTUS Petro Victorio s. cl.
« Tanta teraporis angustia premor ut paucis ad le verbis
scribere coa^ar. Quum enim hodie mihi redditus sit a pâtre
faseiculus literarum cui intra huncdieui mihi respondendum
est, vix tanluin otii nactus suin quantum ad te scribendum
sufficiat. Is itaque mihi antea significaverat se ternas ad te
literas dédisse, quarum jaclura mihi certe molesla erat ; sed
nudus tertius quum ab bac urbe abessem, domum adlatae
mihi sunt literae quas modo reversas adcepi ; quae quum
longo intervallo postquam datae sunt redditae mihi fu^ rint,
eo tamen nomine illis maxime delectatus sum quod simal
eodem fascicule essent primae quibus paler meus tuis res-
pondebat. Eas igitur ad te mitto; reliquas vero non adcepi,
neque «^tiam adcepturus sum ; spero enim me in Galliam intra
septem dies peliturum esse. Si quos libres, aut quidquam
aliud quod istic non reperialur habere cupias, de ea [re] mihi
verbum facias. Ego vero, quum Lugduni aut Parisiis ero,
dabo operam ut pro tuis mandatis abunde tibi satisfaciam.
Quidquid enim te velle aut tibi gratum esse intellexero,
dibgenter curabo ut habeas. De ea re si me certiorem feceris,
id profecto mihi tam gratum futiirum est ut nihil giatius esse
possit. Jamdiu pater ad me miserat primum et secumdum
librum Venetiarum suarum quem tibi communicandum
curarem, ut mihi nune significavit ; eos tamen nunquam
adcepi. Illis autem paucis versibus quos antea vidisti, non-
nullos etiam alios ad te adjccit, quos postea subjiciam, et
quoniam brevi fortasse in lucem edentur, te rogatum velim,
si tibi videbitur, ut nonnihil ad me mittas quod principium
libri tuo nomine omet, quod certe ad ipsius commendationem
1. CcUo ('|iî(re es[ imprimre en tète de la Parthenope i]e Germain Aude-
bert, éd. de 1603, p. 131.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 171
tantum valere potest quantum aliud quidquam. Vale, Vietori,
vir ornati?sime, el me amanlem redama. Bononiae, eidib.
febr. CID.IO. LXXVIII. »
« Dum magus ille suam exercet Victorius artem,
Qua ducit mente*, ferrum lapis ut solet Arctos
Prospiciens geminas, el pigri plausira Bootae,
0 dignus fierem virtutura praeco tuarum,
Sancte senex, ferrem super aurea sidéra mundi,
Candoremque tuae mentis, vocisque canorem,
Quae non mortalem ?onat, aut praeconis egentem,
Non ego, tute ipsum sublimibus inseris astris,
Doctrina insigni pennisque petentibus altum*. »
Ces lettres ne sont pas les seuls souvenirs qui nous restent
du séjour de Nicolas Audebert en Italie ; nous possédons
encore le journal très minutieux dont nous avons cité
quelques passages. Ce journal est resté inédit". Joh. Paul
Richter^ et Eugène Miintz * en ont publié quelques extraits
sans en connaître Tauteur, que notre ami Pierre de Nolhac
a, le premier, identifiée Les passages consacrés aux monu-
ments antiques qui ont attiré Tattention de Richter et de
Miintz ne sont certainement pas les seuls qui offrent de l'in-
térêt. Il est surprenant qu'aucun érudit Orléanais ne se soit
occupé de notre personnage ^t n'ait songé à nous donner une
édition complète de sa relation. Dès le xvii* siècle, les notes
de Nicolas Audebert furent mises à profit par Pierre Du Val
qui fit paraître le volume suivant :
Le 11 Voyage || et Obseruations || de plusieurs choses ||
1. Cl. Ilalornm et Germnnonim Epistolae ad Petnim Victoriiim,
senatorem florenlinum.. . Receiisint.. Ang. Mar. Bandinius {Florenihe,
1758-60, 3 tom. en un vol. iii-4), II, p. 121.
2. British Muséum, iiis. Laiisilowne 720.
3. Eeperlorium fiir Kunstwissenschaft, heransqegeben vnn Janitschek.,
III (1880), pp 288-2!)8.
4. Les Antiquités de la ville de Borne aux xiv=, xv°, XVI^ siècles,
1886. pp. 72-r28.
5. Revue archéologique, III« série, X (1887). pp. 323-324.
172 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
diuerses qui se peuuent || remarquer en Italie. || Tant de ce qui
est naturel || aux hommes & au pays, comme des coustumes 1|
& façons soit pour le gênerai, ou particulier : |1 & des choses
qui y sont rares. || Enrichi de figures. || Par le sieur Audeber
[sic] Conseiller H du Roy au Parlement de Bretagne. || ... \\ A
Paris, Il Chez Geruais Clouzier Marchand \\ Libraire du Palais
sur les degrés de la\\ Saincle Chapelle, 1656. || Auec Priuilege
du Roy. In-8 de 7 ff. lim., 334 pp. et l f. pour VExiraicl du
privilège.
Le volume forme la deuxième Partie de l'ouvrage de Pierre
Du Val, géographe ordinaire du roi, intitulé: Le Voyage et
la Description d'Italie.
Le privilège, daté du 17 décembre 1635, est accordé à
Gervais Clouzier pour neuf ans. L'achevé d'imprimer est du
31 janvier 1636.
Biblioth. nat., Inv. K. 7107.
Audebert a soigneusement observé les mœurs et les cou-
tumes du pays qu'il visitait. L'un des chapitres les plus
curieux de son livre est celui qui est consacré au « petrolio ».
On voit par les détails que nous venons de donner combien
fut studieuse la vie menée par Nicolas en Italie et quel profit
il dut retirer de son voyage.
L'étudiant Orléanais quitta Bologne le 3 mars 1578,
en compagnie de MM. de Vizé et de Bourdeaux ', et ne s'arrêta
pas beaucoup en chemin. Deux mois plus tard, il était de
retour à Orléans, d'où, le 29 avril, il adressa une lettre de
remerciement à Claude Du Puy :
« Monsieur, la perte de quelques lettres que je vous
1. Als. Lausdowiie 720. fol. 507. — Ce Bourdeaux pouvait être Jeau tie
Bordeaux, lils de .lac(|Ues de Bordeaux, conseiller au parleuieut de Paris.
Jeau fut lui-nièuie reçu couseiller à la nicuie coiu- eu 1581 (Fr. Blan-
chard, Les l'residens au morlier du parleinenl. de Paris, l6i7, iu-fol., II,
p. 07). 11 luuiH'iit à Paris, le 9 juillet 1505, a peu ri'i;reUé, siiiou des bons
ligneux coiuiue lui » (L'Estoile, éd. Jouaust, Vli, p. 32). La lilialiou de ce
Bordeaux e>t indiquée dans nue ancienne généalogie (Biblioth. nat., ms.
20657, dossier Bordeaux).
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 173
escripvys de Venize, fort long temps y a, est cause que je
suis encores à vous remeicyer du bien et honneur qu'il vous
pleust me faire, escrivant en ma faveur au S"" Pinelli, duquel
j'ay receu infinies courtoysies et amitiés pour l'amour de
vous, dont je vous suis grandement obligé de m'avoir donné
une si honorable congnoissance. .. Je me reserve à une
aultre foys pour vous remercyer plus amplement, ce que le
peu de temps ne me permet pour le prompt départ du présent
porteur et pour ma fresche arrivée en ces le ville. Vous trou^-
verez les lettres que m'a baillées Mons"" Pinelli pour les vous
faire tenir. Mons"" Sigonius m'a chargé de ses humbles
recommandations à voz bonnes grâces, comme feist aussy à
mon partir de Rome mons"" l'ambassadeur d'Abins...* »
Nicolas resta aussi en relations avec Gio. Vincenzo Pinelli.
On possède même une lettre italienne adressée par lui au
célèbre archéologue, le 9 décembre 1578, par l'intermédiaire
de Claude Du Puy :
« Molto illustre S""" et padrono mio osservandissimo,
« Più grande allegrezza non mi potrà venire che m'ha por-
tato la cortesissima lettera di V. S., da me veramente più
presto desiderata che aspettata. Ella mi fu mandata da parte
deir illustre S""" consigliere Du Puy quivi in Orliens. dove
anchora mi ritrovo rilenuto dal S*"" mio padre fin a quesla
primavera, ch'io spero d'andar a star in Parigi, d'onde io
tornai tre mesi fà, corne V. S. puo haver inteso per quella
che gli scrissî al mio partir d'esso luogo. Io mi rallegro del
suo bnon essere, da me conosciuto per la sua, et la ringratio
senza fine délia memoria ch'ella tienne di me, pregandola di
conservarmi sempre nella gratia sua et far conto di me come
d'un suo affettionatissimo servidore quale io restarô sempre,
per fargliene pruovo dovunque gli placera comandarmelo.
Fra tanto io guardarô quella buona voglia ch'hanno mossa in
me gli benefici riceputi da lei, i quali colP allegrezza et con-
tente mio radoppiaranno s'ella al solito suo tauto mi favorisée
i. Louis Chastaignur de La Rocliepozay, seigneur d'Abain.
Bililioth. nat., ms. Du Puy 712, fol. 7 ; Revue archéologique^ \o\. cité,
p. 320 en note.
174 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
di farmi saper il suo ben slare, quai mi sarà sempre per
grandissima consolatione.
« Le cose nostre vanno tanto maie per tulta la Franza che
non si sa se siamo o in pace o in guerra, perché si teme una
rivolla del popolo. Il concilio di Normandia che noi chia-
miamo Ire Stati, si sono radunati insieme ethanno mandalo
al re la conclusion loro, la quale io fô rescrivere in fretta per
mandarla a V. S., la quale forza si dilettarà di vederla, et, se
guesto non gli fusse discommodo, io la pregarei volontieri di
farne parle al S»'' Berthiere^ al quale io aggiugnero quivi una
lettera. Il re è in Parigi da pochi giorni in qua, la regina
madré colla figliuola et parechi prencipi si ritruova a Toloza,
non senza travagli. Io vorrei haver sogelto meglior per scri-
vere alla S. V., la quale forza io anoio col racconlar délie
nostre miserie; perô io farô fine colle mie raccoman dation!
verso V. S. et Feccellenie So"" RiccobuoDO% le quali [sic] io io
[sic] prego Dio di conservar sani. Di Orliens, alli IX. di
décembre 1878.
« Di V. S. molto illustre
per sempremai al serviLio suo devoLissimo
« NiCCOLÔ AUDKBERTO. >
« Hieri, scrivendo al reverendissimo vescovo di Rieux,
figliuolo del S»"" Du Bourg, gran cancellario di Franza', io
1. Berthier, dont nous ignorons le prénom, devait être alors secrétaire à
l'ambassade de France à Venise. Il suivit peu de temps après M. de Ger-
miny à Constantinople. Vers le mois de juin 158U, il revint en France
porter des dépêches au roi (Clianièic, Néyocialionfi^ III, p. 916) ; mais il
rejoignit bientôt son poste. En 1581 il fut délaclié auprès de Pierre Cercel,
prétendant au troue de Valachie, qui était alors souteini par Henri III. 11
accompagna ce prince de Venise à Constantinople, et Pierre parle de lui
avec éloge, en 1583, dans une lettre adiessée à Callierine de Médicis (Hur-
mnzaki, Documente privitôrc la isloriu Ronidnilur, III, pp. 437, 439 ;
XI, pp. 101-103, 110, 175). En 1584, Beriliier fut .seul à Constantinople
comme chargé (Taffaires et correspondit dirisctement avec le roi (Biblioth.
nat., mss. fr. 3360, fol. 61, 65, 67, 69; 3390. fol. 35).
2. Antonio lliccoboni, de Rovigo, était, depuis 1571, professeur d'élo-
quence à l'Université de Padoue donl il a écrit l'histoire (1592). Ce fut lui
qui démontra la fausseté de la Consulalio que Sigonio avait donnée au public
sous le nom de Cieéron. Il mourut en 1599. Vov. Tirabosclii, VII, p. 938.
3. François Du Bourg, fils du chancelier Antoine Du Hourg. était déjà
pourvu de l'abbave de Saint-Giiorges alors qu'il étudiait à Poitiers (Jehan
Bouchot, Leltreii fatnilieres, 1545, in-fol,, fol. 78c]. Il dut aller ensuite
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 175
mi ricordai che, sendo in Roma, egli mi parlava spesso di
V. S. ; perô io gli ho dato aviso délia leLtera mandalami da
parte vostra. Egli sia in una sua abbalia discosta di questa
terra d'una giornata, dove io spero d'andar presto a visilarlo,
sendo ogni di da lui invitato par lettere '. »
Une lettre de Nicolas à Claude du Piiy contient un rensei-
gnement curieux au sujet de Fulvio Orsini :
« Monsieur, Je receuz hier lettres de Rome de la part de
monsieur l'ambassadeur d'Abins, lequel me mande vous
avoir depuis nagueres escript, dont il attend voslre responce
de jour a aultie, et me charge vous en advertir affin que le
plus tost qu'il vous sera possible il entende de voz nouvelles.
Et au cas que ses lettres ne vous eussent encores esté ren-
dues, il me mande quïl vous a prié par ses dernières, au
nom du seigneur Fulvio Ursino, luy addresser par delà
quelque homme de bien d'imprimeur qui veille entreprendre
d'imprimer quelques œuvres siens en beaux cbaractaires, et,
dans une Université italienne, comme plusieurs membres de sa famille.
Antoine Du Bourg fut élu conseiller des juristes de la nation de Bourgogne
à Padoue le !2i août 15i0 (Arcli. univ. de Padoue, vol. VI, fol. "86);
le t"'' aoiît 154:2, il y fut élu conseiller suppléant pour la nation boliême
{ibid.^ fol. "2i9). 11 reçut peu après des lettres patentes « pro asportandis
bonis suis » (vol. LIV, fol. 67). Antoine était frère de notre François ; ce
fut lui qui devint baron de Saint- Sulpice et maître des requêtes, tandis
que François devenait évoque de Riez. Un autre Antoine Du Bourg, qui
était inscrit à Padoue dans la nation provençale, y fut élu conseiller
suppléant pour la nation écossaise, le l*^'" août 1573 (Arcb. univ. de
Padoue, vol. XII, fol. 47 v"). Le trésorier Claude Du Bourg, qui avait
vraisemblablement étudié en Italie, y alla cbercber un refuge ; mais il fut
arrêté à Venise, par oiilre du roi de, France, et interné à Miranda. où il
mourut au mois de féviier 15N0 (Ed. Frémy, Un Ambassadeur libéral
sous Charles IX et Henri III ; Ambassades à Venise d'Arnaud Du Ferrier^
1880, p. 317).
Jacques et Anne Du Bourg, fils d'Eslienne, étudiaient à Ferrare en 1545.
Jacques y fut reçu docteur es droits le l'^'" avril 1546. Il avait fréquenté
d'abord les universités de Padoue et de Bologne. Voy. Gius. Pardi, Titoli
doitorali conferiti dallo studio di Ferrara, 1905, pp. 139-140.
1. Bibliotb. nat., ms. Dupuy 712, fol. 11, original autographe. —
L'écriture est une vraie écriture italienne, très élégante. L'adresse (fol. 12)
porte : a Al molto WV"^ S'"'^, il S'^ Giovanni Vincenzo Pinello, padrono mio
oss""". Padoa «. — iM. de Nolliac a donné quelques extraits de cette lettre et
de la lettre à Du Puy. {Revue archéologique^ vol, cité, p. 321, en note.)
176 XL. — NICOLAS AUDEBERT.
entre les aultres, d'en parler à Pâtisson* ; ce qu'il me mande
pour vous faire incontinant sçavoir et vous advertir qu'il
désire en entendre la resolution le plus tost que pourrez. Si
d'adventure vous ne luy escriviez si tost, et qu'il vous pleust
me faire sçavoir ce qu'en avez faict, je lui manderay bien
tost ce qu'il vous plairoit m'encharger, ou, à tout le moins,
je luy feray entendre l'advertissement que je vous en ay
donné. Je ne veux obmettre, suivant le commandement de
mons"" mon père, à saluer de ses bien humbles et plus aflec-
tionnées recommandations voz bonnes grâces et celles de
nions'' Daniel, si le voyez par delà ; ce que je fais aussy
treshumblement en mon nom, tant en vostre endroit comme
au sien, et prie Dieu, monsieur, vous donner en bonne
santé longae et heureuse vie. D'Orléans, ce xiij<= jour de
janvier 1579.
« Votre treshumble serviteur et plus obéissant
à jamais.
« N. AUDEBERT -. »
Vers cette époque, soit à son retour dans sa ville natale,
soit peut-être en Italie, Nicolas paraît avoir eu le désir de
contracter un mariage qui déplut à son père. Il accepta, en
fils docile, les remontrances qui lui étaient faites, et il aban-
donna son projet, dont il conserva pourtant le souvenir dans
un sonnet français qu'il traduisit ensuite en italien. Voici le
sonnet original et la traduction :
Sonjiet.
Amour avoil jà mon cœur enflamé
El jà féru j'estois de ses sagettes
Quand conseil prins envers vous, qui sage estes.
Vous, me votant de tel feu allumé,
1. .Mameit Pâtisson, qui avait f'pousé la veuve de Robert Estieiine, était
d'Orléans, coniiiie les Au(lei)ert. 11 ne semble pas s'être rendu à l'appel de
Fulvio Orsini ; au conirairo, l'ini des fils de l'iniprimeur Sébastien Nivelle,
probablement l'aîné, Nicolas, né en 1556, fit à celte époipie le voyage de
Rome et nous savons qu'il y vit le célèbre bumaniste. Voy. P. de Nolliac,
La Bihliolhi'quc de Fulvio Orsini, 1887 p. 67, ii. 6.
2. Bibl. nal., ms. Dupuy 712, fol. 2. — M. de Noibac a déjà publié le
passage esseniiel de cette lettre {La Bibliothèque de Fulvio Orsitii, 1887,
in-8, p. 68, eu note).
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 177
Et quasi prins mon cœur : « Enfant aimé »,
Me di^tes vous, « tout beau, et ne te gectes
« De ce trompeur mariage aux subjectes
« Servilitez ; mais va t'en ce pendant
« Estudier, plus grand heur attendant ».
Pardonnez moy de grâce, o mon seigneur,
Car d'obeyr presque j'estois contrainct
A cest aveugle enfant, Amour vinqueur ;
Mais vostre bon conseil si m'ha refrainct
Et ha estaingt la flamme dans mon cœur *.
Tradiicllon.
Già lo mio cuor Gupido haveva acceso,
Già colle sue saëtte erai ferito,
Quando per consigliarmi a voi son ito.
Giedo cbe l'inlendeste ch'erai ofleso
Et ch'era lo cuor mio quasi preso
Quando diceste a me : « Figliol, va lenio
« A questa impresa et guarda d'esser spento
« De gl'inganni d'hymen. M'hai inteso?
a Aspelta, ch'io spero ch'in questo meso
« Venà la tua fortuna. » Oimè, signore,
Perdonate, ch'io quassi erai costretto
Di ubidir al giovan cieco Amore ;
Ma lo vostro mirabile et discreto
Gonsiglio ha ben guarilo lo mio cuore -.
Le jeune poète était lié avec Odet de Tournebu, de quatre
ans à peine plus âgé que lui. Quand celui-ci mourut, il fut au
1. Le sonnet français présente diverses ratures qui prouvent qu'il est
autographe.
"2. Bibliulh. nat., ms. lat. 8U3, fol. 39. — Le sonnet italien est d'une
écriture qui diffère assez sensiblement di; l'écriture du sonnet français
mais qui paraît être pourtant de la uiénie main.
II. - 12.
i78 XL. — MCOLAS AUDEBERT.
nombre des auteurs qui pleurèrent sa perte. Germain Audebert
avait écrit des vers latins ; Nicolas écrivit aussi des vers latins,
mais il y joignit un sonnet italien qui se recommande naturel-
lement à notre attention et que nous ne devons pas manquer
de reproduire :
771 morte del signore Odone Turnebo, amico suo dlletlissimo.
Le Muse haviam pur viste, in fonte chiaro
Gangiati gli ochi, anzi i bei lumi spenti,
Per valli el monti empir l'aere d'accenii,
D'angosciosi sospiri et pianto amaro ;
Et come madré l'unico suo caro
Et geme et chiama, esse a gli isnelli venti
Mandar sin suso al ciel gridi el lamenti
Poi c'havean perso un spirto altero et raro.
Perché dunque il mio Odone, honore et speme
Di Parnasso, da lor n"è pianto anchora
Vedendose di tanla gioia prive ?
Questo è perché o morendo anch'esse insieme
Con lui moriron, o se pur vivono hora,
Egli morto non è, ma tra lor vive.
NicoLo AuDEBERTO, Oflienese *.
Nous ignorons si Nicolas projeta jamais un grand ouvrage ;
nous ne connaissons de lui que de petites pièces qui témoignent
de sa facilité, mais qui nous le montrent inférieur à son père.
Devenu, en 1582, conseiller au parlement de Brelagne-, il
s'unit aux principaux poètes du temps pour déplorer la mort
de Christoplie de Thon ^ En 1583 et en 1585, il joint quelques
vers aux poèmes composés pnr Germain \ En 158 1, il prend
1. Olhonis Turnebi Tumultis. 1582. fui. 17 \°.
2. Il y fut reçu le 17 .loùt \tt>il Vuy. Liste, 1725. in-8, p. 20.
3. V. amjdissimi Chrislophori Tuuni Tumiiliis, 1583. p. 65.
4. r.tcutil de 1GU3, pp. 121J, 134, 190.
XL. — NICOLAS AUDEBERT. 179
part au tournoi poétique dont la main d'Estienne Pasquier
fournit l'occasion'. Plus tard, il adresse encore des pièces
encoraiastiques à Scévole de Sainte-Marlhe ^ et à Charles de
Massac^
A ses connaissances variées, à son talent de poète, Nicolas
joignait une remarquable habileté de calligraphe. Nous avons
sous les yeux un manuscrit qui contient les deux poèmes de
Germain Audebert sur Venise et sur Rome et les pièces qui y
sont jointes d'ordinaire \ Ce manuscrit, remarquablement
exécuté en jolies lettres italiques et où les vers grecs, en par-
ticulier, sont transcrits avec une élégance peu commune, est
l'œuvre du fils du poète, comme nous l'apprennent les vers
suivants placés au y" du dernier feuillet :
Contulit huic parvo nalusque palerque labori,
Nempemaiium natus, sed pater ingenium.
Fabricii ResecI Bononiensis, viri doctissimî, Dlstichon ^.
Mirari quivis, imitari nemo valebit,
Cum nati dextram, tum patris ingenium.
1. La Main. . . de Eslienne Pasquier, 158i, fol. 37 V, 4.3.
2. Eli tète des Poëinata de Se. de Saiiite-iMarthe, 1596.
3. En tête des Fontenes de Fouijues, de Cliarles de Massac, éd. de 1605.
4. En comparant le manuscrit à l'édition de 1603, on constate qu'il con-
tient tontes les pièces contennes dans 1 imprimé à partir de l'épître au doge
Niccolô Da Ponte (fol. *4 v") jusqu'à la p. 139, à l'exception de l'ana-
gramme Respublica Venetovum, etc., (fol * 61, des deux distiques qui
accompagnent cet anagramme, et des sept distiques de Pietro .Angeli da
Barga (fol. *8 vo). Dans plusieurs endroits, des pièces ont été rapportées
àans le manuscrit pour permettre des suppressions ou des additions ; mais
il a été tenu compte de ces remaniements dans le texte imprimé.
Le volume transcrit par Nicolas Audeliert est revêtu d'une très riche
reliure en maroquin olive, à compartiments et à rinceaux dorés, dans le
genre des reliures que l'on attribue aujourd'hui, sans preuves, aux Eve.
il fait partie de la bibliothèque de feu le baron James de Rothschild et
provient de la collection de Waller Sneydon.
5. Fabrizio était probablement fils d'Orazio Resecco. d'Imola, qui avait
été reçu docteur en philosophie et en médecine à Bologne, le 4 tuai 1542,
et qui avait fait en 1544-1545 un cours de logique à l'Université de cette
•180 XL. — MCOLXS AUDEBERT.
Le volume dont nous parlons n'est pas le seul spécimen qui
nous soit resté du talent de Nicolas. Un beau manuscrit de la
Borna de son père, manuscrit qui fut envoyé à Rome, sans
doute pour être offert au cardinal Farnèse, est également sorti
de sa plume. Cette cojàe, aujourd'hui à Naples (V. E. 42), est,
dit M. de Nolhac, « un chef-d'œuvre de la calligraphie fran-
çaise au xvF siècle. Les encres d'or et de couleur apparaissent
à chaque instant. A la fin sont plusieurs pièces composées
par les amis de l'auteur sur la magnifique écriture de son
fils (ce sont les pièces que nous venons de signaler)^ ». Fulvio
Orsini possédait du même poème un autre manuscrit de
format in-folio, « coperto di corame rosso- ».
Germain Audebert mourut, à l'âge de 78 ans, le 24 dé-
cembre 1598. Son fils ne lui survécut que cinq jours. Tous
deux furent enterrés au cimetière de Sainte-Croix d'Orléans ^
ville (Srrarmo Mazzetli, lieperlorio di tutti i professori antichi e modenii
délia famoaa Università... di Dologna, 1848, in-8, p. 262, n» 2013).
On peut supposer que Nicolas Audebert avait fréquenté les cours d'écri-
ture faits à l'Université de Bologne par Senipronio Turclii (de 1527 à
1580) et par Giaconio Filippo Alessandrino (de 15i0 à 1576).
1. Pierre de Nolhac, La Bibliothèque de Fulvio Orsini, 1887, p. 67.
2. Ibid., p. 398.
3. L'épitapiie commune du père et du fils a été reproduite par INiceron,
Mémoires, XXIV, pp. 86-88.
XLI
PIERRE JOULET
Les recherches faites par M. Coyecque sur la famille Jonlet '
nous permettent d'en donner la généalogie au xv° et au
xvi° siècle.
Thomas Joulet, seigneur de Bélival en Picardie, Beaurain et
Beaurainel-lès-Guessard, qui était, au commencement du
xv^ siècle, homme d'armes de la compagnie du maréchal
d'Erquerdes, eut, de X. de La Grue, un fils appelé Pierre.
Pierre 1°'", marié à Jacqueline de Blaseul, fut le père de
Pierre IL
Pierre II, ruiné par les guerres, obtint de Charles de Bour-
bon, duc de Vendôme, l'intendance de sa baronnie de Rosny-
sur-Seine. Il put ainsi se relever et acquérir la seigneurie de
Chastillon (commune de Rosny). Il eut de Claire d'Arqués,
Pierre III, qui suit.
Pierre III, marié à Jeanne Chaudron, s'établit à Mantes, et
s'y livra au commerce, en sorte quil perdit la qualité de
noble. Il mourut avant 15G2, laissant cinq fds qui, le
13 juin 1577, furent rétablis dans les droits et prérogatives de
la noblesse, savoir :
1" Antoine, qui fut seigneur de Chastillon, conseiller au
Châtelet et maître des requêtes de la reine-mère. Antoine fut
chargé, en 1566, de poursuivre les malversations commises
1. Bulletin de la Société de l'histoire de Paris, XVII (1890), pp. 164-167.
182 XLI. — PIERRE JOULET.
dans les finances, et fut alors victime de plusieurs tentatives
d'assassinat. 11 fut même grièvement blessé, et le roi dut le
prendre sous sa protection spéciale '. Il vivait encore le
9 février 1588 -. Sa femme, iMarguerite Versoris, mourut avant
le 25 juillet 1601.
2' Jean, qui était en 1576 et 1577 lieutenant général civil
et criminel au bailliage et siège présidial de Mantes.
3^ Pierre IV, qui fut lieutenant général au bailliage de
Dreux et qui vivait en 1383. Celui-ci eut une fille, Maguelonne
Joulet, qui épousa Raoul Coulon, écuyer, également lieutenant
général au bailliage de Dreux.
A'^ Laurent, cité en 158.i.
5° Nicolas, qui fut homme d'armes dans la compagnie de
Vassé, et mourut avant le 13 juin 1577.
Antoine Joulet, le maître des requêtes, eut deux fils :
Pierre V, à qui est consacré cet article, et François.
Pierre Y Joulet naquit vers 1545. Dans un acte du 13 sep-
tembre 1568, il est qualifié contrôleur des domaines du roi à
Mantes. Il devait avoir alors 2-2 ou 23 ans et être revenu
d'Italie après y avoir terminé ses études. Voici le sonnet
consacré par lui à la mémoire d'Odet de Tournebu ^ ;
Luci che già sete spoglie di morte.
Se s'inlend' o vede dal stigio lido
Il gran lamente d'un amico fido,
Ecco i pianti di mia dura sorte.
Sciocco il pur vaneggio ? che benchè forte
Sia il lamente mio, molle mio grido.
Non s'intend' o vede la giù le stride
Di chi mère di tue hore si certe.
1. Voy. les jptlres royales du 7 aoûl 1566, dans les Mémoires de Condé,
1743, I. p. 167.
2. Bibhotli. nal., ras. fr. 28 073, dossier 36 579, art. 10.
'à. Voy. ci-dessus, p. 151.
XLI. — PIERRE JOULET. 183
Ahi, Morte cruda, poichè con la vita
Il sentir et l'udir fugg' a gran passi,
Perché sla fermo in me il mio martire?
Non me ne dolgo, che m'è più gradita
La pena mortale et i gridi cassi
Che non tu fu gradilo il suo finire.
Pierre écrivit ensuite un roman, dont le sujet était emprunté
à La Gerusaiemme liberala :
Les Amours d'Armide par P. Joulet, sieur de Chastillon,
A Langres, Par P. delà Roche, 1597. In-12. (Cat. Giraud, 1855,
n° 1937.) — A Paris, Chez Abel L'Angelier, 1598. In-12. (Cat.
Béhague, 1880, n° 959.) — A Parit, Chez Abel L'Angelier,
160O. In-1-2. (Cat. Pompadour, 17G5, n» 1526.) — A Rouen,
Chez Pierre Valentin, s. d., in-12. (Brunet, III, col. 577 ; Cat.
Béhague, 1880, 2« partie, n» 532.)
Il composa aussi un roman mystique :
Les Amours spirituels de Psiché. Au Roy. Par P. Joulet,
sieur de Chastillon. [A Paris,] Chez Abel L'Angelier, 1600.
In-I2. (Biblioth. de Rennes, Th. 1649; Catalogue Béhague,
2° partie, n» 533.)— A Paris, Chez Abel L'Angelier, 1606.
In-12. (Biblioth. nat., Inv. Y- 9795 et 44350.) — A Paris, Chez
Abel L'Angelier, 1608. In-12. (Biblioth. nat., Inv. Y^ 686 t.)
Citons encore une œuvre de morale :
Défense de l'Inconstance, faicte par Pierre Joulet, escuyer,
sieur de Chastillon. Reveue et corrigée parluy. A Paris, Chez
Abel UAngelier, 1608. In-I2. (Biblioth. nat., Inv. Y2 6870.)
Nous ignorons la date de la première édition.
En 1612, Pierre Joulet est qualifié gentilhomme près la per-
sonne du roiV II vivait encore le 16 juillet-; mais il mourut
avant le 3 janvier 1621. Il avait épousé, en premières noces,
1. Biblioth. nat., ms. f. 28073, dossier 36579, no -24.
2. Ibid., n" 31.
184 XLI — PIERRE JOULET.
Jeanne Jacquet, veuve de François Le Cirier, président des
enquêtes au parlement, et, en secondes noces, Margnei ite de
RelTuge, Cette dernière vivait encore le 19 janvier 16U.
François Joulet, frère de Pierre, naquit vers 1550. Le 3 août
1593, il fut nommé aumônier du roi. Il devint ensuite chanoine,
puis doyen d'Évreux, et fut pourvu, le 3 janvier 1602, de la
charge de prédicateur ordinaire du roi. Peu de temps après,
Nicolas de Briroy, évêque de Coutances, le choisit pour coad-
juteur avec succession future. Le choix fut approuvé par le roi
le 31 mars 1G03.
François cultiva les lettres comme son frère ; mais ses
ouwages sont d'un genre un peu dilférent. On a de lui :
Trois Harangues de Ciceron, traduicles du latin en françois
par François Joulet, sieur de Chastillon. A Paris, Chez Abel
rA7îgelier, 1507. In-12. (Biblioth. nat., Inv. Rés. X 2i2G.)
Le premier Livre de l'Orateur de Ciceron, traduit par Fran-
çois Joulet, sieur de Chastillon. A Paris, Chez Abd UAngelier,
1601. In-12. (Biblioth. nat., Inv. X 17067.)
XXVI Homélies de S. Jean Chrysostome, traduicles en
françois par François Joullet, sieur de Chastillon, chantre et
chanoine d'Evreux. A Paris, Chez Abel VAngeller, 1604. In-12.
(Cat. Lignerolles, 1894, I, n» 119.)
Six oraisons de Ciceron, avec une sommaire exposition du
suject de chacune d'icelles, par François Joulet, sieur de
Chastillon. A Paris^ De V Imprimerie de Robert Eslienne, 1009.
In-8. (Biblioth. nat., Inv. Rés. X 2427 et X 22722'.)
François s'intéressait spécialement à la théologie. Par acte
du 8 janvier 1623, il fonda au collège de Navarre « une chaire
i. L'Estoile raconte (éd. Jouaiist, X, p. 77) que, le 18 novembre 1609,
Hobert tstieiine lui donna un exemplaire des Six Oraisons. Les éditeurs
modernes ont imprimé : François Joubert, au lieu de François Joulet.
XLI. — PIERRE JOULET. 18o
de lecture et de controverse contre les hérésies et le schisme »,
fixant à G50 livres le traitement du titulaire.
Dans le courant de la même année, par actes des -i, 6 et
12 juillet, il disposa de la plus grande partie de sa fortune,
qui était relativement considérable, en faveur du noviciat des
Jésuites, des Pères réformés de l'ordre de saint Dominique,
de l'hôpital de la Charité et de l'Hôlel-Dieu de Paris. C'est à
Poccasion de cette dernière donation que M. Coyecque, recti-
fiant un travail antérieur de M. Brièle, a donné une généalogie
des Joulet, à laquelle nous avons emprunté la plupart des ren-
seignements biographiques qui précèdent.
François testa le il novembre 1625, et institua l'IIôtel-Dieu
de Paris son légataire universel. Il mourut le 30 septem-
bre 1627.
XLII
JEAN DE BOYSSIERES
Jean de Boyssières, originaire de Montferrand en Auvergne,
nous apprend lui-même qu'il élait né au mois de février 15o5'.
Il est probable qu'il termina ses études en Italie ; cependant
nous ne savons rien de précis sur ce point. Au sortir de
Técole, il abandonna la jurisprudence, renonça aux fonctions
publiques qu'il avait ambitionnées et trouva un asile dans la
maison du duc de Mercœur. Dès lors, il se consacra tout entier
à la poésie. Il n'écrivit que des vers, le plus souvent fort
médiocres. Les ouvrages de lui qui nous sont connus sont les
suivants :
1 . Les premières Œuvres amoureuses de Jean de Boyssières,
Montferrandin. A Monsieur, duc d'Anjou, fds de France et
frère unique de roy. A Paris, Pour Claude de Montreuil, à la
court du Palais, au nom de Jésus, et François Taber [sic], sur
la graud'arche du puni aux Musniers, près l'horloge du Palais,
1578 In-12 de loO ff. chiffr., 5 ff. de table et 1 f. blanc.
(Biblioth. nat., Inv. Ye. 3018; — Biblioth. munie, de Ver-
sailles, E. 485 c. — Cf. Bull, de la librairie Morgand, 1880,
n" 6i90.)
1. Jean ne doit pas être confondu avec le Dauphinois Claude de Bois-
■sière, l'auteur de VArt poétique (1554) et de différents traités de mathéma-
tiques.
i88 XLII. — JEAN DE BOYSSIÈRES.
2. Le Discours d'un cas effroyable et advanture estrange
advenue à un laquais du Louvre le XIX. jour de mars 1578.
Avec deux oraisons pour se garder des surprises de l'ennemy.
et une autre en forme de confession. A monsieur Leluau,
Auvergnat. A Paris, Par Nicolas Poncelet, rue Judas, à lOye
gui ne court plus, 1578. In-8 de 8 ff. {Bull, de la librairie Mor-
gand, 1880, noC491.)
3. Les Regrets et Lamentations de très -haute princesse
Ysabel d'Austriche sur le trespas de madame Marie, fille de
France. Par J. de Boyssieres, de Mont-Ferrand en Auvergne.
A Paris, Pour Claude de Monlrueil, en la court du Palais, au
nom de Jésus, et François Taberl, sur la grande arche du pont
aux Musniers... [1578]. In-8 de 15 ff. non chiffr. et 1 f. blanc.
(Biblioth. nat., Inv. Ye. 3G19; — Musée Condé à Chantilly.)
4. Les secondes Œuvres poétiques de J. de Boyssieres, de
Mont Ferrand en Auvergne, dédiées aux princes de l'illustre
sang de France. Meslanges. A Paris, Pour Jean Poiipy, à la
Bible d'or, rue sainct Jacques, 1578. In-4 de 4 ff. lim. et 76 ff.
chiffr. (Bibliolh. nat., Inv. Ye. 512 et Ye. 935 Rés.)
5. Sonnet en tète des Œuvres de Clovis Hesteau, sieur de
Nuisement (1578), fol. i ij.
G. Quatrain en tète du Premier Livre des po'èmcs de Guil-
laume Belliard {1578j.
7. Les troisesmes Œuvres de Jean de Boyssieres, de la ville
de Montferraii'l en Auvergne A Monsieur le duc de Mercœur,
son Mecœne. A Lyon, Pour Loys Cloquemin, 1579. — [A la
fin :] Imprimé par Thibauld Ancelin, 1579. In4 de 8 ff. lim.,
80 pp., 51 pp., 56 pp., 32 pp. et 6 ff. de table.
Ce recueil contient une Continuation des premières œuvres,
des Prières spirituelles,, etc. (80 pp.), une Continuation des
secondes œuvres (51 pp.), La Doyssieie (24 pp.), UEslrille et
Drogue au quereleux pédant ou régent du collège de Clermont
XLII. — JEAN DE BOYSSIÈRES. 189
en Auvergne^ jadis farceur de Reims en Champaigne [32 pp.),
Le second Chant des Chanls de Loys Arioale, à monsieur Pigeon
(32 pp. cotées 25-56). ;Bibliotli. nat., Inv. Ye. 513; —
Biblioth. de la ville de Lyon, 317422. — Cf. Baudrier, Biblio-
graphie lyonna'se, IV, p. 51.)
8. Vers en tête des OEuvres et Meslanges poétiques de Pierre
Le Loyer (1579).
0. Vers à Gabriel Chappuis en tête du Parfait Courtisan,
traduit de Baldassar Castiglione (1579 et 1585).
10. L'Arioste françoes de Jean de Boessieres, de Montferrand
en Auvernie.. . Premier volume. A Lyon, De ^imprimerie de
Thibaud Ancelin, 1580. In-8 de 8 fï. lim., 327 pp., 3 ff. non
chiffr. et 1 f. blanc. (Biblioth. nat., Inv. Yd. 2295 et Ye. 1851
Rés. — Cf. Baudrier, Bibliogr. lyonnaise, III, p. 149.)
11. Sonnet en tète de VAnacrise, ou parfait Jugement des
esprits, traduit de Juan Iluarte par Gabriel Chappuis (1580'.
12. Les Œuvres spirituelles de Jean de Boyssieres, escuyer.
A Lyon, De rimprimerie de Thibaud Ancelin, 1582. In-8.
{Suppl. au Manuel du Libraire, I, 1G7.)
13. Croisade de J. de Boissieres, escuyer, sieur de La Bois-
siere. A Monsieur de Boissi, conseiller du roy. .4 Paris, Chez
Robert Le Fizelier (ou Pierre Sevestre], 1584. In-12. (Biblioth.
de Versailles, I, 486. c ; — Biblioth. de l'Arsenal : Cat. La
Vallière, IV, n» 15718.)
14. Sonnets sur les nom et passion de Jesus-Christ. Par
Jean de Boyssieres, escuyer. A Paris, Chez Laurent Du Cou-
dret, 1585. In-8. (Suppl. au Manuel du Libraire, I, 166.)
lo. L'Arioste françois, par J. D. B. .. A Lyon, Par Thibaud
AnceUn, 1608. In-8.
Édition de 1580, dont le titre seul a été changé. (Biblioth.
nat., Inv. Yd. 2296.)
190 XLII. — JEAN DE BOYSSIÈRES.
Nous ne savons rien de Jean de Boyssières après 1585, et
nous sommes porté à croire qu'il ne survécut pas longtemps à
la publication des Sonnets. Tous ses ouvrages nous montrent
un auteur doué d'une grande facilité, mais ne s'élevant pas
au-dessus du médiocre. Le principal intérêt des recueils
de 1578 et 1579 vient du grand nombre de noms qui y sont
cités. Boyssières avait en effet beaucoup d'amis avec lesquels
il échangeait des vers, et qui tous lui témoignaient une haute
estime.
Le poète auvergnat avait voulu traduire en vers tout le
Furioso. Il fit imprimer lui-même en 1579 le second chant.
Pendant un voyage qu'il fit en Piémont au cours de l'an-
née 1580, il confia ses manuscrits à un ami, M. Pigeon, qui y
trouva trente-six chants déjà mis au net, et fit imprimer les
douze premiers, sans y rien changer, respectant même l'ortho-
graphe singulière de l'auteur. Ce M. Pigeon, à qui est déjà
dédié, en 1579, Le s^'cund Chant, pourrait bien être un fils
d'Emmanuel-Philibert de Pingon, conseiller d'État et référen-
daire du duc de Savoie, né en 1525, mort en 1582, et dont
nous possédons divers ouvrages ^
Parmi les pièces placées en tête de VArioste français, on
remarque un quatrain adressé par Jean de Boyssières à son
amie Silvia, la belle qu'il avait chantée dans ses Premières
Œuvres. Bien que ce quatrain soit détestable, il donne au
poète le droit de figurer dans notre galerie des Français italia-
nisants. En voici la reproduction :
A Sllvki, diva sua.
Silvia, il foco my brugiù tan le il cuore
Che più non posso far schermo all'amore,
1. Au \"> (lu titre du Second Chant le nom est écrit Pinglion et non
Pigeon. — LouIn de Pingon fils de Philibert, se pi(|iiait de faiie des vers. On
trouve une é|)igr;imnie latine signée dr lui en tèle de VAugusta Taurinontm
de son père (Aug. Taurin., 1577, in-ful., p. 7).
XLII. — JEAN DE BOYSSIÈRES. 191
E sono dentro tanto et tanto infiamato,
Che corne Orlando venerô forcenato.
GlOVANNE DE BOtSSlERO'.
Nous dirons, à la décharge de Boyssières, que ses vers fran-
çais ne valent guère mieux.
1. Arioste françnes^ 1580, fol. 5.
XLIII
CLAUDE DU VERDIER
Nous venons de parler de V Ariosle françoes de Jean de Boys-
sières, publié en 1580 ; en tète de ce volume, on lit le sonnet
suivant :
Sonetto in lande di Boesserio,
composlo per Claudio Del Verdier, Foresiano.
Lo spirto ch'il divin Tosco Ariosto
Rapi si alto, acciô run l'altro emisfero
Di Palladin' di Francia il nome altero
In Toscana favella udisse esposto ;
L'islesso spirto inalza hor di nascosto
Con le ali in aria* l'unico Boesserio,
Aeciô di essi in parlai' non più straniero
Canti, in mezzo del ciel et terra posto.
Hor donne, cavalieri, arme et amori,
Da un si lungo essilio ritoruati,
Renderem- gralie al vostro chiar poeta.
Voi, Muse, ornate delli verdi allori,
D'hedere fresche et di mirti odorati
Le sacre tempie del vostro profeta^.
1 . Iinpr. cei ia.
2. [iiipr. Reiiderpii.
3. LArioste françoes de Jean de Boessieres de Monferrand en
Auvernie, avec tes argumans et allégories sur chacun chant. Premie'r
volume 'A Lyon, De l'imprimerie de Tliibaïui Aiicelin, 1380, iii-8), 2- f. lim,
n. - 13.
194 XLIII. — CLAUDE DU VERDIblR.
Claude était le fils aîné du ])ibliographe Antoine Du Yerdier,
seigneur de Vauprivas, et d'Agathe Des Gouttes. M. Tabbé
Heure, qui a consacré au père une très intéressante notice',
a étudié aussi la vie du fils, et nous n'avons qu'à résumer ses
recherches '.
Claude Du Yerdier avait dû naître en 156i\ Ce fut presque
un enfant prodige. Avant même d'avoir terminé ses études, il
eut la prétention de tout savoir, même l'italien. En 1581, au
moment où il publiait un recueil de vers latins, il était à
Paris, sans doute pour y suivre les cours de l'Université \ En
4582. il était à Bourges, et comptait parmi les disciples de
Cujas^ En 1584, au moment où parut La Bibliothèque fran-
çaise d'Antoine Du Yerdier, Claude était à Bologne et y conti-
nuait ses éludes juridiques ^ Il revint à Lyon vers 1585 ; il y
était du moins de retour en 1580, quand éclata la terrible
peste qui emporta sept des enfants d'Antoine Du Yerdier. D
fut le seul des fds qui survécut à la contagion, et, avec les
deux sœurs qui lui restaient, il suivit son père et sa belle-
mère, Philippe Pourrai, dans la maison que ceux-ci allèrent
habiter à la montée du Gourguillon. Quand la malheureuse
ville de Lyon fut délivrée de l'épidémie, Claude exerça la pro-
fession d'avocat en la sénéchaussée et siège présidial. Au
mois de décembre 1588. il fut pourvu d'une charge relative-
ment imporlante. Des lettres de Henri lî, datées du M de ce
1. Voy. Le bibliogi.-iplift Anloiiip Du Venlier ilo4i-l600). par l'abbé
Reure, docteur es leltres. / ans, Alphonse Picard et fils, 1N97. Iii-S de
68 pp. (Extr. de la Bévue du Lyimnais, juillet 1897.)
2. L'écrivain Claude Du Venlier (15Gô- iLiV,* . p.ir l'abbé Reure. docteur
es lettres. Lrjon, Imprimerie Muugin-Rusand, Wallener et C.^^ sucr/^,
1901. Iu-8 de 43 pp. (Kxtr. de la Revue du Lijonnais, janvier-mars 1901 )
3. Claude dit, à la fin des vers enconiiasliques composés par lui pour
Pierre Grégoire, en 1582, qu'il avait à peine dix-huit ans.
4. Cl. Verderii Peripelasis. I.j8l. p. 181.
5. Pièce liminaire dans la Terlia Pars uc poslreiiia Sijn'agmalis jiiris
universi, de Pierre (irégoire, 1582.
6. Aut Du Verdier. Bibliothèque, éd. Iligoley de Juvigny, I, P- 380.—
Ce fut à lioliigne que Claude composa une épigramme sur la mort du comte
Giovanni Pe| oli {Phaselus Catulli, etc., Lugduni, 1593, in-i2, p. 134-).
XLIII. — CLAUDK DU VERUIER. 195
mois, lui conférèrent « l'estat et office déconseiller etadvocat
du roy en ladicte seneschausée et juridiction de la conservation
des privilleges des foires, visiteur des gabelles, maistre des
portz et maistrise particulliere des aues et forestz ' ». L'assas-
sinat des Guise, la mort du roi, et le triomphe des Ligueurs
à Lyon empêchèrent le jeune magistrat de prendre posses-
sion de son office ; mais il faut croire qu'il donna des
gages au parti catholique, car il obtint du duc de Mayenne, le
31 décembre 1592, des lettres de surannation, et fut reçu par
la cour le 13 avril suivant -. Il ne profita pas longtemps de la
faveur du chef de la Ligue. Après le triomphe du parti
royaliste, il dut résigner son office, et Alexandre Buliioud en
fut pourvu par lettres du 11 avril 1596 ^ Dès lors, la vie de
notre auteur, vie qui devait durer encore plus d'un demi-
siècle, se passa dans une triste obscurité.
Claude avait épousé, entre 1588 et 1591, Bonne Du Rocher,
dame de Mauriac, fille de Jacques Du Rocher et de Françoise
Du Verdier, d'une ancienne famille du Velay^ A la mort
d'Antoine Du Verdier, son père (25 septembre IGOO), il paraît
avoir hérité d'une assez belle fortune; mais, en peu d'années,
il perdit la plus grande partie de son patrimoine. Des procès
malheureux achevèrent sa ruine. Au mois de mai 1605, les
beaux meubles, les tapisseries précieuses qu'avait réunis
l'auteur de La Bibliothèque française furent dispersés au gré
des enchères. Claude dut vendre aussi sa maison de Beaure-
gard, sur la montée du Gourguillon. Dès lors il ne résida
plus à Lyon. Il se retira au château de Beauregard et cessa
de cultiver les lettres. Il mourut complètement oublié, vers
la fin de 1649 ^
Claude Du Verdier se promettait d'étonner le monde par
1. L'altbé Reure, Claude Du Verdier p. 1:2.
2. Ibid., p. 13.
3. Ibid., p. 14.
4. Tous deux sont représentés dans une fresque exécutée vers 1630 dans
la chapelle du chàte;iu de Vauprivas. Voy. les Peintures murales du Moyen
Age et de la Renaissance en Fore^ (Monlbrison, 1900, gr. in- ).
5. Son testament est du 25 novembre 1649. Voy. Reure loc. cit.^ p. 20.
196 XLIII. — CLAUDE DU VERDIER.
son savoir universel ; il se permit, en 1586, à l'âge de vingt-
deux ans, de publier un ouvrage où il censurait une foule de
grammairiens, de poètes, d'historiens, de dialecticiens, de
rhéteurs, d'orateurs, de jurisconsultes, de mathématiciens,
de médecins, de théologiens. Cette prétention le rendit ridi-
cule aux yeux de tous. Il dut se borner, par la suite, à publier
ou à recommander les ouvrages des autres.
Voici celles de ses productions qui nous sont connues :
1. Le sonnet italien adressé à Jean de Boyssières (1580).
2. Cl. Verderii Peripetasis epigrammatum variorum latius
oratione soluta expressorum. Ejusdera bombycum Metamor-
phosis, Ecloga cui litulus Aphtarques et alla Poëmatia. Ad
clarissimum virum Antoninm Verderium, dominum Vallispri-
vataeet Luriaci, régis consiliaiium, Aerarii apiid Lugdunenses
antigraphaeum, patrem suum colendiss. Parisiis, Apnd
Maihurimim P)'evost, sub Sculo veneto, e reijione D. Joannis
Laleranensis, 1581. In-8 de 18:2 pp. et 1 f.
Bibl. nat., Inv. Yc. 8748 ; — BriLish Muséum, 1213, f. 2 (3).
Diverses pièces tirées de la Peripetasis ont été insérées dans
les Delitiae C. poetavum gallorum (Francofurti, 1609. 3 vol
in-12), III, pp. 1128 et suiv.
3. Pièce latine en vers hendécasyllabiques imprimée en tète
des Images des dieux, traduites de Vincenzo Cariari, par
Antoine Du Verdier (A Lyon, Par Barthélémy Honorât, 1581,
in-i).
Baudrier, Bibliographie lyonnaise, IV, p. 141.
A. Pièce latine, composée de 26 vers phaleuques en tête
de : Pétri Gregorii, doctorisTholosani, Terlia Pars ac postrema
Suntagmatis jnris nniversi (Ludguni, Ant. Grypliius, 158^,
in-8).
On lit à la fin de cette pièce : « Glaudius Verderius, Bituri-
XLIII. — CLAUDE DU VERDIER. 197
gibus jurisprudenliae dans operam, vixduin annos XVIII
natus, hos phaleucos versus, patris mandato et jussu, in gra-
tiam clariss. Pétri Gregorii, juris utriusque docloris, con-
texerat. »
Reure, loc. cit., p. 36.
5. Pièce latine en vers liendécasyllabiques à la fin de La
Chiave del Calendaro gregoriano del R. M. Hugolino Marlelli,
vescovo di Glandeva (in Lione, 1583, in-8).
Notre bibliothèque.
6. Discours contre ceux qui par les grandes conjonctions
des planettes qui se doivent faire ont voulu prédire la fin du
monde devoir leur advenir, servant d'introduction au premier
des Mondes de Doni.
Discours en vers qui occupe 7 pages en tète des Mondes
célestes, terrestres, et infernaux . . . lirez des œuvres de Doni,
Florentin, par Gabriel Chappuis, Tourangeau (A Lyon, Pour
Barthélémy Honorât, lo83, iu-8). Voy. Baudrier, IV, p. 145.
7. Huit poèmes français intitulés : Le Luth, Rien, La
Blanqiie, La Beauté, L'Honneur, Le Lien, Le Centre, Le Point.
Claude avait composé ces pièces avant 1584. Son père a
inséré les deux premières dans la Bibliothèque (édition Rigoley
de Juvigny, I, pp. 381-392).
8. In auctores pêne omnes, antiquos potissimum, Censio,
qua receptissimorum quorumque grammaticorum, poëtarum,
historicorura, dialecticorum, rhetoium, oratorum, juriscon-
sultorum, veterum et recentium, philosophorum, mathemati-
corum, medicorum et theoiogorum errata quaedam deprehen-
duntur. Claud. Verderio, Ant. fil., auctore. Lugduni, Apnd
Barlholomaeum Honoralum, 1586. In-4 de 187 pp. et 1 f.
Ce recueil est dédié au premier président du parlement de
Paris, Achille de Harlay. Voy. Baudrier, Bibliogr. lyonn.,
IV, p. 154. Il eu existe une seconde édition : Parisiis. Apud
Barth. Macaeum, 1609, in-4 .
198 XLIII. — CLAUDE DU VERDIKR.
Les critiques imprudentes et ridicules de Claude Du Ver-
dier suscilèrenL contre lui une indignation générale. Un
auteur anonyme publia aussitôt une réponse indignée, inti-
tulée Aniicaton. Cette réponse ne se retrouve plus aujour-
d'hui, tandis que Ton possède la réplique suivante, à la
publication de laquelle Claude ne fut certainement pas
étranger :
9. Defence pour l'Aucteur de la Cension contre l'Anticaton,
Tov XaOpooixvTjV, vuxTtXaTpatôcpayov, vuxraTcxTa'jrXâYtov >cac oo^o-
{jLaT«!0(7Cf.ov. Par Pierre Brun de Vercel. A Lyon, Pour Claude
Michel, 1587. In-8 de 8 ff. et 1 1 1 p.
Si la Dejence n'est pas tout entière l'œuvre de Claude, on
peut du moins lui attribuer les 27 épigrammes latines conte-
nues dans les liminaires.
La Censio a été très sévèrement jugée par Vossius [Coni-
mentarii rhetorici, sive Instilutionum oratoriarum Libri VI,
Lugduni Batavorum, 1606, libr. IV et V), et surtout iiar
Kaspar Schopp, ou Schioppius, dont les observations sont
imprimées avec les Casta Carmina de Catulle, recueillis par
Raph. Eglin (Francofurti, 1606, in-12)el se retrouvent dans la
Nova librorum rariorum Conleciio de GroseupOus, I (1709,
in-8). Schopp appelle Du Verdier « omnium bipedum inep-
tissimus ».
10. Vers grecs et latins en tète de ; Summa consliliilionum
summorum ponliftcuni. . . comineuiariis illuslrala per Pelram
Malthae um {Lugdmn, V. Landry, 1588 [ou 1589]. in-4).
Baudrier. V. pp. 3-21, 326.
11 . Épigramme latine en quatre vers en tète du traité inti-
tulé : Oeconomia cnnoiiica de sarroram caUwlicae Chrisli fami-
liae minialiorum officlo... mielore P». P. F. Petro de Bollo
(Lugduni. P. Landry, 1587 [ou 1588], in-4).
Baudrier, V. p. 326.
12. Oiialre distiques latins en tète du Typas omnium scien-
tiaruni el, pracscitini llieobgiae sckoUisUcae. . . nulhore rêve-
XLIII. — CLAUDE DU VKRDIEB. I 'J9
rendo paire F. AeguHo Moncurlio, sacrae theoloyiae ac huma-
narum iviiuni professore subtillssimo Liigduni, apudJoanneiii
Veyrat, 1591, in- 8;.
Baudrier, BMiographie hjonnalsc^ IV, p. 399.
13. Lusus, De artiilcio epiyraiiiinalis Disquisilio, Epigram-
mata quaedam, partim ex graeco translata.
Ces pièces sont imprimées à la fin du volume suivant -
Phaselus Calulli et ad eam quolquol exiant parodiae (LugLluni,
Apud Thom. Soubron ; excudebat Steph. Servain, 1593,
in-l2). Les épigrammes de Du Verdier commencent à la
p. 115. La Dinquisilio occupe les pp. 152-168.
Biblioth. nat., Yc. 13264. — Cf. Baudrier, Bibliographie
lyontuiise, IV, p. 356.
14. Épigramnie latine en quatre vers entête du Discours de
la vérité des causes et effets des décadences, mutations, change-
ments, conversions et ruines des monarchies, par Claude Duret.
Bonrbonnois, conseiller et avocat à Moulins (à Lyon, par
Benoist Rigaiid, 159i, in-8).
Baudrier, Blbliograplàe lyonnaise, III, p. 432.
IG. Pièce latine en tète de : De niniis licenliosa ac liberaliore
sanguinis missione... brevis Traclatio, auclore Jacobo Pons,
D. medico Lugihmensi (Lugduni, apud Paulum Frellonium et
Abraham Cloqueniin, 1596, in-8).
Baudrier, Bibliographie lyonnaise, IV, p. 5^8.
16. Épitre dédicatoire « A monseigneur Maximilian de
Betlmne, duc de Rosny » en tète de La Prosopographie, ou Des-
cription des personnages insignes, enrichie de plusieurs effigies
et réduite en quatre livres par Antoine Du Verdier (Lyon, Paul
Frellon, 1603 [1604 ou 1605], 3 vol. in-fol.
L'édition publiée par Claude Du Verdier est beaucoup plus
ample que l'édition donnée par l'auteur lui-même en 1593.
L'épitreà Sully est datée de Lyon, le 1" juillet 1603.
200 XLIII. — CLAUDE DU VERDIER.
17. Deux pièces latines à la fin de V Histoire de la mort
déplorable de Henry lîll, roy de France et de Navarre, [par
Pierre Matthieu] Paris, Y^^ m. Guillemot et S. Thiboust,
4613. in-8).
XLIV
MICHEL DE MONTAIGNE
L'auteur des Essais brille au premier rang de ces Français
italianisants que nous avons entrepris de faire connaître. Il ne
saurait entrer dans notre plan d'écrire sa vie ; nous dirons
seulement quelques mots de son voyage en Italie.
Né le 28 février 1533, Michel Eyqueni, seigneur de Mon-
taigne, avait quarante-sept ans, il venait de publier la première
édition de sa grande œuvre quand, pour se délasser, il voulut
visiter les pays étrangers. Il partit de ^Montaigne le 22 juin 1580
et se rendit à La Fère; ce fut de là qu"il se mit en route, au
commencement de septembre 1580, accompagné du sieur de
Mattecoulon, son frère, de M. d'Estissac, de M. Du Hautoy,
gentilhomme lorrain, et de M. de Caselis'. Les voyageurs pas-
sèrent par Meaux, Épernay, Chàlons, Vitry-le-François, Bar-
le-Duc, Vaucouleur, Domrémy, Neufchàteau.Mirecourt, Épinal,
Plombières, Remiremont, Bussang et Mulhouse. Ils visitèrent
Bàle, puis se dirigèrent sur Constance, Augsbourg et Munich ;
1. Bertrand Ejquem de Montaigne, seigneur de Mattecoulon, n'avait
alors que vingt ans. Ou n'est pas bien fixé sur les trois autres compagnons du
voyageur. M. d'i:.stissac devait être Charles fils de la grande dame à qui Mon-
taigne a dédié le chapitre VIII du livre II des Essais ; M. de Caselis était,
soit Bertrand de Cazalis, seigneur de Fraîche, qui le 28 septembre 1579,
avait épousé Marie de Montaigne (Paul Bonnefon, Montaigne, 1893,
p. 259;, soit plutôt son frère, Bernard de Cazalis, également qualifié sei-
gneur de Fraîche, qui épousa Marguerite Blanc de Seguin (A. Communay,
Essai généalogique sur les Montferrand de Guyenne, 1889, p. Lxxiiij).
Quant aux Du Hautoy, ils sont si nombreux qu'il est impossible de préciser.
202 XLIV. — MICHEL DE MONTAIGNE.
ils traversèrent alors le Tyrol et entrèrent en Italie par Vérone.
Après un court séjour à Venise, où ils furent reçus avec
empressement par l'ambassadeur de France, Arnaud Du Fer-
rier, Montaigne et ses compagnons s'arrêtèrent à Padoue, où
M. de Caselis les quitta pour suivre les cours de Tuniversité.
Les stations suivantes furent Rovigo, Ferrare, Bologne. Flo-
rence, Sienne, Bolsena, Viterbe. Le 30 novembre, la petite
troupe fit son entrée à Rome, où elle resta jusqu'au 19 avril
1581. Elle reprit ensuite le chemin de la Toscane, par Narni,
Spoleto, Loreto, Ancone, Fano et Fossombrone.
Comme la plupart des voyageurs de son temps *, Montaigne
tenait un journal très minutieux, qu"il dictait à un secrétaire,
ou que, à certains moments, il écrivait lui-même. Il avait
commencé ce journal en français ; mais, pendant son second
séjour en Toscane, alors qu'il était aux eaux de la Villa, il le
continua tout à coup en italien. Déjà, il avait dû mettre en pra-
tique dans la vie courante les conseils qu'il donnait aux autres,
avec la gaieté et Tironie d'un Gascon, a Je conseillois en Italie»,
dit-il dans les Essais -, « à quelqu'un qui estoit en peine de par-
ler italien que, pourvu qu'il ne chercbast qu'à se faire entendre
sans y vouloir autrement exceller, qu'il employast seulement
les premiers mots qui luy viendroyent à la bouche : latins,
françois, espagnols ou gascons, et qu'en y adjoustant la termi-
naison italienne, il ne faudroit jamais à rencontrer quelque
idiome du pays : ou toscan, ou romain, ou vénitien, ou pie*
montois, ou napolitain, et de se joindre quelque une de tant
de formes. »
Après avoir décrit les eaux de la Villa et leurs effets, Mon-
taigne abandonne brusquement le fiançais : « Assaggiamo »,
1. Le père de i\loiitaigiie n'avait pas manqué à celte coutume; il avait
été en Italie vers i5i25. à répo(iue des guerres, et il eu avait (apporté « un
papier journal de sa main, suyvant poinct par poinct ce qui s'y passa, et
pour le publiq et puur son privé ». (Essais, 1595, I. Il, cli. u, p. ^19).
— Ailleurs, au début du cli. xu du livre II (éd. de 1595, p. 281), Mon-
taigne dit que « la langue (sic) italienne et espaguolle estoieiit familières »
à son père.
2. Essais, I. Il, cil. XII ; éd. de 1588, fol. 227 vo ; éd. de 1595, p. 357.
XHV. — MICHEL DE MONTAIGNE. 2C3
dit-il, a di parlai" un poco questa altralingua, massirne essendo
in queste contrade dove mi pare sentire il più perfetto lavel-
laie délia Toscana, particolarmente tra li paesani clie non
rhanno mescolato et alterato come li vicini. »
Le voyageur écrit ou dicte ainsi en italien jusqu'au Mont-
Cenis : « Ici on parle francès «, dit-il ; « ainsi je quitte ce lan-
gage étranger, duquel je me sers bien facilement, mais bien
mal asseuréement, n'aïant eu loisir, pour estre tousjours en
compaignie de François, de faire nul apprentissage qui vaille ».
On voit quil parle modestement de son style italien.
Du Mont-Cenis, Montaigne se dirigea sur Lyon, puis il rentra
dans ses terres, où il arriva le 30 novembre, après une absence
de dix-sept mois et huit jours.
Le journal du voyage fut découvert au xviiF siècle, dans le
château de Montaigne, par le chanoine Prunis, qui copia le
texte français et fît transcrire par Giuseppe Bartoli, professeur
à l'université de Turin, la partie italienne, dont la lecture était
particulièrement difficile. Il traduisit lui-même en français
cette partie du récit et fit don à la Bibliothèque du roi, du
manuscrit original. A. -G. Meusnier de Querlon publia les
copies et la traduction de Prunis sous le titre suivant :
Journal du Voyage de Michel de Montaigne en Italie par la
Suisse et lAllemagne en 1580 et 1581, avec des notes par
M. de Querlon. A Rome, El se trouve à Paris chez Le Jaij, 1774-,
Gr. in-4 de liv et -ilO pp., portr.
Il fut fait, en même temps, une édition en 3 vol. in-12 de
Gxxxvi et :2li pp., 3'25 pp. et 461 pp., et, en 1775, une réim-
pression, également en 3 vol. iu-12, dexcii et 2o2pp,, 225 pp.
et 2i8 pp.
Dans l'édition du Panthéon littéraire publiée par J.-A.-G.
Buchon en ISVl (2 vol. gr. in-8 à 2 col.), le journal a été joint
pour la première fois aux Œuvres de Montaigne; mais le texte
italien a été remplacé par la traduction de Prunis.
Il était réservé à M. Alessandro D'Ancona de donner une
édition vraiment scientifique :
204 XLIV. — MICHEL DE MONTAIGNE.
Journal du voyage de Michel de Montaigne en Italie par la
Suisse et l'Allemagne en 1580 et 1581. Nouvelle édition avec
des notes parle Prof. Alexandre d"Ancona. Citlà di Castello,
S. Lapi, impr .-éditeur , 1889. — Prof. Alexandre D'Ancona. —
L'Italia alla fine del secolo xvi. Giornale del viaggio di Michèle
di Montaigne in Italia nel 1580 e 1581. Nuova Edizione del
testo francese ed italiano, con note ed un saggio di bihliografîa
dei Viaggi in Italia. Ci{là diCaslello, S. Lapi, tipografo-e litore,
1889. Pet. in-8 de xv et 719 pp. — Indice alfabetico. Citlà di
Castello, S. Lapi, tipografo-editore, 1895. Pet. in-8 de 41 pp.
à 2 col.
Les patientes recherches du professeur de Pise, qui ont déjà
été plusieurs fois réimprimées, ont transformé l'œuvre de
Montaigne et en ont fait le guide le plus précieux et le plus
complet pour l'Italie de la fin du xvi« siècle. Nous ne pouvons
rien y ajouter. Nous transcrirons seulement les appréciations
que M. D'Ancona donne (p. 419) de l'italien écrit par Mon-
taigne : « Il Montaigne, scrivendo, voile addestrarsi al buon
italiano, un poco ricorrendo aile forme auliche, e un poco por-
gendo orecchio al parlar vivo. Vedremo più oltre che voile
esercitarsi anche nel pretto fiorentino, benchè non gli rius-
cisse facile. Inquesto italiano del Montaigne troveremo parec-
chie reminiscenze francesi, come nel suo francese si rinven-
gono non pochi italianismi : molli più che non ne abbia notati
il sig. Yoizard^ »
Sur l'importance morale du journal, rapproché des Essais,
on pourra consulter le livre de M. Paul Bonnefon : Montaigne,
l'homme et Vœucre (Bordeaux, 1893, in-4).
Nous renverrons enlin à une étude récente de M. J. Caillât,
intitulée : Montaigne, C Italie et l^ Espagne-.
1. Etudes sur la langue de Montaigne (Paris, 1885), pp. 228, 2il.
2. hevue universitaire, 10 déceiiibre 1900.
XLV
G. TESSIER
Nous ne savons rien du musicien ïessier, si ce n'est qu'il
était Breton. Il avait dû habiter l'Italie, puisqu'il eut, en 1582,
la fantaisie d'adresser au roi Henri III une épitre italienne
iniprifuée en tète d'un petit recueil de mélodies'. Voici la des-
cription du volume où nous avons relevé cette pièce :
Superius [Ténor, Contralenor, Bassus]. || Premier liure
d'Airs 11 tant François, Italien [sic], qu'Espaignol [sic], ||
reduitz en musique, à 4. & 5. parties. || Par || M. G. ïhessier.
Il A Paris. \\ M. D. LXXXII [1582]. |î Par Adrian le Roy S; Robert
Ballant. \\ Imprimeurs du lioy. \\ Auec priuilege de sa magesté
pour dix ans. 4 part. pet. in-8 obi. de 40 lï., titre encadré.
Bibliolh. nat., Vin''. ol7 (Ténor seul).
Le recueil contient 43 pièces. L'épître commence au v°
même du titre :
« Serenissima et sacratissima Maestà,
« Se io havessi havuto a riguardare alla mia insuftilientia
et foi'Luna, mai harei preso coianto ardire di dedicare ail'
1. On peut se demander si notre musicirn ne se confond pas avec le Guliel-
niiis Tcxtor, ou Gulielnio Testori, dont on possède nn recueil intitulé :
Mndrifjali a cinqiie voci. IJbro primo. Venetia, appresso Claudio da
Corregi^'io et Fausto Belliamo, comp.igiii, 1566. In-4 obi. Draudins cite
ce vohuiie avec un titre latin (Bi/^/jo//ieca classica, 1625. II. p. 1630);
Fétis donne le litn; en italien et d une manière jilus eomplète (Bihl . univ.
des musiciens, VIU, 187U, p. 205).
206 XLV. — G. TESSIER.
altezza di V. M. S cosi basse cose; ma poieh' Ella è del
numéro di quelle deiià che non isdegnano d'essere accostate
et adorate anco dalle più vili anime, confido che mi perdonerà
quesia mia trascurala presuntione con la quale io ho presunto
di conseerarle queste mie Muse, il fine et intentione délie
quali sarà sempre quando V. M, S. si degnerà far comandar
loro che cantino, benchè in parole aliène et diverse (et quali
parole harei io potuto formare et trovare recipienti alla sua
gran virtù el fortuna?); sarà, dico, di spiegare nelle loro arie
in un certo modo i cantici di quelle laudi che si devono al
celestissimo petto di V. M. S., si come io ho auco udito da
qualche savioche gli antichi sacerdoti d'Egitlo, for>e per non
trovare concetto bastante, noa con altre parole che co' >oli
luoni di cinque lettere vocali, secondo lor salmodia vociferan-
dole, celebravono i loro iddei. V. M. dunque Serenissima et
Sacralissima aecetti l'humile offerla che in ginocchioni le
porge l'indegiio servo, che per la particulare et publica di lei
prospérité incessabilmente prega Nostro Signore.
« Di Parigi, il X. di Maggio M. D. LXXXII.
« Di V. M. Serenissima et Sacralissima
« Devotissimo servo et schiavo :
« G. Tessiery, Brettone. »
Le recueil de Tessier contient 43 pièces, dont 3 espagnole
et 6 italiennes. La première pièce n"esl pas une chanson, c'est
une dédicace en musique adressée « Alla serenissima et sacra-
lissima regina d'Inghilterra ». Les paroles, qui sont assez
plates, ont probablement été composées par le musicien lui-
même. Le fait que celui-ci dédie ses œuvres à la fois au roi de
France et à la reine d'Angleterre, nous fait penser qu'il avait
dû être pendant un certain temps au service dÉlisabeth. Cette
circonstance nous porterait à regarder G. Tessier comme un
parent de Carie Tessier, auteur d'un recueil publié à Londres
quelques années plus tard et dont voici le titre :
Superius [Ténor, Contratenor, Bassus] Le |! premier Liure
Il de Chansons & Airs de || court, tant Enfrançois [sic] qu'en ||
Italien & en Gascon a I| 4. & 5. parties : || mis en Musique par
le sieur Ij Caries Tessier, Musitien || de la Chambre du || Roy.
XLV. — G. TESSIER. 207
Il Imprimés à Londres par Thomas Este, \\ Imprimeur ordinaire.
Il 1597. -4 part. in--4, titres encadrés.
Biblioth. nal., Inv. Rés. Vm''. 23o.
Fétis, qui cite ce dernier ouvrage \ dit que Carie Tessier
était né à Pézenas vers le milieu du xvi^ siècle, et qu'il était
attaché à la chapelle de Henri IV. Nous n'avons pas été à
même de vérifier ces assertions.
1. Biofjr. universelle des musiciens, 2« éd., VIII, p. 205.
XLVI
JACQUES BOURGOLXG, SEIGNEUR DE POISSONS
Jacques Bourgoing appartenait à une famille nivernaise,
dont un grand nombre de membres remplirent des charges
judiciaires'. Son père, Guillaume Bourgoing, seigneur de
Poissons, d'Agnon, de Mussy, de Laleuf, de Sarpoil, de Liman-
ton, de La Douée, etc., avait été lieutenant général au bailliage
de Saint- Pierre-le-Moustier; il avait été reçu conseiller au
parlement de Paris le 6 février 1522, et il avait été chargé en
cette qualité, de recueillir de concert avec Louis Boillart-, les
coutumes du comté de Nivernais \ Il mourut en 1551 ou en
1561. Il avait épousé, le G avril lo24, Philippe Le Clerc, fille
de Pierre Le Clerc, seigneur du Tremblay, conseiller au parle-
ment, et de Louise-Michelle de Pierrevive. De ce mariage
étaient nés six fils et quatre filles'. Jacques était le dernier de
ces enfants : il était né le 18 mars 1543^
Il est à croire que plusieurs des fils de Guillaume Bourgoing,
1. Voy. JSolice histori/jue et fiénéalof/ique sur la famille de Bourgoing
en Nivernais, [par le comte G. de Soultrail] ; Lyon iiiipr. de Louis Perriii,
1855, in-8. — Cf. Biblio;li. mit., ms. fr. 26953, dossier 10440,61 spécia-
lement la gi'néalogie qui figure sous le n" 63.
2. Une des tilles de Guillaume. Marie, épousa Pierre Roiliard, seigneur
de Gaudin, conseiller au grand conseil (Dossier 1U440, n^ 63).
3 Le recueil fut achevé eu 1531 (Bibliolh. nat., mss. fr. 11879 et
5258); il fut imprimé en 1535.
4. Philippe vivait encore au mois de juillet 1574. (Dossier 10440. n*^ 13.)
5. M. G. de Soullrait ([i. 14) donne cette date d'aprè-; des notes inscrites
dans un missel ayant apparleiui à Guillaume.
11. — 14.
21U XLVI. — JACQUI^S BOURGOINa.
ceux qui devaient exercer des charges judiciaires, allèrent
finir en Italie leurs études de droit, comme les de Thou, les
Perrot, les Canaye et tant d'autres ; nous ne pouvons cepen-
dant faire à cet égard que des hypothèses. Nous ne savons
rien de Jacques avant son entrée dans la magistrature; mais
il nous apprend lui-même qu'il avait voyagé « es pays loing-
tains »'. 11 fut pourvu d'une charge de conseiller du roi et
général en sa cour des Aides. Il remplissait ces fonctions, en
1580, quand il fut député en qualité de commissaire pour le
fait des francs-fiefs es pays et bailliage de Berry, de Saint-
Pierre-le-Moustier et de Nivernois'.
En 1 582, Jacques Bourgoing publia la première partie d'un
vocabulaire des langues romanes auquel il travaillait depuis
douze ou quinze ans, c'est-à-dire depuis son « entrée aux
estudes ».
Certes, les théories de Bourgoing, dominées par la préoccu-
pation des étymologies hébraïques, sont souvent fort étran-
gères à la critique; cependant on peut constater qu'il avait
une réelle connaissance des langues romanes, en particulier
de l'italien, et l'on pourra trouver dans son livre nombre
d'observations curieuses.
La partie de l'ouvrage publiée en 1580 ne contient qu'une
centurie de mots appartenant à la lettre a : A, aage, ahaner,
Aaron, abbé, abpcé, abeille, abisme, ablatif, hnble ou havre, abo-
lir, Abrnham, abricot, absence, absinthe, académie, achariastre,
Achnles, accepter, accès, accointance, accoustrer, acconter, hache
ou hasche imitai, ascm), achepter, etc.
Voici la description du volume :
De II origine, vsu || et ratione vulga- || rium vocum linguae
Il Gallicîc, Italicrc à Ilispanicre, libri primi || siue A, Centuria
vna. Il Ad Henricum tertium Christianiss. || Gallitc à; Poloniae
Regem. Il Auctore I. B. Parisiensi Consiliario Regio. || Pacate
1. Voy. le traite linguistique cité plus loin, fol. i ».
2. G. de Souillait, loc. cit., p. 14.
XLVI. — JACQUES BOURGOING. 211
lector, œmulare, haud inuide. H AsÛTspat a-povTiosç co-ptorspoti. ||
Parisiis, \\ Ex Typographia Sleph. Preuosteau, hxredis Guil.
Morelij in \\ Grœcis Typogr. Regij, in clauso Brunello. || M. D.
LXXXIII [1583]. Il Cum Priuilegio Régis. In 4 de 10 ff. lira.,
91 ff. chiffr. et 1 f. blanc.
Le litre porte la marque de J. Prevosleau.
Au v° du titre est un extrait du privilège accordé pour dix
ans « au S. de Poissons », le 28 décembre 1582.
Les 9 ff. qui suivent le titre contiennent une épître fran-
çaise « Au roy », datée de Paris, le l'^'' janvier 1483, et signée :
« Jacques Bourgoing, conseiller et général en vostre cour des
Aydes », puis cinq distiques latins Ad librum.
Le texte de l'ouvrage est en latin.
Un exemplaire conservé à la Bibliothèque Nationale (Inv.
Rés. X. 907) contient un grand nombre de corrections manus-
crites de l'auteur. Au v° du titre et au r° du f. àij, on lit cette
dédicace autographe :
« A LA Heina Madré.
« Madame,
« L'intenlione che deve bavere il sciitlore col desio de ser-
vir al publicho e acquistarsi qualche buon nome è di placer
alli grandi e principi, e hora aile Vostre Majestà, per esser
ancho conveniente a quelle il présente soggetlo, il quale è
dell(e) origine deile paroUe, tanto in Italia e Spagna, quanto
in Francia, délie quali patrie nelF una sette figlia e princi-
pessa, neir altra madré e reina, nell' altra suocera e avola.
De la quale obra [sic], como d'una lungha e difficile impresa
più degli antichi trattata che da li medesimi lentata, el assa-
gio e commincio é questo.
« Al fin di che per pervenire mi sarà un' ala e sprone la
Vostra bona voglia e giatia, la quale il signor Dio conservi in
sanità e prosperità quest'anno e molli al tri. Di Parigi, il primo
di del anno 1583. Di V. M. humilissimo servitore :
« Jacomo Borgoino ».
212 XLVl. — JACQUES BOURGOING.
Parmi les additions manuscrites, nous citerons encore un
distique ajouté au v° du f. ïij, au dessous des vers Ad librum :
Ad benevolos.
Si mala mens, si lingua nocet, defendite, amici;
Haec animi locuples gralia testis eril.
Dans notre exemplaire, acquis ù la vente iMarty-Laveaux
en l900(Cat. n°-41), l'épitre « A lareina madré » est imprimée
au verso du titre, à la place de ÏExlraicl du privilège. Cette
impression olTre des variantes assez notables :
« A LA tiEiNA Madré.
« Madaïua, L'intentione che deve havere il scrittore, col
« desio de servira al poblico e acquistarsi qualche buon nome
« e piacer alli grandi, com' al présente aile Vostre Maestà, per
« essere ancho convenienle il pressente suggetto a quelle, il
« quale è delj' origine délie parolle e cosi di la proprielà délie
a cose per quelle significate, tanto in Francia quanto in Italia
« e Spagna, de quali patrie, de l'una siete fîglia e principessa,
« de l'altra reina madré, de l'altra suocera et avola. Di quelle
« che spero fare in questa opra, overo in che, con l'aginto di
« Dio, mi forsarô, il comminciamenlo e assaggio, como d'una
« lungha e difficile impresa, più da gli antichi trattala che
« da' moderni, tentata, è queslo. Al fin di che per pervenire
« mi sarà un'ala e sprone la VosLra buona voglia e gratia, la
:< quale il signer Dio in queslo e molli allri anni conservi in
« sanilà e prosperità. In Parigi, il primo di delT anno 1583 ».
« De V. M. humiliss. servilore :
« Jag. Borgoino. »
Le distique Ad benevolos est également imprimé à la place
indiquée par l'auteur ; mais les autres corrections n'ont pas
été exécutées.
l'n Iroisième exemplaire appartenant, comme le premier, à
la Bibliothèque nationale (Inv. liés. X 908) ne contient pas
XLVI. — JACQUES BOURGOING 213
l'épître à la reine; mais le titre est précédé d'un f. ])lanc au r''
et dont le v^ porte ces mots imprimés :
PRÉSENTÉ PAR L'AVTEVR
LE PREMIER lOVR DE L'aN
1583.
Bourgoing a corrigé à la main :
LE-S PREMIERS lOVRS DE L'aN,
et ajouté au-dessous :
A Monsieur le premier
président en la court de Parlement,
Monsieur de Harlay.
Le distique Ad benevolos est ici imprimé comme dans
l'exemplaire précédent.
Un quatrième exemplaire, conservé à la Bibliothèque de
l'Institut (0. 50'), est pareil au troisième; mais il ne contient
aucun envoi manuscrit.
L'ouvrage de Bourgoing resta inachevé. L'auteur sans doute
fut découragé quand il vit avec quelle indifférence sa tentative
était accueillie du public. Il est probable qu'il continua de tra-
vailler obscurément et sans bruit ; mais nous ne savons rien
de sa vie et nous ignorons même quand il mourut. Jacques
avait épousé Marie Des Friches, qui appartenait, elle aussi, à
une famille parlementaire. Il eut au moins deux fils, dont le
second, François, né à Paris le 18 mars 1583, mort le 2^ octo-
bre 1662, fut le troisième supérieur général des prêtres de
l'Oratoire '.
L'oraison funèbre du P. Fr. Bourgoing fut prononcée par
Bossuet, en Téglise de l'Oratoire, le 20 décembre 1662. L'ora-
\. Voy. Généralals du P. François Bourgoing et du P-. Senault,
deuxième partie du Recueil des Vies de quelques prêtres de l'Oratoire, du
P. Cloyseault, publié par le R P. Ingold (Paris, 1882, in-12), pp. 1-26.
214 XLVI. — JACQUES BOURGOING.
leur a naturellement parlé de la famille de son héros ; mais il
ne l'a fait que sous forme de prétention : « N'attendez pas,
chrétiens », dit-il, « que j'applique au Père Bourgoing des
ornements étrangers, ni que j'aille rechercher bien loin sa
noblesse dans sa naissance, sa gloire dans ses ancêtres, ses
titres dans l'antiquité de sa famille ; car, encore qu'elle soit
noble et ancienne dans le Nivernois, où elle s'est même signa-
lée depuis plusieurs siècles par des fondations pieuses, encore
que la grand'chambre du parlement de Paris et les autres com-
pagnies souveraines aient vu les Bourgoings, les Leclercs, les
Frisches, ses parents paternels et maternels, rendre la justice
aux peuples avec une intégrité exemplaire, je ne m'arrête pas
à ces choses, et je ne les touche qu'en passant'. >>
1. Bossuet, Œuvres, éd. Lacliat, XII, \k 6U.
XLVII
JEROME D'AYOST
Jérôme d'Avost était originaire de Laval*. Son portrait,
gravé en 1583, lui donne l'âge de 25 ans; il était donc né en
1558. Il était fils de Jean d'Avost, seigneur de la Hauteclèrerie,
avocat et éclievin de Laval, et de Guillemine Martin. Lui-
même nous apprend qu'il fit ses études à Paris, puis visita
l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie et l'Espagne :
Né à Laval ; Paris mon estude et nourrice ;
Veus le Rhin, Scalde, Tibre el l'Océan encore ;
Quatre langues parlant, l'espagnol compris ; or
J'eleve mon tombeau en l'aonide lice 2.
Au retour de ces voyages (vers 1582), nous savons par La
Croix du Maine que Jérôme fut admis à la cour de Margue-
rite de Valois, reine de Navarre. Il voulut alors épouser l'une
des filles de François Du Prat et d'Anne Séguier; mais il fut
éconduit. Il revint à Laval désabusé et ruiné. Ayant étudié le
droit, il se fit avocat. Il dut se contenter d'une union modeste.
Il prit pour femme Mathurine Auffray, fille de Nicolas AulTiay
et de Barbe Gandouin. La fortune était maigre. Le père de
1. Voy. La Croix du Maine, t'il. Rigoley tle Juvi^ny, I, p. 372; Du
Verdier, II, p. 205; Goujet, Bibliothèque française, Xll, p. -414.; Hauréau,
Histoire littéraire du Maine, 2° éd., I, p. 199 ; Angot, Dictionnaire
historique, topocjraphique et biographique de la Mayenne, II, 1901, p, M.
2. Angot, p. 14.
21G XLVII. — JÉRÔME D'AVOST.
Claude, Jean crAvost, dut s'engager à payer les dettes du
fiancé, auquel il ne donnait que 800 livres
Jérôme était à Paris en 1584; il se disposait alors à publier
un certain nombre de traductions. Il porta ses ouvrages à Lyon
avec la pensée de les faire imprimer; mais il est probable qu'il
ne put décider les libraires à faire les frais des éditions. Un
petit volume dédié en 1587 aux filles de M. de Mandelot, gou-
verneur de Lyon, nous fait croire que Jérôme avait tâché de
s'acquérir la protection de ce personnage ; il ne semble pas
y avoir réussi. Les manuscrits cités par La Croix du Maine et
par Du Verdier ne virent pas le jour. Le poète manceau fut
enlevé par une mort prématurée; il mourut en 159-2, un
an avant son père. Sa veuve mit au monde, le 30 octobre 1592,
un fils posthume, Jérôme II, qui, par la suite, se fit prêtre et
s'occupa de recherches historiques. Elle-même épousa en
secondes noces Daniel Guérineau. qui fit tous ses efforts pour
dépouiller son beau-fils '.
Où Jérôme d'Avost avait-il étudié le droit ? Vraisemblable-
ment en Italie ; en tout cas, ses ouvrages, imprimés ou restés
inédits, sont tous traduits ou imités de l'italien, à l'exception
de ses poésies.
Voici la liste des ouvrages de Jérôme mentionnés par les
bibliographes :
1 . Les Amours d'Ismene et de la chaste Ismine, traduicts du
grec d'Eustatius en vulgaire toscan parLelio Carani, et depuis
fais françois par Ilierosme d'Avost, de Laval. A Paris, Chez N.
Bonfons, 1582. In-'16.
En tôte de ce volume est une épître « à madame la threso-
siere d'Avost » [Anne Laize, femme d'Ambroise d'Avosl], en
date du 1" mai 1582.
Jérôme d'Avost ignorait que l'ouvrage d'Eumathius (et non
Eustalhius) avait été tradcit en français par Jean Louveau
dès 1559.
1. Angot, Dirliounaire, p. 16.
XLVII. — JÉRÔME D'aVOST. 217
Bibliolh. de l'Arsenal (La Vallière, 80G7) ; — Bibliolh. de
Zurich.
2. Dialogue des grâces et excellences de l'homme et de ses
misères et disgrâces représentées en langue italienne par le
seigneur Alphonse Ulloa et déclarées à la France par llierosme
d'Avost. A Paris, Par Robcrl Colombel [ou Pierre Chevillot],
1583. In 8.
Traduction d'un des Diâloijos de Pedro Mexîa (Sevilla, Domi-
nico de Roberlis, 1547, in-8), faite sur la version italienne
d'Alonso de Ulloa.
La Croix du Maine, I, p. 373; Du Verdier, II, p. 'x05.
On trouve dans les Poésies citées à l'article suivant un son-
net « sur le sacre du Dialogue des Grâces et Disgriices de
l'homme, fait françois par l'auteur » (fol. ii v»).
3. Poésies de Hierosme d'Avost de Laval en faveur de plu-
sieurs illustres et nobles personnes. 1583. In-8.
Ce recueil se compose en grande partie de vers à la louange
de Philippe et d'Anne Du Prat, tilles de François Du Prat, baron
de Thiers et de Viteaux, seigneur de Formeries, chambellan
du duc d'Anjou, et d'Anne Séguier'. La Croix du Maine ^ cite
ces deux demoiselles et leur mère comme des femmes extra-
ordinaires. Philippe épousa Clément, baron de Gosnac ; Anne
devint la femme d'tlonorat Prévost, seigneur du Chastelier-
Portaut.
Leur mère s'était remariée avec Hugues de La Vergne,
chambellan et capitaine des gardes du duc d'Anjou.
Biblioth. nat., Ye. 7410 et Hés. Ye. 1880.
Les Poésies de Jérôme ^se trouvent reliées avec le volume
suivant :
4. Essais. . . sur les sonets du divin Pétrarque, 1584.
Nous parlons plus loin de ce volume qui est l'objet princi-
pal de notre notice.
1. Voy. Anselme. Histoire grnéalofjique, VI, p. i')9.
2. II, p. n-l, et I, p. 26.
218 xLvn. — JÉRÔME d'avost.
5. Sonnet à la Croix du Maine, accompagné de la devise :
De muerle vida, 158i.
La Croix du Maine, II, p. cij ; Poésies de Hierosme (VAvost,
4383, fol. U.
6. Sonnet en tète de la Bibliothèque d'Antoine Du Verdier.
Édition Rigoley de Juvigny, I, p. xlij.
Il est curieux que Jérôme d'Avost ait été ainsi en relations
avec nos deux bibliographes et fait célébré les mérites de Du
Verdier avec autant d'enthousiasme que ceux de La Croix du
Maine. Ses sonnets lui ont valu de voir ses œuvres inédites
sauvées de l'oubli par la mention qu'en ont faite les deux
auteurs rivaux.
7. Quatrains de la vie et de la mort. . . A Paris, Chez Jean
Le Clerc.
La Croix du Maine (I, p. 373) cite ce livre sans en indiquer
la date ni le format. La Monnoye fait observer que les qua-
trains de Jérôme d'Avost sont antérieurs à ceux de Pierre
Mathieu et probablement aussi à ceux de Pierre Énoc.
8. Le quatrième Livre des Espistres d'Antoine de Guevare,
traduit en françois.
Traduction restée inédite, citée par La Croix du Maine. Elle
devait être faite sur la version italienne d'Alonso de Ulloa
(lo7o).
Une traduciion française du même livre des épîtres, par
Jean de Barraud, parut chez Robert Le Fizelier, à Paiis, en
1384, et rendit inutile celle de Jérôme d'Avost. Vo^'. Brunet,
II, col. 180L
9. Les eslites et plus belles Fleurs recueillies de toutes
les œuvres spirituelles de R. P. frère Loys de Grenade, de
l'ordre des frères prescheurs.
La Croix du Maine cite ce recueil comme ayant été traduit
de l'italien. Divers ouvrages de frère Luis de Granada avaient
XLVII. — JÉRÔMK d'aVOST. 219
été mis en italien avant 1583; nous ignorons quelle était la
version suivie par notre auteur.
10. Les deux Courtisanes, comédie du seigneur Loys Dorae-
nichi, traduite en françois.
Traduction inédite, citée par La Croix du Maine.
Le due Cortigiane remontent à l'année 1563. La Bibliothèque
nationale en possède une édition de Venetia, appresso Andréa
Ravenoldo, 1565, in-8 (Yth. 52324), une édition de Venetia,
appresso Domenico Farri^ 1567, in-8 (Yd. 4389), et une édition
de Venetia, appresso Franccsco Franceschini^ 1567, in-8 (Yd.
4099).
S'il faut en croire l'auteur d'une //is^otre (^u Théâtre françois,
restée manuscrite, la traduction de Jérôme d'Avost aurait été
jouée à Paris; mais la pièce aurait été défendue dès le len-
demain de la première représentation, un des acteurs ayant
récité devant le public un passage supprimé par les exami-
nateurs *.
11. La Croisade, poème héroïque du seigneur Torquato
Tasso, traduit stance pour stance.
Au moment où Du Veidier faisait paraître sa Bibliothèque,
vingt chants de La Gerusalemme, traduits en vers par Jérôme
d'Avost, étaient entre les mains de l'imprimeur Barthélémy
Honorât, à Lyon. Du Verdier a transcrit en entier le chant IIP
(II, pp. 205-219).
12. L'Apollon de Hierosme de Laval. A Lijon. Par Pierre
Roussin. 1587. In-8 de 60 ff.
L'Apollon^ que nous n'avons pas vu, et qui n'est cité ni par
Goujet, ni par M. Hauréau, est dédié aux illustres demoiselles
Marguerite et Catherine de Mandelot. filles de François de
Mandelot, gouverneur et lieutenant général de Lyonnais,
Forez et Beaujolais 2. Il est mentionné par l'auteur anonyme
1. Hauréau, Histoire littéraire du Maine, nouv. éd., 1, p. 201.
2. MarguiTÎle épousa, le 26 février 1588, Charles de Neufville de Villeroy,
sieur d'Atincourt, dont il est parlé dans une des notices qui suivent. Klle
mourut en 1604. Sa sœur ne prit pas d'alliance.
220 XLVII. — JÉRÔMK D'aTOST.
d'une Notice sur François de Mandelot^ et par M. Hugues
Vaganay, le savant bibliographe lyonnais 2. Ce recueil con-
tient 69 sonnets, quelques traductions, des anagrammes, etc.,
et une pastorale sur les amours de Sandrin et Francine. Plu-
sieurs de ces pièces sont adressées à des Lyonnais notables
de l'époque.
Biblioth. de la ville de Lyon, 318 270.
Voici la description de l'article 4 dont nous devons parler
avec quelque détail :
Essais II de Hierosme II d'Aiiost, de Laual, Il sur les sonets du
Il diuin Pétrarque. || Auec II quelques autres Poésies de son
inuention. || Aux illustres sœurs Philippe, & Anne du !| Prat, &
de Tiert. || A Paris, || Pour Abel rAngelier, au premier pillier
de la \\ grand' salle du Pa/ms. jj M. D. LXXXIITI [1584]. Auec
Priuilege du Roy. In-8 de i ff. Uni., 47 ff. cliiffr. et 1 f. non
chiffr. ^
Le titre porte la marque d'Abel L'Angelier.
Au v° du titre est un sonnet « Sur les amours de Hierosme
d'Avost, de Laval », par F. B. [= François Béroalde] de
Verville.
Les 3 autres ff. lim. contiennent : une épîlre « Aux illustres
sœurs Philippe et Anne Du Prat et de Tiert », en date de
Paris, au mois d'octobre 1583; un sonnet italien de Jérôme
d'Avost; le portrait du poète, à l'âge de 2^ ans, en ii)83, et
deux distiques latins de Jean Dorât.
Le recueil s'ouvre par un second sonnet italien de Jérôme
(p. 1). On trouve en.suite 46 sonnets de Pétrarque traduits
en autant de sonnets français (l'original est imprimé au vo
des fi ., et la traduction au r» du f . suivant) . Au f . 47 vo [erreur
de pagination, pour : page 62] est Vlmilation d'un sonet de Julie
Camille [Giulio Camillo] : Né mai voce si dolce 0 sî gentile. . .
1 . Archives liistorioiies et statisluiiies du département du Rhône, par
trois membres de la Commission de statistique de ce déparlement , VII
(Lyon, 1.S27-1828). p. 379.
2. Lr. sonnet en Italie et en France an .WI" siècle, 1003, aniire 1587,
no 23.
XI.VII. — JÉRÔME d'aVOST. 221
Le dernier f. contient au r" un avis -« Au lecteur discret »;
le v° en est blanc.
Les Poésies annoncées sur le titre forment une seconde
partie, datée de 1583, bien qu'elle soit placée après les Essais.
Bibliolh. nat., Inv. Ye. 74H, et Rés., Y. 1881 ; — Biblioth.
de l'Arsenal. B.-L. 8(373 ; —Bibliolh. du Mu?ée Condé à Chan-
tilly (Gigongne, 901) ; — British Muséum, 239. c. 12; — notie
bibliothèque.
Les traductions de Jérôme d'Avost sont généralement peu
satisfaisantes. Il n'a obtenu le plus souvent la concision qu'aux
dépens de la clarté. Le poète manceau se croyait pourtant bien
supérieur à ses devanciers. Pour permettre la comparaison, il
a reproduit lui-même, à la (In des Poésies (fol. 18 v°-20), deux
sonnets (XXVI et CCXLIIl) traduits par Vasquin PhilieuP, un
sonnet (n° CXXXII) traduit, une première fois, par Jacques
Pelletier, du Mans, et, une seconde fois, par Estienne Du
Tronchet.
Nous donnerons ici les deux pièces italiennes de d'Avost :
Aile medesime -
Sonelto.
Mdl '1 Petrarca non lu cosi felice '
Cantando a l'ombra del suo Lauro amato,
Gome i mi veggio nel voslro bel PraLo
Ove' 1 stesso caiilo mia Musa dice.
Felicissismo me, poiché mi lice
Gbe' 1 mio nome sia dal vostro honoralo,
E ehe questo lavor si veda grato
Ad ambe voi, che fale una fenice.
Se la nave mia, c'hora va solcando
Il mar, da gli scouli puo scampare,
Ghe col voslro faro el ffemine slelle
1 . Voy. ci-dessus, p. 45.
2. Philippe et Anne du Prat.
222 XLVII. — JÉRÔME D'aVOST.
Passa, sempre al sieur porto aspirando ;
Alhor vedrete arrivar cose rare
E forse oitra tutto '1 più bello, belle.
GriROLAMO d'Avosti, da la Val le.
A la nobiliss. e leggiadriss. nignora^ la signora Filippa Del Prato.
Sonetto.
Quel vago sole, che '1 nostro hemispero
Hor va scorrendo e dà luine a la Franza,
E '1 quai ogni altro di splendore avanza,
Fa ch'i non temo'l morlal dardo fero ;
Anzi, che morte, immortal esser spero :
E non sarô privo di rnia speranza,
Perché la mia diva mi da baldanza
Già, per salire a questo grado altero.
Nel mezo d'un Prato sempre fîorito :
Gorre l'acqna del vivo e sacro fonte
Che scende del erto e famoso monte
Ove Homero é '1 primo ito :
Che si quest' acqua puo farm' immortale,
Non m'inganno havendo speranza taie.
XLVIII
JACQUES DE ROMIEU
La famille de Romieu est une des anciennes familles nobles
du Vivarais. Jacques naquit à Viviers vers 1S40 ou 1550. Nous
ne savons à peu près rien de sa vie, car ce qu'en ont écrit
Guillaume CoUetet et M. Henri Vaschalde ' est uniquement tiré
de ses ouvrages. Une pièce insérée dans les Melaiiges en 1584
(p. 72) nous apprend que l'oncle de Jacques, Perrinet Des
Auberts, chanoine et vicaire de l'église cathédrale de Viviers,
fut en même temps son Mécène. Ce fut sans doute aux libéra-
lités de cet oncle qu'il dut de faire des études sérieuses et de
conquérir, vraisemblablement dans une université italienne,
le titre de docteur es droits. Il fut alors pourvu d'un office de
secrétaire de la chambre du roi, office qu'il exerçait déjà quand
il fit ses débuts dans la vie littéraire.
Il est permis de croire que la famille de Birague avait con-
tribué à l'avancement de notre auteur. Les Premières OEurres
de Flaminio de Birague, publiées en 1581, contiennent plu-
sieurs pièces de Jacques de Romieu, dont un quatrain italien
qui nous intéresse particulièrement. Voici la description de ce
rare volume :
Les premières || Œuvres poe- || tiques de Flaminio II de Bira-
gue gentilhom- 1| me ordinaire de la chambre du II Roy, || A
1. M. Henry Vaschalde {Histoire des poètes du Vivarais, Paris, 1877,
in-8, pp. 53-61) a imprimé la notice de Colletet et y a joint quelques
additions.
224 XLYIII. — JACQUES DE ROMIEU .
Monseigneur Illustrissime, & Reuerendissime 11 le Cardinal de
Birague Cliancellier 11 de France. Il M. D. LXXXI [4581]. S. /.,
in- 16 de 47 ff. chitïr. et 1 f. blanc, car. ital.
Les û. 2 et 3 contiennent une épigramme gi-ecque, un
sonnet français et une pièce latine de Jan Edouard Du Monin;
un sonnet françai.s, deux épigrammes latines, un quatrain
français, un quatrain italien et un distique grec de Jacques
de Romieu [J. Romaeusj en l'honneur de Flaminio et de Marie,
sa daine.
Les IL 4 et 5 sont occupés par une épitre en prose au chan-
celier et un huitain au même signé : « Vostre treshumble
nepveu et serviteur, Flaminio Birago », enfin par un sonnet
au lecteur.
Le volume contient les Amours de Marie, recueil de 32 son-
nets, de chansons et d'odes (fol. 6-26 r») ; des sonnets adressés
au roi (fol. 26), à Catherine de Médicis, à la reine Louise de
Lorraine, à la princesse de Lorraine (fol. 27), au cardinal de
Bourbon, à la princesse de Condé, à la duchesse de Nemours
(fol. 28), à Henri de Lorraine, duc de Guise, à Loys de Gon-
zague, duc de Nevers, au duc de Mercœur (fol. 29), à Henriette
de Glèves, duchesse de Nevers ; une élégie au cardinal de
Birague, etc. Plus loin est un sonnet à Austremoine Du Pont
(fol. 36 v°), puis viennent : une odelette et un sonnet à Ron-
sard (fol. 37j, un sonnet à Biaise de Vigenère (fol. 38), deux
épitaphes de Jean de Laval, marquis de Nesles (fol. 39 v°).
Au ro du 47'-' f. est un sonnet de J. de Romieu, Viv[arois].
Musée Gondé, à Ghantilly (Cigongne, n° 892).
Jacques de Pvomieu avait peut-être suppléé le poète grand
seigneur dans la correction de ses vers.
Nous reproduirons seulement le quatrain italien :
Del rncdesimo al medesimo.
Ouel chiar ' Apollo, honor di dolti fronli.
T'a fatlo ber de l'acqua di doi monti,
El quel dio Marte et quel grand dio d'Amore
Vanno jungendo il più di lor favore.
XLVIII. — JACQUES DE ROMIEU. 225
Les vers de Jacques de Romieii se retrouvent dans l'édition
augmentée de 1583 :
Les premières II Œuvres poe- 1| tiques de Flaminio H de Bira-
gue Gentil- hom- H me ordinaire de la châbre du Roy. || A très-
haute & très - illustre Princesse x\nne d'Esté II Duchesse de
Nemours. || Reueuës, corrigées & augmentées oultre || la pré-
cédente impression. Il A Paris, || Cliez Nicolas Chesneau, rue S.
lac-Wques an Chesne verd\\U. D. LXXXIII [1583]. H Auec pri-
uilege du Roy. In-16 de 122 ff. chiflr. et 4 ff. non cliiffr.
Le titre porte la marque de N. Chesneau.
Le f. 2 contient, au r», un anagrammatisme latin : In Fia-
minium Biragum, et, au v». un sonnet de Pierre de Ronsard.
Au f. 3 se trouvent un sonnet et un quatrain de François
Bonnerrier, sieur du Plessis.
Au f. 3 v° et au f. 4 se lisent 5 distiques grecs, un sonnet
français et une élégie latine de Jean Edouard Du Monin, puis
viennent deux sonnets de J[acques] de Romieu, Viv[arois
(fol. 4 V'-S ro).
Le f. 0 v» est occupé par cinq pièces de Jacques de Romieu
« Ad Mariam, Flaminii Biragi, clarissiraam Amasiam », savoir :
deux distiques latins, un quatrain français, deux distiques
italiens et un distique grec
Les ff. 6-8 contiennent une épître (en prose) à Anna d'Esté,
un sonnet et un huitain adressés à cette princesse, un sonnet
« Au lecteur » et un avis de L'Imprimeur au lecteur.
Bibliolh. Mazarine, 22007.
L'édition des Premières OEuvres de Flaminio imprimée en
1585, édition très différente de celle de 1581, ne contient
aucune pièce de Jacques de Romieu.
L'année même où il saluait la muse naissante du jeune
Birague, Jacques publia un recueil de vers que Marie de
n. - 15.
226 xi.viir. — JACQUES de romieu.
Romien, sa sœur, lui avait envoyé de Viviers à Paris'. Il dédia
ce recueil à Marguerite de Lorraine, duchesse de Joyeuse,
qu'il complimenta dans une épigramme latine et dans une
épitre française. Nous ne nous étendrons pas longuement sur
ce recueil qu'une réimpression récente rend facilement acces-
sible-.
Trois ans plus tard, Jacques fit paraître un recueil de ses
propres vers. Nous donnerons la description de ce volume qui
nous fait connaître les amis du poète :
Les 1, Mélanges II de laques de || Romieu Viuarois, || Secré-
taire ordinaire de la Chambre du Roy, || Ou sont comprises les
louanges héroïques II dudict païs de Viuarois. Il A tres-illustre
& tres-genereux Seigneur, lust. Lois, Il Baron de Tournon,
Comte de Rossillon, Cheua- Il lier de Tordre du Roy, & Capi-
taine de cincjuante II hommes d'armes de sa Majesté. H A Lyon.
Il Par lienont Itignud. \\ 158i. |I Auec priiiilege du Roy. In-8 de
93 ff. chilTr. (le dernier coté par erreur 91] et o lï. de Table,
car. ital.
Le 2e f. conlieul une épître à Jusl Loï.s de Tournon, datée
du château de Viviers le l"" janvier lo8i. Cette épître est suivie
de deux distiques latins. On trouve ensuite une pièce latine
de Joachim de La Val, traduite tn vers français par Marie de
Romieu ^l'ol. 4); un Sonnet, de Marie de Romieu à Monsieur de
Tournon,, luy offrant l'œuvre présente en bonne estrenne (foi. 4 v°)
et une Epigramme à madame Claude de Turene, mère tres-clterc
de Just Louis., comte de Rosstllon., signée R. D. G. [= Renée
de Gbastellier?].
Les personnages à qui Jacques de Romieu adresse ses
poésies ou dont il chante les louanges sont : Joachim Blan-
L Lf'S premières Œuvres i)0("'ti(|iios de mademoi.sellc iMarie de lîoiiiifii,
Vivaroisp... ,1 Pari'i, Pour Lucas lirei/er. . . , \hS\ . lii-ÎS, — L'épîlri'
dédicatoin; est datée de Paris, le 29 seiitcinbre 15<SI.
2. Œuvres poétiques de .Marie de Honiieii. publiées avec une préface et
des notes par Pros|ier Ifiaiiclicniaiti. Paris, Librairie des Bibliophiles . . .,
MDCCCI.XXVlll. Im-16.
XLVIII. — JACQUES DE ROMIEU. 227
chon; M"* Marie de Vallon ; Joacliim Valée [c'est-à-dire de La
Val], médecin; M"ie de Serres; Marie et Françoise de La Baume;
Antoine Luc; Jacques Reinier: Anthoine de La Baume, abbé
de Mazan ; Françoise de Birague, marquise de Nesie ; Renée de
Chastellier; Jacques de Serres, abbé de Mon'abourg; Nicolas
de Vesch ; Jean de Sourin ; Jean de Fain ; M. de Laugière,
« chevalier de l'Ordre du roy et lieutenant pour Sa Majesté au
païs du hault et et bas Vivarois » (épitaphe) ; Laurent Joubert
(tombeau) ; Anne de Joyeuse et Marguerite de Lorraine (épi-
thalame) ; Hippolite de Scaravelli, dame de Milieu, [veuve
de Jean de Chastellier]; Perrinet Des Aubers, chanoine, secré-
taire et vicaire en l'étilise cathédrale de Viviers, oncle de
l'auteur; à Claude de Saint-Thomas. « pour responce d'une
admonition par lui faicte à monsieur de Ronsard » ; le cardinal
[François] de Joyeuse, archevêque de Narbonne; Pierre Faure,
secrétaire; Guy de Milieu; Jacques Favier, chanoine; enfin
divers membres de la famille de Tournon.
Biblioth. nationale. Y. 4702. — Bibliotb. de la ville de Lyon,
319764. — Biblioth. de M. Julien Baudrier, à Lyon.
Baudrier, Bibliographie lyonnaise. III, p. 383.
Quelques années plus tard, Jacques de Romieu a renoncé
à la poésie profane. Il ne se qualifie plus secrétaire de la
chambre du roi. Il est devenu chanoine et sacristain de Viviers,
fonctions dans lesquelles il a sans doute succédé à son
oncle, Perrinet Des Auberts. De cette seconde période de sa
vie nous possédons quelques vers qui nous montrent qu'il
n'avait pas abandonné la poésie. Ce sont d'abord deux son-
nets adressés à Olivier de Serres, sieur du Pradel, et insérés
par celui-ci dans son Théâtre des champs (1600), puis des
sonnets sur la primitive histoire de Téglise de Viviers. Ces
dernières pièces, dont nous ne possédons qu'un fragment ',
devaient figurer dans les Recherches de Vanliquilé de l'église
de Viviers auxquelles travaillait un chanoine d'Angoulême,
Masson; mais il ne semble pas ([ue le livre ait jamais paru.
1. Biblioth. liât., ms. Du Chesne X.W, p. 214 ; — Vaschalde, p. 58.
228 XLVIII. — JACQUES DE ROMIEU.
Elles ne portent pas de date; mais, dès le début, Tauteur parle
du pape Clément YIII ;
Clément, de qui dépend du monde le bonheur,
ce qui prouve qu'elles furent composées entre 1592 et 1005.
II est probable que Jacques de Romieu mourut dans les
premières années du xvir- siècle.
XLIX
JEAPS-EDOUARD DU MONIN
Ce poète, né à Gy', clans la Franche-Comté de Bourgogne, en
1559, fut un enfant prodige. Il eut pour premier maître son
père, Claude Du Monin, homme lettré, mais sévère, qu'il perdit
avant d'avoir atteint sa cinquième année. Sa mère le confia
aux soins d'un maître d'école nommé Aizot, qui était étahli à
Gy. Celui-ci l'initia aussitôt à la lecture des poètes grecs et
latins. L'enfant continua ses études à Gray; il parle lui-même
avec reconnaissance de son professeur, qui s'appelait Berson.
Plus tard il alla suivre les cours de l'université de Dôle ; mais
il était impatient de se produire sur un théâtre plus vaste. Il
n'avait probablement pas dix-huit ans quand il se rendit à
Paris, où il fut admis au collège de Bourgogne. Dès lors le
pauvre étudiant, à peine arrivé de sa province, fut poursuivi
du désir d'étonner le monde par la variété de ses connaissances.
11 voulut surtout se faire un nom comme poète, s'entendre
louer à l'égal d'un Ronsard ou d'un Baïf. Doué d'une volonté
forte et d'une surprenante activité, il réussit en peu de temps
à se faire connaître ; on parla de lui à Paris et ailleurs ; aussi,
en 1580, lors de l'épidémie qui désola Paris, plusieurs villes
1. Voy. Lettre à mon père, médecin à Gy. en Franche Comte, sur Jean-
Édouard Du Monin, poêle célèbre du xvi" siècle, né à Gy, Pnr Francisque
Lélut, son compatriote. . . Paris, Dclaunay, libraire. Palais-fioyal^
iVos i82-i83. Gy. Bergeret, libraire, rue du Grandmont, 19. [Paris,
Impr. de Cosse et G. Laguionie.] 1840. In-8 de 6'i pp.
230 XLIX. — JEAN-ÉDOUARD DU MONIN.
lui offrirent l'hospitalité, c'est-à-dire, sans doute, une chaire
où il pût enseigner. 11 se décida pour Poitiers ; mais son
absence fut de courte durée, et bientôt il revint au collège de
Bourgogne.
L'ambition démesurée de Du Monin paraissait devoir être
satisfaite. Un homme tel que Du Bartas se fit l'écho de l'admi-
ration universelle, et composa pour le portrait du jeune poète
ce quatrain qui résumait toutes ses prétentions :
Quel torrent, quelle mer, quel goufTre de science!
Ce qu'en leur vieil hiver le grand Stagirien,
Hipocrate, Platon et le Meonien
Ont seeu, Monin le sait sur l'avril de l'enfance'.
Cependant Du Monin s'était fait aussi des ennemis. Non
seulement son style obscur et pédantesque, ses connaissances
mal digérées devaient avoir des détracteurs ; mais il se pourrait
qu'il eût irrité quelque personnage puissant par les privautés
que, en sa qualité de poète, il croyait pouvoir prendre auprès
des dames. Toujours est-il qu'il mourut victime d'un attentat
dont les historiens n'ont pu pénétrer le mystère. Cet homme,
qui savait toutes les langues anciennes et modernes, qui était
à la fois poète, philosophe, mathématicien et astrologue, fut
assassiné dans l'enceinte même de son collège, le 5 novem-
bre 1580.
Les vers de Du Monin sont depuis longtemps oubliés : l'auteur
ne se recommande plus guère aujourd'hui à l'attention des
philologues que par certaines innovations orthographiques
pour lesquelles il fut un précurseur.
Voici la liste sommaire de ses ouvrages :
1. Joannis Edoardi Du Monin, Burgundionis Gyani, miscel-
laneorum po('licorum Adversaria, tomum alterum, in quo lyra
cothurno plenius forsan nubet, comilem accitura. Inlerjecta
sunt phiiosophica pleraque ex Platonis, Aristotelis, D. Thomae
1. Lt Phœnix, fol. \h^> V.
XLtX. — JEAN-ÉDOUARD DU MONIN. 231
elJiil. Scaligerl, legitimipliilosoplioriim dictatoris, penceruta.
Ad Claiidiiiin de La Baulme, Vesonliiuiin aiite arcliiepiscopum,
cardinalem recens, et famosissima Dauhiieoriim prosapia et
solidioris gloriae. peculio apprime conspicabilem. Parisiis,
Joaunes Richerius, 1578. In-8.
Bibl. nat., Inv. Yc. 8009.
2 Vers latins dans le Tombeau de feu de bonne el veriueiise
mémoire M. Firmin Douri, l'un des premiers philosophes el plus
sçavans hommes de son temps, curé de S. Ciindre à Rouen, 1578.
3. Joaniiis Edoardi Du Monin, Bargundionis Gyani, Beresi-
lliias, sive Mundi (Ireatio, ex galllco G. Sahistii Du Bartas
Ileptamero expressa... Ejusdem Edoardi Manipulus poëLicus
non insulsus. Purisiis, apiid Jonnnem Parant [ou apud Hyla-
rium Le Roue], 1579. 2 part, en un vol. in-S.
Du Monin nous apprend lui-niônie qu'il mil moins de cin-
quante jours pour traduire la Sepmalnc de Du Bartas. Le
Manipulus poc'iicus, qu'il a joint à sa traduction, contient
diverses pièces en vers français.
Biblioth. nat., Inv. Yc. 20S52 et Yc. 837 7. — Britisli Muséum,
1213. K. 14 (1).
A. Vers grecs, français et latins en tête des Premières Œuvres
poëliqiies de Flaminio de Birague, 1581. Voy. ci-dessus, p. 225.
5. Nouvelles Œuvres de Jan Edouard Du Monin, poète phi-
losophe, B. G. [= bourgeois de Gy], contenant discours,
hymnes, odes, amours, contramours, eglogues, élégies, ana-
grames et epigrames. A tresiliustre et treshonoré seigneur,
monseigneur François de Vergy, comte de Champlite et gou-
verneur pour Sa Majesté Catholique en Bourgogne. A Paris,
Chez Jean Parant. S. d. [vers 1581],in-12.
Biblioth. nat., Inv. Bés. Ye 201J3.
Ce recueil contient plusieurs pièces relatives au séjour fait
par le poète à Poitiers. L'exemplaire de Du Monin lui-même
232 XLIX. — JEAN-ÉDOUARD DU MONIN.
est porté au Catalogue Techener. de mai 1889, sous le no lOo.
Certains exemplaires portent la date de 1582 et un f. au
moins a été réimprimé. Voy. Brunet. II, col. 879.
6. Sonnet féminin en tête des Premières Œuvres poétiques
de Marie de Romieu, 1581 (éd. de 1878, p. 12).
7. Pièces en diverses langues sur la mort d'Antoine Fiancé,
1582. Nous citerons plus loin ces pièces, parmi lesquelles il
se trouve des vers italiens.
8. Pièce latine et sonnet franrais dans le Tombeau (Tumulus)
de Jean de Morel, 1583, pp. 28 et 30.
9. L'Uranologie, ou le Ciel de Jan Edouard Du Monin PP.
[= poète philosophe] contenant, outre l'ordinaire doctrine de
la sphœre, plusieurs beaus discours dignes de tout gentil
esprit. A monseigneur M. Pliilippes Des- Portes. A Paiis, Chez
Guillaume Julien, 1583. ln-12.
Le titre porte : Tome IV. Du Monin considérait les volumes
cités sous les n«M, 3 et 5 comme les trois premiers volumes
de ses œuvres.
10. Pièce latine et sonnet français en tète des OEuvres de
philosophie à sçavoir : Dialectique. Phisique et Ethique iTAristole,
nouvellement mis en françois j)ar frère Noël Taillepied] 1583,
in-8.
Biblioth. nat., Inv. R. r.oH2.
11. Vers grecs et latins en tète de La Somme des péchez de
frère Jean Benedicti, 1584.
Baudrier, Bibliographie hjonnnise. III. p. IGO.
12. Le Quarème de Jan Edouard Du Monin, divisé en trois
parties : première, le triple amour, ou l'amour de Dieu, du
monde angelique et du monde humain; seconde, la Peste de
XLIX. — JE.VX-ÉDOUABD DU MONIN. 233
la Peste, ou le ingénient dinin, tragédie, et troisième, la con-
suivance du Quaréme en vers françois. .4 Paris, Chez Jean
Parenl, 1584. In-'i».
13. Pièce latine « Ad nobilem lieroïnam M. de Roniieu »,
4584.
Œuvres de Marie de Romieu, 1878, p. 130.
14. Élégie latine et sonnet français en tète de La Bibliothèque
française de La Croix du Maine, 1584.
15. Deux sonnets en tête de V Histoire des plantes traduite de
latin [d'Ant. Du Pinet] en françois, par Geoffroy Linocier (Paris,
Charles Macé, 1884, in 16, et Paris, Guillaume Macé, 1020,
in-l()).
16. Le Phœnix de Jan Edouard Du Monin PP. 1585. In-12.
(Voy. plus loin la description de ce volume.)
Tome sixiesme des œuvres.
On trouve dans ce volume Orbec-Oronle. tragédie ea quatre
actes, en vers.
17. Vers dans le volume intitulé : Discours de la clieute et
reparution de l'église S. Pierre de Beauvais, extrait du Iniiu, de
M. Claude Goutjfie, par M. Simon de Bullandre, archidiacre en
Beauvoisis, et chanoine dlcelle église. Au peuple de Beauvais.
A Paris, De l'imprimerie de Pierre Chevillot, 1585. In-8.
Biblioih. de M. le duc de La TrémoïJle.
18. Vers dans le recueil intitulé : Ad amplissimum Senalum
pro retento Academiae jure in causa llamillonii, cum de iiomi-
nando curlone D. D. Cosniae et Damiani ageretur, gratiarum
Aclio. Ex typographia Joannis a Prato. 1586. In-8.
Loys Servin avait plaidé pour l'Ecossais John Hamilton
contre son compétiteur, Pierre Tenrler.
234 XLIX. — JEAN-ÉDOUARD DU MONIN.
19. Dix distiques latins In lo. AuraliP. R. Homehcae Gallo-
rum Lucinae opéra longe lectissima, en tète des Poënialia de
Jean Dorât, 158G.
Dorât a réimprimé dans ce recueil deux pièces qu'il avait
composées en faveur de Du Monin : In pliilosophica Jœii
Edoardi Du Monin carmina (p. 48), In coelesles Jani Edoardi
Monin'i versus de coelo (p, 70, cotée 94).
20. Vers dans les Miscellanea de Tliomas Biscarton, 1588.
Deux de ces ouvrages, le recueil de vers funèbres publié par
Jean Aimé de Chavigny à Toccasion de la mort de son ami
Antoine Fiancé, et Le Phœnix, doivent seuls nous arrêter,
puisqu'on y trouve les A^ers italiens qui ont donné lieu à la
présente notice. Voici la description du prem-er :
Les Larmes l! et Souspirs de II lean Aimé de Cha- Il uigny
Beaunois, sur || le trespas tres-regretté de M. Antoine II Fiancé
Bizontin, lors qu'il viuoit, Pro- || fesseur en Philosopbie &
Médecine, & Il Médecin de la cité d'Auignon, Il Dédiez || A Mon-
sieur Maistre Thomas || Serre, Conseillier du Roy tres-Chrestien,
Thresorier II& Beceueur gênerai de sa marine du Le- Huant,
Mortes-payes, réparations, & !| fortifications de Prouence. Il A
Paris, il Par EsUenne Preuosteau, au clos Bntneau, \\ près le
puys Certain. \\ 1582. In-8 de % pp.
Antoine Fiancé, né à Fleuret, près de Besançon, le 1" jan-
vier lou2, mourut le 27 mai 1581, en soignant les pestiférés
d'Avignon. Il n'a laissé qu'une satire contre les pieds plats
{Platopodologié) , c'est-à-dire contre certains envieux qui cher-
chaient à lui nuire.
Quant à Chavigny. né vers 1524, mort vers 1G05, c'était un
élève de Michel de jS'ostre-Dame ; aussi est-il plus connu
comme astrologue que comme poète. Ses vers sont d'ailleurs
comme noyés dans vui déluge de pièces composées par divers
auteurs.
En tète du recueil est une épître (en prose) de Chavigny à
Thomas Serre, épître datée de Paris, le 28 mars 1582. A la p. 6
XLIV. — JEAX-ÉDOUARD DU MOMN. 235
est une épilaphe lapidaire de Fiancé, à laquelle nous avons
emprunté les dates reproduites ci-dessus. Les auteurs qui lui
consacrent des regrets sont, par ordre alphabétique :
Barlet (Désiré), d'Arbois ; 12 sonnets intitulés Le Mariage
accompli de M. Antoine Fiancé avec les neuf Muses, pp. 73-78;
épilaphe, p. 78 ; traduction latine de ces pièces par Chavigny,
pp. 23-23.
Bonnerrier (François), seigneur du Plessis : sonnet, p. 79.
Breton (François), dit Briiannus. de Dijon, jurisconsulte :
7 distiques latins, p. 29.
Galvet (Jean). d'Avignon, jurisconsulte : trois distiques
latins, p. 30.
Chavigny (Jean Aimé de) : pièces latines, pp. 9-19, 22-25;
pièce grecque, pp. 20-21 ; pièces françaises, pp. 37-62, 80-95, 96.
Dorât (Jean : sept distiques laiins. p. 7.
DuMonin (Jean Edouard): pièce latine, p. 32; pièce grecque,
p. 32 ; pièces italiennes, pp. 33, 'jG ; pièces françaises, p. 35 ;
distique hébreu, p. 90.
Forget (Vulcain). de Tours, docteur en médecine : pièce
latine, p. 31.
Gillabon i Mathieu), Franc-Gomlois : quatre distiques
grecs, p. 30.
Goulu (Nicolas) : six distiques grecs, p. 8.
Ilamilton (John) : quatrain écossais, p. 95 (Du Monin avait
dédié à J. Hamilton une pièce insérée dans les Nouvelles
Œuvres, vers 1381, p. 268; c'est pour lui qu'il composa un peu
plus tard les vers mentionnés ci-dessus).
Marins (Gilles), Parisien, avocat en parlement : treize
pièces françaises, pp. 36, 62-72, dans lesquelles sont interca-
lées deux pièces latines, pp. 66, 67.
Serre (Honoré). d'Avignon : deux distiques latins « Ad D.
Ghavigneum, praeceplorem «, p. 31.
Vadillo (P. Vinc. de) : huitain espagnol, p. 35.
"VVillemin Jean), d'Arbois, médecin : Epicedion latin,
suivi de deux distiques, pp. 26-29.
Gat. Rothschild, I, n° 753.
Voici le détail des pièces signées de Du Moniu. Nous repro-
duisons en entier les deux petites compositions italiennes :
236 XLIX. — JEAN-ÉDOUARU DU MONIN.
1 (p. 32). Anlo. Fiancei., jiivenis supra omnium fulem et pii^
et graece latineque doctl, praeceptoris olim mei, medici specta-
tissimi. Tumuhis, per Janum Edoardum Du Monin, Burgondlo-
nem.
Qui nulli invidit. Mors uiium hune invidet orbi.
Gur ila? Morte héros major hic unus erat. . .
,10 distiques.)
2. K'.Ç X'JTOV TOÎ a-jTO'J.
(6 vers.)
3 (p. 33). Del medesimo.
Primavera aulonnale e Tautouno fiorito
Sotto quesla tomba se piangono egahnente,
Perché il vermiglio April maturo è nella mente,
Ma l'aiitonuo del corpo in Aprile è finito.
4. Quadrain tuui'iié par luy mesme.
Un printemps autonnal. un prinlanier aulonne
Se plaignent par égal soubs ce riche tombeau,
De quoy l'avril de l'ame en fruits meurs se couronne
Et l'autonne du corps n'est qu'un avril nouveau.
5. Sur le mesme Fiancé, Eclogue de Berlin^ berger arboisien,
par ledit Du Monin^.
Esprit gentil et beau d'une si heureuse ame,
Qui, déposant le fais de ta charnelle lame,
Nud volas d'un plain sault au cloistre radieux. . .
(74 vers.)
6 (p. 96). Canio dl M. Jano Edoardo Du Monin -.
Che piangi, o madré pia?
— Piango tua morte acerba.
Di non ire a quel ben ch'el ciel ne serba
La mia morte era et lo star troppo in via.
t. Dans les Œuvres nouvelles (p. 276) le litre est ainsi complété : « f.ome
Ergasto di inesser Jaicipo .*>aiinasiro sopra la sepollura (r.ViiJiogeo ».
2. Ce morceau ne figure pas dans les (Kurres noiivrlles.
XLIX. — JEAN-ÉDOUABD DU MONIN. 237
— Oimè ! del mio bel flore
Fido, a gli egri conforto et raedicina,
Fatlo ha Morte rapina.
Gh'era schermo oltre ogni allro al suo furore.
Tu biasrai et io ringralio
Lei, del dolce mio stracio,
Felice in lanta gloria.
Or localo è in memoria
Dei buoni eterna. Omai. deh, se li piace,
Pou gli ocôhi, 0 madré : el tuo cor lasso in pace.
8. Distichum numérale el relrogradinn. per cundem.
Mnemosynes, Via, Cor Latoûm, Vivida Vitae
Vndula, Virtutes, Vt Vigor IntereuntP
Voici la description du second volume :
Le II Phœnix II de lan Edouard || du Monin, PP. Il A Monsei-
gneur l'illu- Il strissime Phœnix de France, Charles de || Bour-
bon, Cardinal de Vandome, & Il Archeuêque de Roiien. Il Tome
sixième. Il A Paris, \\ Chez Guillaume Bichon rue S. laques \\
4585. Il Auec priuilege du Iloy. In-12 de 12 ff. lira, et 156 ff.
chiffr.
Au 1° du rZ*^ f. lim. on lit : IJaec excudebal Joamies Gelhai,
C. M. [= Campa'nuf! Macerieiisis]. Du Monin, pour reconnaître
le service que son ami Gelay lui avait rendu en surveillant
l'impression du recueil, lui a dédié (fol. 67) un anagramme
latin [Eya, sol ingens, ave] et Mol. lo5) une pièce également
écrite ea latin.
Au v° du même f. est un portrait de Du Monin, à l'âge de
25 ans. Ce portrait, pour lequel Du Bartas avait composé le
1. Pour trouver Ij date il faut disposer ainsi les lettres capitales
MVcLVVVVVVl = 1581.
238 XLIX. — JEAN- EDOUARD DU MONIN.
quatrain reproduit ci-dessus, est accompagné de deux devises :
Sua cuique Deus fit dira cupido ; STrouoa-'av '}û/t,v sùoat'aovx olax-..
Biblioth. nat., Rés. Ye. 1926. (Les mots Tome sixième ont
été soigneusement grattés sur le titre de l'exemplaire).
On trouve à la fin du recueil (fol. 140 v°-150) une suite de
sonnets fort libres intitulés : Auatomie des beautez d'une damoi-
selle d'Orléans dont l'anagramme porte : Que son œil m'a dardé
ses chennes. Ces sonnets sont consacrés au chef de la belle,
à ses cheveux, à son front, à son oreille, à son nez, à ses joues,
à sa bouche, à son menton, etc., etc. Les deux sonnets où il
est parlé du nombril sont suivis 'fol. 14700) d'une pièce ita-
lienne ainsi conçue :
Del medesimo.
Mentre a mirar la vera e inOnita
Vostra beltà, ctra Fallre il pregio tolto
Tenea con gli occhi ogni pensier rivolto
Che sol indi trahe a salute e vita,
Gon Talma in tal piacer tut ta invaghita
Conlempiar non potea quello que molio
E' da stimare al vago centro accolto
E al bello délia gioia più gradita.
Ombroso luogo beato al suave ardore,
Ch'iufiamma Talma e le colonne intorno,
Che fanno invidia a la gran dea d'amore,
lo per me, d'allra gloria il capo adorno,
Ilaver non bramo più cb'a tanlo honore
Vi piacci. o cieli. diticcarmi un giorno.
La mort prématurée de Du Monin causa une vive émotion
dans le monde des poètes ; aussi divers auteurs lui consa-
crèrent-ils des regrets funèbres, où ils allaient jusc^u'à diviniser
ses mérites. Nous connaissons les pièces suivantes que Charles
XLIX. — JEAN-ÉDOUARD DU MONIN. 239
Nodier avait eu la bonne fortune de réunir (Catalogue, 1844,
n° 455) :
In obitum miserabilem et luctuosuni domini de Monin,
poetae et philosopbi prope divini. Autliore J. Rigolet, Bri-
tone. Parisiis, P Hurij, 158G. In-8.
Joannis Morelli, apud Burgundios classici, in miserabilem
indignamqiie necem Edoardi Monini funebris panegyrica Ora-
tio ad suos auditores classicos. Parisiis, Stepli. Prevosleau,
1586. In-8.
Le discours, éciit en prose latine, est accompagné de vers
latins signés : Michael Ancelinus, « prier sorbonicus », lo.
Milhonius, « dialectieus apud Burg. », Cl. Noôlas, « Alvernus
class. », Joannes Pé, « Burbonius », J. Bouguier, « Parisinus
elassicus » ; d'une pièce française de S. D. Bullandre, « Beau-
voisin » (le poète à qui Du Monin adressait des vers en 1585),
et d'une pièce grecque signée: 'O Mapxtvo; riyouç. [= Gigoux].
Bull, de la Librairie Morgand et Faloul^ n° 5062.
Les Larmes, Regrets et Depiorations sur la mort de Jean
Edouart Uu Monin, excellent poëte grec, latin et françois.
Composé par François Granchier, Marchois, son nepveu et
escolier A Paris, Chez Pierre Ramier, 1586. In-8.
Les Larmes sont précédées d'un avis « Au lecteur » (en
prose) et de vers latins et limousins, de L. Nabeyrat, M. [= Mar-
chois], de vers grecs de II. Bécco;, Asa. [=: Limousin], de
vers latins et limousins de S. Brisse, M. [= Marchois], devers
latins de Jord. Guibeletus, de vers français de Gh. Varia, V.
C. 0., de G. Goy, Anu., et de J. de Latrène, Gascon. Elles se
composent d'un Colloque funèbre entre un messager et l'au-
teur, d'une Odel'jtte funèbre d'une Elégie et d'un Quatrain. A la
fin on trouve deux sonnets de Gh. Varin et une épitaphe
latine de S. Brisse.
Biblioth. nat., Inv. Rés. Ye. 1930.
Les Regrets sur le meurtre et assassinat commis le 4. no-
vembre à la personne de M. Du Monin, excellent poëte de son
2i0 XLIX. — JEAN-ÉDOUARD DU MOMN.
temps, liebreu, grec, latin, IVançois et italien. Composé par
son disciple Estienne Marchant, Champenois. A Paris, Chez
Pierre Hury, 1586. In-8.
Cette pièce se termine par une Elégie sur la mort de M . Du
Monin^ à monsieur MarciMnl son successeur. L'élégie et un
quatrain qui y est joint sont signés : Audry.
Biblioth. nat., Inv. Rés. Ye 1929.
Complainte fnnebre sur le trespas de Jean Edouard Du
Mouin, poëte et philosophe, composée par T. Bretonnayau T.
[—Tourangeau], escolier. A Paris, Chez Estienne Prevosteau,
I086. In-8.
Elégie sur la mort du sieur Jean Edouart Du Monin, très-
excellent poëte philosophe. A Paris, Chez Eslienne Prevosteau,
1586. In-8.
Biblioth. nat., Inv. Rés. Ye. 1928.
L
JEAN WILLEMIN
Nous avons à parler maintenant d'un ami de Du Monin, du
médecin Jean Willerain, qui passa presque toute sa vie dans la
Franche-Comté. Né, vers 1540, à Sirod, dans le département
actuel du Jura', Willemin fit de solides études, mais nous
ignorons quelles écoles il fréquenta. Il est possible qu'il ait
franchi les Alpes et visité quelque université italienne ;
cependant c'est à Paris qu'il fut reçu docteur en médecine. On
rencontre en effet son éloge, en 1570, dans VOratio in scliolis
medicorum habita, où Antoine Valet mentionne de nombreux
médecins parisiens -.
Avant de commencer l'exercice de sa profession, Jean entra
comme précepteur dans la famille de Tournon. Il fut chargé
de l'éducation de Just-Louis de Tournon, comte de Roussillon.
Ce détail nous est révélé par François de Belleforest, qui, en
1569, dédie la Défloration de la France sur la mort de Timoleon
de Cossé, comte de Brismc, a à monsieur Willemin, précepteur
de monseigneur de Tournon, comte de Roussillon. ». Bellefo-
rest paraît avoir été, lui aussi, attaché à la maison de Tour-
non. Il avait publié, au mois de février précédent, sa Pastorale
amoureuse, qu'il avait dédiée « A tresnoble, illustre et géné-
reux seigneur, monsieur Loys de Tournon, seigneur d'Arlan n,
i. Willemin se qualifie lui-même « Syrodensis » sur le titre de YEchiga
de Uiclamo, 1573.
2. Voy. ci-dessus, p. 83. — Le nom de Willemin se trouve au f. 16.
11.— 16.
242 L. — JEAN WILLEMIN.
et Willemin avait placé en tête du volume un sonnet adressé
à la mère de Just-Louis et de Louis, Claude de Turenne, dame
de Tournon, comtesse de Roussillon.
Claude de Turenne. qui, déjà deux fois veuve, avait épousé
en 1535 Just II de Tournon, était une femme d'une rare éner-
gie. Veuve de son troisième mari, tandis que Just, son fils
aîné, remplissait une ambassade à Rome, elle avait résolu-
ment tenu tête aux huguenots (1567). Willemin raconta cette
prouesse dans un poème latin que Belleforest se chargea de
traduire en français (1569).
Vers 1570, notre auteur rentra dans sa province qu'il ne
devait plus quitter. Il s'établit comme médecin dans la petite
ville d'Arbois et s'y fit une réputation honorable. Sa vie
s'écoula tranquillement dans la pratique de la médecine et
dans le culte des lettres. Outre François de Belleforest, il eut
pour amis très intimes Jean-Édouard Du Monin et l'historien
Pierre Matthieu, qu'il avait soigné avec succès dans une grave
maladie. Ces derniers, avec une indulgence quelque peu
exagérée, le qualifient gravement d'Esculape et d'ilippocrate^
Vers 1571, Willemin épousa Marguerite Mittorion, qui
appartenait à une ancienne famille d'Arbois. Il eut d'elle trois
enfants : Guillaume, baptisé le 2 août 1578, et que son père
envoya en 1603 à l'université d'Avignon pour y achever ses
éludes; Antoinette, baptisée le 19 mai 1580, et qui eut pour
marraine Antoinette de Fouchier, femme de Gaspard de
Genève, marquis de Lullin; Désirée, baptisée le 10 oc-
tobre 15822.
1. Du Monin dans ses Nouvelles Œuvres (vers 1581) trouve dans le nom
de Joaiines Vuileniinus cet anatiraninie : Niimine Jnvis valens fp. 241).
Dans son Pliœnix (1585. fol. Gi) il adresse une pièce latine à Willemin,
« lUirgnndiae Ai'sculapiiis ».
A la fin de la IraLjédie lïEsther (1585, p. 234), Pierre Matlliieii adresse
une élégie c Ad perelissirnum Burgiindiae Hi|ipocialeni, .loannem
Willeniinnrn ».
2. Désirée se maria la première; elle épousa, au mois de m;ii 1G05, le
médecin Jean Chappuis, de Salins. Antoinette épousa, le 1 "" septembre 1009,
le médecin Jacques Doinet, de Lons-ie-Sauliiier. Ces détails nous sont con-
nus par le Journal cité plus loin.
L. — JEAN WILLEMIN. 243
Jean Willemin mourut le mercredi saint de l'année 1606 ou
de l'année 4607. Sa femme lui survécut. Voici l'indication
sommaire des ouvrages que nous connaissons de lui :
1. Sonnet à « Claude de Turaine, dame de Tournon », en
tète de la Pastorale amoureuse de François de Belleforest, 1569.
2. Historia belli quod cum haereticis rebellibus gessit anno
1567. Claudia de Turaine, domina Turnoniae. Parisiis, J.
Hulpeau, 1569. In-4.
3. Discours de la brave résistance faite aux rebelles l'an 1567
par madame de Tournon, comtesse de Roussillon, nommée
Claude de Turaine. Traduit du latin par François de Bellefo-
rest, Paris, Jean Hulpeau, 1569. In-4.
■i. Eclogue du Verbe divin retirant l'Eglise des graves tour-
billons de sédition par lesquels elle est agitée au milieu de la
mer du monde. Par Jehan Willemin, médecin bourguignon.
A Lyon, en l'imprimerie de Jean Ausoult, 1573. In-4.
Le poème est suivi d'une traduction en vers latins comprise
sous la même pagination, bien qu'elle ait un titre particulier :
Ecloga de Dictamo, id est Verbe divino, vindicante Palem,
id est Ecclesiam, a seditionum ventis : quibus jactatur in
medio mari Mundi. Authore Jeanne Willemino Syrodense.
Lugduni, apud Joannem Patrasson. 1573.
Biblioth. de Besançon, B.-L. 2468.
5. Trois pièces latines en 43, 10 et 2 distiques, dans les
Larmes et Soupirs de Jean Aimé de Ctiavigny, Beaunois, sur le
trespas de M. Antoine Fiancé, 1582.
Voy. ci-dessus, p. 235.
6. Vers latins, français, italiens et grecs, en tète de l'^s/A^r
de Pierre Matthieu, 1585.
Nous reproduisons plus loin ces diverses pièces.
244 L. — JEAN WILLEMIN.
7. Sonnet en tète de Clylemnestre, tragédie de Pierre
Matthieu, 1389.
8. Discours sur le trespas de Tres-ault et Très -illustre
seigneur, feu messire François de Yergy, comte de Champlite.
etc., chevalier du Toison d'or du roy Très Catholic, capitaine,
gouverneur et lieutenant gênerai de Sa Majesté en son comté
de Bourgongne. Par messire J. Vuillemin, docteur en medicine
d'Arbois. A Dole, par Auloine Dominique, imprimeur et libraire,
1592. In-4.
9. Épigramrae latine en tète du Quatriesme Tome des His-
toires tragiques de François de Belleforest, 1592.
Baudrier, Biblipgraphie lyonnaise, III, p. 434.
10. Nombreuses annotations manuscrites sur les marges
d'un exemplaire de Jamblique, De mysleriis Aegypliorum, etc.
(Venetiis, Aldus, 1497, in-fol.;.
Bibliothèque de Besançon, Incun. G09 (Gâtai, par Casian,
p. 466).
1 1 . Journal du poète Jean Wuillemin publié par Max Prinet.
(Extrait des Mémoires de l'Académie de Besançon, année 1904.)
Besançon, typographie et lilhographie Jacquin, 1905. In-8 de
4G pp.
Ce journal, tel qu'il nous est parvenu, commence au mois
de février 1396, et s'arrête en mai dGOo. Willemin y a consigné
des renseignements curieux sur les récoltes, le prix des den-
rées, etc. Il ne dit rien des affaires politiques, tout au plus
parle-t-il de quelques affaires locales. II mentionne aussi cer-
taines consultations données par lui à des personnages d'im-
portance. La veuve de ^YilIemin, Marguerite Mittorion, a repris
la rédaction en 1C07 et l'a conduite jusqu'en 1613.
Les excellentes notes de M. Max Prinet donnent à sa publi-
cation une valeur toute particulière.
L. — JEAN WILLEMIN. 245
Nous donnerons maintenant la description du volume qui
contient les vers italiens :
Esther || Tragédie || de Pierre || Matthieu. || Histoire tragique
en laquelle est représentée la || condition des Rois & Princes
sur le théâtre de !| fortune, la prudence de leur Conseil, les
desa- Il stres qui suruiennèt par l'orgueil, l'ambition, || l'enuie
& trahison, combien est odieuse la de- || sobeissance des
femmes, fmablement come les || Roynes doibuèt amollir le
couroux des Rois || endurciz, sur l'oppression de leurs subiectz.
Il A Lyon, \\ Pour Jean Slratim à la Bible d'or. \\ M. D. LXXXV
[1585]. In-12 de 12 IT. lim. et 248 pp., car. ital.
Le titre porte une marque avec la devise 'ApEtTi xalcuouor,.
— Au v° du titre sont deux épigrammes latines.
Les ff. ïim. contiennent une épître en prose «Aux illustres,
liaultes et puissantes dames, ma dame de La Villeneuve et
ma dame d'Achey, issues des heroïcques et généreuses mai-
sons de Granvelle et Peloux », épître signée : « Pierre Matthieu,
principal du colkge de Vercel » ; un sonnet sur l'anagramme
de M'"8 de Villeneuve (fol. * 5 vo) : une pièce à la louange de
M'"o d'Achey, donnant en acrostiche : Jehanne-Baptiste de
Peloux (fol. * 6) ; deux sonnets en l'honneur de la même dame ;
quatre distiques latins adressés à Anthoine Du Verdier,
« Musarum patronus » (fol. * 7) ; deux petites pièces latines de
Jean Petremand, prêtre, chanoine de la Madeleine de Besan-
çon, docteur es droits, à la louange de Pierre Matthieu; un
distique latin, trois sonnets français, une épigramme italienne
et un distique grec, signés : « Johannes Wilieminus, medicus
Arhosinus » (fol. *7 v»* 8); huit distiques latins de Pierre Mat-
thieu, père du poète (loi. ** l); une pièce latine signée de
« Nicolaus Lordellius, Friburgensis Haralongorum » ; une
longue pièce en distiques de « Joannes Germanus, Bajotius
Bruntutanus » (fol. ** 1 V); deux petites épigrammes latines
du même (fol. ** 2 v°); deux distiques de G. R. R. G. ; un son-
net de Benigue Poissenot, « docteur aux loix »; quatre dis-
tiques latins de Claude Receveur, « Vercellanus » (fol. ** 3) ;
un sonnet d'Antoine Junot (fol. ♦* 3 V); le Prologue; les
246 L. — JEAN WILLEMIN.
Faillies plus remarquables survenues à Vhnpresslon (dernier f.
lim.).
Bibliotb. nat., Yf. 3890. Rés. - Biblioth. Mazarine, 22 043. —
Biblioth. de Besançon, B.-L. 3538.
Voici les diverses pièces composées par Willemin pour
recommander la tragédie de son ami :
Ad dominum Matthaeum, virum doctissimum.
Pulehra canis, dominoque tuo dignissima Phebo ;
Sed magis est domina digna, poêla, tua.
Sonnet à monsieur Matthieu, VAppollon de mes muses.
Entrez dans l'obscurté de mes plus sombres bois,
Nimpbes, [si] desirez d'ouir la haute lire
Du Iresçavant Matthieu, car en moy il respire,
Et de luy je prens air, nombres et sons et voix.
C'est luy le favori des dieux, et en luy vois
Appolon renaissant et un Mars qui souspire
N'osant le regarder ; Esculape l'attire ;
De Pallas les douceurs, ô Matthieu, tu reçois ;
Et puis prodiguement, dedans la forest sombre,
T'esgayant es beautés de quelque frescheur d'ombre.
Tu espans en mon sein l'air de ta gayeté.
Ainsi je suis feuillu et florissant toute heure
Pour ce que ce Matthieu en mon esprit demeure
El que de son nectar enivré j'ay esté.
Autre Sonnet audict sieur.
J'aime en toy, ô Matthieu, ceste grande prudence
Et admire l'esprit qui te rend bien heureux ;
J'accolle ta bonté et motz ingénieux,
N'oubliant ton sçavoir, la grâce et éloquence.
L. — JEAN WILLEMIN. 247
Veux-tu que sans farder je parle en ton absence?
Vivant on te verra j usqu'au pas ombrageux
(Idée les Esprits] au fleuve oblivieux
Lavé de ces liqueurs qu'on lave la science."
La terre aussi ne peut mériter si grand gloire
Et ne sçait deuement faire de toy mémoire ;
Mais au[x] cieux est le los, qui l'a mieux mérité.
Je consacreray donc aux cieux mes vers et lire,
Notant mes sons en luy pour tresbien les escrire
Au burin immortel de son éternité.
Auti^e Sonnet audict sieur.
Sibille je ne suis desdagneuse et despite
Pour élancer aux vents les saincts et doctes vers ;
Ce n'est aux fleuves grands que tes nombres divers
Apollon a tracé, il en fait autre eslite ;
Car ce génie tien, ceste sacrée conduicte,
Que nature te donne à laquelle tu sers,
Veut que tes escris soyent cogneus par l'univers,
Gomme un filz d'Apollon estre cogneu mérite.
Ta main cent mille fois je baise en mon esprit ;
J'adore encor cent fois les vers qu'elle a escrit ;
J'admire leur douceur et aime leur cadance.
Gomme pourrois je donc arrière les jetter,
Dans un gou2"re profond soudain précipiter
De les plonger au creux d'une sotie obliance?
Al medesimo signor.
Aima gentil, che tutte l'altre unici
(Se tanto ai versi miei premetter lice),
lo farô ch'el tuo nom' felice
Le che' non sentrà mai, ne le mie charte.
Ne tacerô sî pur sia ch'io cominci
248 L. — JEAN WILLEMIN.
Far uscir i bei rami di tel radice
Che per te spendon i a le [?] in ogni parte.
Sta sano et felice.
Il tuo obedientissirao :
J. V.
'0 CfOévOÇ IffTl XïXtffTOV.
'O cpôôvoç ocÛtoç éauTÔv sciç PeUsgci Saay.^£[.
Ipsa suis telis se domat invidia.
JOHANNES WiLLEMINUS,
medicus arbosinus.
LI
ODET DE LA NOUE
Odet de la Noue était le fils aîné du célèbre François de La
Noue, dit Bras-de-Fer, et de Marguerite de Téligny '. On ignore
la date précise de sa naissance, que Font peut placer approxi-
mativement entre 1558 et 1560. François ayant été appelé dans
les Pays-Bas par le prince dOrange, en 1578, le sieur de Té-
ligny (c'est le nom qu'Odet porta d'ordinaire du vivant de son
père) l'y accompagna et prit une part active à la lutte contre
les Espagnols.
Le 10 mai 1580, François de La Noue fut fait prisonnier à
Ingelmunster; il fut retenu dans une étroite captivité. Odet
continua la guerre pendant plus de quatre ans ; mais, au mois
de novembre 158i, il fut victime d'une imprudence et tomba,
lui aussi, au pouvoir des Espagnols. Bien qu'il eût les clavi-
cules fracassées, il fut conduit à Gand, puis il eut pour prison
le château de Tournai. Dans ce château, le jeune capitaine ne
fut pas aussi étroitement muré que l'était son père à Limbourg.
Le gouverneur, un Italien nommé Matteo Corvini, eut pour lui
de grands égards, et consentit même à lui prêter de largent.
Corvini avait un parent (un frère sans doute), qui cultivait la
poésie. Peut-être se piquait-il lui-même de faire des vers, et
donna-t-il des leçons d'italien à son prisonnier. Une lettre
écrite par Odet à sa mère à la date du 17 juin 1586, après
i. Voy. Haag, France protestante, IV, pp. 296-304.
250 LI. — ODET DE LA NOUE.
qu'il avait eu la joie de recevoir la visite de son père, rendu à
la liberté le 28 juin 1585, nous donne de curieux détails sur
les occupations auxquelles il se livrait.
Après avoir énuméré les dettes qu'il a dû contracter et sol-
licité quelques secours d'argent, le sieur de Téligny parle de
son luth et de son épinette, puis il ajoute : « J'ay une autre
debte qui est tout mon extraordinaire, ascavoir trente escusà
un libraire qui ma jusques icy tousjours fourni à crédit; mais
à cette heure il me solicite fort de le payer, ce que j'espère
faire si vous me mandés de quoi, dont je vous supplie. Quant
au reste, je me porte fort bien, grâces à Dieu, et continue
tousjours de recevoir le bon traitement que je vous ay tous-
jours mandé avoir du seigneur castellan Mattio Corvini' et du
seigneur Lorenzo Grotty^ son al fier, ausquels j'ai beaucoup
d'obligation poui' les courtoisies que j'en ay receues. Je passe
Je temps, ou plustot le temps me passe, en estudiant, qui est
mon seul, mais suffisant plaisir. Mon père me mande que
j'apprenne la langue italienne; c'est pourquoy, pour lui faire
paroistre ce que j'en sçay, je lui escris en ce langage, m'asseu-
rant que je seray plustot excusé, ou présumant de le devoir
estre si je l'escris mal, pour avoir esté en si mal plaisante
escole qu'une prison, que si j'avois esté au pays d'où il vient.
C'est pourquoy je n'ay pas fait doubte de l'exposer au jour pour
estre censuré. J'auray peut-estre encore assez, voire trop, de
temps de l'apprendre icy plus parfaitement. . .^ »
L'étude de la langue italienne, que François de La Noue
recommandait à son fils ne pouvait que lui être fort utile, sur-
tout dans cette guerre des Pays-Bas, où don Juan d'Autriche
ot le duc de Parme étaient entourés de gentilshommes et de
soldats venus d'au-delà des monts. Les Français s'amusaient
1. Le texte imprimé porte Coriuni.
2. Le texte imprimé porte (îmitty.
o. La Vie de François, Selyneur de La Noue, dit Bras-de-Fer . . . , par
M. Moyse AmirauU ([.eide, Jean Elsevier, 1661, in-4), pp. 301-303.
— l)ans les interlignes Odet avait écrit en encre invisible une seconde lettre
adressée à son père. Amirault l'a également reproduite d'après l'original,
pp. 304-307.
LI. — ODET DE LA NOUE. 251
même parfois à parodier le jargon moitié italien, moitié espa-
gnol de leurs adversaires, comme le fait Fauteur inconnu d'un
Pasquino macaronique composé en 1578, et dont nous donne-
rons ici les premières strophes :
Pietà, pietà, ch'ogni speranza è persa!
Porgi socorsi a' miseri Fiamenghi
E fa ch'alli Spagnoli il mal an venghi,
Pater noster !
Questi son quelli che sopra la croce
Sempre li fecero et ti fan la guerra,
E pieggo ti farian se' fosti in lerra,
Qui es tn cœlis.
La prima sera che aile case arrivano,
Gon le lor parolette humanamente
Ogniuu direbbe certissiraamente :
Sanclificelur !
Et si dimonstrau a l'inlrar dolcemente,
Basciandoli la mano a torno a torno ;
Da poi rinegan mille volte il giorno
Nomen tuuni.
Et quando son nella casa allogiati,
Al primo traite per tutto riguardan
Y miran ogniun bieu, e, se nulla gli agrada,
Adveiiiat!
Et in loco di santos ravanillos
Cridan : « Gdponi e pollastri fa raestiero ! »
E non le basterian un jorno entiero
Regnum tuum.
Dicendo : « Hola! porta quella robba,
Seno chieres mori)\ poercho villano ! »
A tal che si convienne dir pian piano :
« Fiat voluntas tua ! »
t. Ms. si.
252 LI. — ODET DE L\ NOUE.
Discacia fuor di Fiandria lai' marani
Poichè ti fanno sempre e a noi la guerra ;
Fa che di loro non sia memoria in terra
Sicut in coelo !
Et poichè sono estimati infideli
Conlra la fede di santo Evangelio,
Fâche sian maledelli lasù in cielo
Et in terrai
Odet de La Noue rima donc en italien ; mais il n'aborda que
la poésie amoureuse. Pétraque fut son modèle, comme il fut
le modèle de tous les étrangers qui au xvi« siècle cultivèrent
les muses italiennes. Le prisonnier échangeait les sonnets et
les madrigaux avec Antonio Corvini, qui était vraisemblable-
ment le frère de Matteo. De ce commerce littéraire est sorti
un assez curieux recueil qui ne paraît pas avoir jamais
été destiné à l'impression. En voici la description :
Le prime Rime di Odette Délia Nua, essendo prigione nel
castello di Tornai, tutte scritte al signor Antonio Corvini o in
risposta délie sue.
Le volume, écrit, d'une bonne main italienne, se compose
de 67 ff. paginés de [1133] à , de 3ff. blancs et de 2 ff. de table.
Il se divise en deux parties: la 1" (pp. 1-56) contient les
œuvres d'Ode t de La Noue. Les pp. 57-60, destinées à recevoir
des additions, sont restées blancbes. Les pp. 61-62 contiennent
la table des pièces contenues dans celte première partie. Les
pp. 63-64 sont blanches. Le reste du volume est occupé par
les poésies d'Antonio Corvini.
Biblioth. nat., ms. il. 1640.
Voici le détail des œuvres de La Noue, avec l'indication de
quelques pièces que M. Flamini a reproduites en tout ou en
partie dans ses Slmii di sloha lelteraria, 1895, pp. 370-381 :
P. 1 , Sta7iza.
Se il nostro fuoco hoggi ha tanta possanza (8 vers). —
Flamini, p. 377.
1. Biblioth. nat., ms. fr. 22 563, 1, foi. IG.
LI. — ODET DE LA NOUE. 283
P. 2. Stanze.
Signor mio caro, non pigliate a sdegno... (5 octaves).
P. 3. Tre Sonetli.
D'Achille non sarià stato il valore, . .
L'Amor, corne è dipinto, havea coperto...
S'in mezzo délia pena e del lormento. ..
P. 5. CapUolo in risposla di quello che comincia : lo so che
havete inteso. . ., a carta 124.
Se, per dolersi de l'altrui tormento. . . (15 tercets).
P. 7. Sonetlo in risposla d'una stansa che comincia: Se nave
che [nel mar]. . ., a carta 125.
Di rallegrarsi e lieto havere il cuore. . .
P. 8. Capilolo.
Non voglio mai raggionar che d'Amore. . . (17 octaves).
— Flamini, p. 373, reproduit la première octave.
P. 13. Sonetto.
La neve si vedeva in ogni luoco. . .
— Sonetto.
Benchè qualch'un cou raggione m'accusa... — Flamini,
p. 375.
P. 14. Sonetto nella persona d\in altro.
Misero è ben che seguita l'Amore. . .
P. 15. Sonetto per risposta di qualcheduni, Vullimo delli quali
era quello che si comincia: Non punse, arse o lego...,
a carta 66.
Benchè nei versi vostri pe'l passato. . .
P. 15. Risposla al sonetto che comincia : Tu che nei studi. . ., a
carta 126.
Nelle cose d'Amor ben puoco esperto. . .
P. 16. Sonetto.
Per forza, per inganno, in guerra, in pa:e. . .
P. 17. Vilanella.
Se con raggion dicano mal d'Amore... — Flamini, p. 374.
— Sonetlo.
Menlre ch'ogn'un da si bel tempo spinto. . .
P. 18. Canzone.
Hor che del freddo inverno i veggo il gielo. . .
P. 22. Sonetto sopral'anagramma d'Antonio Corvinl: lo vinca
intorno.
L'altra mattina, all'hora che più vero, . .
254 LI. — ODET DE LA NOUE.
— Dello anagramma di Odet de La Noue : Devot'a le done.
Sonetlo.
Se in eambio délia doglia e del lamento. . . — Flamini,
p. 373.
P. 23. Canzone sestina.
Passato havevo già sei anni in guerra. . .
P. 25. Sonetlo.
Passi chi vuole in festa, in ballo e in giuoco. . .
— Sonetto.
Quel chi una volta si ritruova involto. . .
P. 26. Capitolo.
Quando a considerar vengo lo stato (22 tercets),
P. 29. Capitolo.
Quindici volte s'è vista la luna. . . » (49 tercets). — Fla-
mini, p. 372, reproduit trois tercets.
P. 34. Sonetti.
11 carnovallo in fine è andato fuore. . .
Nel tempo délia dolce primavera. . .
In riposta di queilo che comincia : Più duro lasso etinfe-
lice. . ., caria 84.
Più preme il mal, più, per haverne pace...
P. 36. Li seguenti furonli scriitl e mandali a Brussclla. Sonelti.
Se quel che fece le Tebane mura. . .
Ardor non è che non raflreddi il ghiaccio...
Se quanto il vostro slile ha di dolcezza. ..
Non temele di Marte la pereossa. . .
Chi non a voglia d'andare alla guerra. . .
P. 39. Capitolo.
lo so che anch'io ho falto un tempo pruova. . . (35 ter-
cets).
P. 43. Sonetto per riposta di queilo che comincia : Ditemi un
puoco, a carta 127.
Dorme la Musa, oimè, dorme l'ingegno. ..
— Due Sonetti per riposta delli duoi che comlnciano : 0
illustre Odetto... e Se tardo a dir di vol..., carta
127 e 128.
Non, non l'ingegno mio già non afîelta...
Se tu Iruovi hor nella mia bassa rima. . .
P. 45. Capitolo per riposta a queilo che comincia : Di le, for-
tuna..., a carta 129.
H. — ODET DE LA NOUE. 255
Quanto m'incresca del tormento vostro... (53 tercets).
P. 51. Sonetlo.
Una medesraa sorte nello amore.
— A Febo, pel signor Antonio Corvini. [Sonetii].
Se medico tu sei, patron di Delo. . .
lo dirô che da niente non sei buono. . ,
P. 53. Madrigale.
Veddi la carta ove i tuoi bei concetti. . .
P. 54. Madrigale.
Tutto in un tempo, e Marte, e Morte et Amore. . .
P. 55. Sonelto.
Già fù una lancia alla punta incartata. . .
P. 5G. [Soneili].
Credime, Ciartier niio, che senza pena. . .
Se succedendo al buono, al tempo rio...
Les trois derniers sonnets sont des additions postérieures.
Le premier des trois a pu être ajouté à la table; les deux
autres n'y figurent pas.
Les poésies de Corvini qui forment la seconde partie se
composent de 75 sonnets, 6 capitoli, 6 canzoni, 2 stanzeetun
madrigal. Elles sont intitulées : Le Rime del signorc Antonio
Corvini., composte in favore d\ma beUissima gentildonna val-
lona, 1586.
Le début de la Canzone sestina (p. 23), qui contient un ren-
seignement biographique intéressant, permettra de juger des
vers de La Noue :
Passalo havevo già sei an ni in guerra
Felice assai, quando mia dura sorte,
Per pagarmi délia oflerta pena,
Mi caccio drento una stretta pregione
Ove ho provato assai rio tormento, 5
Fin che soccorso m'habbia dato Amore.
lo non sapeo che cosa fosse Amore,
Che seguitato haveo sempre la guerra;
Ma, per pietade del duro tormento
Che mi premea, mi diede la mia sorte 10
In apparenza ancora una pregione,
Ma per effelto mi toise di pena.
256 LI. — ODET DE LA NOUE,
Stimavo inanzi esser estrema pena
Vedersi involto nel laccio d'Amore,
Che ogn'un vedeo fuggirne la pregione lo
Più mille volte che quella di guerra;
Ma, pel favor d'una benigna sorte,
Di tutte due so hor il bene e il tormenlo...
Antonio Corvini n'était pas le seul à échanger des vers avec
le prisonnier. Celui-ci avait à Tournai d'autres émules en
poésie. Il en nomme lui-même trois (p. 43) :
Ciarlier s'allegra in araorosa spene,
Gurtembu sempre mai vive felice,
Gode l'alfier mio disialo bene.
Nous savons déjà que Valfiero, c'est-à-dire l'enseigne ou
l'aide-de camp du gouverneur, s'appelait Lorenzo Grolli. Quant
aux deux autres personnages, ils nous sont inconnus. Chartier,
ou Charretier, dont le nom figure en tète du dernier sonnet
du recueil, était enfermé comme Odet, dans le château de
Tournai; mais notre auteur, qui lui dédie plusieurs des odes
imprimées, en 1594, dans les Poésies chrestiennes (p. 183, 18G,
193, 220, 223). nous apprend lui-même (p. 220) que son ami
fut mis en liberté avant lui. Quant à Curtembù, il appartenait
probablement à une famille gantoise, et son véritable nom
devait être Curtenbosch'.
Le sévère t^rançois de La Noue ne goûta probablement pas
les compositions amoureuses de son fds ; aussi celui-ci renonça-
t-il bientôt à pétrarquiser. Il revint au français et rima des
Paradoxes sur les adversités. Odet ne recouvra la liberlé qu'en
1591, quelques jours avant la mort de son père, dont il ne put
même recevoir le dernier soupir. Il servit alors Henri IV, et
resta fidèle à la cause des protestants. Les frères Ilaag ont
résumé les événements de sa vie. Disons seulement (|u'il
mourut à Paris au mois d'août 1617.
1. Sur Jean de Ciirleiilioscli. qui, vers la fin de 15i5, se rendit au concile
de Trente, voy. l*aqiiot, Mémoires, 1758, in-lol., il, p. 198.
<k
LI. — ODET DE LA. NOUE. 257
Voici une liste sommaire des ouvrages d'Odet de La Noue
qui nous sont connus :
1. On trouve, au w du titre de la Resolution claire et facile
sur la quesiion tant de fois faite de la prise des armes par les
inférieurs (A Basle, par les héritiers de J. Oporin, 1575, in-16),
un sonnet intitulé : Parxnetique à la noblesse et à tous autres
François de bon cœur armés pour résister à la tyrannie. Ces
vers sont signés 0. D. L. N., et Ton peut avec quelque vrai-
semblance les attribuer à Odet de La Noue. Plusieurs biblio-
graphes ont eu tort d'en conchu'e que la Resolui ion devait èlre
son œuvre ; un tel discours ne peut avoir été composé par un ^,\p
jeune homme qui n'avait peut-être pas dix-lwrit-ïïTTs. Du reste,
les vers ont disparu de la réimpression donnée sous la
rubrique de Reims, par Jean Mouchar, 1577.
2. Prime Rime. Voy. ci-dessus, p. 252.
3. Paradoxe que les adversitez sont plus nécessaires que les
prosperitez et qu'entre toutes Testât d'une estroitte prison est
le plus doux et le plus profitable. Par le seigneur de Teligny.
.4 La Rochelle, Par Hierosme Haultin, 1588. In-8.
Ce recueil est dédié à François de La Noue par une épître
datée du château de Tournai, le 23 novembre 1S87. On trouve
en tête : trois distiques latins signés A. D. A la fin, on lit un
sonnet de P. G. D. F. [Philippe Canaye de Fresne], un sonnet
de Joseph Du Ghesne et deux sonuets de J. de Ghan. . .
Biblioth. de A^ersailles, E. 46i c
Une autre édition parut en la même année 1588 : Par Jean
de Tournes, impv. du voy à Lyon, iu-8. Voy. Gat. Lignerolles,
1894,11, no 996.
Le poénie fut traduit en anglais au commencement du
xvn*^ siècle : Tke Profil of Imprisonment, a Paradox, WrlUen
in French by Odet de La Noue, Lord of Teligny, being Prisoner
in Ihe Castle of Tournay, translated by Josuali Sylvester. La
version anglaise se trouve à la suite des œuvres de Du Bartas
traduites par Josuah Sylvester, 1611, in-4, pp. ["77]-814.
n. - 17.
258 ~ LT. — ODET DE LA NOUE.
4. Poésies chrestiennes d'Odet de La Noue. Pour les héritiers
d'Euslache Vignon. 1504. S. l. [Genève], in-8.
Recueil publié par Joseph Du Ghesne, sieur de La Violette.
— Biblioth. nal. Ye. 7i6l et Rés. Ye. 2002. — Biblioth. de
M'"^ Alfred André.
Le Paradoxe est réimprimé dans les Poésies chrestiennes,
pp. 273-311.
5. Avis de M. de La Noue sur In fortification de la ville [de
Genève] en la visite qui fut faite le lundi iV. aousl 1610.
Archives de Genève, ms. 2374.
Quant au Dictionnaire des rimes, que les frères Haag attri-
buent à Odet de La Noue d'après les auteurs de la Méthode
latine de Port-Royal, il parait être l'œuvre de Pierre de La
Noue, le traducteur des traités de Guido Panciroli (1617).
Une importante lettre d'Odet, datée de Middelbourg, le
12 septembre 1583, a été publiée par M. Kervyn de
Volkaersbeke dans la Correspondance de François de La Noue,
1854-, p. 2^7. Nous avons cité déjà la lettre du 17 juin ir)80
imprimée par Moïse Amirault.
LU
GABRIEL DE GUTTERRY
Gabriel de (îutteiTy, originaire de Cliiny, ne s'est pas borné,
comme la plupart des auteurs que nous avons cités, à com-
poser quelques rimes; nous lui devons de vrais ouvrages.
Gabriel était fils de Jean de Gulterry, médecin, qui nous a
laissé une traduction, souvent réim[>rimée, des Epistolas
d'Antonio de Guevara'. Jean était mort vers 1565. L'auteur
anonyme de La Légende de doinp Claude de Guyse, abbé de
Clunij, accuse ClandedeTavoir fait empoisonner-. Ses enfants,
que le même auteur dit avoir été « détruits », ne furent sans
1. Les Epistres dorées, morales et familières d'Anloine de Giievare,
tradmles d'espa/jnol en fraiirois par le. seigneur de GuUerrij, docteur eu
médecine. Lyon, iMacé Bonliomine, 1556 (1557 et 155f^), iii-4.
Ces lettres, complétées par l'adjonclioii d'un U'oisième livre traduit par
Antoine Du Pinet, sur la version italienne d'Alfonso de Ulloa, reparurent à
Lvon en 1560 et 1588; à Paris en 1563, 15(35, 1570, 1573, 1577, 1579,
1580, 1588 et 1590; à Anvers en 1577 et en 1591.
2. « La poison (ju'il lit au mesme temps donner au seigneur de Guterrv,
son médecin, et de laquelle il uiourut, on n'a jamais peu sçavoir l'occasion.
Les uns tiennent que c'estoit pour le refus de mille ou douze cents escus,
qu'il vouloit branqueter à son médecin, autres que c'estoit pour mettre en
reserve sa prébende et gages de médecin, ce qui est vravsemblable, car
depuis ce temps les povres religieux ont presque tousjours esté destituez de
médecins. Bref, pour mettre en sa bourse trois on quatre cens livres par an
au plus, que pouvoit avoir son médecin, il l'a fait empoisonner, et après
destruire ses enfans qui estoient riches de plus de trente ou de quarante
mil livres, ainsi qu'il sera dit cy-après en son ordre. » Légende de domp
Claude de Guijse. 1581, dans les Mémoires de Coudé, VI, ii. p 5(3, — La
première édition de ce factum, intitulée Légende de saint ?\iraise, avait
paru en 1574..
260 Lir. — GABRIEL DE GUTTERRY.
doute que ruinés. Gabriel, victime des mauvais procédés de
rabbé\ dut aller jeune en Italie.
Il fit ses études de droit à l'université de Padoue et séjourna
longtemps dans cette ville, où il fut élu conseiller pour la
nation de Bourgogne le 13 août 1583'-. Il en fut tiré par le
jeune Charles de Neufville de Villeroy\ seigneur d'Alincourt,
lils de Nicolas de Neufville, seigneur de Yilleroy, qui était
alors secrétaire d'Etat. Il entreprit nous ne savons quel
voyage sur mer; mais il fit naufrage prè.s de Gènes, perdit
tout ce ([u'il possédait, et dut appeler à son aide le fils du
ministre.
Pour reconnaître l'aide que lui donna ce protecteur, Gabriel
de Gutleny fit imprimer, en 1586, un opuscule qu'il avait
composé à Padoue, et pria M. d'Alincourt d'en accepter la
dédicace.
Voici le titre de cet opuscule, aujourd'hui fort rare :
La II Camilletta II diGutterryClu || gnicese. î| Airillustrissimo
Signor Dalinjl court. Gentiihuomo ordinario || di Caméra del
We Christianissimo. Il //* Pnrigi, \\ Aprpxso GiiUpIiho GinVumo, \\
ni spgiw (le lAmicUia. \\ 158(). || Con Priuilegio. Tn S de 172 pp.,
1 f. contenant seulement un fieuron, et 1 f. blanc. — On lit à
la fin : Slempnla [sic] in Parigi \\ alli 4. Agosto. \\ M. I). LXXXVP.
1 . L'aiitiMir du pnmplilet ri(c mentionne en passant la « piperie « que
Claude de (iiiise a a faite à maistre Gabriel Gutlerv. » Mémoires de Condé,
VI. II. p. 12.
i. Ari'li. univ. de Padoue, reg. XIII, fol. 1GI V ; cf. 164.— Fne inscrip-
tion qui se voit encore dans la cour de l'Université porte le nom et les
armes de « Gabriel Gatirius, liori^iindus >;. (Délia unirersilà di Pudova.
C.enni ed Iscrizioni, Padova, 1841, in-8, p. G.) Il faut sans doute lire
« Guttrius. »
',). Ciiarles, que nous avons eu l'occasion de citer déjà (voy. p. 125), était
né vers 15G7. A son retour (rilalie. il servit sous Lesdii^uières ,se déclara
en faveur de la Lii,Mie, fut nommé gouverneur de Poiiloise (I5(S9), puis
prévôt de Paris (1!')'<2) Il vendit fort cJier sa soumission à IIiMU'i IV, ei reçut
par surci'oît le gouvernemi'nl du Lyonnais. Il fut charité d'une ambassade à
Rome en 1G0O. Nous ne le suivrons pas jusqu'à la fin de sa carrière.
Ajoutons seulement qu'il mourut à Lyon le 18 janvier 1642. Voy. Anselme,
Histoire f/énralofjiqtte. IV, p. Gil.
i. Rihiiiitli. nat., Inv. IL 25874, exemplaire de Falconet ; — notre
bibliothèque.
LU. — GABRIKL DE GUTTERRY. 261
Dans l'épître dédicatoire, datée de Paris, le 15 juillet 1580,
Gabriel de Gutterry s'exprime ainsi :
(i Non credo gicà, illustrissimo signer mio, che lo spavento
del luono che ebce dalle colubrine commessevi in arbitrio,
mercè il valor el seniio vostro, in elà pur leuera, dall' eccel-
lentia del signor duea d'Umaine, in sussidio dell' afïlilio nostro
regno, vi habbi levato dalla menle, e con rombra del superbo
slendardo pur bora dal eccelentissiiuo signor duca di Gioiosa
consegnalovi, adombrata la raemoria del naufragio ch'io feci
presso Genova, délie più care cose che in Padova con faticbe
infinité in'ero acquistalo. Hora dee sapere V. S. illuslrissinia
coma in quel punie, in dispreggio délia malvagità di foriuna,
s'ingravidô la mia menle di ({uesla fanciulla chiamala per
nome CamilleUa, la quale, venula in luce sollo il nome di V.
S. illuslrissima, più felicemenle che non fa alcun allro parto
d'human semé sollo il piauelta di Giove o di Lucina, digià
accenna iu allô faueiullesco di volersi ricoverar nelle braccia
del suo benefalore. . . »
L'auteur n'ignore pas les défauts de cette enfant :
« Gome chè, essendo ella forestiera, non habbia quella lin-
guina Ihosca che si richiede a chi vuol comparir innanzi una
brigata dalla cui amorevolezza spera d'acquistarsi qualche
credilo, pur, cosi schiela, senza liscio ne vezzo dal di délie
leste, vi si fà innanzi, non curandosi più che tauto dell' altrui
cingueltare, purchè a voi piaccia. Percio a vol solo si rivolge,
voi solo lasinga el in voi al ben et al maie s'altiene. »
En terminant, Gutterry remercie son bienfaiteur des faveurs
qu'il a bien voulu lui accorder en Italie neuf mois auparavant
(il gran favore già nove mesi in Italia da voi usatogli). « De
ces faveurs, ajoute-t-il, fera foi le terroir de Padoue dont votre
main amie est venue m'arracher » :
Ne farà fede il terren Padovaao
Donde mi toise l'amica voslra mano.
L'ouvrage qui porte le nom de CamilleUa n'est pas à pro-
prement parler un roman. L'auteur feint qu'un ami vient le
262 LU. — GABRIEL DE GUTTERRY.
tirer de ses rèvertes et de sa solilude, et le conduit dans une
campagne délicieuse où plusieurs jeunes femmes rient et
folâtrent. Celles-ci, pour se divertir, décident de prendre
chacune un amant, au moins en imagination, et, tour à tour,
elles énumèrent les qualités qu'elles voudraient trouver en lui.
Leurs confidences contiennent çà et là des passages piquants.
Il y a même quelques détails curieux, par exemple ceux qui
sont relatifs à la fauconnerie (p. 61), aux luts ip. 7^ , aux
cadenas de chasteté (p. 122). Voici comment une des dames
parle des Françaises :
« Iraperô riputo benedette et felici le donne di Franza, a le
quali non è di bisogno d'usar mezani per procacciarsi l'amo-
roso piacere. Scherzano el burlano in presentiadel marito con
chi lor place, seoza niun sospetlo. Pur credo io cbe gli errori
vi si vegganG minori, attesochè esse sfogandosi con le parole
stanno a guisa del venio, il quale, quinci et quindi spargen-
dosi, men otTende che quando egli è ristretto in qualche
spelunca, onde poi, con violenza del suo fialo, esce con luria,
rovinando per piani et poggi le case et arbori che essi [lis. vi
si ■?] incontrano. Et si come a noi la prigion in cui ci riuchiu-
dono gli nostri mariti, privandoci cou quella non solamente
de la cara vista de lamante, ma anco d"infiniti altri solazzi li
quali a cbietine et pizzocchare non disdirebbono, ci sono di
niaggior desiderio accresciiuento iu goder le cose vietate.
Gosi aile donne di Franza Tistessa libertà è loro un freno alla
lussuria '. . . w
La nuit vient interrompre les raisonnements de Camilletta
et de ses compagnes et sert en même temps de conclusion à
l'auteur.
En même temps que l'ouvrage dont nous venons de parler,
Gutterry en fit paraître un second qui est devenu presque
introuvable. En voici le titre :
1. La Camilletta, p. 125. Sur la contrainte où vécurent longtemps les
femmes italiennes, cf. Adol])lie Vautier, Vayage de France... Relation de
Sébastien Locatelii (Paris. 1905, in -8), pp'. XLll-XLiil, XLvn.
LU. — GABRIEL DE GUTTERRY. 263
La Priapeall di Giiterry || Clugnicese al !| Mag. Sig. L. D. M.
M. D. G. Il M. D. LXXXVr.
L'auteur est censé reproduire une conversation surprise par
lui à Murano entre des courtisanes vénitiennes. Le sujet de
l'entretien est des plus singuliers et tout à fait digne des
ttagioiiamenli de Pietro Aretino, que Gutterry s'est proposé
d'imiter. Au x" du titre on lit un Sonello in briglia scioUii aile
genlUissime donne. Le récit, dont le style est extrêmement
recherché, et dont les périodes sont interminables, com-
mence ainsi au fol. Aij :
« Puô far Doinenedio che tanli grilli mi si caccino in capo
mentre chè dal Gapitano Senza Monetta non mi scompagno?
Sara mai possibile ch' io dia luocho a si strani pensieri? Hor
mi vieil voglia di sfogarmi adosse de cerli gagliofïacci et
piegore indorate, le quali, corne si veggono capitar inanzi un
liuomo virluoso che sappino e^ser un poco bisoguoso, subilo
da lui s'apparlano, come s'eiili fusse dalla gbianduscia infetatto
et dovesse contra di loro spiiar tuti quanti i veleni cbe l'Africa
produce. Se le piccbi a l'uscio, la fanle si farà a la finestra, o
il servitore amaeslrato dal suo padrone ti vien incontro, col
dir : Eccolo, cbe pur bora esce di casa. El se qualcbe volta a
case ti s'afl'ronta con qualcbe sua favola ordita aposta,
prœocupandoti. délia sorte si duole (che in vero devrebbe
strascinarle in qualcbe cesso), la quale non comporta cbe si
trovi mai un soldo in cassa mercè la poca fede de gli mercanti
cbe attengono aile promesse et délie lili cbe lo distruggono,
0 de simili uovelluzze ti rinfrustano. . . »
Ce verbiage n'a d'autre but que de déplorer la pauvreté dont
1. S. /., iii-8 de 29 pp. et 1 f. blanc. — La Priapea est iraprimi'e
avec les mêmes caractères que La Cumilletta et doit se trouver reliée à la
fin de cet ouvrage ; cependant le tiU'e et le sujtl l'ont fait supprimer de tous
les exemplaires que nous avons examinés, sauf d'un exemplaire que nous
avons acquis à la vente Ch. Collier, 1900 (u*^ 337). Elle était déjà si rare
au conmiencement du xviii" siècle que La Moiinoye, désespérant d'en
trouver un exemplaire qu'il put acheter, avait pris la peine de la copier
lui-même, nous ne savons sur quel original. Vov. Catal. Cli. Nodier, 1844,
11" 1017.
264 Lir. — GABRIEL DE GUTTERRY.
souffre Tauteur. Il avoue lui-même que, s'il ne recevait les
bienfaits de M. d'Alincourt, il en serait réduit à s'en aller tout
nu dans les rues, à l'exemple des anciens philosophes*.
On nous dispensera de reproduire les discours des courti-
sanes vénitiennes. Voici seulement la conclusion de Gutterry:
a Ghi più ride raanco pecca, avenga chè l'un procède dalla
contenlezza de Tanimo, per il cui mezzo si rafïrena il fugace
corso de gli anni, et l'altro, suo contrario, dal disordine del
cuore elle ci précipita. »
Les deux ouvrages dont nous venons de parler ne sont que
de simples badinages ; on comprend à la rigueur qu'un Fran-
çais, les dédiant à un jeune gentilhomme qu'il avait connu en
Italie, se soit amusé à les écrire en italien ; on saisit moins
les motifs qui ont pu amener Gabriel de Gutterry à se servir
de la même langue pour composer un panégyrique du duc de
Joyeuse. Sans doute ce personnage, devenu par alliance beau-
frère du roi, avait parcouru la péninsule et s'était épris d'une
belle passion pour les choses italiennes, en particulier pour
le théâtre ; mais son voyage n'avait été qu'un événement
secondaire. Cest en France, à la bataille de Coutras, qu'il
avait trouvé la mort (20 octobre l.'SS?).
La seule explication qui nous paraisse probable, c'est que le
Mécène à qui Gutterry dédie son œuvre, M. de Mauroy^ avait,
lui aussi, étudié en Italie, et que le discours italien était une
réminiscence du temps passé ensemble à l'Université.
1. « Se non riparasse la cortesia del ill. sig. d'Alincourt (la quale aiicn
da invidiosi mi vieil contesa), spesso igniido e scaizo me ii'andarei. imitandu
per forza la sim[)lieità dcgii filosofi aniiclii. »
2. Ce pei'soniiaiJie doit êlrc Honoré de iMaiiroy, seigneur de Verrière-sur-
Seine, qui devint s(nis Louis XIII « conseiller du roy en son conseil d'Estal.
secrclaire de Sa Majesié et de la m:iison ei couronne de France j. Ilonon'î
apparlenail <à la niènn' famille que iNicolas Mauroy, trésorier de l'église dv.
Troyes, l'auleur liien connu de La Complainte de la grosse cloche (v 1513).
des Hymnes communs, translatez de lutin (1528, n. s.), et que frère Henry
Mauroy, cordelier du couvent de Troyes et liébraïsanl, dont nous ]iossèdons
divers ouvrages (Hildiolli. de Troyes, nis. 1431). 11 publia, en 1()'24. un
Discours de la vie el faits héroïques de M. de La Vallette admirai de
France, etc.
LU. — gabrib;l dk gutterry. 265
Quoi qu'il en soit, voici la description de Téloge funèbre :
Orazione II funèbre intorno alla || morte delT Eccellentis-
simollDuca di Gioiosa, Amiraglio di Francia, e 11 Gouernatore
di Normandia. il Composta da Gabriel di Guiterry [sic] Clugni-
cese &. dedicata II al Magnifico Signor di Mauroy, Consigliere
Il nella sedia presidiale di Trois. || Stampala in Parigi. \\
Apresso Pielro Ramier, strada Sair\\ Giouaiuii di Lalrau. S. d.
[1587], in-8 de 2 IL, 23 pp. et 2 ff. blancs.
Le titre porte la marque de Pierre Puimier. Le second f. est
occupé par une épître dédicaloire signée : G. di Guitterry.
Au v° de la p. 2.3 est un Dialogismo in versi sciolli do la
Francia e de la Morte^.
L'épître, datée de Paris le 4 décembre 1587, six semaines
après la mort du duc de Joyeuse, se termine par ces mots :
(' Espero altresi che questo [uffizio pin] vi sarà come un ricordo
de l'antica amicizia nostra e tributo de l'amorevolezze che
m'usate a tulte l'bore, de le quali daro maggior segno di gra-
titiidine e più alla scoperta, quando laforluna me ne porgerà
l'occasione. »
Pour donner quelque idée du panégyrique, nous reprodui-
sons le passage dans lequel Gutterry parle des études pour-
suivies par le duc de Joyeuse :
« Crescendo in età, crebbe altresi il desiderio d'imparare;
per tanto fu mandato in Tholosa, la dove senza punio tralas-
ciare il colto divino al quale fu iiaturalmenie inchinalo et i
lodevoli costumi che lo poteano un di far chiaro fra i signori
di corte, alli più rari concetli d'humanità e di filosophia tullo
si diede, massime aile scienze di malhematica, onde de mille
bei segreli et ingegniosi arlifieij se ne valse poi per gli asse-
dij et per le cose maritime ; e posso dire con verità che questi
suoi siudij a tanto lo recarono, che se andalo fusse lor dietro,
non é dubio che con quelli principi dottissimi e famosissimi,
Pico de la Mirandola e Lorenzo di Medici, non fusse andato
Bibliotli. liât., Lii27. 10437.
266 LU. — GABRIEL DE GUTTERRY.
del paro. Ma spingendolo la sua sorte el i cieli ch'alla diffesa
de' popoli e reggimento de' stali l'haveano desiinaio, gli
misero in cuore di radoppiar i titoli, accopiando Marte cou
Pallade. Per tanto. dopo l'essersi alquanto esercitato a l'armeg-
giare, al cavalcare el aile più honorai e cose che si richieggono
ad un signore, dissegnô col volere de' suoi parenti di comparir
in quel eminente e riguardevole theatro, esposto a gli occhi
d'ogn' uno, dove l'azzioni di ciascuno sono esaminate; per la
(jual cosa, quegli che vi intervengono (e) si veggiono imposta
nécessita di valerosamente oprare, si per il timoré de l'infa-
mia e si per la speranza di laude. S'iuviô in questa corte, dico
splendida, del christiani>simo re nostro Henrico, il quale, da
gli suoi antecessori non tralignaudo punto, é d'animo cosi
nobile, ch'egli chiama, invilta, raccogli, abraccia, nutrisce,
honora et inalzacosi i cavalieri corne ilitteratid'ogni banda'. »
Que devint Gabriel de Gutterry après 1587 ? Nous l'ignorons.
Nous ne connaissons de lui qu'un seul autre ouvrage, et cette
fois le livre est écrit en français. C'est une traduction de l'apo-
logie de Marie Stuart publiée, en latin, par Robert Turner,
sous le nom d'Obert Barnestaple-. En voici le titre :
L'Histoire || et Vie do [| Marie Stuart || Royne d'Escosse, ||
d'Oiriere [sic] de France, héritière || d'Anglelorro& d'Ibornye,
en II laquelle elle est clairement iu- jj stiliée de la mort du
Prince II d'Arlay [sic] son mary. II Composée en latin par Obert
Barnestapo- Il lius & faicte Françoise, par Gabriel || de Gutterry
Glunisois. Il Dediee à Madame de Villeroy, Dame 11 d'honneur de
la Royne, Mère II du Roy. || A Paris, Il Chez Gmllauma lulien,
à l'enseigne II de r Amitié près le collège de || Cainbray. II M. D.
LXXXIX [15.S0J. In- 1-2 de 12 fl". lim 208 pp. et 2 If. blancs '.
Les ff. liminaires coutienaent une épîi.re « A madame de
1 . Ornzioiie, pp. 1 1-12.
2. Maria Stuarla, rei/ina Scoliac, dutdria Franciae, haeres Atu/liae
d llybeniiae, mnrhjr ecdesiue, innocens a caede D<trliaua, vindice Oùerto
llarnislapolio. Ingolstadii, Woll. Edcriis, 15S8. l'el. iii-8.
3. Bii)liûlli. liai-, M"i. 158.
LU.
GABRIEL DE GUTTERRY. 267
Villeroy, dame d'honneur de la royne, mère du roy^ », puis
la dédicace et la préface de Barnestaple.
Gabriel de Gutterry s'exprime ainsi dans son épître à M"'° de
Villeroy :
« Madame, ayant esté si heureusement fortuné que de me
trouver en Italie au mesme temps que monseigneur d'Alin-
court, vostre fils, y estoit, je n'eus plus tost l'heur de le veoir,
qu'incontinent j'honnoray tant de bonnes parties qui en luj"
conspiroient à le rendre admirable, et en esprit et volonté luy
dédié humblement toute mon alfection, désirant de bon cœur
la luy faire paroistre en etïaict quelque jour par quelque bon
service. Il ne fut longtemps à s'apercevoir de ceste mienne
dévotion ; il l'accepta tres-volontiers, et depuis lesmoigna par
une infinité de bienfaicts qu'il l'avoit eue pour aggreable. Je
pense estre lors au comble de mon contentement, me voyant
honnoré de la bienveillance de celui qui honnoroit la France
au milieu de l'Italie, et lequel, comme pour recompense de la
veue des beaux palais et des belles villes qui recommandent
l'Italie, lui faisoit veoir la fieur et l'ornement de ce qui recom-
mande toute l'Europe, c'est à sçavoir delà noblesse françoise...
A mon retour d'Italie, je recogneus monseigneur vostre fils
estre le vray pourtraict de vos perfections, j'admiray en la
cause l'effaict, sans m'estonner pourtant si du couple tant
accom[)ly de monseigneur de Villeroy et de vous, estoit issue
une telle geniture. Au seul récit que l'on vous fit que j'eslois
tres-afïectionné serviteur de mondit seigneur d'Alincourt, je
ressentis incontinent les eflaicts de vostre libéralité, et
cogneus par expérience que c'estoit en imitant vostre natu-
relle bénignité et munificence que mondit sieur vostre fils
avoit esté si libéral en mon endroit. . . »
1. Madeleine de L'Aubespine, femme de Nicolas IV de Neufville, seiii;neur
de Villeroy, secrétaire d'État, et mère de M. d'Alincourt. Madeleine mourut
le 17 mai" 1596.
LUI
JEA^^ ZlIALLART
En parlant des Français qui ont écrit en italien, nous n'avons
pas entendu nous en tenir strictement aux Français sujets du
roi de France, nous avons eu en vue les auteurs nés dans tous
les pays de langue française. De même que nous avons parlé
du Lillois François Flory, nous consacrerons un article à Jean
Zuallart, d'Atli en Hainaut.
Jean Zuallart était gouverneur ou précepteur de Philippe de
Mérode, baron de Frentzen. vicomte d'Ypres, etc. C'était, à ce
qu'il semble, un homme cultivé, qui avait le goût de l'histoire
et des voyages. Deux essais, restés manuscrits, qui faisaient
partie de la Bibliothèque de Sir Thomas Phillipps : une Histoire
de l'Europe de 1576 à 1579, et des Mémoires hisloriques de 1500
à 1530\ témoignent du zèle que Zuallart apportait à l'accom-
plissement de ses fonctions.
Vers le milieu de l'année 1585, le gouverneur wallon se mit
en route avec son élève pour visiter l'Italie et l'Allemagne. A
Rome, il se trouva sans le vouloir entraîné à faire le pèlerinage
de Palestine. Lui-même, dans une épître à Philippe de Mérode
1. Voy. H;ienel, Calnloçji lihroriim manuscriptorum . 1830, col. 82i et
875 ; Ùnlalofius lihrormn Dianiiscriptoriiin in bibliotheca D. TItomae
î'hillipps^ Buii. (1837 et années suiv., iiiful.), pp. 13 et 23, n*^^ 1104. et
2024. — Ces ouvragf^s inniits sont peut-être ceux auxquels Paqiiot fait
allusion [Mrmoires pour servir à l'histoire. lilléraire des dix-sept provinces
des Pays-Bas, 17G5. iii-l'ul., 1, p. 449).
270 LUI. — JEVN ZUALLART.
qui précède la rédaction française du Voyage, nous raconte
dans quelles circonstances.
« J'estois à Rome ». dit-il, « honoré de la ctiarge de vostre
personne, quand, en pourmenant un jour, et me tirant secrè-
tement arrière de messieurs vostre frère d'Ognies et feu vostre
cousin de i^Iareii, me feisies promettre de vous suivre partout
où voudriez aller. Je fus, je ne sçay par quelle prière comman-
deresse et affection de ne vous desplaire, subtilement surprins
et inconsidérément engagé, sans au préalable pouoir sçavoir
où tendoit vostre but, tant qu'après madite promesse, il vous
pleut m'en faire ouverture et déclarer que c'estoit de vous
accompaigner jusques à la Terre Saincte, dont je me trouvay
autant estonné et empesché à l'exécution comme j'avois esté
par trop hasté à m'y obliger; et ce de tant plus qu'outre les
travaux et dangers anexéz à tels voyages, je n'en avois le
consentement ou licence de ceux qui vous avoyent mis en
mes mains pour vous servir, conduire et faire veoir l'Italie
et AUemaigne seulement; mais, vous trouvant fermement
résolu en ce sainct propos, et que plusieurs grands et illustres
prélats de Rome, vous cognoissans et en estant adverty, me
blasmo\^ent de ce que je taschois vous divertir d'une si belle
et chrestienne conception, ce que je faisois pour ma descharge,
me sembla il, considérant vostre qualité et jeune aage, les
hazards ausquels vous vouliez vous exposer et le manque-
ment de ladite licence, enfin, à l'importune réquisition vostre
et celles de mesdits seigneurs voz frère, cousin et autres amis,
joinct le congé que nous en donna Sa Saincteté avec sa pater-
nelle bénédiction, je fus contrainct me disposer et prendre la
hardiesse de satisfaire et m'accommoder à vos bons, devolieux
et vertueux désirs'. »
Quand le départ eut été décidé, Zuallart se mit à étudier les
relations des anciens pèlerins ; il apprit aussi quelque peu à
« craionner », afin de pouvoir prendre des croquis des lieux
les plus remarquables qu'il allait visiter. Les préparatifs ter-
minés, les deux voyageurs gagnèrent Venise. Ils s'y embar-
1. Le tres-devot Voijage de Jérusalem, 1GÛ8 et 1626, épîlre dcdicato'ire.
LUI. — JEAN ZUALLART. 271
quèrent le 29 juin 1586, en compagnie de sept ecclésiastiques :
frère Pier Giovanni di Sardegna, religieux conventuel de Saint-
François, résidant à Cesena; frère Bernardino Bandini, prêtre;
Celso Gabaido, de Brescia, frère convers de l'ordre de Saint-
François ; Domenico Danesi, de Montepulciano, docteur en
théologie ; Martin Yanden Zande, chanoine de l'église collégiale
de Saint-Géry de Cambray; William Aillo("?), prêtre irlandais;
Jean Behou, curé d'un village près de Paris, et de huit laïcs :
Paolo Albano, de Milan; Giulio Poliero, de Savone; Estienne
Roquette, de Toulouse; Antonio Moro, Napolitain, de la Basi-
licate ; Bernardo Dandane (ou d'Andorno)\ Piémontais ;
Mathieu de Samerpont (ou Semerpont), de Lille; Georg von
Pent, d'Innspruck, chambellan de l'archiduc Ferdinand ;
enfin, Nicolas Olivier, de Liège. Frère Pier Giovanni di Sardegna
et Paolo Albano faisaient le pèlerinage pour la seconde fois.
Il n'entre pas dans notre plan de raconter les détails du
voyage. Disons seulement que, après divers incidents, Philippe
de Mérode et ses compagnons arrivèrent le 30 août en vue de
Jérusalem. Le 8 septembre, Philippe, Zuallart et Paolo Albano
furent reçus chevaliers du Saint-Sépulcre. Ils durent renoncer
à visiter Hébron, le Jourdain et Nazareth, et gagnèrent Jalîa,
où ils s'embarquèrent le soir du 11 septembre. Le 16 du même
mois, ils arrivèrent à Tripoli de Syrie, où ils durent attendre
près d'un mois un navire qui put les conduire à Venise.
Zuallart profita de ce temps pour mettre en ordre les notes
qu'il avait prises depuis son départ. Le 13 octobre, les pèlerins
purent enfin lever l'ancre; mais, en arrivant à Venise, et au
moment même où ils obtenaient la libre pratique, leur navire
fut assailli par une horrible tempête. Philippe de Mérode, Jean
Zuallart et un gentilhomme provençal appelé Jean d'Espinau,
réussirent à se faire conduire à terre par des mariniers qui
leur avaient apporté du vin (25 octobre). Le lendemain, plu-
sieurs matelots périrent. Parmi les passagers qui furent sauvés
i. Les édilions italiennes disent Daudaiie, les éditions françaises (p. 51)
portent d'Audorno, c'est-à-dire Andoiiio.
272 LUI. — JEAN ZUALLART.
se trouvaient Martin Vanden Zande et frère Martin Basère,
franciscain, d'Arles.
De Venise, Mérode et Zuallart retournèrent à Rome. Ce fut
là ([ue rérudit wallon voulut publier son journal. A ses yeux,
conirae aux yeux de ses compagnons, ce qui donnait à ce
journal une valeur particulière, c'étaient les croquis dont il
l'avait accompagné. Dès son arrivée à Rome, il avait fait
mettre ces croquis au net par un artiste habile et en avait
confié la reproduction à un graveur renommé, le Dalmate
Natale Bonifazio". Quant au texte, il est très probable que, sur
le navire même, le voyageur l'avait rédigé en italien, langue
dans laquelle il tenait à se perfectionner. Il eut recours à
« quelque assistence stipendiée x» pour mettre l'ouvrage au
point-, et, dès le mois de mai 1587, il le fit paraître sous le
titre suivant :
Il deuotissimo H Viaggio II Di Gerusalemme. || Fatto, & de-
scritto in sei libri dal Sig>. Gio- || uanni Zuallardo, Caualerio
del Santiss : Il Sepolcro di. N. S. Fanno. 158G. || Aggiuntoui i
dissegni di Yarij || luogbi di Terra Santa : & altri paesi. || Inta-
gliali da Natale Donilacio Dalmat'. || Con Licenzia di Supe-
riori. H Slatuprilo in Roma. Il Pe7' F. Zauelli. & Gia. Riiffinelli
neW II Anno. M D LXXXVII [1587]. In-i de 10 ff. lim., 402 pp.
et 5 ir. non chiffr., notes marginales.
Les ff. liai, contiennent : le titre, qui est gravé en taille
douce ; deux épigi-anmies latines d'Aurelio Ors! en Thonueurde
Duarte Farnese^ ; une épître de Zuallart au même Uuarle, en
i. Natale élail oriu;inaire ôc Sibeiiik, ou Sebonico. Parmi les ouvrages
qu'on peut citer lie lui, uuus iiieulioinierons seulement les plauclies qui
accompagnent l'ouvrage de Dunn'nico Foiilana : Délia Trasporla liane
(lell'obelisco (15'J0) et le grand plan joint à la Hehdtone dell'assedio di
Parifji de Filippo Pigafella (15911. Ce dernier plan a été reproduit en fac-
similé à la fin du t(nue 11 des Mémoires de la Société de l'histoire de
Paris (1876).
2. Tres-devol Vouaf/e. 1GÛ8, lui. *3 v^.
'.). Aurelio Orsi est huilcnr d(! poi'sies im|)rimées en 15S9 et 159i. Von .
Tirabosciii, VII, éd. de lcSU!J-1812, p. U2tJ.
LUI. — JEAN ZUALL\RT. 273
date de Rome, 20 mai 1587 ; le portrait de Zuallart, gravé en
taiile-douce et accompagné d'une épigramme latine de Giulio
Roscio^ une épigramme latine de Jacques Deim, ou Deraius,
gentilhomme néerlandais ; une pièce latine de Philippe de
Mérode et une autre de Martin Vanden Zande en l'honneur
de Zuallart ; un sonnet portugais de Gaspar Pacheco ; un
sonnet italien d'Orazio Roscio ; deux pièces latines de Giulio
Roscio, l'une In ins'gnia Jo. Ziiallardi, equitis SS. Sepulchri,
l'autre en l'honneur de Natal Bonifazio ; le Proemio.
Le portrait de Zuallart porte, dans un petit cartouche, l'in-
scription suivante: Dominicus Danesius, Politiamis, in Hieroso-
lymitana peregrinatione cornes, amico optimo P. CIO 13 XXCVII.
Cette inscription permet de penser que Danesi avait fait les
frais du portrait et l'avait offert à son ami.
L'ouvrage, divisé en six livres, est orné de 51 figures gravées
en taille douce, comptées dans la pagination. Le voyage
n'occupe en réalité que cinq livres et se termine à la p. 344.
Les pp. 34S-352 contiennent: huit distiques latins de Jacques
Deim en l'honneur de Philippe de Mérode; Si vers hexamètres
de Giulio Roscio, « Hortinus «, en l'honneur du même ; deux
épigrammes latines d'Aurelio Orsi ; trois autres de Giulio
Roscio.
Le sixième livre est occupé par les prières que l'on doit
réciter dans les saints lieux. En tête est une lettre de Dome-
nico Danesi, qualifié cette fois « protonotario apostolico «,
DelV antickilà, de' frutti del S. Pellegrinaggio, a chi si convenga,
quanto Dio ami i pelegriiii e i faulori loro (pp. 3o3-36l].
Les cinq derniers tï. contiennent la table, les errata, le
registre et la souscription des imprimeurs-.
La dédicace à Odoardo ou Duarte Farnese, fils d'Alessandro,
le célèbre duc de Parme, ne contient rien de bien intéressant;
nous préférons citer quelques passages de la préface :
\. On trouve dans les Epistolae de Marc-Antoine de Muret (1580), fol.
96 \° et 97 v», deux lettres de Giulio Roscio datées de 1570.
2. Biblioth. nat., Rés. O^f. 55. — British Muséum, 571. li. 23. —
Bibliolh. royale de Bruxelles (exemplaire avec de doubles épreuves du titre
gravé et du piTtrait, blanches au v"). — Biblioth. de l'Université de Gand.
— Bibliolh. communale de Mons. — Notre bibliothèque. — Voy. Vander
Haeghen, Bibliolheca belgica, \^^ série.
u. - 18.
274 LUI. — JEAN ZUALLART.
Proeiiiio.
« Ofleritamisi occasione, devoto pellegrino, di fare il santis-
simo viaggio di Gierusalemrae assieme con il signor Filippo
di Merode, feci ogni diligenza nell' apparecchio, et procurai
quanto polei, corne etiamdio alcuni altri signori che havevano
risoluto di farci compagnia, libri appartinenti. acciô con ogni
instrutlione possibile sappessimo quel tanto che fusse a si
lunga et ardua impresa necessario. Ne vennero aile mani
alcuni, ma con pochissima nostra sodisfattione, perciochè,
entrati con essi in mare, provassemo che non havevamo
hauti un minimo avviso di quel particolari che si ricerca-
vano... Si che, ad istanza del signor Domenico Danesi da
Montepulciano, dottore theologo, et altri, essendo io più
che non merito tenuto da loro un poco diligente per vedermi
raccogliere in forma di mernoriale, e come soglio in tutti i
viaggi che ho fatto, le cose più notabili, come ancora feci in
questo, ma non senza gran fatica, mentre in Tripoli di Soria
s'aspeltava il vascelio per la partenza, et in quaranta tre giorni
che fummo in mare, mettendo assai minutamente in nota
quanto mi pareva necessario d'avvisi che dovessero tornare ail'
utilità del devoto pellegrino; et tanto le ho scritlo più curio-
samente et più diffusamente quanioera certissimo dover esser
cosa giovevole in paesietluoghi stranieri et pericolosi ancora
ché potrebbero parera ad alcuni poco pertinenti al decoro
narrarle dislintamente, gli avvisi. . .
« Né alcun si raeravigli se non ho posto il tullo che si
poteva e ch' altri ne dicono o desiderassero, perché l'ho fatto
per non fastidire in longhezza né aggravare il povero pelle-
grino quai deve quanto puote andarsene scarieo e libero
di peso. Solamente n'ho fatto questo poco aviso per aprir
la sirada délia cognitione de i detti luoghi, e se qualcb'uno
lo vuole investigare più curiosamente, potrà ricorrere a gl'au-
tori che per migliori e più dotti discorsi gliene daranno conto.
Quel che nel fatto posso compiacermi è che mi vedo esser
stato il primo che mi sono adoprato, con la vista che de i
luoghi parte per parte scopriva, farne dissegni, i quali per
essere giudicati da quel che in quelle parti sono stati verisi-
mili et naturalissimi, ho sparso per l'opéra, e per farle più
sollilmente, non ho sparamiato a fatica ne spesaalcuna, sfor-
LUI. — JEAN ZUALLART. 275
zandomi, venulo in Roma, di farle disegnare meglio e famé
intaglio per persone prattiche e famose nell' arle... Assica-
randove, benigno lettore, se non fosse slato sforzato aprieghi
de molti, come conoseendomi troppo insufficienle in scrivere
taie 0 altra opéra, non havesse haulo ardire melterla in luce,
massiraamenle quesia ch'è stata tanto accelerala in si poco
tempo et in grandissime incommodità, e qiiel che più mi
preme, che habbi preso la penna par scrivere in una lingua
délia quale sono al tutto novo, non essendo a pena dieciotto
mesi che son venuto in Ilalia per impararla. Nondimeno mi
son lasciaio addurre da chi m'amava di mandarla cosi per
servitio d'allrui e per essere la lingua più commune che si
parla in questo santo viaggio. . . »
Zuallart était depuis longtemps rentré dans son pays, quand
il parut, à Piome même, une seconde édition que nous devons
également décrire ;
Il 11 deuotissimo II Viaggio || di Gierusalemme. || Fatto, e des-
crittoinseiLibri. H Dal Signor Giouanni || Zuallardo, Il Caualiere
del Santiss. Sepolcro di N. S. H l'Anno M. D. LXXXVI. Il Aggion-
tiul i disegni in Rame di varij Luoglii || di Terra S. & allri
Paesi. Il Di nuouo ristampato, e corretto. Il Gon Licenza de'
Superiori. || In Roma, \\Appresso Domenico Basa. M. D. XCV
[1595]. In-8 de 351 pp. 7 (T. non cliiffr. et 1 f. blanc.
Cette réimpression contient le même texte et les mêmes
figures que l'édition originale ; cependant le titre gravé a été
remplacé par un titre imprimé. Le portrait a été supprimé.
Deux figures, plus grandes que la justification, ont été tirées
hors texte, après les pp. 170 et 206. Celle qui suit la p. 206, et
qui représente le plan de Téglise et du monastère de Bethléem,
a été gravée à nouveau. Elle porte, en haut, les armes du pape
Clément VIII et, en bas, la signature de l'artiste : Ndtal
Bonifaclo f. *
1. Biblioth. nat., 0-f. 52 A. — Bibliolh. d'Amiens (L'Escalopier. 5276) .
— British Muséum, 280. c. 9. — Biblioth. royale de Bruxelles. — Biblioth.
de l'Université de Gand. — Notre bibliothèque. — Voy. Vunder Haeghen,
Bibliotheca belyica.
27b Lin. — JEAN ZUALLART.
Un traducteur anonyme fit paraître en 1606 une version
allemande dont voici le titre :
Deliciœ Hierosolomytana? et totius Palœstinœ. Das ist,
Bilgerfahrt in das Heilige Land... Neben einer sclionen...
Ynderweysung, was zu solclier Reiss notig... Erstlich in
Italianischer Spraacli beschrieben durch Herrn I. Schwallar-
ten... jetzo aber verleutscht durch G. E. L. //* Collen, Gerli.
Greuenbruch, 1606. In-4'.
Celte traduction fut reproduite dans le Bewâhrtes Reyszbuch
de&z heylvjen Landes (Nurnberg und Frankfurt a. M., Bey
Sauren, in Verlegung Rolhen. 1600, in-fol.), t. II-.
Zuallart n'avait pas connaissance de l'édition allemande
quand il entreprit de donner lui-même de son voyage une
édition française, refondue et considérablement augmentée.
Nous donnerons la description de ce nouvel ouvrage.
Le tresdeuot H Voyage de || lerusalem, || Auecq les Figures
des lieux saints, & plusieurs || autres tirées au naturel. || Faict
& descript par lean Zuallart, Cheualier || du sainct Sepulchre
de nostre Seigneur, Mayeur de la Ville || d'Ath en Ilaynaut,
«Sec. Il En Amiers \\ Chez Arnould 's Conincx, \\ M. DC. VIII
[1608]. In-i de 1^2 lî. lim., 191, ^235 [lisez 237] et 230 pp.,
plus 1 f.
Les ff. lim. comprennent : le titre, lequel est crue d'une
vue de Jérusalem, (gravée en taille douce) ; une éf ître de
Zuallart: « A tresnoble et illustre seigneur, messire Philippe
de îkJerode, chevalier, baron du sainct Empire et de Frentzen,
viscomte de la ville et chastellenie d'Ipre, seigneur de Middel-
bourg en Flandres, Watene, Chastellineau, Lambussait,
Machelen, La Marche, Forchies, Betlencourt, etc., » en date
1 . BiblioUi. d'Amiens fL'Escalopier, 4999). — British Muséum, 980. e. 20.
2. Britiïli Muséum, 791, 1. 12. — Le titre du Rri/ssbiich fut lenouvelé
en 1629 (Frankfurt a. M., Gottfried Tampach) et en l65<< (Niiniberg, Joh.
Andréas uiid Wulfgang Kudters). Vuy. lî. Bohriclil, liibtiotheca geographica
Palaestinae, y. x\ij.
LUI. — JEAN ZUALL\RT. 277
du ler août 1607; une préface « Au pèlerin dévot et lecteur
gratieux » ; un Adverlissement au lecteur; cinq distiques latins
de Jacques Vervliet ; une épigramme de Jaccjues Deim (celle
qui est imprimée à la fin du v« livre italien) ; les pièces
latines de Philippe de Mérode et de Martin Vanden Zande;
les vingt distiques de Jacques Deim placés en tête des éditions
italiennes; onze distiques de Pierre Carpin, lecteur en théo-
logie (Ath, 1607) ; un anagramme du même ; huit distiques
des écoliers d'Ath, 1607 ; une épigramme latine d'André de
La Salle (Sallaeus), « pastor in Silly » ; un sonnet français de
S. Poncet, « agent de la feue royne d'Escosse (Rome, 1587) ' »;
la table des chapitres; les errata; le texte du privilège accordé
par les archiducs Albert et Isabelle à l'imprimeur Jean van
Keerberghen, le 16 juillet 16042.
Le texte est orné de 49 planches, imitations médiocres de
celles qui décorent les éditions italiennes. La carte de l'Asie
Mineure, de la Palestine et d'une partie de l'Afrique qui est
répétée deux fois dans les éditions de 1587 (pp. 87 et 303) et
de 1595 (pp. 89 et 267) ne se trouve ici qu'une seule fois
(p. 144)3.
L'épUre à Philippe de Mérode, qui remplace la dédicace à
Duarte Farnese, contient de curieux détails sur le voyage ;
1. Simon Poncet, de Melun, était probablement frère de .Maurice Poncet,
curé de Saint-Pierre-des-Arcis, sur lequel on peut consulter La Croix du
Maine (II, p. 111), Du Verdier (111, p. 4.9). Brantôme et L'Estoile. Simon
était médecin. On a de lui des distiques impiiniés en 1567, en tête de
VUniversa Medicina de J. Fernei, puis des Regrets sur la France (Paris,
Mamert Pâtisson, 1589, iii-8). Cette dernière pièce nous apprend qu il était
alors « thresorier et, secrétaire de monsieur le clievalier d'Aumale ».
2. Bibliotli. de l'École des Langues orientales vivantes, CC. Vil. 10 et
Bibliolh. d'Anvers (exemplaires avec le titre original de 16U8, sur lequel
la vue de Jérusalem manque, et le second titre de 1626). — Bibliotli. iiat.,
O^f. 64. — Bibliotli. d'Amiens L'Escalopier, 5277). — Britisb Muséum,
1046, i 10'i6, i. 1 et 280. d. 29. — Biblioth. de Lille, Hist. 3337. —
Biblioth. royale de Bruxelles. — Bii)liolli. de l'Université de Gand. —
Biblioth. communale de Bruges. — Voy. F. Vander Ilaeghen, Bibliolheca
belgica, P^ série.
3. La date de ce privilège a fait croire à divers bibliographes, notamment
à M. Brunet, qu'il existait une édition imprimée par Jean van Keerberghen
eu IGOi. Personne n'a vu cette édition, et la date de l'épitre adressée à
M. de .Mérode montre qu'elle ne peut exister.
278 LUI. — JEAN ZUALLART.
nous en avons donné plus haut quelques extraits. Dans la
préface '■ Au pèlerin dévot ", Zuallart parle de l'édition ita-
lienne de 1587, « renouvellée de mot à autre, Tan 1595, par
le S"!" Dominico Basi, superintendent de Timprimerie de Sa
Saincteté au Belvédère, à Borne ». Il ajoute qu'il lui a été parlé
d'une troisième impression ; mais il ne l'a pas vue lui-même,
et aucun bibliographe n'a été plus heureux. Il donne ensuite
quelques détails sur son nouveau livre :
« J'ay esté derechef sollicité et forcé de le traduire et mettre
en nostre langue vulgaire, plustost walonne grossière, sentant
son terroir, que françoise, pour n'estre doué d'éloquence ny
ne phrases de rhétorique requises pour coucher exactement
et d'un styl poly par escript, comme font plusieurs de no=tre
siècle. Et y ay mis assez long temps, non tant pour mieux
faire comme pour révolter les autheurs y citez, et pour y
adjousler les auctoritez requises pourrembarrer les insolentes,
erronées et ignorantes opinions et objections de ceulx qui
mesprisent cest et aultres sainets pèlerinages, disans iceux
esire superfluz, et que l'on ne voit plus rien en la sainte cité
de Jérusalem, aussi qu'icelle n'est plus au mesme lieu où elle
souloit estre. . . »
Par suite de ces remaniements et de ces additions, l'édition
française est presque devenue un ouvrage nouveau, deux ou
trois fois plus étendu que la relation française.
Le volume de 1G08 dut être tiré à un grand nombre d'exem-
plaires. Il n'était pas épuisé en 1626, quand un libraire d'Anvers
en renouvela le titre comme suit :
Le tres-deuot li Voyage 11 de lerusalem, Il Auec les Figures des
lieux sainets, & plusieurs II autres, tirées au naturel. Il Faict &
descript par lean Zuallart, Cheualier II du sainct Sepulchre de
nostre Seigneur, Majeur de la II Ville d'Ath en Ilaynnaut, &c.
Il En Aniiers. Il On les vend chez Guillaume Van Ton- \\ gheren
au Griffon d'or. || M. D. G. XXVI [1626]. In4.
Le titre porte la marque du libraire. Celui-ci a fait réimpri-
LUI. — JEAN ZUALLART. 279
mer en même temps les cahiers /, L. li, Ss et Vv ; il n'a rien
changé au reste'.
Zuallart, parvenu aux honneurs municipaux, crut devoir
témoigner sa reconnaissance envers ses concitoyens en leur
laissant une description de leur ville. Cet opuscule parut en
1610 sous le titre suivant :
La Description de la ville d'Ath, Contenant sa fondation et
imposition de son nom, aussy ses lieux k édifices publics, ses
priuileges, k ceux qui en sont esté Seigneurs k Gouuerneurs
iusques à présent, kc. A Ath, Chez lean Maes Imprimeur hire,
à la Croix Verde, l'An 1610. Auec Permission. In-8 de 43 ff.
Le volume est précédé d'une pièce française signée A. D.
L. M., d'une pièce latine de Jean de Tramasure, professeur de
rhétorique, et d'une seconde pièce latine de Robert Finet,
professeur au collège d'Ath. Il est dédié aux échevins de la
ville 2.
Il a été fait au commencement du xviii« siècle, probable-
ment chez François Foppens, à Bruxelles, une contrefaçon de
cette édition3. Aimé Leroy en a donné une seconde réimpres-
sion dans les Archives historiques et littéraires du Nord de la
France et du Midi de la Belgique, nouvelle série, I. (1837),
pp. 89-104, avec un portrait. Il en a fait un tirage à part. Une
troisième réimpression a été faite dans la ville d'Ath, chez
Éd. Themon-Dessy, en 1846, in-8.
Nous ne connaissons aucun autre écrit de Zuallart, et ne
possédons pas de détails sur la fin de sa vie. Nous savons
seulement qu'il vivait encore le 6 octobre 1632. Il avait épousé
Jeanne Sallet. Son fils, Charles Zuallart, lui succéda comme
mayeur d'Ath ^
1. British Muséum, 1046. i. 2 : — Biblioth. d'Anvers.
2. Biblioth. de l'Université de Louvain.
3. Biblioth. royale de Bruxelles. — Biblioth. de l'Université de Louvain.
4. F. Vander Haeghen, Bibliotheca belgica, l""*^ série.
LIV
JACQUES GILLOT
Jacques Gillot est l'un des érudits les plus estimables que
l'on puisse citer à la fin du xvF siècle ; mais il ne chercha
jamais à briller au premier rang ; il ne nous a laissé aucun
grand ouvrage; aussi avons-nous peu de détails sur sa vie.
Nous savons qu'il naquit à Langres en 1544', mais nous n'avons
trouvé nulle part le prénom de son père ; quant à sa mère,
c'était une Jaupitre-. Il est probable qu'il commença ses études
dans sa ville natale et qu'il les termina en Italie ; cependant
nous ne pouvons faire sur ce point que des conjectures. Ce
qui est certain, c'est qu'il visita l'Italie. Il eut l'occasion de
connaître à Rome le célèbre Fulvio Orsini, comme on le voit
par une lettre que nous reproduisons plus loin. De bonne
heure, Jacques entra dans les ordres. Il n'avait que 27 ans
quand il put acquérir l'office de conseiller clerc devenu vacant
au parlement de Paris par la résignation de Nicolas de Thou,
nommé évêque de Chartres. Il y fut reçu le 19 juin 1573. Dès
lors, tout en s'acquittant de ses devoirs judiciaires, il se livra
sans relâche à Tétiide. Au parlement, sa grande préoccupation
fut de maintenir intactes les doctrines de l'Église gallicane;
en dehors du parlement, il lisait avec passion les auteurs
anciens, collationnait les manuscrits, fournissait des observa-
tions aux éditeurs de textes classiques. Gillot consacrait aussi
1. Voy. répitaphe que nous citons plus loin.
2. Bibliolli. nat., nis. fr. 31043, dossier Gillot, pièce 2.
282 LIV. — JACQUES GILLOT.
beaucoup de temps à sa correspondance. On possède de lui de
très nombreuses lettres adressées aux savants les plus distin-
gués de son temps. Marc-Antoine de Muret lui envoyait des
livres d'Italie, et il lui rendait en France les mêmes services'.
De sa correspondance avec François Juret, de Dijon, nous
ne connaissons qu'une lettre écrite par Juret à Langres, vers
1585-. Les Pithou, Claude Du Puy, Pierre Daniel étaient de
ses amis très intimes ; mais il ne subsiste presque rien des
lettres échangées entre eux^ Voici en quels termes il écrivait
à Fulvio Orsini le 7 avril 1586 pour solliciter la communica-
tion d'un manuscrit auquel Pierre Daniel voulait emprunter
des commentaires pour son édition de Virgile :
Al molto magnifico et excellentissimo
signore il signore Fulvio Ursino in Roma.
Raccommandata a m'^° Guillemier''.
« Pregato con grande instanza, Ursino dotlissimo, non ho
potuto negare quesla a certi amici, massimamente alli PiLllioei,
1. Le 22 février 1584, Muret écrit de Rome à Gillot (Bibliotli. nat., ms.
Dupuy 16, fol. 18 v" ; P. de Nolliac, dans les Mélanges Graiix^ 1888,
p. 400). Le 18 mai J584, Muret écrit à R. de Pincé qu'il a ex|)édié divers
ouvrages à Gillot et qu'il n'a de lui aucune réponse [M. Antunii Mureti,
Oraliones, Epistolae, etc., Lipsiae, 1628, in-8, 11, p. 528). Le 18 juin, le
même Muret écrit à Gillot (ms. Dupuy 16, fol. 19 ; Nolliac, loc. cit.^
p. 401). Le 20 juin, Gillot adresse à Muret une longue leltre (^17. Ant.
Miireti Orationes, etc., 1628, II, p. oSOj. Le 16 juillet 1584, Muret
reprend la plume et charge «iillot de saluer leurs amis communs : Jean
Nicot, s'il est à Paris, Claude Rinet et Jean Morel (ms. Dupuv 16, fol. 18;
Nolhac, loc. cit., p. 401).
Parmi les amis de Gillot il convient de citer spécialement Jacques Paye
d'Espesse, président au parlement de Paris, mort en 1590, dont il a raconté
la vie dans des lettres adressées à Abel de Sainle-Marllie.
2. Biblioth. nat., ms. Dupuy 700, fol. 159./2.
3. Une lettre de Gillot à [Pierre?] Pithou se trouve dans un ms. de la
Rihlidthèque nationale (ISouv. Acq. franc. 5lo7).
4. François Guillemier vivait à Rome dans la maison de quchpie cardinal
(M. de Nolhac conjecture dans les Mélanges Graux., 1884, p. 394, qu'il
était attaché au cardinal de Pellevè). On a de lui vingt lettres à Claude Du
Puy, écrites de 1571 à 1574 (Bihlioth. nat., ms. Dupuy 712). Au mois de
mars, il fut pourvu par Grégoire Xlll du doyenné de Nantes, et le pape fit
rédiger en sa faveur un mémoire adressé au roi (Dujiuy 351, fol. 121).
LIV. — JACQUES GILLOT. 283
fratelli doltissimi e giudiciosissirai, al Pateano, al Daniele (el
quale dice havere scritto alla S. V. senza haverne risposta),
per far lei sapere come detto Daniele ci [sic] è resoluto di fare
stampare tutto quelle del Servie sopra il Virgilio che lui ha
et che si giudica molto buono. Per questo l'a raandato al [sic]
P. Pitlhoeo. Loro havendomi sentito più volte parlare délia
parte di dello Servie la quale si ritrova nelle mane [sic] di V.
S., come io l'ho vista, et atlendendo tutti a quelle suc amore
che sempre a portato all'utilità publica et couoscendo ancera
la gentilezza sua délia quale pochi l'agguagliane e niuno
l'avanza, m'hanne fatto ardire di mandargli questa. le dunque,
cenfidendo in quella sua affetliene verso il heu commune et
sospinte da quelle publiée intéresse, ricerdandomi ancera
délia premessa che mi ha fatto in Roma quando io godeva la
sua doLLa e dilellevole presenza, non ho dubitato di pregarla e
cengiurare sotte il nome di tutli i lelterati e sludiesi, per
quelle sue volere in egni cosa quel che ternabenealpublice,
che gli place fare intendere quale è sua volontà di dare efl'etto
a quella sua premessa di far nei participare a quel frutto : se
sarà sue piacere di mandare qua e consignare sicuramenle et
in buene mani detta sua parte, nello stampare délia quale si
farà ogni cosa seconde il desiderio e piacere sue, non senza
predichare il suo tante bénéficie; overo farlo stampare a Roma
e mandarne qua un feglio e prova, come si dice, sopra' 1 quale
ci pessiamo gevernare e guidare, finchè, giungende Tune e
l'altie, si troviano simili gli essempj vostri ai nostri, et e
contrario, e reggendosi a quel mode pessiamo tutti haverle
intero e compito... La non si maravigliarà s'io ho scrillo in
questa vostra lingua, la quale, per piacermi assai, non posso ne
manco voglio dimentïcare, a giungere ch'ie ho pensato che
lei iscuserà più presto gli erreri miei per la poca prattica ch'ho
adesse d'essa, che, s"ie havendo lettere da dozzina et buen
mercato, havessi assalito in lingua latina V. S., cioè un huemo
el quale ha bevuto de' fenti secreti et da dovero letierate et
Deux ans plus tard, la question du prieuré était encore pendante. Le
19 mars 1582, Philippe Du Bec adressait Guillemier au nonce du pape
pour eu conférer [Revue des autographes, Catal. de M'"« V'^« Gabriel
Charavay, sept. 1903, n» 14). M. de JN'olhac a trouvé encore le nom de
Guillemier à la suite d'un document romain de 1592 (Bibliotli. nat., ms.
latin 10327, fol. 90).
284 LIV. — JACQUES GILLOT.
dolto. La s. V. si degna fare una risposta a questa, la quale
aspellando non daremo principio ail 'opéra. Con questo haven-
doli bascialo humilmente le mani, prego Iddio gli dia in sanità
6 félicita buona e lunga vita. Di Parigi, allô 1° di aprile lo86.
« Délia S. Va. servitore afTetlionatissimo
« GiLLOT,
« consigliero del re Christianissimo
nel parlamento'. »
Fulvio Orsini parle lui-même dans une lettre adressée à Gio.
Vincenzo Pinelli, le 2 mai 1587, des demandes qu'il a reçues
au sujet de son manuscrit d' « il S'' Del Bene, Monsig'' Gilotto,
Monsig'^ Garotto, il Lolgio et altri ». Il ajoute qu'il a pris le
parti de tout faire imprimer à Rome-.
Pendant la Ligue, Gillot fut un ferme adversaire de tous
les excès. Le 16 janvier 1589, il fut du nombre des con-
seillers qui suivirent le président Achille de Harlay enlevé et
trainé à la Bastille par Jean Le Clerc de Bussy et sa bande de
fanatiques'. Les membres royalistes du parlement ne recou-
l.Bililioth. du Vatican, ms. 4-104, fol. 257-258; P. de Nolhac,
La Bibliothèque de Fulvio Ùrsini, 1887, p. 432.
2. Nous renvoyons à l'ouvrage de M. de xN'olhac pour riiisloire du manu-
scrit d'Orsini. Notons seulement que la lettre italienne de Frauçois Garrault,
datée de Paris, le 29 janvier 1587. y est reproduile (p. 435). Ce François
Garrault, sieur des Gorgf'S, était général en la cour des Monnaies. C'était
un lettré, ami de J. A. de Baïf, de Francesco Giuntini, etc. On a de lui
Les liechcrches des monnoijes il578), le Recueil des principaux advis
donnez- es assemblées [aides par le commandement du roij (1578), le
Paradoxe sur le faicl des monnayes '1376), Des mines d'argent trouvées
en France (1579). Quand il perdit sa femme, Marguerite Gobelin, il prit
pour devise ces mots qui accompagnent, en 1576, sa marque personnelle :
Amicitia post morlem, et il lit graver un jeton qui représente Orphée
pliMirant Eurydice qui rentre aux enfers, avec ces mots : 0 quel regret !
François Garrault était revenu de Rome au printemps de 1584 (Xolhac,
loc. cit.^ p. 67).
3. Maimbourg [Histoire de la Ligue, 1686, in-4, p. 283 nous a conservé,
d'après un manuscrit d'Antoine Loisel, les noms des membres du parlement
qui ne voulurent pas se séparer de leur chef C'étaient, outre les présidents
Potier de RIancmesnil et Jacques-Auguste de Thou, les conseillers tlhartier,
Spifame, Maivault. l'errot, Fleiu-y, Le Viry, Mole, Scarron, Gavant, Amelot,
Jourdain, Forget. Herivaux, Tourm bu. Du Puy, Gillot, de .Moussy, Pinney,
Godard, Fortin, Le .Meneur, et le sieur Denis De Hère.
LIV. — JACQUES GILLOT. 285
vrèrent la liberté qu'après une détention plus ou moins longue ;
quelques-uns dès le 18 mars suivant' ; d'autres, le 20 juillet^;
d'autres enfin, le 7 août^ Il est probable que Gillot fut parmi
les derniers.
On trouve, en tous cas, sa signature sur les registres du
parlement de Tours à la date du 23 octobre suivant ^
Ce fut pendant le séjour du parlement royaliste dans la capi-
tale de la Touraine que Gillot s'unit à quelques amis : Pierre
Le Roy, Jean Passerai, Nicolas Piapin, Florent Chrestien et
Pierre Pithou, pour composer le spirituel pamphlet resté
célèbre sous le nom de Satyre menippée. Gillot rédigea pour sa
part les diverses harangues qui figurent dans l'ouvrage. Tous
les commentateurs^ s'accordent pour lui attribuer, entre autres
morceaux, le discours italien qu'est censé prononcer le cardi-
nal de Plaisance, Filippo Sega. Voici le début de cette harangue :
Monsieur le lieutenant ayant achevé sa harangue avec
grand applaudissement de l'assistance, où le président de
Nully'5 et Acharie^, laquais de la Ligue, furent veus pleurer
de joye, le doyen de Sorbonne^, grand dataire du Légal, se
leva et cria tout haut : « Ilumiliate vos ad benedlctionem^ et
poslea habebitis haranguam ». Alors monsieur le Légat, après
trois profondes et copieuses bénédictions, preallablement
faites, commença à parler ainsi :
Harangue de monsieur le Légal.
« In noinlne Palris, etc. lo mi rallegro et son quasi fuora di
me stesso, o signori et populi più catholici che i medesimi
1. L'Estoile, éd. Joiiaust, III, p. 258.
2. Ibid.. 111, p. 301.
3. /6(V/.,V, p G.
4. Petitot, Collection de Mémoires, l-'e série, XLIX, p. 241.
5. Les commenlateurs anciens s'appuient le plus souvent sur Gillot lui-
même puisqu'ils ont reproduit les no'es que celui-ci avait écrites de sa main
sur un exem|daire interfolié de papier blanc qui a fait partie des collections
Renouard et Solar.
6. Estienne de Nully, ou de Neuilly, président en la cour des Aides, avait
été fait par les ligueurs président du Parlement.
7. Pierre Acarle, maître des Coni[iles, était, comme Nully, membre du
conseil des Quarante.
8. Denis Le Camus.
286 LIV. — JACQUES GILLOT.
Romani, di vedervi qui coUegati per un sogetto tanto grande
et calholico ; ma, d'altre parte, mi truovo molto sbigotlito di
sentir tante opinione balorde fra vol altri liguori' eatholici, et
mi pare che quella antica fattione di Neri et Bianchi rinasce,
perciochè l'uni domandano bianco e gli altri il nero. Ma una
sola cosa mi pare necessaria a la salute délie anime vostre,
cioè di non parlar mai di pace, et manco procurarla che prima
tutti i Francezi non siano morti a guiza di Macabei, et uccisi
valorcsamente, come fù Samsone, fracassât! et sotterrati tra
le ruine di questo cattivo paradiso terrestre di Francia, per
goder piti presto la quieie immortale del paradiso céleste.
Guerra donque, guerra, o valenli et magnifici Francezi, perché
mi pare quan(Jo si ragiona délia pace et si parla di trega con
questi forfanti heretici manigoldi, che mi sia date un servi-
tiale d'inchioslro, considerando che molto meglio è per la
quiète d'Italia et la securilà de la Santé Sede Apostolica che
i Francezi et Spagnuoli guerreggiano tra loro in Francia o
veramente iii Fiandra, per la religione o la corona, che in Italia
per Napoli o Milano ; perché, per vi dir il vero, non se ne cura
il Santissimo Padre di tutti fatti vostri, se non a tanto che
gli tocca di non esser spogliato d'annale et coramende et altre
espeditioni che si fanno in Roma con oro et argenlo vostro.
Date quanto voleté le anime vostre al deuionio inferno, poco
gli é, proveduto che gli sia che le provende di Bretagna e la
riverentia antica débita a Sua Santità non gli mancano. Tanlo
più grande e riverita sarà Sua Santità quanto vos altri homun-
cioni sarete piccoli et piccolini. E non parlate più di tanti
béni et tanti favori ch'i predecessori vostri hanno fatti- a la
Santa Sede Apostolica, anco meno délie richezze et paezi che
gli papi hanno del bénéficie di Carlo Magno et di suoi succes-
sori, régi di Francia : questo è cosa fatta. Le pardonanze che
havete ricevute da pochi anni in qua, con le gratuite indul-
genze et giubilei, sono di molto più pregio. Basta che le
corone e gli scettri del mondo sono a dispositione di Sua
Santità, et si possono cambiare, trastullare et torre et porre a
suo modo. Scriptum est enim : « Haec omnia tlbi dabo ». Atque
ut pergam latina lingua vobis loqui. jje forte aliqiiis non satis
1. Impr. ligouri.
2. Jmpr. faite.
LIV. — JACQUES GILLOT. 287
intelligat italianam, dicam vobis summam legntionis meae quae
sumpla est ex Matlh. 10. cap. : « Nolîte arbiirari quia pacem
venerim mitlere in hanc terram; non veni 'pacem miltere^sed
gladium. » Non enim habeo magis in mandatis et instructione
sécréta quam ut vos perpeluo exhorlem ad belliim et praelhim *. ..
Le parlement revint à Paris le 1-i avril 1594\ et Gillot put
reprendre sa vie tranquille.
En 1599, il devint prévôt du chapitre de Langres^ Il ne
semble pas cependant être retourné souvent dans sa ville
natale. On n'a relevé que de rares mentions de son nom dans
les registres municipaux*. Vers le mois de février 160i, il se
rendit à Poitiers, « tant pour y conduire mad. sa niepce,
mariée avec le fils de monsieur Tillier, l'advocat, que pour
une commission \ » Son séjour en Poitou se prolongea près
de deux mois, pendant lesquels il vit assidûment le médecin
François de Saint- Vertunien, sieur de La Vau, l'un des plus
intimes amis de Scaliger^
Pour Gillot ces petits voyages sont des événements. On sent
qu'il ne s'éloigne qu'avec peine de ses livres et de ses amis
ordinaires. Sa correspondance semble, du reste, avoir absorbé
une bonne partie de son temps.
Un des savants avec qui Gillot entretint le commerce épisto-
laire le plus suivi fut Joseph Scaliger. L'homme d'église ne
craignait pas d'avoir avec un huguenot avéré les relations d'une
étroite amitié. Le recueil des lettres françaises adressées à
Scaliger ne contient pas moins de 24 lettres de Gillot, écrites
1. Satyre Menippée de la vertu du catholicon d'Espagne et de la tenue
des états de Paris. (A Ratisbone, chez les héritiers de Malhias Kerner, 1709,
iii-8), I, pp. 50 et suiv.
2. L'Estoile, éd. Jouaust. VI, p. 205.
3. Gallia christiana IV, col. 651. Gillot fut aussi chanoine de la
Sainte Chapelle du Palais, à Paris ; mais nous ignorons à quelle date.
i. Arch. municipales de Langres, 358, 691.920. — Une lettre de Gillot à
Scaliger est datée de Langres le 31 août [1602]. Il y annonce qu'il va partir
pour Autun. [Epistres françaises. . . à Mans'' J. J. de La Scala., p. 154.)
5. Epistres françaises. . . à Mons^ J. J. de La Scala., 1624, p. 351.
6. Ibid., pp. 351, 418.
288 LIV. — JACQUES GILLOT.
de 1592 à 1612'. On y voit que notre auteur venait fréquem-
ment au secours du grand humaniste en lui procurant des
livres imprimés ou des manuscrits. Il se chargeait aussi de lui
faire parvenir certains ouvrages qui lui étaient prêtés-. Au
point de vue religieux, les opinions des deux érudits ne diffé-
raient guère. Ils professaient la même haine contre les jésuites,
ou, comme ils disaient, les « loyolites ».
Nous ne connaissons que deux lettres de Gillot à Jacques-
Auguste de Thou^ ; mais nous pensons qu'il fournit bien des
renseignements à l'auteur de VHistoria sui temporis. De sa
correspondance avec Casaubon, nous ne pouvons citer qu'une
seule lettre^ et pourtant nous voyons par ce qu'il écrit à
Scaliger, en 1601, que leurs relations étaient des plus intimes.
A peine notre auteur apprend-il que Casaubon est arrivé à
Lyon, qu'il se préoccupe de le loger commodément à Paris ^
Il est anxieux de le voir bien accueilli par le roi et pourvu
de quelque emploi digne de lui".
Parmi les amis et correspondants de Jacques Gillot on peut
citer encore :
Denis Le Bey de Batilly, qui lui dédie le 12 ' de ses Einblemata
(1596) ; Nicolas Rapin, qui avait travaillé avec lui à la Satyre
menippée et qui, dans son testament, exprima le vœu que ses
œuvres fussent publiées par Sainte-Marthe et Gillot ; Scévole
de Sainte-Marthe, à qui sont adressées des lettres du mois de
novembre 1596' et du 20 janvier 1597*, et qui, de son côté,
1. Epistres françoises des personnages illustres et doctes a Mons'' Joseph
Juste de La Scala, mises en liimiiTe par Jacques de Rêves. ,-l Ilnrdeivijck^
chez la vpfve de Thomas Ileiirij ^ pour Henri/ Laurens, libraire à
Amsterdam, lG'i4. I11-8.
t. Voy. iiotaraineiil Jos. Scalup'ri Epistolae^ 1627, in 8, ep. 4, p. I7i.
3. Paris, 16 mars [1594], ms.'Dupiiy 712, fol. 18; Paris, l^i-févr., s. a.,
ms. Dupuy 675, fol. 156.
4. Gillot à Cisaubon, s. d., leUre portée dixui h Renie des autographes,
catalosne de G. Cliaravay, cet. 1881, i\° 39.
5. kpistres françoises à Mons'' Joseph Juste de La Scala, 162i, p. 1 10.
6. Ibid., p. 103, etc.
7. Bililiolli. nal.. Nouv. Acq. franc. 6208. La lettre est inconi[)lè(e.
8. Bibliotli. de l'Institut, ms. 292, fol. 229.
LIV. — JACQUES GILLOT. 289
compose pour lui des vers', et, en février 1608, lui donne des
détails sur la mort de Rapin et sur son testament-; Jean
Savaron, qui lui dédie son édition de Sidoine Apollinaire^;
Jean de Thumery, sieur de Boissise, ambassadeur à Londres,
dont on possède une lettre à Gillot en date du 27 juillet 1599 "• ;
Paul Choart, sieur de Buzenval, ambassadeur à La Haye, dont
il parle dans ses lettres à Scaliger ^ ; Jacques Bongars, ambas-
sadeur en Allemagne, qui lui envoya, au mois d'août 1608, les
Aphorismi doctrinae jesuislarum^ ; enfin Peiresc, dont on
possède trois lettres adressées à Gillot au mois de décem-
bre 1617'.
Les services rendus aux lettres par notre auteur justifient le
bel éloge que fait de lui Jacques Esprinchard dans une lettre
adressée à Joseph Scaliger le 12 janvier 1601, alors que le
célèbre philologue préparait son édition d'Eusèbe :
« Monsieur Gillot, qui vous ayme extrêmement, vous
envoyé semblablement quelques cahyers que luy-mesme a
transcript de TEusebe de monsieur Petau, qui est un des plus
beaux et entiers qui se puisse point voir. Il m'a asseuré de
continuer le reste et qu'il le vous feroit tenir à mesure qu'il le
transcriroit. Il m'envoya quérir expressément dimanche der-
nier pour me le monstrer, afin que comme tesmoing oculaire
je vous en puisse escrire au vray ce qui en est. Il travaille
aussi après le Bertrame Presbyter, que luy-mesme transcrit.
C'est un très-rare sénateur, officieux à merveilles, qui retient
je ne sçay quoy par dessus les aultres de ceste ancienne
splendeur du parlement. Il n'y a gueres homme en Paris que
1. Sonnet français à Gillot (Œuvres de Sr. de Sainte-Marthe, 1629,
n-4, p. 125); pièce latine au même (Poëmata, 1629, in-4, p. 178);
Mariae Gilolae Tumulus iibid., p. 182).
2. L'Ësloile. éd. Jouaust, IX, p. 59.
3. Caii Sollii Appollinaris Sidonû, Arvernorum ep., Opéra... Pa-
risiis. ap. Hadr. Perier, 1609. in-4.
4. Ms. Diipuy 64, fol. 184.
5. Epistres françaises à 3[ons^ J. .1. de La Scala, 1624, p. 113.
6. L'Ësloile, éd. Jouaust, IX, pp. 118, 147.
7. Hiblioth. de Carpentras, ms. 1873, fol. 498-500.
II. — 19.
290 LIV. — JACQUES GILLOT.
je fréquente plus et dont j'apprenne plus de belles choses. Il
ne se peut jamais assez saouler de Lien parler de vous'. »
C'était, en effet, un milieu bien propre aux études que celui
de nos anciens parlements. Il ne suffisait pas d'acquérir un
office pour y être reçu ; il fallait encore prouver sa « suffisance » ;
aussi les familles qui destinaient leurs fils aux charges judi-
ciaires tenaient-elles à leur faire donner une instruction où les
lettres tenaient autant de place que le droit. Les voyages com-
plétaient presque toujours leur instruction. Gillot peut être
cité comme un modèle parmi les magistrats de la fin du xvr
siècle. Il justifie bien l'inscription qui orne le médaillon frappé
en son honneur : « Senator intege]'[r]imus- >.
Au commencement de l'année 1007, Gillot, qui travaillait à
recueillir les écrits composés pour la défense des droits de
l'Église gallicane, et qui suivait de près le conflit survenu
entre Rome et Venise, apprit qu'il y avait en Italie un homme
non moins résolu que lui à combattre les prétentions du Saint-
Siège. Nous voulons parler de frà Paolo Sarpi.
« Nous avons vu icy «, écrit-il à Joseph Scaliger, dans une
lettre qui ne porte pas de date, « trois bons livrets de Venize :
deux d'un frà Paolo, dell' ordine de' Servi, l'un intitulé: Le
Consideralioni sopra le censure, l'autre : Apologia contra^ la
risposta del cardinal Bellarmino ; le tiers intitulé : Difesa a
rolto proposilioni contra^ li scritti del cardinal Bellarmino, et
ce dernier, fort hardy, est d'un Giovanne Marsilio. Tout cela
est fort défendu icy ''.
i. Epistres françaises à Mons^' J. ,1. de La Scala, 1624, p. 240.
2. Trésor de numismatique et de (jlyptique. Médailles françaises, I,
pi. LVI, ri" 2. — Un passîige des Mf'nioires de L'Estoile nous montre jusqu'à
quel point la réputation d'austérité de Gillot était établie. L'historien raconte
que, en 1008, le maître des requêtes Fondriac fut récusé lors du procès
fait à Bartolommeo Borghese, le prétendu fils du pape, et il ajoute que
Fondriac était « tenu pour bon juge et roide parce qu'il demeuroit avec
M. Gilot» (éd. Jouaust, IX, p. 167).
3. Impr. contre.
4. Epistres françaises... à iMons^ ./. J. de La Scala, 1624, iii-8,
p. 93.
LIV. — JACQUES GILLOT. 291
Il revient sur le même sujet dans une lettre du 0 février
1607 : « Je vous envoyé. . . les deux Vœux que nous avons
faict mettre sur la presse pour le faict des Vénitiens'. Il y a
un Marco Capello, qui a le dernier escrit fort librement, que
j'ay, mais imparfaict. Vous avez veu tous les autres, lesquels
j'ay escrit à monsieur l'ambassadeur^ de vous envoyer. J'en
ay desjà assez ; mais j'espère avoir tout. Il y a deux livres d'un
frà Paolo, l'un appelé: Consideralioni sopra le Censure, l'autre :
Apologia, de luy mesme, conlra il Bellarmino; un autre (jui
s'intitule : Difesa deW otlo propositioni di Ginvanne Marsilio
contra el Bellarmino, fort libres, et puis un Crassus Venetus,
qui respond ad Paraenesin Baronii^ ».
Frà Paolo, qui savait déjà par M. de Fresne avec quelle
curiosité Gillot suivait les démêlés des Vénitiens avec le pape
et qui avait entendu louer son zèle et sa science par M. de
laisse et par Charles de Harlay, baron de Dolot, frère du
premier président, prit le parti de lui écrire '. Sa lettre, datée
du 18 mars 1008, devint le point de départ d'une correspon-
dance régulière.
Bien que Sarpi eût écrit en latin, Gillot crut bien faire en
lui répondant en italien ; maison a vu par les fragments cités
plus haut que son style était peu correct ; aussi frà Paolo,
dans une de ses réponses en date du 22 juillet 1609, lui dit
qu'il n'avait pas à prendre cette peine :
1. Duo Vota, hoc est ex animo toto prolatae Sententiae : nnum Caes.
Baronii cardin. contra Rcmpiiblicam venetam, allerum Jean. Marsilii
neapol. th., pro eadeiii Repithlica. 1(307. I11-8. (Bibliolii. nat. E. 4666,3.).
2. André Hiirault, sieur de Maisse, qui venait de remplacer Philippe
Canaye, sieur de Fresne, comme ambassadeur de France à Venise.
3. Epistrcs françaises. . . ù Mons^ J. J. de La Scala, 1624, pp. 439-440.
4. « Libelles meos non tanti aestimavi, vir excellentissime, ut lectione
tua digues putaverim... Verum cum a dom. Fresner [lisez Fresnes]
audivissem manilasse te ut in liac controversia scripta ad te milterentur,
rogavi ut a me mea reci|ieret. Anni sunt, vir excellentissime fere viginli
cum, turbarum gallicarnm occasione, coepi admirari eos qui regiam dignita-
tem sartam tectam, ut par est, tueri eniterentur. Te soepe dom. Massaeus,
regius in hac civitate legalus, inler primes nominabat, et dom. Dolotus,
summi praesidis frater, tuae doctrinae et probitatis luculeritissimus teslis
accessit. . . » Opère di frà Paolo Sarpi, servita^ 1765, in-4, V, p. 1.
292 LIV. — JACQUES GILLOT.
a Prego V. S. farmi degno qualche volta di sue leltere, che
le resterô obligato, senza pero che sii obligata a scrivere
ilaliaao, perché, se bene io H risponderô in questa mia lingua,
mi sarà perô uguale il leggere la sua nell' islessa overo nella
francese' ».
Les lettres de Gillot à Sarpi ne paraissent pas avoir été
conservées ; quant aux lettres à lui adressées par le moine
vénitien, voici une table de celles qui nous sont connues. Les
16 pièces contenues en original dans le manuscrit Dupuy 111
sont marquées d'un astérisque :
i. Venise, 18 mars 1608 {Opère di F. Paolo Sarpi, 1765, VI,
p. 1).
2. » 3 décembre 1608 [ibUL, VI, p. 3).
*3. » 12 mai 1609 {ibicL, VI, p. 4).
*4. » 7 juillet 1609 {ibuL, VI, p. 6).
5. « 22 juillet 1609 {Leltere italiane di frà Paolo Sarpi,
1673, p. 603).
*6. » lo septembre 1609 [Opère, VI, p. 6).
*7. » 29 septembre 1609 [ibid., VI, p. 8).
1 . Leltere italinue di frà Paolo Sarpi. religioso detl' ordine de ' Servi
e leologo délia serenissima rcpiiblira di Venetia, scritte da lui al sirpior
lleir isola Groslvt dapo li il décembre 1602 sino alli 2 seifenibre là 18.
Vi sono ancora alciine altre scritte da luistesso alsignor Gillot (in Veronu,
1673, in-12), p. 607.
Ce recueil, évideniment imprimé en France, ne contient que deux lettres
adressées à Gillot : 22 juillet et 1«>- décembre 1609 (pp. 6û5 et 008).
Sarpi, qui était un esprit positif, ne désirait pas que ses correspondants
perdissent le temps à lui écrire dans une langue étrangère. S'adressant, le
22 juillet 1608, à François Hotman, abbé de Saint-iMédard de Soissons et
conseiller au parlement de Paris, il lui dit : « Io vi supplico di onorarmi
qualcbe volta con le vostre leltere. senza per queslo meltervi in nécessita di
scrivermi in italiano ; imperorchè, selibene io vi rispondo nel linguaggio
mio naturale, mi riesce perô indifférente il leggere le vostre lettere in italiano
come in francese. » {Opère, 1765, VI, p. ÛH). François Hotman devait
pourtant écrire facilement Filalien. Il avait été reçu docteur es droits à
Padoue, en même temps que !\Iaximilieu Granu;ier, le 12 août 1594. (Arch.
univ. de Padoue, reg. LIV, fol. 328.)
Correspondant avec .lérémie Groslot, sieur de L'IsIe, qui est en Italie, il
combine un cbiffre italien, afin que celui-ci « non babbia da annojarsi per
scriver italiano. » [Lettere italiane. 1673, in-r2. p. 227.)
HV. — JACQUES GILLOT. 293
*8. Venise 8 décembre 1609 {ibid., VI, p. 10; LeUere itaUane,
p. 608, à la date du !«■' décembre et avec des
lacunes).
*9. » 2 mars IGIO {Opère, VI, p. 11).
*10. » 12 octobre 1610 {ibid., VI, p. 13; LeUere italiane^
p. 598, à la date du 22 octobre).
*11. » 7 décembre 1610 (Opère. VI, p. 14).
12. x 4 janvier IGll (ibid., VI, p. 16).
*13. » 14 janvier 1612 (ibid., VI, p. 17).
*14. » 14 août 1612 (ibid., VI, p. 19).
*15. V [1613?] (i6id., VI, p. 20).
*16. » 14 juin 1616 (ibid., VI, p. 21).
*17. » 24 novembre 1616 (ibid., VI, p. 22).
*18. » 17 février 1617 {ibid., VI, p. 22).
*19. » 6 juin 1617 (ibid., VI, p. 24).
*20. » 4 juillet 1617 (i6ic/., VI, p. 25).
Les controverses auxquelles Glllot consacra les dernières
années de sa vie ne tendaient pas seulement à maintenir les
privilèges de l'Église gallicane et à empêcher les empiétements
de l'autorité pontificale ; elles avaient sans doute un but plus
élevé. Comme les de Tliou, les Harlay, les Hotman, et nombre
d'autres esprits indépendants, Gillot continuait à croire pos-
sible la réunion des catholiques et des protestants. De là son
opposition aux doctrines du concile de Trente, qui devaient
rendre la scission définitive.
Une pièce remarquable, que l'on sait avoir été publiée par
Gillot, bien qu'elle ait paru sous le voile de l'anonyme (son
nom a été inscrit par des contemporains sur le titre de plu-
sieurs exemplaires], est Le Caioii français, adressé au roi vers
la fin de l'année 1614, à l'occasion de la convocation des États
généraux. Gillot conjure le roi de prendre en mains la direc-
tion des affaires et de ne pas se laisser égarer par des favoris
ou des intrigants II dénonce en particulier les jésuites, qu'il
poursuit toujours de sa haine'. Il fait au jeune prince un
1, Édition en 88 pp., pp. 41-45.
294 LIV. — JACQUES GILLOT.
exposé de ses devoirs qui révèle un écrivain exercé et s'élève
parfois jusqu'à l'éloquence.
Gillot mourut le 20 janvier 1610. Il fut enterré dans la cln-
pelle basse du Palais, à Paris, et ses exécuteurs testamentaires'
lui consacrèrent l'épitaplie suivante :
A k iî
lACOBYS GILLOTVS
SENÂ.TOR PARISIENSIS
S. S. CAPPELLAE REGIAE CAN"' SACERDOS
HIC lACET
EXPECTANS PROMISSAM FIDELIRVS
ClIRISTIANIS RESVRRECTIONEM
TESTAMENTI CVRATORES
VIRO AMPLISS. RENE DE SVIS
OPTIME DE REPVRL. MERITO
VTI IPSE IVSSIT
POSVERViNT
VIXIT ANNOS LXXVI.
ORIIT VII. KAL. FERR. ANN.
GilR. CIJ. IDC. XIX.
R. I. P.-
II ne nous reste plus qu'à donner une liste sommaire des
ouvrages de Gillot :
i. Nous ignorons quels étaient ces exécuteurs testamentaires. Jacques
Gillot avait un frère, Phililiert, qui avait épousé Anne Chevalier, par contrat
du li septembre 158.") (Hibl. nal., ms. fr. 29859, dossier Gillot, pièce 9),
et dont un fils, Piené Gillot, fut reçu conseiller au parlement de Paris le
31 juillet 1620 (ms. fr. 31043, dossier Gillot, pièce 2). Philibert était
avocat ; on a de lui quelques vers insérés dans La Main. . . de Estienne
Pasquier, 1.584, fol. 4. Jacques eut aussi deux sonirs mariées: Gabrielle
et Claire (ms. fr. 31043, pièce citée).
Nous ne savons quelle parenté unissait le conseiller et l'avocat à François
Gillot, qui, le 23 février 1584, fut élu conseiller des juristes de la nation de
Provence, à Padoue.,(Arcli. univ. de Padoue, reg. XI, fol. 172 v».)
2. Emile P»aunié, Kpilaphier du vietix Paris, 11, 1893, in-4, p. 466,
d'après un dessin de Guignières, aujouni'lmi conservé à Oxford).
LIV. — JACQUES GILLOï. 295
1. Iti Janum Poislaeiim senatorem, inter reos delatum, 1581
(3 distiques).
L'Estoile, éd. JoLiaust, H, p. 21 .
2. Distique contre Philippe 11, \7)H(\.
Ibid., II, p. 3bl.
3. Dix distiques latins dans le Tombeau de Cln'istoplie de
Thou (V. amplissiini Christophori Tliuani Tumiilus, 1583, in-4,
pp. 61-62).
4. La Satyre menippée, composée avec le concours des divers
auteurs énuraérés ci -dessus, 1593.
5. Lettres de Jacques Giilot, conseiller au parlement, à
M. de Sainte-Marthe, contenant plusieurs particularités de la
vie de Jacques Faye, sieur d'Espesse, président au parlement
de Paris [mort en 1594].
Divers Opuscules tirés des Mémoires d'Anloine Loisel. . . (Paris,
1652, in-4), p. 655.
Ce recueil a reparu à la date de 165r).
a. Jac. Gilloti Epistolarum gallicarum ad J. Scaligerum
datarum Heptas, cum notis historiam literariam illustrantibus.
D. Gerdes, Miscellanea Duisbunjensia. . .^ V (1732, in-8).
Nous n'avons pas vu ce recueil que nous citons d'après le
catalogue du British Muséum.
h. Jacobi Oilloti Epistolarum ad Josephum Scaligerum
Miscellanea Gron'mgana in Miscellaneorum Duisburgensium
continuationem publicata, III (Groningae, apud Hajonem
Spandaw, 1740, in-12), pp. 317-352, 383-454.
Réimpression annotée des lettres publiées, en 1624, par
Jacques de Rêves.
29Ô LIV. — JACQUES QILLOT.
7. a. Actes du Concile de Trente en l'an M DLXII et LXIII
contenant les mémoires, instructions et depesches des ambas-
sadeurs de France, ensemble les demandes et protestations
par eux faictes audit Concile au nom du roy Tres-Chrestien et
de l'Eglise gallicane. Pris sur les originaux, 1G07, S. /., in- 12.
Bibliolh. nat., Inv. B. è>432 ; British Muséum, 5016. aa.
b. Instructions et Missives des roys Tres-Chrestiens de
France et de leurs ambassadeurs, et autres pièces concernant
le concile de Trente. 1608, S. /., in-4.
Bibliolh. nat., Inv. B. 5438 ; Brislish Muséum, 224. a. 25.
c. Instructions et Missives. . . A Paris, 1013. In-4.
Troisième édition, publiée par Pierre Du Puy.
Biblioth. nat., Inv. B. 1944; British Muséum, 702. K. o (3).
d. Instructions et Lettres des roys Tres-Chrestiens et de
leurs ambassadeurs, concernant le concile de Trente. Quatrième
Edition, augmentée des actes de M. D. [Du Puy]. A Paris, chez
Sebastien et Mabre Cranioisy, 1654. In-4.
Biblioth. nat. Inv. B. 1946.
8. a. Traictez des droictz et liberté/ de l'Eglise gallicane. A
Paris, Chez P. Chevalier, 1609. In-'i.
Ce recueil contient dix pièces de Pierre Pithon, Jean de Rély,
Jacques Gappel, Jean Du Tillet, Jean-Baptiste Du Tillet. Claude
Fauchet, Charles Faye d'Espesse, Guy Coquille, Antoine
Hotrnan et Claude Gouslé.
Biblioth. nat., Ld'o 2. — British Muséum. 701. K. 1 (2).
b. Traictez des droictz et libériez de l'Eglise gallicane. A
Paris, Chez P. Chevalier, 1612. ln-4.
Cette seconde édition contient de plus que la première trois
LIV. — JACQUES GILLOT. 297
pièces dont les auteurs sont : Noël Brularl, Guy Coquille et
Jacques L'Eschassiei".
Biblioth. nat., Ld'o2. A.
9. Les Œuvres latines et françoises de Nicolas Rapin. Paris,
Olivier de Varennes [ou Pierre Chevalier], IGIO. In4.
Recueil publié par Scévole de Sainte-Marthe et Jacques
Gillot. Il est dédié aux présidents Achille de Ilarlay et J,-A.
de Thou.
40. Relation faite par maître Jacques Gillot, conseiller
d'Eglise à la grand'chambre du parlement de Paris, de ce qui
se passa audit parlement, séant aux Augustins, touchant la
régence de la reine Marie de Medicis, mère du roy Louis XIII ,
les 14. et 15. may IGIO.
P. Dupuy, Traité de la majorité de nos roys et des régences du
royaume (Paris, 1635, in-4), p. 47y ; — (Amsterdam, 1722,
in-12), II, p. 263.
Petiiot, Collection des mémoires, !'« série, XLIX, pp. 139-274 .
Michaud et Poujoulal, Nouvelle Collection des Mémoires, l""*
série, XI, pp. 471-484.
11. Le Caton françois. Au Roy. M. DC. XIV. ln-8.
La Bibliothèque nationale possède à elle seule sept éditions
de ce factum (Lb^s 364 et 364 ABGDEF).
Le Caton finançais, dont il existe une traduction allemande
(Der frantzôsische Cato, 1615, in-4 : Brilish Muséum, 8050.
bbb. 15), a donné lieu à diverses réponses : L'Espagnol françois,
1615, in-8 ; Ultallen françois, 1615, in-8, et surtout: L'Image de
la France représentée à messieurs des Estais avec la réfutation
d'un libelle intitulé : Le Caton françois, fait contre ceux qui
maintiennent la religion et Cestal; le tout divisé en trois parties,
1615, in-8. Cette dernière pièce, où l'on trouve la défense du
concile de Trente et une longue apologie des jésuites, a pro-
voqué la réplique suivante, à laquelle il se peut que Gillot ait
eu part : Le Caton et Diogene françois pour apologie contre un
trait de Vlmage de la France oio est représentée la réfutation du
Caton françois, 1615, in-8.
LV
JEAN-PIERRE COTEREAU
Nous n'avons pu découvrir à quelle province appartenait ce
personnage, s'il était religieux ou laïc. Il vivait probablement
à Lyon; mais nous ne savons rien de lui. Un volume publié
par les soins de Pierre Mattbieu, volume que nous avons cité
déjà dans la notice consacrée à Claude Du Yerdier, contient
quelques vers de Cotereau. Voici la description de cet ouvrage:
Œconomia II canonica II de sacrorum Catho- Il lica3 Christi
t'amiliaî II Minislrorum officio&conseruanda || vbiquemaiorum
Ecclesia- 1| stica disciplina, || in très classes digesta : || Quibus
ea omnia quse ad verè&sanctèPresbyterorum, Parochorum I|
& Episcoporum instituendum ministerium pertinent, diuino
sacrai jj scripturse iure, veterum Patrum auctoritatibus, Ponti-
ficum decretis jj et Oecumenicorum Conciliorum canonibus ac-
curatissimè tractantur : H Auctore Pu P. F. Petro de Bollo,
Theologo II Parisiensi, ordinis Pra>dicatorum. II Nunc primum
in lucem édita & exornata luculentissimis variarum lectionum
jl annotationibus, Opéra Pétri Mattha^i I. V. D. || Accessit sub
calce operis Euangelici sacrificij autlientica pro- Il batio ex
solius scripturai sacra) testimonio. || Cum Indice rerum & ver-
borum. Il Lugduni, \\ Sumptibus Pétri Landry. II M. D. LXXXIX
[1589J. Il Cum Priuilegio Régis. In-4 de 20 ff. lim., 552 pp.,
H ff. d'index et 1 f. blanc.
Le titre est suivi de 2 ff. contenant une épître latine du
libraire à Pierre d'Épinac, archevêque de Lyon, primat des
300 LV. — JEAN-PIERRE COTEREAU.
Gaules, en date de Lyon, 1^' décembre 1587, et les approba-
tions ; puis viennent: 12 ff. pour une épître dédicatoire de
Pierre de Bollo' au même Pierre d'Épinac, en date de Lyon,
fêtes de Noël 1587 ; 3 fl. pour des vers latins de frère Estienne
Carta, « SS. theologiae baccalaureus parisiensis, ord. frat,
praed. » ; cinq distiques latins de Bernard Malarmet, « Vercella-
nae ecclesiae parochus >>, deux distiques latins de Claude Du
Yerdier ; cinq distiques de Joseph Cantarel, docteur es droits;
trois distiques grecs, six distiques latins et un sonnet italien
signés : « Janus P. Coterellus » ; un Symbolum juris d'wini
(un cercle) et deux distiques anonymes, adressés à P. de Bollo
et à son commentateur Pierre Matthieu; deux distiques ano-
nymes « Ad Zoilum »; treize distiques grecs d'André Amiot;
1 f. contenant un avis de Pierre Matthieu « lectori pietatis
studioso » ; If. contenant dix-neuf distiques offerts à P. de
Bollo, « pro xeniis januariis », par Pierre Matthieu; o52 pp.
H flF. d: Index, 1 f. blanc.
Biblioth. nat., Inv. D. 48G9.
Une seconde édition, datée de 1617, n'est que l'édition de
1589, dont les liminaires ont été supprimés et remplacés par
une longue introduction (Biblioth. nat., Inv. D. 6386).
Nous reproduisons les vers de Cotereau :
Jani p. Coterelli.
(3 distiques.)
Ejusdem ab eodern latine donata.
Ad ripas Nili testudo extiacta jacebat. . .
(3 distiques.)
AUud de ejusdem Nilaea Musa.
Très urnas Nilus geminis amplectitur ulnis. . .
(3 distiques.)
1. Pierre de Bollo élail, SavoyarJ. On peut consulter sur lui Qiiélif cl
Echard, Scriptores ordittis Praedicalorum, II, 1721, pp. 316-317.
LV, — JEAX-PIEBRE COTER EAU. 301
Sonelo del medesimo al medesimo.
Come del cielo la perla divina
Sciolse i cavalli dal cerchio di toro
Verso Helicona, con capei d'oro
Per far di lauro una doice rapina,
Et poi al Dio terreno lo destina
Da CLii sola virtù e l'alto lavoro
Vinse alla giostra ghirlanda d'aloro,
Perché ogni mostro a lui Immil s'inchina;
Gosi quel che creo nostro hemispero,
Perché vincesti l'idra senza palle,
Gioè Galvino, per la corte santa,
Ti darà corona com' a san Piero
Che fece a molli rivolger le spalle
Seminando in campe la buona pianta.
Felice è l'aima cite per Dio sospiraK
1. Cette devise fut employée à la même époque par Pierre Poupo. On lu
trouve à la fin d'une pièce, signée « Poupot, » qui se trouve en tête du
Dictionnaire des rimes françaises de Jean Le Fèvre, augmenté par le
seigneur des Accords [Estienne Tabourot] : Paris. Jean Richer, 1588, in-8,
fol. h'j) et à la fin d'un sonnet anonyme qui précède le livre IV des
Bigarrures du même Estienne Tabourot, 1588, in-8.
LVI
MARC-ANTOINE MILLOTET
Marc-Antoine Millotet, né vers 1500, appartenait à une
famille bourguignonne. Il est probable, pour ne pas dire cer-
tain, qu'il étudia le droit en Italie; mais nous ignorons quelle
université il fréquenta. De refour dans son pays, il y exerça
les fonctions d'avocat au parlement de Bourgogne, et fut admis
dans le groupe des poètes, des érudits et des jurisconsultes,
dont Estienne Tabourot était le membre le plus actif.
En 1572, Tabourot publia un Dicliormnire des rimes dont il
avait reçu le manuscrit de sou cousin Jean LeFèvre. chanoine
de Langres, mort en 1565. Cet ouvrage reparut, en 1588, pré-
cédé cette fois d'une série de pièces encomiastiques qui en font
comme une anthologie des poètes bourguignons du temps".
1. Dictionnaire || des Rimes Fran- 1| çoises : Premièrement composé par
Jean le Feure || Dijonnois. Chanoine de Langres (5c de || Bar sur Aube; ||
Et depuis augnicnti'. corrigé. & mis en bon |! ordre, par le Seigneur des
Accords. Il Dédié à M^ssire Pierre leauniu, Seigneur de Monjeu & de ||
Courcelles, Chcualicr, Conseiller du Roy, & Président || au Parlement de
Bourgongiie. || A Paris, \\Chez lean Richer, rue S. han de Lalran. \\à
r Arbre Verdoijanl . \\ 1588. || Auec Priuilege du Rov. In-8 de 32 ff. non
chiftr. et 214 »'. chiffr.
Au \° du titre est un qualrnin « Au lecteur », signé de la devise
d'Estienne Tabourot : A tous accords.
Les 3 tî. suivants sont occupés par une épître « A messire Pierre Jean-
nin, chevalier, conseiller du roy, etc. » Les 28 autres ff. lim. sont occupés
par des vers français, italiens, latins et grecs, dus à 80 auteurs différents.
Nous ne pouvons en donner ici la liste ; on la trouvera dans le Cat.
Rothschild, 1, no 431.
304 LVI. — MARC-ANTOINE MILLOTET.
Parmi ces pièces' est un sonnet italien deMillotet à la louange
de Jean Le Fèvre :
Soneto.
Menlre Fabro, gentil' cô, sopra accenna
Del avaro liquor l'occulte sponde
Che'l fatuoso Pindo in sen' nasconde,
Sgombrando el cieco error' l'ardita penna,
Mirava del suo ciel el Dio che frena
Et fovolose colle e l'amich' onde
Molli allori, el de le sacre fronde
Vaga per ratto bonor l'altiera Senna.
Vide et arse ; il furor râpe li strali
Co' quali territar suol i mortali;
Sementa^ el fosco ciel di negro borrore.
Ouando et udilo el Dio. oltra l'usato
Sono Tbemi : « Fia quel cbe vuole el fato !
« Fabro Pbsebo spoliar deve honore. »
Marc' Antonio Migliotet, Digionese.
Le poète a pris soin de nous donner lui-même une traduc-
tion latine de cette pièce, et cette traduction n'est peut-être
pas inutile pour la faire comprendre :
De hoc opère.
Dum plus Aoniae latices Faber explical, unde
Quos abdito Pindus siuu
Occulit, et tenues errotum discutit umbras
Audaciori lumine,
Miratur roseo qui sydera lemperat astro
Laboriosi rex jugi,
Quos tulerat quondam praedatas vertice lauros
Et rapta collibus sacra
1 . Fol. evj.
2. Inipr. Samanca.
LVI. — MARC-ANTOINE MILLOTET. 305
Barbaricaque prius miratur arundine cinctam
Comas agrestes Sequanam,
In mare piirpureas tumidum devolvere lymphas
Et lauréates vortices ;
Vidit et infremuit, funestaque corripit arma,
Miseris pavor mortalibus.
Candida tune telricae mutavit lumina nocti
Furoris aether conscius,
Cum solito majus sonuit Themis (audiit ipse
Cyrrhae fabulosae paler) :
« Arbitriis stent fata suis viduatus Apollo;
« Lauros Fabro cedat suas ! »
Marcus Antonius Millotetius, Divionensis*.
Le 31 mars 1592, Millotet fut pourvu de l'office d'avocat
général au parlement de Bourgogne, office auquel il fut reçu
le 8 mars 159i-. Ses fonctions judiciaires ne l'empêchèrent
pas de cultiver les lettres, mais il les cultiva en simple amateur,
se contentant de publier ou de recommander les ouvrages des
autres, sans essayer d'attacher son nom à une œuvre
personnelle.
En 1597, Millotet fit précéder d'un sonnet la Description du
Monde, de Denys d'Alexandrie, traduite en vers français par
Bénigne Saumaise, de Dijon ^
Une remontrance prononcée par l'avocat général à l'ouver-
ture des plaidoiries au parlement de Bourgogne après la Saint-
Martin de l'année 1601, nous a été conservée dans un recueil
de Harangues^ Il faut croire que Millotet s'était acquis une
réputation d'éloquence; aussi obtint-il en 1608 ou 1609 une
augmentation de 600 livres de ses gages annuels^
1. Ibid., fol. tvj v°.
2. Piilliot, Le Parlement de Bourgogne, 1649, in-fol., p. 340.
3. Denys Alexaiulriii, de la situation du monde, traduit de grec en
françois, et illustré de commentaires par Bénigne Saumaise. A Paris,
Chez Adrien Perler, 1597. In-12.
Brunet, 11, col. 731.
4.. Harangues et Actions publiques des plus rares esprits de nostre
temps.. . (Paris, 1609, in-8).
5. Un arrêt du conseil d'Etat du 30 juin 1609 règle le paiement de ces
IT. - 20.
30G IA"I. — MARC-ANTOINE MILLOTET.
En IGll. nn jurisconsulte bourguignon, Bénigne Milletot',
publia un Trnicté du dcUt commun et cas privilégié-. Un auteur
dont nous ignorons le nom s'étant permis de critiquer cet
ouvrage en quelques vers latins. Milletot lui répondit, et ses
amis composèrent contre le censeur un recueil de vei's français
et latins des plus violents. M. -A. Millotet fut du nombre de
ces zélés défenseurs ^
On pent encore citer du magistrat dijonnais des vers impri-
més en tête des Pof^AîVs de Claude Expilly( 162-4''); une épitaphe
latine de Louis Servin, imprimée en placard (1020)=; quelques
vers français publiés séparément, sans indication de lieu ni
de date*^; diverses pièces latines et françaises restées manus-
600 livres d'augmentation. (N. Valois, Inventaire des arrêts du conseil
d'Etat, règne de Henri IV, II. n" 13856. — Nous possédons deux
quittances de 1000 livres de pension signées par Milldtet, le 14 novembre
1614 et le 15 octobre 1626 iBiblioth. nat., ms. fr. 28451, dossier 45126,
pièces 10 et 11).
1. Bénigne Milletot, seigneur de Villy. Champ-Renault et Bornay,
conseiller à'ia table de marbre du palais, à Dijon, en 1554 ; constiller lai
au parlement de Bourgogne, 6 juin 1585, reçu le 28 janviei' 1586, puis
conseiller d'Etat. Voy. Paillot, Le Parlement de Bourgogne, 1049, p. 246.
2. Traicté du delict commun et cas privilégié : ou de la puissance légi-
time des juges séculiers sur les personnes ecclésiastiques. Par B. M. G.
Imprimé en Feurier, l'an 1611. S. /., in-8 de 2 ff. et 133 pp.
Il existe de ce Traieté au moins trois éditions de 1611 (deux anonymes
et nue de Paris, Fiançois Du Cairoy), une édition de Paris, N. Ronsset,
1612, et une de Dijon, Cl. Ciiyot, 1615. Il a été en outre reproduit dans
les diverses éditions du Traité des droits et libertés de l'Eglise gallicane
de Pierre Du Puy.
3. DetTence du Traicté du delii t commun et cas privilégié, en la distinc-
tion des deux puissances : ecclésiastique et séculière. \ .M. Milletot,
seigneur de Villy, conseiller au parlement de Bourgogne. 1002. S. l. [Dijon,
Claude Gtiyot],' in-8 de 62 pp.
On trouve dans ce volume des vers français et latins de P. Malpoy ;
Bénigne Saumaise ; Jacques Guyon ; P. de Cliasans : Claude Saumaise ;
Antoine Morisot ; Pierre Dernier ; Laurent Géliot ; J. G. Richard; S. Cler-
guet, de Chalon ; L. Chevalier; 13ionys Rabyot, d'Autun ; J. Morel ; Est.
Ladone, d'Autun, et Marc-Antoine Millotet. Voy. Clénient-Janin, Les
Imprimeurs et les Libraires dans la Côte-d'or. 1883, p. 22.
4. Vov. Goujet, Bibliothèque françoise. XV, ji. 401.
5. Placard in-ful. s. 1. n. d., signé : Mai'.c. Ant. Mill. — British
Muséum. 10661, aaa, 5(4).
6. Asie, Uranie et quelques autres Vers français. Voy. Goujet, Biblio-
thèque françoise, XV, p. 401.
LYI. — AI ARC-ANTOINE MILLOTET. 307
crites^ Certains auteurs lui ont attribué les inscriptions qui
ornaient le piédestal de l'ancienne statue du roi Henri lY, sur
le Pont Neuf, à Paris^
Marc-Antoine mourut en 1G3G. Son fils, Marc-Antoine II,
au profit de qui il avait résigné son office d'avocat général le
14 mars 1633, y fut reçu le 16 janvier 1635. Il mourut en 1688^
1. Opuscules de Marc-Antoine Millotet le père, avocat gênerai au par-
lement de Dijon.
Biblioth. (le Dijon, ms. 838, pp. 365-388.
2. Voy. Piganiol de La Force [Description historique de la ville de Paris,
éd. de 1765, pp. 53-57), qui rapporte ces inscriptions, et combat l'attribu-
tion qui en avait été faite à Millotet, assurant que le véritable auteur était
Gilbeit Gaulmin.
3. Biblioth. nat., ms. fr. 28'i51, dossier 45126. Cf. Lelong, Bibliothèque
historique, III, 0°* 38401, 35900. — M. Ch. Muteau a public de lui un
Mémoire des choses qui se sont passées en Bourgogne depuis 1650 jusqu'à
16G8 {d\jon, 1866, in-8).
LVII
PHILIPPE-EMMANUEL DE GONDI
SIEUR DE DAMPIERRE
Albert de Gondi, né à Florence, le A novembre 1522,
d'Antonio Gondi et de Marie-Catherine de Pierrevive, est un
des personnages du xvi" siècle dont la fortune surprend le plus
la postérité. Sa mère, qui fut la personne la plus remuante
et la plus intrigante de son temps, commença cette fortune ;
sa femme, la célèbre Claude-Catherine de Clermont, dame de
Dampierre, sut y mettre le comble. Ce fut au mois de septembre
1565 qu'Albert épousa la veuve de Jean d'Ânnebaut, qui lui
apporta, non seulement la seigneurie de Dampierre, mais encore
la baronnie de Retz, qu'elle tenait de son premier mari'.
Le troisième des fils issus de cette union, Philippe-Emma-
nuel de Gondi, seigneur de Dampierre et de Villepreux, puis
comte de Joigny, marquis de Belle-Isle et baron de Montmirel,
naquit à Lyon en 1581. Sa mère eut soin de lui faire donner
une éducation qui le préparât aux grandes charges qu'elle
rêvait pour tous ses enfants. Il devint, après la mort de son
frère Charles (1596), général des galères de France % et prit
1. Voy. Anselme, Histoire généalogique, VII, p. 179. Cf. III, p. 895.
2. Les fondions de général des galères furent exercées jusqu'à la majorité
de Philippe-Emmanuel par son père, le maréchal-duc de Retz. Le jeune
Dampierre ne fut définitivement pourvu de cette charge que par lettres du
15 avril 1598.
310 I.VII. — PHILIPPE-EMMANUEL DE GONDI.
les titres qui appartenaient au défunt, les deux autres frères
étant entrés dans l'Église'. 11 épousa Françoise-Marguerite de
8111}% dame de Comraercy, qui monrut en 1625. Philippe-
Emmanuel se démit alors de ses charges et de ses titres en
faveur de son fils aîné, et chercha un refuge dans la congré-
gation de l'Oratoire. 11 mourut au château de Joigny le
29 juin 160-2-.
Parmi les branches d'études que les fils du maréchal avaient
cultivées, il en est une que leur mère avait placée au premier
rang, celle des langues étrangères et spécialement de l'italien.
Les Gondi. devenus Français, jugeaient utile de ne pas rompre
complètement les liens qui les rattachaient à leur pays d'ori-
gine. Nous avons la preuve formelle que le cardinal de Gondi
et l'évêque de Paris maniaient parfaitement la langue italienne ;
il ne devait pas en être autrement de leur cadet.
Pour montrer les progrès qu'il avait faits, le sieur de Dam-
pierre eut l'idée de traduire en italien les Prières el Medilaiions,
dont Philippe Des Portes ne publia qu'une partie à la suite des
Pseaumes, en 1593. Il fit transcrire cet ouvrage dans un élégant
petit volume qui nous a été conservé.
Le manuscrit, richement relié en maroquin rouge et semé
du 'I>, chiffre de Philippe Des Portes, est un pet. in-8 de 123 ff.,
sur papier, non compris 2 ff. blancs, au commencement du
volume. Le scribe s'est efforcé^ d'imiter l'écriture italienne;
1. Braiiloinc parle de lui, et l'appelle encore M. de Daiiipierre dans un
morceau écrit eu 1602 :
« Du maryai^o île madame de Raiz, ma cousine germaine, à cause de ma
merc el madame de Dampierre, S(vurs, sont sorties : le marquis de Belle-
Isle, qui fut tué (iii ces guerres dernières à une entreprise (|u'il fil sur le
mont de Saiiirl-.Micliel (] 1596]) ; M. l'évêque de Paris; M. l'abbé de Saiuct
Albin, et iM. de Uampierre, (pii se nomme encore aiusy, bien que la place
soit vendue : autres le nomment M. le gênerai des galleres, estai certes
très-beau et tre^-grand. » Brantôme, éd. Laianne, X, pp. 89-90.
2. Anselme, III, p. (S98 ; VII, p. 935; Corbinelli, Hlsloire généalogique
de la maison de Gondi, 1705, iii-i, II, pp. 49-51; Ilcrueil des vies de
quelques prêtres de l'Oratoire du P. Cloyseault, publié par le H. P. Ingold,
Prrnuère Partie, 1880, in-l'i, pp. 421-448.
3. Sur le V du 2^ f. blanc, une main du xvil" siècle a écrit : Orationi
diversi [sic]. — Le r*^ du \°^' f. porte les aimotations suivantes : Colleg.
Paris. Societ. .lesu, et eu bas : Paraphé au désir de l'arresl du 5 juilUt
1763. iMesnil.
LVII. — PHILIPPE-EMMANUEL DE GONDI. 311
mais diverses fautes qui paraissent devoir lui être imputées
montrent que la langue lui était peu familière.
Les ff. 1-4- contiennent une épître adressée par le traducteur
au poète, épitre qui est ainsi conçue :
« Al reverendo signor mio, il siffnore de Portes.
« Vol havrete cagione, signor mio, di trovare strano ch'io
habbia intrapreso di oflerirvi queste picciole primitie del mio
primo studio s'egli non vi piace tanto favorirle di riconoscerle
et gradirle ancora per vostre. Queste sono le vostre Oratlonl
chrisliane^ le quali, per relatione di coloro dell' opinione dei
quali io voglio dependere lutta la mia vita, mi paiono degni
[sic] non solamente d'esser lette et dette come le alire pre-
ghiere, ma imparate a mente, per li belli termini coi quali
havete al parer mio ripresentata al vivo l'ardente divotione
d'un' anima che non spira altro che' 1 divino. Questo fu dunque
il mio primo disegiio che io feci subito ch'io le hebbi nelle
mani, di modo che essendomele rese familiarissime per il
piacere ch'io pigl[i]ava a impararle, pensai che il piùbelmezo
di radicarmele nella memoria era di essercitarmi in farle par-
lare la lingua italiana di mano in man' che io la imparava et
massime per cominciare da le preghiere santé a praticare quel
ch'io avevo acquislato nello studio di qaesta lingua. Questaè
la principale cagione che m'ha mosso a tradurle ; ma non ch'io
mi sia mai proposto altro fine che d'haver a essere corretto
da colui che me la insegnava et d'havere a far prova di quanto
io havessi imparato in essa. Tuiiavolta essendomi stato
commandato da madama di Retz, mia madré, di renderle
conto del tempo ch'io ho impiegato nelle lingue forestière nelle
quali le piace farmi instruire, io le ho mostrato questa mia
traduzione ch'ella ha voluto si dedichi a voi, acciochè da voi
medesimo, signor mio, se cosi vi piaceva, io ne ricevi et ritiri
quella correttione che si richiede, il che io ho inirapreso tanto
più arditamente quanto io m'assicuro che havendo riguardo
alla mia poca età et esperientia voi scuserete se io non ho
saputo ritrare in una lingua che m' é strana la perfettissima
ieggiadria délia vostra nalurale, come io credo che anco non
sia possibile di ciô fare, et massime dau na mia pari, che [h]a
cosi poca cognitione dell'una et dell'altra. Et con questo io
presenterô le vostre medesime preghiere a Dio acciochè le
312 LVn. — PHILIPPE-EMMANUEL DE GONDI.
piaccia di darvi, signor mio, in tuttaprosperità il compimento
dei voslre virtuosi desiderij. A Parigi alli primo di settembre
« D. V. S.
« humile et obediente a servirvi
« Dampierre. »
Voici le début de deux prières traduites par M. de Dampierre :
la première ne figure pas dans les recueils imprimés ; mais
nous ajoutons le texte français de la seconde :
Oralione al nostro 6uon' angelo.
Angelo di Dio, mia cara guardia, io ti raccommando la mia
anima et la mia vita, et ti supplice di vegliare alla mia custo-
dia, preservandomi dalle imboscate del mondo, délia carne et
del diavolo, et guidandomi in tal modo che lutte le mie attioni,
parole, pensieri, movimenti et respirationi non tendinochea
la gloria del mio Dio, et brevemente non mi abbandonare
punto, che tu non m'babbi condutto al regno céleste, affine
che insieme noi vi possianmo eternamenle cantare le laudi
del supremo al quale solo è honore, laude et gloria nei secoli
dei secoli.
Oraison à la vierge Marie. Oratione alla virgine Maria.
Je te salue, royne des cieux, Io te saluto, regina delli
dame du monde, race des cieli.signora del mondo, proie
roys, espoir des pères, gloire delli re, speranza delli padri,
des prophètes, louange des gloria delli profeti, laude de
apostres, honneur des mar- gli apostoli, honore delli mar-
tyrs, miroir des vierges, tiri, specchio délie vergini,
triomphe du ciel, estonne- Irionfo del cielo, spavento de
ment des enfers et recours gli inferni et refugio salutare
salutaire de tous les fidèles*, di tutii li fedeli.
1. Prières et Méditations chreslieiines, par Philippe Des Portes^ abbé
de Thiron (Paris, Abel L'Angelier, HJO'S, in-8), fol. U.
LYII. — PHILIPPE-EMMANUEL DE GONDI. 313
Voici quelques-unes des prières qui viennent à la suite :
Fol. 16 v°. Oratione per dir inanzi alla croce del noslro salva-
tore Giesù Christo.
Fol. 29 v». Oratione per la matlina.
Fol. 32. Oratione per la sera.
Fol. 35. Preghiera del re alla Spirito Sanlo.
Fol. 44. Preghiera délie dello per il re cav'^'^ Spirilo S^°
[lisez : dette per il re dai cavnlieri dello Spirilo
Sa7ito]. Le titre français est: Prières des cheva-
liers du Sairict-Esprit pour te roy.
Fol. 49 V. Oratione al S' Dio per ottenire perdono a chiederli
qualche gratia, etc.
Le manuscrit dont nous venons de donner quelques extraits
appartenait autrefois à M. Guyot de Villeneuve, ancien prési-
dent de la Société des Bibliophiles français, qui avait bien
voulu nous le communiquer. Il a figuré, en 1900, à la vente
des livres de cet amateur (n° 12 du Catalogue).
LVIÏI
PIERRE BRIGARD'
Parmi les Français qui ont employé la langue italienne au
xvi° siècle, les uns se sont essayés dans le genre historique et
nous ont laissé soit des mémoires ou des lettres politiques,
soit des relations de voyage; les autres ont composé plus
librement et se sont adonnés h la poésie. Ces derniers sont
sans nul doute les plus intéressants. Ils attestent par leurs
œuvres que les universités italiennes ne les avaient pas seule-
ment perfectionnés dans les sciences, mais quils y avaient
puisé le goût de la langue et de la littérature vulgaires. Nous
voulons faire connaître maintenant un curieux volume composé
par un étudiant de Padoue-.
Un jeune Bourguignon, Pierre Bricard, qui avait traversé les
monts un peu avant les fureurs de la Ligue, (probablement en
1387), ne se borna pas à cultiver le droit, il voulut rimer des
sonnets à la mode de Pétrarque. Une belle, qui appartenait à
1. Cet article a paru d'abord dans la Raccolta di sludii critici dedicata ad
Alessandro D'Ancona festeyiandosi il XL anniversario del suo insegna-
mcM/o, 1901, pp. 2-29-234.
2. Pierre fut élu conseiller des jiirisles de la nation de Bourgogne au mois
d'août 1591 (voy. Archives de l'Université de Padoue, Acla juristarum,
reg. XIV, 3« parfie, fol. H ; cf. fol. 13 bis; 4.e partie, fol. 1, U.
Il est permis de supposer qu'il était alors à Padoue depuis trois ans. On
verra plus loin quelques vers de François de Lonvencourt, sieur de Vauchelles,
où il est dit que Bricard passa dix ans à Padoue, et que, en 1601, il n'était
de retour en France que depuis quatre ans.
316 LVIII. — PIERRE BRICARD.
la famille Citladella\ devint la Laure de ce poète improvisé.
Bricard paraît avoir fait un long séjour en Italie; il ne rentra
dans son pays d'origine que vers la fin du xvi^ siècle 2, proba-
blement en 1597, et fut avocat au parlement de Bourgogne.
Ce fut alors qu'il eut l'idée de faire imprimer un recueil de ses
vers. Voici le titre de ce volume qui nous a été signalé par
M. Emile Boy, professeur à l'Université de Dijon :
LA
FLORIDEA
DEL FEDELE ARDO
Parte prima
(Marque typographique représenlant Pégase lancé au galop, et accompagné
de cette devise : Sic aelas non relinenda fugit.)
STAMPATA IN PARIGGI.
Appresso Gio. Gesselin, nella strada di San Gia-
como, à l'insegna di S. Martino, &
si vende nel Corridore delli pri-
gioneri nel Palazzo.
1601.
Con Priuilegio.
1. Ce nom ressort de l'intitulé d'un sonnet « Per l'illustre signore Andréa
Cittadella, fratello délia sua diva » (fol. 92 du recueil qui sera décrit plus
loin). Bricard joue ailleurs sur le nom de sa maîtresse, et dit en parlant de
l'amour (fol. 14 du même recueil) :
In van diede assalto alla Cittadella
tjual li da la pena del pensier rio. . ,
La famille Cittadella, qui porte aujourd'hui le titre de comte, est l'une
des plus anciennes de Padoue. Une Cittadella, qui se confond peut-être avec
la belle chantée par le poète, épousa Francesco di Giuliano Cosavecchia,
docteur es droits. Elle resta veuve en 1608. Voy. Jac. Salomoni, Urbis
patavinae Inscriptiones, 1701, in4, p. 34 i.
"2. Son ami, François de Lonvencourt, sieur de Vauchelles, lui dit dans les
vers encomiastiques imprimés en tète de La Floridea :
Dix ans entiers en ceste lice
Ce dieu t'a fait faire exercice,
Ore espérant, ore craignant,
Ore chantant, ore plaignant,
LVIII. — PIERRE BRICARD. 317
Le volume est de format in-l6, et se compose de 8 ff. lim.
et 88 ff. inexactement chiffrés'.
Au v° du titre est un extrait du privilège accordé au libraire
Jean Gesselin, pour six ans, le 6 juillet 1601.
En tête des pièces liminaires est une épître française adres-
sée « A monseigneur Christofle de Harlay, seigneur de Beau-
mont, etc., cornette des chevaux légers du roy et baillif du
Palais- ». Cette dédicace, écrite dans un style fort ampoulé,
est signé : P. Bricard. Elle nous fournit peu de renseignements
utiles ; on y voit pourtant que les perfections de Christophe
« n'estoient pas seulement remarquées et admirées des plus
grands personnages d'Italie, mais des princes mesmes », dont
il avait été honoré et chéri.
L'épître est suivie de diverses compositions encomiastiques :
une ode française « A monsieur Bricard, sur ses amours de
Floride », signée: de Vauchelles^ et accompagnée de la devise:
Antes tnuerlo que mulndo ; un sonnet français « A monsieur
Bricard, advocat au parlement de Bourgongne, en la recom-
mandation de cest œuvre », par « P. Des Fontaines, Poictevin,
Et si bien il te touche l'ame
De ses doux atlraits et sa flanie
Que, depuis ton aime retour
(C'est depuis quatre ans), il n'est jour
Voire et léger moment aux heures.
Que pour Floride tu ne meures.
1. Bibliolh. municipale de Dijon, 7465. — Bibliotli. Mazarine, n" 2 1881.
2. Christophe il de Harlay, fds unique du premier président Achille de
Harlay et de Catherine de Thou, ét;iit parti pour Padoue, en 1592, avec
Claude-Énoch Virey (Biblioth. de l'Arsenal, ms. 1081, fol. 188 v") ; nous
ignorons combien de temps il y séjourna. De retour en France, il épousa
Anne Ragot, fille unique d'Emmanuel Ragot, premier président de Grenoble.
Il fut de 1602 à 1607 ambassadeur en Angleterre, fut nommé, en 1612,
chevalier du Saint-Esprit; mais il mourut en 1615 avant d'avoir reçu le
cordon de l'Ordre.
3. François de Louvencourt, seigneur de Vauchelles, à qui est dédié un
sonnet imprimé après le n° CXXXVIII. François, né en 1569, avait déjà
publié un recueil de vers : Les Amours et premières Œuvres poétiques de
Fr. de Louvencourt (Paris, léger Delas, 1595, in-12). On trouve un sonnet
de lui en tète des Premières Pensées de Jean Hays, 1598.
318 LVIII. — PIERRE BRICARÏ.
advocat au conseil privé du roy' » ; quatre distiques latins du
même auteur, qui signe cette fois : « P. Fonteius, Picto Maxent. »
(c'est-à-dire de Saint-Maixent) ; un quatrain français de J . de
La Barre Jacquier^ ; un sonnet français de P. Roussel ; enfin
cinq distiques latins signés P. D. M.
Les liminaires se terminent par un sonnet de « L'autore alli
maledicenti », et par des distiques latins dans lesquels Bricard
nous apprend quand et comment il se rendit en Italie, et com-
ment il y devint amoureux. Voici cette dernière pièce, très
importante pour la biographie du poète :
Autoris Discessus e Gallia in Italiam.
Discessi a patrla tune quum Mars tela pararet
Ilesperidiim m Gallos, gallica in Ilesperidas ;
Nec cum iuta salis Musis niea lecta paterent,
Jtala régna diu pace superba peto.
Tu mihi, libertas^ tu, pax, lam chara, fuistis
Causa fugae, et fugiens en miser intereo,
Nec pavidum v'Uasse juvat civilia bella,
Si quae non poluit Mars mihi praebet Amor.
Patavii nostris pedibus vix pressa fuere
Limina cum captum me noirus hoslis agit.
Non tuntum, aestivo densae torrentur aristae
Sole^ meo quantum peclore flamma micat ;
1. rierro Des Fontaines est routeur d'un traité intitulé: Eonim quae
apud Gallos de tato pontificii juris cnrpore, et maxime in betieficialibus
usu recepla sunl^ brcvis Enuclcalio. Autnre Petto Fonteio Piclone, ,1. U. L.
Parisiis, Ab^i L'Angclier, 1597, in-8. (Bibliutli. nat.)
2. Jean Jacquier, do Bourges, était avocat. C'est à lui et à Jean Ravaud,
seigneur de Bocgrmiaii, qu'est dédiée une pièce insérée dans Les Nouvelles
Œuvres de Jcan-Édouard Du Moiiin (s. 1. n. d., mais vers J58U, iu-12),
I». '22t.
Il y a des vers latins, grecs et français de Jacquier en tête des Troisiesmes
Œuvres de Jean de Boissières. "1579 ; des vers latins en tète de VArioste
français du même Jc;ui de Boissières, 1580; ])\\h (hua La Main d'Eslienne
Pasquier, 1584, fol. i et IG ; à la suile de la Pancharis de Jean Bonucfons,
1588 (Boiniefons lui adresse une pièce insérée dans h; même recueil, fol.
15) ; en tète des Imitations tirées du lalin, de Gilles Durand de La
iJergerie, 1588.
LVIII. — PIERRE BRICARD. 319
At quamvis peream, placido meyis fluctuât aestu :
Causa rogi virtus, forma, pudicitia'^.
Notre Bourguignon italianisé entre ainsi en matière :
Ne de l'alta Thebe le cento porte,
Ne di Roma canto gli ,gran trofei,
Ne d'Orlando pazzo gli duri ornei,
Né d'Enea Troian la dubia sorte,
Ne d'Hercole invitto l'oscura morte
(L'bonor di quanii furo semidei),
Ne l'opère finie di falsi dei,
Ne di nove Muse la casta corte ;
Raccolgo mie' sospiri al veiito sparsi
Sopra le gonfiate sponde di Brenta,
Del mio pianto u' Troia liela risorge.
Tu per li cui vanto languido sorge
In trionfo ch'ergo, fa pur cb'io senta
Volli a me gl'occbi tuo' di se si scarsi.
Voici le portrait que Bricard nous trace de sa belle (sonnet
XXXIIl) :
Biondo crin, larga fronte, arco d'Amore,
Occhi vivi, guancie di neve et d'ostro,
Profilo nel quale Natura ba mostro
Quanto puô, quauto sa, quanlo ba valore.
Canal strelto, del quai escon parole
Cbe ]iossono domar qualunque mostro,
Di rubin.i et perle lucide cbiostro,
Sparlito poggio délie Gratie bonore,
GoUo, di Venere vago monile,
Spalle donde d'Amor pende il turcasso,
Petto largo et bianco, cbe cbiudi un sasso,
1. Bricard ajoute trois petits vers « Ad Ijenevolum lectorem «, qu'il est
inutile de transcrire.
320 LVIII. — PIERRE BRICARD.
Scessa ch'al bramato porto conduci,
Ove gionge il désir ; ma non le luci.
A rispello di voi ogni cosa è vile.
On voit que si notre auteur ne sort pas des lieux communs,
ses vers sont du moins agréablement tournés. Voici encore uh
sonnet qui permettra de juger de sa manière (n" XXXVIII) :
Il di che, fatto schiavo di madonna,
Legato me viddi di sue catene,
Dolce mi fù il giogo, dolci le pêne ;
Hora tremo quando solo ragiona.
Un nascoso serpe nella sua gonna
Me lacerô il cuore et m'empi le vene
Del caldo veneno di vana spene,
Che quando le piace morte mi dona.
Ne posso ritrovar allro rimedio
Che di morir spesso per haver vita.
Qui non val piangendo chieder aita.
Un soave sguardo me mena a morte,
Tal morte mi da vita, et questa sorte
Di morir raviva il stanco cuor mio.
Claude-Énoch Virey, qui fut très lié avec Bricard et qui reçut
ses confidences, nous apprend que le jeune amoureux ne fut
guère payé de retour. Après avoir fait l'éloge des dames de
Padoue, il déclare que leur vertu est à l'abri de tout soupçon,
Ce qui fait que Bricard, qu'amour icy domine
Des beautez d'une dame, à la fin s'imagine
Que par des vers qu'il fait mouiller il la pourra,
Encor que les rigueurs de Patavine elle a ;
Auquel je fais souvent de pitié compagnie
Pour voir le logis seul de cesle belle amye,
Car, elle, de la voir seroit trop de bonheur,
Ou s'elle, le voyant, monstroit l'avoir au cœur.
Toutesfois, comme Amour rend tout amant crédule,
Il croit à ses regards que pour luy elle brusle,
LVIir. — PIERRE BRICARD. 321
La voyant en l'église, où tous les amoureux
Vont dire leurs désirs aux dames par leurs yeux ;
Bricard, d'aymable mine et à qui la nature
A donné haulte taille et grâce en sa posture,
D'un bon et vif esprit et d'un entendement
Qui peut donner aux loix lustre en un parlement,
Son dessein allant là ; mais je crains que la Muse
Trop ne le divertisse et tout à soy l'amuse.
On peut faire des vers parfois par passetemps,
Mais il n'y faut user son plus utile temps,
Gomme je fais ceux-ci, et prends parfois à lire
Ceux qu'a chantez si doux Pétrarque sur la lyre,
Pétrarque, TAppolon de Toscane et qui a
Parnasse transporté en ce beau païs-là,
Lisant ces veis affîn d'apprendre son langage
Qui a sur l'Italien le prix et l'avantage,
Et non pas de désir d'apprendre a poétiser.
Ou à faire des vers pour dames courtiser.
Et voilà comme on fait icy l'amour aux dames
Qui aux traicts de leurs yeux font vou" aussy leurs âmes'.
Le recueil de Bricard, non compris les liminaires, se compose
de ln6 sonnets italiens, 8 madrigaux, 2 canzoni, 1 ballata,
1 sonnet français et 2 épigrammes latines. Toutes ces pièces
n'ont pas pour unique objet la louange de la belle Cittadella.
Afin de donner au volume un peu de variété, le poète y a
introduit un sonnet « in laude del Petrarca et del Gosselini »
(fol. 25) ^ et diverses compositions qui nous révèlent les noms
de ses amis : 2 sonnets « Per il signore Virey, consigliero et
secretario del serenissimo principe di Condé » (fol. 03 v* et
64 v")^ ; un sonnet, déjà cité, « Per l'ill. de Louvencourt signor
de Vauchelles, sopra la sua Aurora » (fol. qui devrait être
1 Claude-Énoch Virey, Vers itinéraires, allant de France en Ihilie en
1592 (Bibliolh. de l'Arsenal, ins. 1051, fol. 228 ¥"-229).
2. Giuliano Goseiiiii, né à Rome le 12 mars 1525, mort le 13 février
1587. Voy. Tiraboschi, Vil (1809-1812), p. 1164.
3. Viiy. ci-après la notice consacrée à ce personnage.
H. — ai.
322, LVIII. — PIERRE BRICARD.
coté 70); un sonnet « Al sig. Hannibale Tosato', Paduano,
depintore in cera » (fol. 7 1 v°) ; un « Madrigale fatto per l'illustre
sig. Ottavio Fregoso, vestito da Sole nella giostra dell'anno
1593 » (fol. 80, coté 79)^ ; un madrigal «. In morte délia signora
madré di sua diva > (fol. 8i, coté 90 v*'); des sonnets « Per
rillustre signore Andréa Cittadella, fratello délia sua diva »
(fol. 83, coté 92); « Air illustre sig. Gio. Lazara, cavaliero
padovano » (même fol. v°)^; « In laude délia signora Helena
Santa Uliana » (fol. 83, coté 93 V); « In laude délia signora
G. Gapodivaca, gentildonna padovana » (fol. Si, coté Oi)*;
« Per la signora Zabarella Pernumia » (même fol., v*)^; « Per
1 . Annibale Tosato est cité par Tomasini dans ses Elogia illustrium
vironim, 1630, pp. 90 et 320. Il est l'auleiir d'une médaille de Sperone
Speroni et d'une médaille de Girolamo Fabrizio Acquapendcnte.
!2. Cesare II Freijoso, second fils de Cesare I""" et de Costanza Rangone,
s'était fixé à Padoue. Il eut deux fils : Alessandro dont on ne sait rien,
Ottavio ou Ottaviano, dont il est ici question, et une fille : Bianca. Ottavio
vécut à Padoue. Il fit partie de l'Accademia Délia. Le 23 février 1617. il
fut appelé au Conseil noble. 11 mourut en 1626. Voy. Litta, Famiglie cclebri
italiane, VII, t'asc. LXVI, lav. V.
3. Les Lazzara étaient une des anciennes maisons de Padoue. Giovanni,
chevalier de Saint-Jacques et lieutenant général de la cavalerie vénitienne,
avait fondé en 1574, près de Padoue, un couvent de pères ermites (Fran-
cesco Scoto, Itinemrio clllalia, Padova, 1654, in-8, I, fol. 35 v^). La
femme de Giovanni, Maria Mussata, mourut le 27 sept. 1587 (Giac. Salomo-
n'i, Inscriptiones urbis Patavinae, 1701, p. 330). — En 1574, Niccolô
Eazzara avait reçu à déjeuner, dans son palais de Conselve, le roi Henri III
(Franccsco Scoto, ibid. ; Pier de Nolliac e Angelo Solerti, // Viaggio in
Italia di Enrico 111, mO, p. 163).
4. Les Capodivacca sont encore une des premières familles de Padoue. Giulio
Capodivacca fut, en 1574, l'un des quarante jeunes gens choisis pour rece-
voir le roi Heiu'i III dans la ville (Pier de Nolliac e Angelo Solerti, Viaggio,
1890, p. 160, note.)
5. La famille Zabarella, de Padoue, tire surtout son illustration du juris-
consulte Fi'ancesco Zabarella, né en 1339, évèque de Florence en d4i0,
cardinal en 14H, mort en 1417, et de Bartolommeo Zabarella, né en 1399,
archevêque de Spljet ou Spalato, en 1428, puis de Florence (1439), mort
eu 1445. Nombre d'autres personnages du même nom ont joué un rôle dans
riii.stoire de l'université de Padoue ; aussi l'un d'eux fit-il dresser par
Giovanni Cavaceo et peindre par Gualterio, dans le palais Zabarella « alla
Veraria », une généalogie de ses ancêtres (Francesco Scoto, Ilinerario,
1654, fol. 18 vO). Du temps même de noire poète, Jacopo Zabarella, né le
5 septembre 1533, se rendit célèbre comme philosophe. Au mois de janvier
1564, il fut nommé professeur de la première classe de logique à Padoue
LVIII. — PIERRE BRICARD. 323
la sig. Uberta Discalza » (fol. 85, coté 95)' ; « Per la signera
Diana Rustica Zabarella t> (même fol., v") ; « Per la signora P.
Santasofia » (fol. 86^ coté 96)-; « Per l'illustre sig. contessa,
la signora Margarita Porta raoglie dell' ill. signore conte .^nea
dei Conti » (même fol., v°) \
Le sonnet français dédié « A madame de. . . », est placé au
fol. 83 (coté 93).
Les deux épigrammes latines terminent le volume. Elles
sont intitulées : In versionem Prognoslicorum Hippocralis a D.
Jacobo Doreneto, medico perillustri, latinis versibus expressorum,
cui libro tilulus scribitur: Vas aureum.
Parmi les sonnets italiens, il en est un, le LXIV% qui contient
en acrostiche le nom de l'auteur : Pietro Bricardo. Le pseu-
(Facciolati, Fasti Gymnasii Patavini, 1757, iii-4, t. II, p. 296). En mars
1577 ft en septembre 1585, il fut transféré à d'autres chaires {ibid., p.
280). En 1578, il fit paraître une Logica dédiée au roi de Poloirne Sigis-
raond Bâlhori (Tirahoschi, VII, 1809-1812, p. 113). Il mourut en 1589,
après avoir reçu le litre de comte palatin. Le comte Francesco Zabarella,
fils de Marcantonio, jouit aussi d'une réputation attestée en 1576 par Pietro
Buccio dans Le Coronationi di Polonia et di Francia del christianissimo
re Henrico III (fol. 132 v). On lit mi sonnet sisué de lui dans les Rime di
diversi aulori «//' illustr. et moltu reveren. P. F. Jacomo Claverio, 1593,
fol. Gi.
Nous ne pouvons indiquer le lien qui unissait Pernumia et Diana Rustica
à Jacopo et à Francesco.
1 . Les Discalzi ont fourni à l'université de Padoue plusieurs jurisconsultes
distingués. Notre poète avait dû suivre les cours d'Otto nello Disralzo, qui
avait commencé, en 1565, par commenter les Institutes. En 1576, Pietro
Buccio [Le Coronationi di Polonia et di Francia de christianissimo re
Henrico III, fol. 43 V) loue Ottonello comme professeur de droit canon.
En mars 1577, le jurisconsulte fut appelé à la chaire de droit criminel
(Facciolati, Fasti Gymnasii Patavini, 1757, II, p. 179). Le l^'- avril 1586,
il revint au droi civil (tbid., II, p. 124). Il mourut en 1607. On peut
conjecturer qu'Uherta était sa fille. Un Ubertino Discalzo est l'auteur d'une
pièce insérée dans les Applausi dell' Accademia de' Ricovrati aile glorie
délia serenissima republica di Venezia (Padova, Cadorin, 1679, in-4).
Voy. (licogna, Saggio di Ribliograjia veneziana, p. 262, n» 1840.
2. La famille Santasofia était de Padoue, comme les précédentes. Un
Girolamo Santasofia est l'auteur d'une pièce insérée dans le recueil qui vient
d'être cilé {Applausi, ecc, 1679).
3 Un Luca de' Conti, qui était certainement de la même famille qu'Enea,
fut au nombre des quarante jeunes gens choisis pour recevoir Henri III. Voy.
Pier de Nolhac e Angelo Solerti, Viaggio, 1890, p. 160, n.
324 LVni. — PIERRE BRICARD.
donyme poétique Ardo, adopté par notre Bourguignon, n'est
que le finale de ce nom italianisé.
Notons encore qu'un des sonnets (fol. 94) n'est pas l'œuvre
de Bricard. Il est en effet précédé de cet envoi : « Cloridone al
fidèle Ardo, in risposta delli versi mandatili daPadova a Siena».
Nous parlons de cette pièce dans la notice suivante.
Pierre Bricard, qui annonçait de si heureuses dispositions,
qui, d'après son ami Virey, pouvait donner du lustre à un
parlement, n'a marqué ni au barreau, ni dans la magistrature,
ni dans les lettres. Papillon n'a même pas recueilli son nom
dans la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne. Il est probable
qu'il mourut jeune, avant d'avoir eu le temps de se faire
connaître.
LIX
CLAUDE ENOCH VIREY
Nous avons déjà cité le nom de Virey comme celui d'un ami
de Pierre Bricard. Il nous faut revenir sur un personnage qui
mérite de nous arrêter quelques instants. Né à Sassenay, près
de Chalon-sur-Saône, en 1566, Virey était fils d'un capitaine
d'infanterie. C'était, dit le duc d'Aumale, « un de ces hommes
formés tout à la fois par l'étude et par une vie de périls, qu'on
rencontrait assez souvent alors, et dont le type semble perdu
aujourd'hui. Antiquaire, poète, soldat, docteur en droit,
homme de cour, il apportait partout le même courage, la même
verve, les mêmes façons un peu rudes, et, malheureusement
pour ses vers, il s'embarrassait aussi peu des entraves de la
prosodie et de la langue que des difficultés de la vie^ » Après
avoir fait ses humanités chez les jésuites de Dijon, et sa philo-
sophie au collège de Navarre, à Paris, il s'engagea comme
volontaire dans les troupes royales et combattit l'armée de la
Ligue. C'est lui-même qui nous l'apprend au début de ses
Vers itinéraires :
. . . J'ai couru ma part des périls que la vie
Des meilleurs François court en cesle tragédie,
Par villes et par champs, pour le roy tout ardant,
A pied et à cheval, courageux m'hazardant
Aux coups de pistoletz et des plombez tonnerres
Qu'onques Grecs ny Romains n'ont cogneu en leurs guerres^.
1. Duc iFAumalf, Histoire des princes de Coudé, II. 1885, p. 265.
2. Biblioth. de l'Arsenal, ms. 1051, p. 187.
326 LIX. — CL\UDE-ÉNOCH VIREY.
Après avoir assisté aux batailles de Senlis, d'Arqués et
d'Ivry, aux sièges de Paris et de Rouen, Virey, qui avait besoin
de repos, résolut de partir pour l'Italie et d'aller étudier le
droit à Padoue. Il se mit en route au printemps de 1592, en
compagnie de Christoplie de Harlay. fils unique du premier
président. Les deux voyageurs quittèrent la Normandie, oîi ils
étaient, gagnèrent Mantes, puis allèrent passer par Langres,
la Suisse et le Splûgen. On verra, dans le curieux récit que
Yirey nous a laissé de son voyage quels dangers coururent les
deux voyageurs, et combien ils eurent de peine à éviter d'être
fait prisonniers par les Ligueurs'. Le 11 juin 1592, notre étu-
diant se fit inscrire à Padoue parmi les juristes de la nation de
Bourgogne. Suivant Tusage, le registre matricule donne un
rapide signalement du nouveau venu, qui est dit : « Chabilo-
nensis, in medio frontis vulnere signatus^ » On voit par cette
courte mention qu'il avait l'babitude de regarder les ennemis
en face.
A Padoue, Virey suivit particulièrement les cours de Guido
Panciroli, de Marcantonio Ottilio et de Francesco Carlo Picco-
lomini^ Sa curiosité, pendant cette période de sa vie qu'il
considère comme la plus beureuse de toutes, se porta sur des
1. Vers itinéraires, allant de France en Italie^ 1592. A M. Nicolas
Perreiiey, que despuis j'ay veu tres-habile advucat a Clinlon^ el e l'alliance
duquel je m'estime fort honoré. Biblioth. de IWrsenal, ms. 1051, fol. 185 bis.
"2. Arcli. univ. de Padoue. reg. XXX, fol. 63 v".
3. 31s. 1051, fol. 222 vo.'
Guido Panciroli, engagé, le 30 octobre 1547, comme professeur extraor-
dinaire d'institutes, devint professeur de droit civil en octobre 1556. En
1560 il fut appelé à l'université de Mondovi, qu'il suivit à Turin; mais il
fut rappelé à l'adone le 18 avril 1582, et ce fut là ([u'il mourut en 1599.
(Facciolali, Fasti Gtjnmasii Patavi/ii, 1757, II, pp. 156, 141, 135.)
Marcantonio Otiilio enseiirna d'abord à Padoue les règles du droit 1586).
En 1590, il fut transféré à la cbaire de Pandectes, puis en 1600, à la chaire
ordinaire de droit civil du matin. (Facciolali, Fasli, il, pp. 182, 184, 118.)
Francesco Carlo Piccolomini, né à Sienne vers 1520, enseigna d'abord
dans sa ville natale, puis à Macerata et à Pérouse. Le 25 janvier 1561, il
fut appelé à Padoue comme professeur extraordinaire de pliilosopbie. Le
18 janvier l56i il fut transféré à la seconde cbaire ordinaire. Ses gages
furent portés à lOOO écus en 1579. En 1601, Piccolomini reprit le chemin
de Sienne, où il mourut en 1604. (Facciolali, II, pp. 284, 279, 275).
LIX. — CL.VUDE-ÉNOGH VIREY. 32t
sujets très divers. C'est ainsi qu'il voulut assister à l'autopsie
et à la dissection d'une jeune fille emportée par une mort
subite.
En fréquentant les cours de l'université, Virey contracta une
étroite amitié avec son compatriote Pierre Bricard. Celui-ci le
prit pour confident de sa passion malheureuse pour la belle
Cittadella, et lui communiqua tous les vers qu'il composait
pour elle. On a déjà vu que Virey, esprit positif, déjà endurci
aux aventures de la guerre, trouvait que son ami donnait aux
Muses trop de temps. Pour lui, s'il s'amusait parfois à rimer,
il ne cherchait pas à polir ses vers, et n'y attachait aucune
importance. Bricard admirait cette nature droite et sévère, et
saluait en Virey un maître. Voici un sonnet qu'il lui adresse
dans La FlorideaK
Per il signore Virey consigliero eL secretario del
serenissimo principe di Condé^.
Virey gentil, nel cui cortese seno
Gli stanchi mie' ^pirti corne in un porlo
Riduconsi, quando Fortuna a torto
Mi porge la tazza del suo veneno,
Perché non ho slile che moslri a pieno
Quanti doni t'habbi Natura porto ?
Si vedrebbe ch'unque n'a vivo o morto
Tanto il ciel nel donar si sciolse il freno.
Bontà, cenno, valor et quel ch'io preggio
Assai più de l'oro, candida fede,
Sono gli minori d'i freggi tuoi.
Ghiunque ti conosce il vede et crede
Cosi lo vedesse chi verra poi :
Tra mortali haresti di virtù il preggio.
1. Fol. 63 vo.
t. Virey n'était pas encore secrétaire du prince de Condé, mais il le devint
avant la publication du volume en 1601.
328 LIX. — CLAUDE-ÉNOCH VIREY.
En 1593, Virey mit à exécution un projet qu'il avait longue-
ment caressé. Il quitta Padoue pour se rendre à Rome et visiter
une partie de l'Italie. Il nous donne lui-même des détails sur
son voyage dans un second poème, qu'il appelle, comme le
premier, Vers itinéraires^ :
Dez Padoue, l'envie
Que j'avois de longtemps de courre l'Italie
Me fît mettre en chemin, après un long séjour
Que m'y avoit fait faire et l'estude et l'amour,
Ayant pour compagnons du désiré voyage
Un Murarl, Lyonnois^^ et un de pareil âge,
Biaunay, Baujoulois\ et (d') un de Besançon,
Le plus barbu de tous, ayant à nom Buzon*.
Virey séjourna quelque temps à Sienne, qu'il visita en com-
pagnie d'un Parisien, Jean de Chaulnes, sieur de Bures^
Tandis qu'il était dans cette ville,
Un noble Fantucci, qui avoit le soucy
D'astre passé docteur,
1. Vers itinéraires allant de Venise à Rome, 159o. A maistre Guillaume
Magnien, advocat a Chalon sur Sône. Bibliotii. de l'Arsenal, ms. 1051,
fol. 238.
2. Jeaii-Baptisie Murard, « Liigdiiiieiisis Galliis, ciim cicatrice seciindum
ociilum in parte sinistra », s'était inscrit comme juriste à Padoue (nation de
Provence), le 28 janvier 1592 (Arch. univ., reg. XXX, fol. 63). H devint
lieutenant général en la conservation des privilèges royaux de Lyon et
échevin de Lyon en 1615 et 1616. Il épousa Jeanne Tissot, morte le
6 octobre 1629, et eut d'elle six enfants.
3. jNous n'avons pas réussi à identifier ce personnage.
4.. Probablement Jean- Claude lîuson, docteur es droits, citoyen de
Besançon, qui fit son testament le 3 septembre 1637 et mourut avant le
3 novembre suivant, jour où ledit testament fut publié. (Bibliolli. de
Besançon, recueil ms. 1296 : Catal., I, p. 981.)
5. Jean de Cbaulnes était fils d'Antoine, conseiller du roi, trésorier de
l'extraordinaire des guerres, (pii, le 4 octobre 1581, avait acbeté la seigneurie
de Bures, près de Palaiseau. 11 perdit son père pendant qu'il était à Sienne,
ou peu après, le 20 octobre 1593. Il rentra anssilùt en France; mais il
retourna en Italie, et s(; fit inscrire comme juriste à Padoue, nation de
Provence, le 28 juin 1594 (Arcli. univ., reg. "XXX, fol. 65). Il mourut le
29 mars 1633, sans avoir rempli aucun office. Voy. Jules Lair, dans les
Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, II, 1876, pp. 214-221.
LIX. — CLAUDE-ÉNOCH VIRET. 329
vint le prier
De vouloir prendre en main la dispute première.
Le voyageur se prêta de bonne grâce à cette épreuve, et s'en
tira, paraît-il à son honneur ; mais il nous dit honnêtement
qu'il avait pris soin d'examiner les thèses et de combiner avec
le candidat les questions et les réponses'.
Pendant que Virey était à Sienne, Pierre Bricard lui donna
de ses nouvelles en lui envoyant un sonnet :
A te, che sei di me la meza parte,
lo l'altra di te, questo s'iuvia,
Acciô del mio stato nuova ti dia
Et ch'il duol, la gioia tra noi si sparte.
Sappi dunque che \ ô vergando carte,
Ch'io scrivo col saugue par quella ria
Gh'è nell'atli féroce, in viso pia.
Et con puoco atfelto mischia niolt'arte.
Tempro con tua gioia mio duro affanno,
Felice Gloridon, amante amato
Di Galisa, l'honoi- di quante ninfe
Annodano in nastro le chiome, o Fhanno
Sparse al vento nel bel fiorito prato
U di Branda corron le chiare linfe-.
Gloridon est le nom que Bricard donnait à son ami. Celui-ci,
qui ne se piquait pourtant pas de faire des vers italiens,
répondit par le sonnet suivant :
Cloridone al fedele Ardo, in risposCa delli versi mandatili
da Padova a Sie7ia.
Delli gravi lumi col molto pianto
La turbida Brenta sgorga allagata
Et con gli sospiri l'aria inflammata
L'ardor tuo fa sentir in ogni cauto.
1. Biblioth. (le rArseiial, nis. 1051, fol. 309.
2. La Floridea del fedele Ardo, fol. 6i v".
330 LIX. — CLAUDE-ÉNOCH VIREY.
Pure quella che con si dolce canto
È nel tempio d'honor da te porlata
A te si dimostra fiera spietata,
Pestando il nome tuo ch'a l'altre è sanlo.
Amico, deh ! lascia le sponde ingrate
Sovra le quai' d'Amor in secca arena
Spargi il semé, né mieti altro che duolo.
Vien qua a premer meco il cortese suolo
Ove spande il cristal di fresca vena
La Branda, le cui Ninfe amano amate'.
Nous ne suivrons pas le voyageur dans les autres villes par
lesquelles il passa en se rendant à Rome ; nous constaterons
seulement qu'il était curieux de visiter les monuments et les
œuvres d'art. Son itinéraire s'arrête à son arrivée à Rome. Il
se réservait de consacrer à la ville éternelle un troisième
poème, qui est probablement perdu.
De retour à Padoue, il continua ses études, et il fut reçu
docteur es droits, le mercredi 31 août 1504, « in edibus peril-
lustris domini Sigismundi [de] Capitibus Listae-. »
En quittant l'université, VIrey dut à la protection du prési-
dent Achille de Harlay d'être attaché à l'éducation du jeune
Condé, puis, quand on forma la maison du jeune prince, il y
fut maintenu comme secrétaire de la main, avec un brevet de
secrétaire du roi^ On a déjà vu que Rricard, en 1601, le
qualifie de conseiller et secrétaire de Condé. Dès lors sa vie
tout entière appartient à son maître ; il ne réserve aux lettres
que ses loisirs.
Une traduction française de Vamoroso Sdegno de Francesco
Bracciolini publiée en 1603 par un anonyme qui signe J. P. S.
1. LaFUmdeu, fol. 73.
2. Arcli. uiiiv. de Padoue, reg. LIV, fui. 328 \"*. — C'était un usage
courant à Padoue, dans les dernières années du XVJc siècle, de soutenir les
thèses de doctorat dans la maison de quelque personnage de marque. Les
Capodilista passent pour être la première famille de la ville ; on dit même
que leur nom vient de ce qu'ils étaient toujours en tète de la liste.
3. Duc d'Anmale, Histoire des Princes de Cniidé, 11, p. 207.
LIX. — GLAUDE-ÉNOCH VIREY. 331
atteste que Virey s'intéressait toujours aux choses italiennes.
Il avait prêté à un ami le texte italien de la pastorale ; celui-ci
en fait une traduction qu'il lui dédie'.
Au mois de novembre 1609, le secrétaire joua un rôle
important dans les incidents qui amenèrent la fuite du prince
de Condé hors de France. On peut suivre les détails de cette
tragi-comédie dans le beau livre du duc d'Aumale-. On y verra
que Virey était en toute chose l'homme de confiance de son
ancien élève. Non seulement il l'accompagna dans sa fuite et
s'exposa pour lui au ressentiment du roi^ ; mais il se fit This-
torien du voyage. Il en relata tous les incidents dans un poème
français'' qu'il convertit lui-même en un poème latin^ et les
résum.a dans un mémoire écrit pour J.-A. de Thou".
1. Le Dédain amoureux^ pastorale fa île française sur ritalien du sieur
François Bracciolinj. A Paris, chez Mathieu Guillemot. . ., 1603. Ia-12.
(Notre bibliothèque.) — Le texte original est imprimé en regard de la
traduction.
2. Histoire des princes de Condé, II, 1885, pp. 268-278.
3. La femme de Virey, Jeanne Biot, d'abord confiée à la garde du grand
prévôt de l'hôtel, fut conduite à Chalon, chez son père, qui dut s'engager à
la représenter quand il en recevrait l'ordre. Son fils, Christophe, âgé de
neuf ans, fut confié à l'avocat Louis Dollé, ami de son père. (Notes ajoutées
par Virey au texte de son poème : éd. Halphen, pp. 72, 74.)
4. L' Enlèvement innocent, ou la Retraite clandestine de Mgr le Prince,
avec A/n"^ la Princesse, sa femme, hors de France. . . A M. Louis Dollé,
advocat excellent au parlement de Paris. — Voiage de Mgr le Prince de
Bruxelles à Milan.
Biblioth. nat., ms. Dupuy 73, fol. 35, 59.
UEnlèvement innocent, ou la Retraite clandestine de monseigneur le
Prince, avec madame la Princesse sa femme hors de France, 1609-1610.
Vers itinéraires et faits en chemin par Claude-Enoch Virey, secrétaire
audit seigneur . . . Publié d'après le manuscrit de la bibliotlièque natio-
nale par E. Halphen. A Paris, chez Aug. Aubry, 859. Pet. in-8.
M. Halphen n'a publié que la première partie.
5. Clandestina Fuga, sive Henrici Borhonii Condnei. . . cum uxore in
Belgium ac Insuhriam occulta Profeclio, Mediolani Commoratio^ ejusquein
Gallium r éditas.
Biblioth. nat., ms. Dupuy 73, fol. i.
Baptus innocuus, sive Henrici Borbonii Condaei, primarii sanguinis
regii Francorum principis, clandestina cum uxore Carola Margarita
Mommorantia in Belgium Fuga, et ex Belgio in Insuhriam per Germaniam
occulta Profeclio . . .
Biblioth. de l'Arsenal, ms. 1051 (ancien lat. 58), p. \.
6. Biblioth. nat., ms. Dupuy 72, fol. 36 (autographe).
332 LIX. — CLAUDE-ÉNOCH VIREY.
Sa femme composa, elle aussi, une Epislre d'Aminte à
Cloridon^ sur la retraille de Mgr le Prince, avec madame la
Princesse, sa femme, en Flandres'-.
Le 21 février 1610, Condé quitte secrètement Bruxelles pour
se rendre à Milan, en compagnie du fidèle Virey^ C'est encore
Virey qui suit le prince lorsque celui-ci apprenant la mort du
roi, s'échappe de Milan et reprend le chemin de Bruxelles
(9 juin 1610)\
Le 16 juillet 1610, le jeune prince est de retour à Paris.
Virey reprend tranquillement ses fonctions. Il paraît avoir
reçu alors de la cour, sans doute à titre de dédommagement,
certains avantages particuliers ^
Après l'arrestation de Condé au mois de septembre 1616,
Virey cherche un refuge à Chalon, sa ville natale®. L'année
suivante, il donne un pendant à L'Enlèvement innocent et
compose La Prison volontaire, ou V Entrée de madame la Prin-
cesse en la Bastille, poème imité en quelque endroict des vers
latins du sieur Bonne fons filz\ et aiigmenlé des deux tiers, sui-
vant l'histoire du temps^. Dès que la politique lui laisse
1. On a déjà vu (p. 329) que, ;i Padoue, Virey prenait le nom poétique
de Cloridon.
2. Biblioth. nat., nis. Dupuv 73, fol. 85; Bibliotli. de l'Arsenal, ms.
1051, p. 139.
3. Duc d'Aumale. Histoire des princes de Condé, 11, p. 304.
4. Ibid., II, pp. 345, 579.
5. Le ler novembre l(il4, Claude-Enoch Virey, conseiller et secrétaire
du roi, donne quittance de la somme de 750 I. à lui ordonnée par ledit
seigneur pour la pension qu'il plaît à S. ftl. lui doimer pendant le quartier
de juillet, aoijt et septembre de la présente année. (Biblioth. nat., ms. fr.
29513, dossier 67071, pièce 2.) Plus tard, alors qu'il est qualifié conseiller
et secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, du
collège des Soixante-Six, ses gages annuels ne son! plus que de 300 livres.
(Quittances du 26 décembre I6i9, du 16 janvier 1622, du 8 août 1636,
ibid., pièces 3, 4, 5.)
6. Duc d'Aumale, Hist. des Princes de Coudé, III, p. 95.
7. Ad illiislrissimum principeni Condaeuni, Uenricntii Borhoniunt,
Mnryarilae Carolae Moinorantiae fidissiinae et gcnerosstmue cunjugis,
illustris (jtrcer, authore .lo. Honrfonio, Ja. /ilio. Parisiis, ex tvpographia
J. Libert, 1619. In-iS. (Bihliolli. iiut., Yc. 10007.)
8. Biblioth. nat., ms. Dupuy 73, fol. 93 ; Biblioth. de l'Arsenal, ms,
1051, p. 149.
LIX. — CLAUDE-ÉNOCH VIREY. 333
quelque répit, Virey retourne dans sa chère province de
Bourgogne et se consacre à l'étude.
On a de lui une lettre adressée, de Chalon, le 9 février 1625,
à Nicolas Rigault, avocat au parlement de Paris, garde de la
Bibliothèque du roi '. Il avait consigné dans plusieurs ouvrages
les résultats de ses recherches. Il composa en manuscrit un
Commmlarium fidèle de Burgundiae imperio et une Description
du territoire de Chalon sur Saône, dont son fils, Christophe
Virey, conservait les manuscrits'-. Nous ignorons si ces manus-
crits existent encore ; mais nous pouvons citer une copie de la
Chronica renerandorum abbatum S. Benigni divionensis monas-
terii exécutée pour Virey^
Papillon cite plusieurs autres ouvrages de notre auteur : des
harangues adressées au roi, au cardinal de Richelieu, au ma-
réchal de Schomberg, au comte d'Harcourt et au garde des
sceaux Marillac, lorsque Louis XIII passa par Chalon au mois
de février 1629'' ; une harangue à Henri de Bourbon, gouver-
neur de Bourgogne. 1632 ; un Poème de la Virginité ; un
poème latin de Passione Clirisli, imprimé en tète de la Gallia
christiana de Robert ; Flammelte, ou Amours, poème imité
sans doute de l'italien ^
Cinq fois honoré des fonctions de maire de Chalon, il mou-
rut de la pierre, le 25 juillet 1636,. âgé de soixante ans. Ce
n'est pas un faible éloge pour lui que d'avoir pu être comparé,
même de loin, à l'immortel auteur de Don Quichotte^.
Le fils de Claude-Énoch, Christophe Virey, né vers 1601 , fut
maître des Comptes. 11 épousa Marie Saumaise, fille de Pierre
Saumaise de Chasans''.
1. Bibliolli. nat., ras. Dupuy 72, fol. 42.
2. Papillon, Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, 1745, p. 357 ;
Leiong, Bibliothèque historique, 111, n^s 35840, 35966.
3. Biblioth. de Lyon, ms. 196 (126), fol. 1-H4.
4. Mercure frnvçois. t. XV, 1630, pp. 91-98. 102-105.
5. Papillon. Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, 1745, in-fol.,
p. 356.
6. Duc d'Aumale, II, p. 267.
7. Papillon, p. 356.
LX
LE P. JEAN LE COMTE
L'ouvrage de Jean Bodin intitulé Universae Natiirae Tliea-
trum, qui fut imprimé par Jacques Roussin, à Lyon, en 1596,
est accompagné d'une approbation de frère Jean Le Comte,
augustin, en date du 12 février de cette même année. Ainsi
qu'on le verra par une mention relevée plus loin, ce religieux
était né en 1553. Nous savons qu'il était originaire de Seyssel,
en Savoie, et qu'il avait été reçu docteur en théologie à Paris' ;
mais nous n'avons guère de renseignements sur sa vie.
Il habita longtemps Lyon, puis passa en Italie. Il devint,
en effet, à une époque que nous ne pouvons préciser, confes-
seur de Christine de Lorraine, femme de Ferdinando de'
Medici, grand-duc de Toscane. Christine, née le 6 août 1565,
avait été mariée le 30 avril 1589 ; elle devint veuve le
47 février 1608, et mourut le 20 décembre 1636. Elle était
sans doute veuve quand le P. Le Comte lui dédia une Vie de
saint Fiacre, écrite en italien :
Descrittione delli miracoli e vita del gloriosissimo prencipe
S. Fiacrio, confessore et eremita dell'ordine di S. Benedetto,
1. Voici l'article consacré à notre auteur par Ossinger {Bibliotheca
augustiniana, 1768, in-fol., p. 251) « Cornes Joannes, nations Gallus,
patria Seyselliensis, vixit saeculo 17. S. theologiae doctor sorbonicus, vir
multarum literarum peritissimus, nec ulli tlieologorum secundo, Christinae
Lotliaringicae consiliarius theologicus exstitit et typis in lucem edidit :
Vitam S. Fiacri, Ordinis S. Benedicti, Florenliae, 1636. »
336 LX. — LE p. JEAN LE COMTE.
figlio di Eugenio quarto, re di Scotia ; divisa in tre iibri, dal
M. R. P. maestro Giovanni Cornes, del'ordine di S. Agostino,
dottore nella sacra Facoltà di Parigi, teologo et confessore
délia S"i« principessa Christina di Loreno, gran ducliessa di
Toscana.
Biblioth. de Lyon, m^. 218.
Cet ouvrage fut imprimé, non sans avoir subi quelques
remaniements, sous le titre suivant :
Vita, e Miracoli II Del Glorioso 11 Prencipe II San Fiacrio H
Figliuolo II di Eugenio IV. Il Re di Scozia, || Eremita delPordine
il di S. Benedetto il Raccolta dal molto Reu. P. Giouanni
Cornes 11 deirOrd. Erem. di S. Agostino Dott. nella Sacral!
Facoltà di Parigi, Teologo, e Confessore || délia Serenissima
Prencipessa. H Christiana di Loreno || Gran Duchessa || di Tos-
cana. Il Dedicata || A S. A. Serenissima. Il Con moite Osserua-
zioni Morali, e Concetti vtili allô stato II di qualsiuoglia Perso-
na. 11 In Fiorenza nella Stamperia di Pietro Nesli. 1036. Il Con
licenza de' Superiori. In-4 de 10 ff. lim. et 239 pp.
Les fï. 2 et 3 contiennent une épître à Christine de Lorraine ;
les fï. -J- 4 — i T- 3 v» sont occupés par une autre épître « Al
benigno lettore » ; aux fl. f-î- 3 v° — f f 5 on trouve : ua
madrigal italien du P. Giovanbatista Masi, « decano délia
badia di Fiorenza » ; quatre distiques latins de frère Gasparo
Palombello Corano, augustin; trois distiques de frère Gasparo
Blzzaccari, augustin ; deux sonnets italiens d'Alessandro
Adimari et de Baccio Bandinelli. — Au 10^ f. lim. est une figure
qui représente la grande-duchesse en prière devant saint
Fiacre. Cette figure est signée : Costnus Merlinus Bonon.^
aurif. mag. Duc. Etr., far.
A la fin du volume (pp. 2o7-2;jy) sont rapportées les appro-
bations de frère Filippo Visconli, Milanais, de l'ordre des
ermites de Saint-Augustin, régent du Saint-Esprit à Florence
(lî) janvier 163b) ; de Vincenzo Rabatta, vicaire de Florence
(18 février 1G36) ; de frère Clémente Egidio, inquisiteur géné-
ral de Florence (même date) et d'Alessandro Vetlori, auditeur
LX. — LE P. JEAN LE COMTE. 337
de s. A. s. (3 août 1636) ; de nouvelles approbations données,
après examen de certaines modifications apportées à l'ouvrage,
par Vincenzo Rabatta (17 novembre 1636) ; par Onorato Fal-
concini, prieur de l'abbaye de Florence, ordre de Saint-Benoît
(le'' décembre 1636) ; par Vincenzo Rabatta (5 décembre), et par
Alessandro Vetlori (même date).
Au v° du dernier f. se trouvent la marque de l'imprimeur,
le registre et le nom de Pietro Nesti, « all'insegna del Sole,
1636 ».
Biblioth. de l'Institut de France, T. 60. 4° (exemplaire d'É-
lienne Baluze). — British Muséum, 484. b. 12 (2).
Voici le début de l'épître dédicatoire :
« Madama serenissima, mia signora.
o Non è per mio credere cosa né più detestabile, né più
abominevole dell' ingratitudine, né più commendabile, né
più ammirabile d'un anime grato. lo perô, favorito da
Vostr' Altezza del titolo di suo attual servitore, e sopra
la mia condizione del continovo maggiormente obligato,
se non posso sodisfare al mio debito in segno nondimeno
di vera devozione, ardisco di rassegnare hora a Vostr'
Altezza il mio humilissimo ossequio ne' presenti miei
morali discorsi sopra la vita e miracoli d'un santissimo
monaco, la cui real nascita non discorda dalla grandezza e
meriti di Vostr' Altezza, e che per ragione di sangue visse
forse congiunto a' serenissimi signori duchi di Lorena. La
bonlà di Vostr' Altezza, conforme ail' integrità di esso, é le
preclarissime doti sue, non dissimili dagl' institut! innocen-
tissimi di lui, mi hanno anche invitato ad illustrarne la
stampa col suo serenissimo nome, massimamente perché
essendo quella ben avvenlurata e beala anima in paradiso
parlicolare protettore di Vostr' Altezza, conveniva che le ange-
liche sue operazioni si celebrassero in terra sotto la tutela
di lei stessa, il cui vivo esempio puô felicemente infiammare
il mondo alla loro imitazione. Riconosca nel resto Vostr'
Altezza i frutti del placidissimo ozio che nel suo benigno am-
paro mi è dato sotto questo clementissimo cielo mentre io
spero di dover esser tanlo più pregiato e creduto negli enco-
mii di Fiacrio, quanto con l'erezzione in honor suo d'un san-
II. - 22.
338 LX. — LE p. JEAN LE COMTE.
luosissimo altare in queslavenerabil chiesa nel noslroordine,
ne ha la religiosa pieià di VosLr' Allezza fin dalla Francia tra-
piantata et inserita già di lunga mano la venerazione et il
culto ne' cuori di questi popoli. Qui passo con silenzio lereali
lodi di Vostr' Altezza. . . »
Si l'on considère que le volume contient encore une appro-
bation datée du 5 décembre l*»:?*» et que Christine de Lor-
raine mourut le 20 décembre suivant, on pensera que le
P. Le Comte ne put présenter son livre à la grande-duchesse.
Le religieux, déjà plus quoctogénaire, repassa les monts et se
fixa sans doute à Lyon. Malgré son grand âge, il ne cessa pas
de travailler. Il consacra les dernières années de sa vie à la
compilation d'un traité historique dont nous possédons plu-
sieurs rédactions :
I. — Lucerna chronologica, qua Christi fidèles in Veteri et
Novo Testamento facile scrutari possunt alterius vitae purga-
torium, compacta per rev. patrem fratrem Joannem Comitem,
ordinis sancti Augustini, in aima Facultate Parisiens! sacra
laurea donatum, necnon l'oelicis memoriae SerenissimaeChris-
tianae a Lotharingia, magnae Etruriae ducissae, in sacris
confessionibus administram, contra haereticos cujuscumque
saeculi. Ms. in-4 sur papier de h25 lï.
Cet exemplaire est daté à la fin du 16 septembre 1613.
Biblioth. de Lyon, ms. GVIO.
Lucerna chronologica. . . Ms. in-i sur papier de ir>0 iï.
Biblioth. de Lyon, ms. G92.
Une troisième rédaction plus développée encore forme un
volume in-4 sur papier de 28:; IT. L'auteur nous apprend lui-
même qu'il le termina le 31 octobre 1660, à l'âge de 107 ans.
Biblioth. de Lyon, ms. G91.
LX. — LE P. JEAN LE COMTE. 339
Ici s'arrête ce que nous savons du P. Jean Le Comte. Nous
ne pensons pas qu'il ait dépassé l'année 1660. Il nous serait
difficile de trouver dans Tliistoire littéraire un autre exemple
d'une telle longévité.
LXI
PAUL ROMIEU
Voici un auteur, assurément peu lettré, qui, sans le savoir,
a voulu rendre à l'Italie une pièce que la France lui avait
empruntée. Le fait est curieux et, pour le mettre en lumière,
nous avons quelque peu dépassé les limites du xvp siècle.
Girolamo Morosini, sénateur de Venise, avait confié le com-
mandement d'un de ses navires, ÏAngelo San Raffaello, à un
capitaine marseillais, Ponson Sossin. A bord du même navire
naviguait, en qualité d'écrivain et de chirurgien, un jeune
homme originaire de Narbonne, Paul Romieu, qui n'avait,
certes, aucune parenté avec les Romieu du Vivarais. Celui-ci,
profitant de quelques loisirs, entreprit de faire connaître aux
comédiens italiens le théâtre de Pierre de Larivey.
Larivey, que Grosley prétend avoir eu pour père un Italien,
un Giunto, attiré à Troyes par les affaires de librairie ou de
banque, était né vers 1540. Six de ses comédies, toutes emprun-
tées à des originaux italiens, qu'il avait su transformer pour
les adapter au goût du public français, avaient paru en 1579.
Parmi ces pièces, Romieu en choisit une : Les Esprits, qu'il
traduisit en italien, par ordre, nous dit-il, de la seigneurie de
Venise, afin qu'elle pût être représentée par le capitaine
Flegetonte'.
i. Nous ignorons à quelle troupe appartenait ce capilan, moins connu
que Cordone (Giovanni Pelesino), Goccodriilo (Fabrizio de Fornaris), Matla-
moros (Silvio Fiorilio), Spaveiito tia VaU'hiferna (Francesco Aiulreini),
Riiioceronle (Girolamo Garavini) et Leonoiitronu Arcitronitonante.
342 LXI. — PAUL ROMIEU.
Les Esprits étaient une imitation assez libre de l'Aridosio de
Lorenzino de' Medici'. L'original avait été joué à Florence en
1536, lors du mariage du duc Alessandro, que Lorenzino devait
assassiner l'année suivante; sept éditions au moins, publiées
de 1548 à 1605, devaient l'avoir rendu populaire, et pourtant
il semble qu'il n'ait été reconnu ni par le traducteur, ni par
l'acteur auquel il dédiait son œuvre.
Voici le titre de la pièce dans le manuscrit qui nous est
parvenu :
La Comedia de ly Spirili, novamenle tradulla del francese in
lingua venetiana per comandamenlo de l'ilt^^'^ Seignoria di
Venetia, in favnre del capilan Flegetonle, comedianle ilaliano,
per Paulo Romiev, Francese, de Narbona en Linguadoqiie .
La langue écrite par Romieu est fort peu correcte, et son
orthographe est souvent plus française qu'italienne. On en
jugera par l'épître dédicatoire :
Al molto magnifîco seignor mio, il seig°'' Illeronimo Moresino
nella repubblica di Vcnelia senatore dignissimo.
« My seignor,
« Quelly que comensono dy exersitarsy ally delicii del
nolare aune per costume dy sy servire délie escorze del suvero
o(u) de quelque fascina dy giunchy per se sostenere et se
guardare dy non andare a fundo ; ancho my, que son toto
fresco al mestiero d'escrivere et que me desfido compitamente
délie mie proprie force, ay [^ho] judicato non potere elegere
appogio pieu fermo y pieu poteute qu'el vostro nomefamoso,
per donar credito et fare passar in fine a la posterità questa
mia traditione que jo vy offre con tule le sorte d'amore, bene-
volentia, y rispetto. Questo è un pezzo maino et dy bona fede ;
1. Larivey cite lui-môme, dans l'épîlre à François d'Amboise qui précède
le recueil di; 1570, les ailleurs des [)ièces qu'il a imitées : « Laureiis de
Medicis, perc du pape Liîom dixième, Fraiirois Grassiii [= Aiiloiifrancesco
Grazziiii], Vincent (Jabian, .Iherosme liazzi, Nicolas lionnepart, Loys Dolcc
et autres. » On voit qu'il confondait Lorenzino avec Lorenzo le Magnilique.
LXI. — PAUL ROMIEU. 343
ma cognoscendo qu'elle è assey mal polito et mal veslito à
l'iltaliana o lingua venitiana, et commo taie, essendo my
Francese, non sarà gi-adito da molti que lo legeranno, V. S. I.
sarà obligata de penderlo et prolegere contra tutti quelli mal-
dicente que non sonno que troppi fertile en questo seculo. El
ben que Vostra Seignoria me vole, essendo mi ofïîciale délia
vostra nave ditta el Angelo Santo Raphaël, altramente el ber-
ton Moresino, sotto il capitan Ponson Sossin dy Marsilia, per
escrivanno et chirurgico, m'a tanto datto dentre l'animo quel
me parescio essere ingrato sy per questa benevoleniia tanto
grande my non vy dedicasse questa mia opereta. Secondate
me adonque, M. S., nel desiderio et l'intentione que jo e en
questo mio deseigno que vy chiamo colla sicurtà del successo
délia mia versione la quelle jo dimostra en questo jorno alla
sorte et sul theatro de' diversi judicii délia Italia acio que,
seudo me fatta la protectionne delli vestri favori et délia vos-
tra universale repulattonne (sic), ella fâcha el muso a tutti ly
invidiosi que dal présente la voleranno annegare a renasci-
miento et impedire la vollia ardente dy quello que ly a dato
et la porto en tal modo que desidera viver et morire con questo
honore d'essere in eterno,
my seignor,
« In Venetia, eH" dy aousto a El vostro humilissimo et
1610. » obediente servitore. »
« ROMIEU. »
Voici maintenant quelques phrases de la traduction, que
nous plaçons en regard du texte de Larivey :
Prologue. Prologo.
« Que nostre aage se van le « Que s'y mostri moder-
tant qu'il luy plaira de l'esprit ni sy laudano tanto corne ly
et sçavoir de ses nourrissons. piacherà. . .
...parce que, d'acte eu acte, per que, de atte in atte,
la comédie vous le déclarera. la comedia vi lo dechiararà.
A Dieu je me recommande. » A Dio, jo my recomando. »
344
LX[. — PAUL ROMIEU.
Les Personnages .
Hilaire, vieillard.
Elizabet, sa femme.
Frontin, serviteur de Fortuné.
Urbain, amoureux.
Ruffin, maquereau.
Fortuné, amoureux.
Désiré, amoureux.
Severin, vieillard.
M. Josse, cordier.
Pasquelte, servante.
Gérard, vieillard.
ACTE PREMIER
Scène 1.
Hilaire, vieillard; Elizabet.
sa femme.
Hilaire.
« Ce que je dis est vray, et
vous asseure que la plu spart
des meurs et coustumes de
la jeunesse, soient bonnes ou
mauvaises, procedde de leurs
pares et mères, ou de ceux
qui en ont la charge.
Elizabet,
« Oy bien pour le regard
des pères et précepteurs, mais
non quant aux ineres, parce
qu'eslans femmes, elles ont
autant petite part en cecy
comme aux autres choses du
monde.
Quelly que recilaranno
la comedia.
Misser Bortolo, vecchio.
MadouaRachella, suamoglie.
Messetin, servitor dy Fulvio.
Ortenlio, amante.
Farina, ruhano.
Fulvio, amante.
Pantalone, vechio avaro.
M'"'' Isepo, niago.
Mespola, serva.
M'^^'' Jacomino, vechio.
ATTO I'^.
Scena I"^.
Bov.TOhO, vecchio ; Rachella,
sua mollie.
Bortolo.
« Quello que jo vi dico è
verissimo, et vy prometto que
la major parte de ly costume
et conditione de ly juvene,
sia que es'^er se voglia o boni
0 veramente cattivi, procede-
no o dalli patri o matri, o de
quello que dalori (?) che n'an-
no la carità.
Rachella.
« Seigoor, si, quanto quello
que toca a ly padre o mistri,
ma non per causa de ly inadre
l)erquè, essendo donne, elle
anno tanto poco d'aflar en este
cosse quanto nelli altre
negotii del mundo.
LXt. — PAUL ROMIIïU. :Î45
Voici le dernier couplet de la pièce :
Fortuné. Fulvio.
« Messieurs et dames, vous « Seignori, voy vedete quel
voyez que c'en est : on ne qu'è : che le noce non se po-
peut faire le festin à ce soir, deno far esta sera, perquè
pour ce que Laurence est Valeria sie a la villa, et la
encor au village, et mon raia Lelia è iiifantata. Per
Apoline en couche. Voilà questo jo vi prego aver noy
pourquoi je vous supplie per excusati, sia far seignale
nous excuser et faire signe si s^i la comedia vi a piachulo.
la comédie vous a pieu. A A Dio, jo mi recomando. »
Dieu, je me recommande. »
Fin. El Fine^.
Comme on le voit, la traduction est littérale. La seule chose
remarquable est la liste des personnages dont Romieu a dû
choisir les noms d'accord avec les comédiens.
La pièce de Larivey fut-elle alors représentée à Venise *? Il
serait intéressant de le savoir ; mais nous l'ignorons.
Romieu renonça trois ou quatre ans plus tard à la naviga-
tion. Nous savons par une communication obligeante de
M. J. Tissier, archiviste-bibliothécaire de Narbonne, que, le
22 septembre 1614, il fut admis à l'exercice de la profession
de chirurgien dans sa ville natale, par lettres de la chancellerie
du parlement de Toulouse du 5 septembre précédent-. Il faut
croire qu'il réussit à se créer une situation honorable, car, le
2 février 1641, il fut nommé sixième consul de Narbonne^ et
devint troisième consul en 1G42\ Les registres de l'état civil
ne font pas mention de son décès. Peut-être fut-il enlevé par
la peste en 1652.
1. Biblioth. municipale de Narbonne, ms. 209, in-4 sur papier de 85 ïï.
2. Arch. de Narbonne, BB 61, fol. (35.
3. Ibid., BB 20, fol. 150.
4. Ibid., BB 22, fol. o2G vo.
COUP D'ŒIL SUR LE XVir SIÈCLE
Nous sommes arrivé au terme ({ue nous avons assigné à
cette étude : nous nous arrêterons au seuil du xvii'' siècle. Ce
n'est pas que la langue italienne ait tout à coup cessé d'être en
honneur de ce côté des Alpes : tous ceux, au contraire, qui
tenaient une plume en France se faisaient un devoir d'étudier
la littérature de l'Italie ; mais la littérature espagnole ne
les passionnait pas moins et, peu à peu, cette dernière devint
prépondérante.
On peut citer, au xviF siècle, d'assez nombreux Français
qui, par goût ou par occasion, essayèrent d'écrire dans la
langue de Tasse et de Guarini. Sans avoir la prétention d'en
dresser une liste, nous indiquerons du moins ceux dont nous
avons retenu les noms au i)assage.
Nicolas-Claude Fabri, désigné depuis lôOi sous le nom de
Peiresc, qu'il devait rendre si célèbre, fait une partie de ses
études à Padoue. Il y arrive en 1599' et ne revient en France
qu'au mois de juin 1002-. Outre un grand nombre de lettres,
on a de lui de véritables dissertations rédigées en italien ^
Jérémie Groslot, sieur de L'Isle, que nous avons déjà cité
parmi les correspondants de frà Paolo Sarpi (1607-1018), écrit
d'abord en italien'*.
1. Lettres de Peiresc, VI, p. 6.
2. Epislres françoises à Mons'' J. .1. de La Scala, 1624, p. 84.
3. Voy. en parliculier le ras. de Garpeiitias n" 1809.
i. Voy. ci-dessus, p. 292, en note.
348 COUP d'ŒIL sur le XVllc SIÈCLE.
Jean Bernard de La Bafîarderie publie, probablement en
1612, une traduction italienne de ï Histoire de la mort déplo-
rable de Henry IIII, par Pierre Matthieu, traduction dont nous
n'avons eu sous les yeux qu'une réimpression de 1015'.
Jean-Claude Bracbet, professeur de belles-lettres à Vérone,
fait probablement i)araître diverses traductions du français ;
mais nous ne pouvons en citer qu'une seule, qui est datée
de 10-2 P.
Le rabbin Mardochée, né à Carpentras, vers 1580, se con-
vertit et se fait connaître sous le nom de Philippe d'Aquin. Il
traduit en italien des sentences et des paraboles hébraïques^
Son petit-fds est le premier médecin de Louis XLV.
Jean Germain, docteur en médecine, entre dans un couvent
1. Historia || dellii !\Iorle || (rileiii'ico quarto || Rè di Francia. || e di
Nauarra, || Per P. iMatlliieu Hisloriografo di Francia. || Trailotla di Fraiicese
iii Italiano da leau Bernard» || de la bafîarderie. || Aggiiiutoui di iiuoiio
viia Canzoïie del Caiialiei' iMarini, || in Morte di detto lié. || Al Molfllliistr.
e Molto Ileiier. Sig. Fraiicesco Trioiili. || In Moïkna, & in Macerala, \\
AppressQ Pictro Saluioni, MDCVX [sicj.|jJf/ Inslamia di Francesco
Manolessn. || Coiilicenzade'Superiori. — [A la fui. | lu Macerata . \\Appresso
Pielro Saluioni, MDGXV. || (Ion liceiiza de' Superiori. I11-8 de 4 ff.,
133 pp. et 1 f.
L'épître dédicatoire, datée du 25 juillet 1G!5, est signée de Francesco
ftlanolesso.
Biblioth. munie, de Francfort-sur-Mein, Ital. 61.
On peut se demander si Jean Bernard de La Batïarderie ne se confond
pas avec un Jean Bernard, Français, qui est cité comme juriste à l'univer-
sité de Padoue le 5 avril 159i (Arcli. univ., reg. LIV, fol. 323).
2. Relatione || di setlanla Ciltà, || Forlezze, Borghi, e Gastelli. || Clie
Ludouico XIH. Be di Franza || lia prese contra li Vgonoti del suo Beame.
Il Con la jiresa di Clerac alli 4. d'Agosto. Doue alcuni de' più seditiosi
furono appiccati || con il lor Prcdicanle. || Et con li Capitoli accordati à
quelli délia Vil- || la di S. (îiou;inni d'Angeiino. || Tradolta dal Franccsc da
Gio. Cilaudi» Brascietti, professore j] di lielle leltere in quesla Cilla. Ij 7«
Verona, Per Barlolomeo Mcrlo^ 1(321. Iu-8 dr 4 lï.
Bildiotii. nal., Lh="^. 377(1.
3. Sentenze et Paraliole d'i Baldiini in lingua ehrea, esposite con lu tra-
dotione italianadi Pliilippo d'Aipiin. Parif/i. Hahcrlo Slefani), 1620. in-I2.
Bihliotli. nat., liés. A. 7712. — CL iîeiiouani, Annules des Ksliennc,
2° éd., p. 204.
Sur Philippe d'Aiinin, voy. C -F.-ll. Barjavel, Dictionnaire liistorique,
biofjraphique et bibliographique du département de Vaucluse^ I, p. 81.
COUP d'œil sur le xvii« siècle. 349
de Naples et publie dans celte ville plusieurs ouvrages de
médecine \
Claude-Gaspard Bachet, seigneur de Méziriac, Tun des pre-
miers membres de l'Académie française, est l'auteur de Rime
imprimées en 1626-.
Claude Favre, seigneur de Vaugelas, n'est pas seulement le
puriste par excellence de la littérature française : à l'exemple
de son compatriote Bacliet de Méziriac, il cultive aussi les
muses italiennes ^
1. Brève e sustantiale ïratlato iiitorno aile figure anatomiche delli più
prinripali animali lerrestri, aqiiatili et volalili. cou la simpalia et convenienza
clie lianiio o in parle o in tiilto cou il corpo luimano. Composlo da Fr. Gio.
Gerinaiio. . . In Napoli, per D. Miiccaraiio, 1G25. In-fol.
Bililioth. nat., Ta". 2. — Brilish Muséum, 548. k. 8 (1).
Discorsi délia coiiservatione délia vista, délie iiialallie melanconiche, delli
calarri, délia veccliiaia, composti in liiittua francese dal Sig. Andréa Lorenzo,
nieiiico fisico de! Clirisl"'" Herrico 111, re di Francia, tradotli in lingua
italiana e commentati da Fr. Gio. Germano, Francese, inedico chirurgo, et
al jiresenle religioso dell'ordine di San Francesco di Paola, In Napoli, per
Lazzaro Scorigio. 1626. In-4..
Bibliotli. nat. Td»*. 64. — Noire liibliollièque.
Jean Ce
imprimée
duile en italien par M. Corlellini en 1674.
2. Les Rime sont un volume d'une grande rareté ; en voici la descrip-
tion :
Rime || di |1 Claudio Gasparo || Baclieto, Signor || di Méziriac. || In Borgo
in Bi'essa, \\ Appresso Gioanni Tainluricro. \\ M. DC. XXVI. F*et. iii-8
de 55 pp.
Le titre porte les armes de Bacliel : de sable à un triangle d'or, au cbef
d'iizur chargé de trois étoiles d'or. Ces armes sont une des marques de
rimprimeiir Jean de Tournes ; elles se voient sur le titre de : Les Fables et
la vie d'Esope, 1549. Bacliet avait dû les adopter quand il étudiait Ésope,
en même temps que la devise : Nescit lahi virltis.
Le recueil contient des sonnets et des ranzoni. (Bibliotb. nat., Yc. 9917;
— Brilish Muséum, 1A05. d (2) ; — librairie Lortic, 6 avril 1898.)
Bachet, né le 9 octobre 1581, était entré eu 1601 chez les Jésuites, et
il avait professé la rhétorique à Milan. Il sortit bientôt de l'ordre. 11 mourut
le 26 février 1638.
3. Pellisson [Relation contenant l'histoire de V Académie française,
1653, in-8, p. 403 ; éd. de 1730, I, p. 235) dit en parlant de Méziriac :
« Il passa en sa jeunesse beaucoup de temps à Paris et à Home, et en ce
dernier lieu il fit quantité de vers italiens, à l'envy avec M, de Vaugelas,
îermain est, en outre, l'auteur de L« Quintessence de la chirurgie,
! à Lyon en 1630, in-8, et à Paris, eu 1638 et 1640, iii-8, tra-
350 COUP d'œil sur le xvii« siècle.
Guillaume-Alexandre Clavel , sieur de Novilliers, étudie à
Padoue quand il entreprend, vers 1025, une série de traduc-
tions italiennes d'ouvrages étrangers. Il donne d'abord au
public des fragments de l'Histoire de France de Pierre Matthieu
qu'il ne nous a pas été possible de retrouver', puis il s'attache
aux Novelas exemplarcs de Miguel de Cervantes ^ 11 publie
enfin une sorte de dictionnaire italien, français et espagnol,
daté de 1629^
qui s'y trouvoit aussi. » Ailleurs (t'il. de i653, p. 4-92; éd. de 1730, I,
p. 296», le même auteur <lil encore : « QiiaiU à la poésie, il avoit fait
()iielques vers italiens qu'on eslimoit beaucoup ; mais il ne se luêloit point
d'en faire en françois, si ce n'estoit sur le champ pour quelque galanterie. ))
1. Clavel dit lui-raêini\ au début de l'avis au leclenr qui précède le
Novelliere casligliano : « Nelle tradottioni clie grultimi due anni passati io
feci d'uue parte àdVHistoria di Fvancia del Mattei, ti promisi, ecc. »
2. Ce volume est porté, sous la date de 1620, dans le Catalogue du
Bristish Muséum (12490. li ) ; mais nous n'avons vu que l'édition suivante
dont nous possédons nous-même un exemplaire :
Il I] iXouelliere || Castigliauo |1 di iMicliiel di Cernantes || Saauedra ; || Nel
(]uale, mescolandosi Io stile grane co'l faceto, si narrauo 1| auuenimenli curiosi,
casi strani, e successi degni || d'amniiratione : || E si dà ad ogiii sorte di
persona occasione d'appreudere jj e precelti l'olilici, e documcnti Morali, e
foncetti || Scientificlii, e fruttnosi : |1 Tradotto dalla lingua Spaguuola iiell'
llaliauall Dal Sig. Guglielnio Alessandro || de Nouilieri, Clauelli : jj E da lui
fattiui gli Argomenti, e dicliiarate nelli margiiii || le cose più difficili. ||
In Venetia ''Pressa il Barezzi. MUCXXIX' [1629]. || Con Licenza de'
Superiori, & Priuilcgio. Iu-8 de 8 if. lini. et 720 pp.
Les lî. qui suivent le titre contienneni une épître «. AH' illuslrissimo
siguore, il sigiior Hem'ico Raiis terzù, sigiior di Platleu e di Craniclifeld,
Gerau, SclileUz e Lolienstein, e dignissimo cousigliere dell'inclita Nation
alemana nella celeberrima università di Padoa ■>•' ; un avis au lecteur ; un
sonnet de Guglieimo Soliier, Flamengo ; un sonnet de Paolo Emilio Cada-
inosto ; une Tavola de ;/li ar(/omenti .
3. Nomcndatnra || It'aliana, || Francese jj e jj S|iagnuola, || Cou i tèrmini
proprij di ciascun Capitolo. jj .Xomeuclature || llalieinie, Françoise jj et Espa-
gnole. || Auec, les terme^ propres de chacun Chapitre, jj De Guillaume
Alexandre jj de Nouiliers, || Clauel. jj Nonienclatura || Italiana, Francesa, j|
y Espanola. jj Con los tèrminos proprios de cada Capitulo || Cou licenza
de' Superiori, & Priuilegio jj /« Vniclin, MUC.XXiX [\Û^9\. \\Appresso
burezzo Barezzi. \\ Ad^islaitza delV Aittore. In-8 de 8 IT. lim el4H pp .
I.e f. qui suit le titre contient une épître « AU' illustrissimo sig et
padrone niio colendiss., il sig. Fcrdinando de Geizcofler, barone di
iiausheim. »
Les G autres if. lim. sont occupés par des avis au lecteur dans les trois
langues, la table et le texte du privilège. Le jjrivilège, daté du 16 déccm-
COUP D'ŒIL sur le XVlie SIÈCLE. 351
Guillaume Sohier, Flamand, qui étudie à Padoueen même
temps que Guillaume-Alexandre Çlavel, compose pour son
livre un sonnet italien qui est imprimé en tète du Novelliere
casligliano, que nous venons de citer.
Le P. L. Reydellet, docteur en théologie et es droits, con-
seiller et aumônier du roi, suit à Venise l'ambassadeur de
France, M. Des Hameaux ; il y publie en 1645 un petit livre
de dévotion probablement introuvable^
Joseph-Marie Suarès, né le 5 janvier 1599 à Avignon,
évêqup de Vaison le 8 juin 1633, prêche parfois en italien.
On cite notamment de lui des sermons sur Péglise de Lorette^
Il meurt à Rome le 7 décembre 1677.
Raphaël Trichet du Fresne, numismate et bibliophile bor-
delais, publie en 1651 le Traltato délia pilltira de Leonardo
da Vinci et y joint une vie de l'artiste.
François-Séraphin Régnier des Marais, membre de l'Acadé-
mie française, excelle dans la poésie lyrique italienne et com-
pose même des vers espagnols ^
bre 1628, est accordé par le doge de Venise, pour quinze ans, a « D.
Gu!j;lielmo Alessandro de' Novilieri Clavelli, Francese. «
Biblioth. nat., X. 9664.
1. Affetuosi II Sentimenti di deuolioiie |i cauali \\ Da varie Considerationi
Il Formate Sopra alcuni Misterij || délia Naliuilà, e Passions di || Nostro
Redentore. jj Dalla Santa Communione, e || Confessione, e da qualche ver- 1|
setti del Regio Salmista. || Porlati in quesl'Idioma || Dal P. Maestro L R.
D. T. in L. Cane. & C. del jj S. G. D. S. P. || In Venetia, Per i Bertani,
M. DG. XLV. Il Con Licrnza de' Superiori. lti-24 de 144 p.
Le traducteur dédie le volume à l'ambassadrice et dit qu'elle est l'auteur
du texte français. (Biblioth. nat., Inv. D. 50 4.55.)
Le même P. Heydellet a laissé une version italienne inédite et fort défec-
tueuse de\'Historia, overo Cronica del Sir/'' Godiffredo di VUla-Hardouin
mareciale di Ciampagna ecc, exécutée sur l'édition française de Lyon,
par les héritiers de Guillaume Roville, 1601. (Biblioth. de rArseual.'ms.
8543.)
Les Reydellet avaient des attaches dans le Bourbonnais, dans la Bresse
et dans la Savoie.
2. Barjavel, Dictionnaire du département de Vaucluse, II, p. 429.
3. Eu 1666, Régnier des Marais compose une canzone que l'abbé
Strozzi présente au public comme une œuvre inconnue de Pétrarque. Plus
tard, il publie Le Poésie d'Anacreonle in verso toscano (1693 et 1695,
in-8), et sa traduction a l'honneur d'être réunie en 1736 aux versions de
332 COUP d'œil sur le xvii" siècle.
Gilles Ménage manie la langue italienne comme un classique.
Ses Rime (1050), et ses Origini délia lingua Ualiana sont trop
connues pour que nous ayons besoin de nous y arrêter.
Le P. Pierre d'Abbeville, capucin, traduit en italien et fait
imprimer à Piome, en 1065, le Vocabulaire turc dressé par le
P. Bernard de Paris'.
M"'^ de Surdy traduit les lettres de Voiture-.
Casimir Frescliot, d'abord bénédictin au Mont-Cassin, se
fait protestant, il est obligé de cbercber un refuge en Hollande.
Ses ouvrages italiens, qui appartiennent à la première partie
de sa vie littéraire, sont assez nombreux^
Jean Vigneron, de Verdun, qui enseigne Tilalien à Paris,
cbange son nom en celui de Veneroni, et se fait passer pour
Florentine
C.-C. Guyonnet de Vertron, qui est, croyons-nous, profes-
seur d'espagnol et d'italien comme Mayolas de La Gravelte,
B. Corsiiii, d'Alessandro MarcliPtti et d'autres auteurs. Kii 1700, il rime
un compliment espagnol : Al rhristianissimo rci/ Luis XIIII. en agradeci-
mento de aver declarado el duqtie de Anjou por rey de Espagna. Eu 1700,
il fait imprimer ses Poésie toscane, ses Poesias castelUinas et sesCarmiyia
latina. 11 laisse iiiéilitc une traduction italienne des Quatrains de Pibrac.
1. Vocabulario italiano-turciiesco compilalo dal P. Beruardo da Parigi,
Predicatore Capuccino, .Missionario Aposlolico ne! Levante, tradotti dal
Francese nelF Italiauo dal P. Pietro d'Alibavilla, Capuccino. In Borna,
Conqregationc de propaganda fîde, 16(35. 3 vol. in-i.
B'ibliotli. nat., X. 2301-2303.
2. Baccolta di Leitere galanti di Vetturio, tradotte nella lingua italiona
da madamigella de Surdg iPariggi, Slef. Loysun, 1069. in-12).
3. .Nous pouvons citer : des vers insérés dans les Glorie funebri, rompo-
sitioni in morte di S. E. il sig. Datista Nani^ cav. c procurator di San
Marco (Venezia. Poleiti, 1679, in-12) ; Li Prcgi délia jSoliillà veneta. . .
(Venezia, PoleUi, 1682, in-12)), réimprimés sons le titre de : La Nobiltà
veneta... (Veiu'zia, Hertz, 1707, iii-12i ; 1 Successi dclla fede nell'
Inghilterra... (Bologna, 1685. 1687, in-12); Rislretto delV historia
d'Uiigtirria . . . (Bologna, 1686, in-12) ; Meniorie historiche e gengrafiche
delln hahnazia. . . (Bologna, Giac. Monli, 1687. in-12 ; Napoli, Parrnio e
Mazj. 1688, in-12); Via^ggi di M. Spnn, purtati dal franzese (1688);
Origine, Proijressi c liuina del Calvinismo nella Francia . . . (Parma,
1693, in-4). "
4. Né vers 1648, mort en juin 1708. Voy. Jal, Dictionnaire crit.,
2« éd., p. 1242.
COUP d'œil sur le xvii« siècle. 353
compose en italien un éloge de Louis XIV, qui se trouve dans
un recueil de pièces adressées au roi et au dauphin vers 1680'.
Le poète Antoine de La Fosse, sieur d'Aubigny, qui remplit
en Italie les fonctions de secrétaire d'ambassade, y compose
d'élégants petits vers.
C'est encore au xviF siècle qu'appartient vraisemblablement
Honorius Fabert, auteur d'une pièce de théâtre mentionnée
par Allacci et dont nous ignorons la date précise ^
Nous pourrions continuer cette énumération et citer nombre
de Français italianisants au xviif siècle, et même au xix".
Sans doute, il n'en est guère parmi eux qui aient eu des pré-
tentions littéraires ; mais ils cultivaient avec plaisir ces rela-
tions amicales qui devraient permettre aux deux peuples de se
servir réciproquement de leurs langues et d'échanger leurs
idées, pour le plus grand profit de la civilisation.
1. Bibliolh. nat., mss. fr. 890 et 891.
2. Ercole vero, opéra teatrale tli Onorio Fabert Fraacese. In Parigi.
S. d., in-8.
Allacci, Drammaturgia, 1755, col. 298.
23.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Tome P', p. 21 , n. 1 . — Ajouter : M. Segrè (La PoliUca sabauda
con Francia e Spagna dal J5I5 al 1533, extrait des Memorie
délia reale Accademia di Torino, 1900) cite, pp. 10-13,
plusieurs lettres de l'évêque de Marseille au duc de Savoie,
dont une très caractéristique du 19 août 1519, dans laquelle,
au lendemain de l'élection de Charles-Quint, il lui conseille
de sallier aussitôt et franchement avec l'empereur. (V.-L.
Bourrilly.)
P. 59, n. 1. — M. V.-L. Bourrilly nous apprend que Jacques
Colin avait fait un séjour en Lombardie à la fin de 1521 et
avait même été envoyé à Venise par Lautrec, dont il était
le secrétaire.
Dans une lettre du 14 avril 1530, Colin cite ce proverbe ita-
lien : Chi non pô battere il cavallo, batte la sella.
P. 67, n. 2. — M. V.-L. Bourrilly pense que Bicovera est
peut-être Mi'*^ de Réaumur qui figure sur les états de la
maison de Marguerite d'Angoulême. Voy. Lefranc et Bou-
lenger, Comptes de Louise de Savoie et de Marguerite d'An-
goulême, pp. 58, 67, 81.
P. 77, n. 2. — Le même érudit propose encore une identifi-
cation pour Charlotte d'Hisca. Il croit qu'on pourrait y
reconnaître Charlotte d'Esquetot, qui épousa en 1542,
Charles de Cossé, comte de Brissac, plus tard maréchal de
France.
3S6 ADDITIONS ET CORRECTIONS.
P. 81. — Nicolas Raince dit dans une lettre au chancelier Du
Bourg en date du 2 novembre 1535 qu'il y a dix-neuf ans
qu'il est au service de la France, ce qui ferait remonter son
entrée en fonctions à 1516 environ. Raince devait être à
Rome dès l'année 1521, car les lettres d'Alberto Pio, comte
de Carpi, paraissent bien être de la main du secrétaire.
(V.-L. Bourrilly.)
P. 82, 1. 17, lisez : Alberto Pio, etc., 1525-1527.
P. 83, ajoutez après la ligne 6 : Balthazar de Jarente, prési-
dent de la chambre des Comptes de Provence, remplit une
mission à Ronic en 1528 ; il y était encore au début de 1529.
(V.-L. Bourrilly.)
P. 96, 1. 8 : Jean Du Bellay quitta Rome le 28 ouïe 29 février 1536.
(V.-L. Bourrilly, d'après Segrè.
Pp. 98-99. — M. Bourrilly a solidement établi que la lettre du
cardinal de Tournon au chancelier est du mois d'août 1537»
et que Fossanus est Barnabe de Voré, seigneur de La Fosse.
Voy. Revue des études rabelaisiennes, IV (1906), pp. 103-126.
P. 101, 1. 2. - D'après une lettre de Martin Du Bellay à Jean,
lettre dont la copie présente plus de garanties d'exactitude
que celle du testament, Rabelais aurait reçu du cardinal
150 I. t., et non 50. (V.-L. Bourrilly, Guillaume Du Bellay,
seigneur de Lavgey, 1905, p. 366 n.)
P. 115, ajouter après la l. 28 : Denis Lambin qui vivait auprès
de Tournon comme lecteur et comme secrétaire, nous a
laissé, dans une très curieuse correspondance qui s'étend
. du mois d'août 1552 à la fin de l'année 1554, les détails les
plus circonstanciés sur la vie du cardinal. Il nous apprend
qu'il y avait alors dans sa maison plusieurs Italiens : le Bolo-
nais Giovanni Bianchetti, qui, au mois de septembre 1553,
quitta la France pour retourner au-delà des Alpes (voy.
Lettres de Catherine de Médias, X, p. 10), le philosophe flo-
rentin Donato Giannotti, qui mourut à Rome le 27 décem-
bre 1573 (voy. Bivista critica délia litleratura italiana, I,
ADDITIONS ET CORRECTIONS. 357
1884, col. 90) et sur qui l'on peut consulter des études de
M. Charles Tassin (Paris, Cli. Doniol, 1869, in-8) et de
M. Giuseppe Sanesi (Pistoia, Bracali, 1899, in-8), enfin le
médecin Vincenzo Laureo, qui se livrait avec Lambin et
Giannotti à des discussions métaphysiques. (Voy. Biblioth.
nat., ms. lat. 8647, et les très intéressants articles de
M. Henri Potez dans la Revue d'histoire lilléraire, XIII, 1906,
pp. 458-498. 6o8-692.1
P. 118, n. 2, 1. 17 : 20 juillet, lire : 26 juillet.
P. 122, 1. 5, lire: pour suivre Jean Du Bellay en Italie.
P. 161 , n. 1, 2'' alinéa, lire : Au xvi« siècle, on relève les noms
d'Estienne Guilleret, Lorrain, qui possède des presses à
Rome de 1506 à 1526, au moins ; de Jean Divineur, etc.
P. 162, note, 1. 21, lire: Cristofano Marescotti et les héritiers
de ce dernier; de Pierre Du Chemin, qui imprime à Venise
en 1570; d'Antoine Lafréry, Bourguignon, qui imprime et
publie des gravures à Rome de 1570 à 1572 au moins, etc.
P. 252, 1. 5, ajouter : Non seulement Monluc paraît avoir été
attaché à l'ambassade de France, mais, chose inconnue
jusqu'ici, il fut alors chargé d'un cours de théologie à la
Sapienza de Rome. On lit, en effet, sur un rôle des profes-
seurs chargés de l'enseignement par le pape Paul III pour
l'année 1535, rôle que M. Léon Dorez a bien voulu nous
signaler :
Iii iheologia.
A 60. Magister Joannes Jacobus, procurator ordinis sancti
Augustin!.
A 60. Magister Carolus Pynelius, ordinis praedicatorum.
A 60. Magister Joannes Monlucius, Gallus.
(Voy. le P. Pietro Tacchi dans VArchivio délia R. Socielà
romana di Storia patria, XXIV, 1901, pp. 264-265.)
358 ADDITIONS ET CORRECTIONS.
P. 276, 1. 16, ajouter: Nicolas Bourbon, de Veiideuvre, lui
dédie aussi un distique {Nicolai Borbonii Vandoperani
Nugarum Libri oclo, ir>38, p. 405).
P. 291. — Le sonnet : Super bi colli, etc., n'est pas de Du
Bellay ; il appartient à Baldassar Castiglione, et l'on en
trouve le texte complet et correct dans le Libro secundo délie
Rime di diversi nobitissimi hiiomini et eccelentipoeti (Venetia,
Gabriel Giolito de' Ferrari, 1547, in-8). Voy. A. Morel-Fatio,
dans la Revue d'histoire litléraire, I (1894), p. 98.
Le sonnet adressé au cardinal de Lorraine avait paru
d'abord dans l'édition originale de V Entreprise du Roy Dau-
phin pour le tournoij, sous le nom des chevaliers adventureux ;
à la Royne et aux dames (A Paris, De l'iniprinierie de Fede-
ric Morel, 4559, in-4), fol. Di r (Biblioth. nat., Rés. Ye.
413 et 414).
Tome II, p. 180. — Ajouter à la noie I : On trouve dans un
manuscrit de la Bibliothèque de l'Institut (n» 292, fol. 24 et
36) deux lettres de Germain Audebert à Scévole de Sainte-
Marthe élégamment transcrites en calligraphie par Nicolas.
TABLE ALPHABÉTIQUE GÉNÉRALE
N. B. — Les noms italiens sont classés d'après la méthode
française.
Abain (L. Chastaigoer de La Roche-
pozay, sieur d'). Voy. Chastaigner.
Actes du Concile de Trente, II, 296.
Accolti (Beroai-do), Aretino, I, 213.
Achey (Jeanne -Baptiste de Peloux,
dame d'), II. 2i5.
Adda, ri\r., I, 5.
Adhémar de Monteil (Louis d') , comte
de Grignan, 1, 83, 85, 86, 229 n.
Adieux {les) des dames de la court,
I, 107.
Adiraari (Alessandro), II, 336.
Aeraiiius (Georg Oemler, dit). Voy.
Oemler.
Agnadel, I, 11.
Agrippa (Henri-Corneille), I, 54 n.
Aillo (William), 11, 271, 279.
Aix en Savoie : collégiale, I, 19 n.
Aix (Claude d'), I, 3. Voy. Seyssel
(Claude de).
Aizot, II, 229.
Alamanni (Gio. Battista), II, 8.
Alamanni (Luigi), 1, 41, 42, 44,
59 n., 60, 163, 167, 207.
Albanès (J.-H.), 1, 11 n.
Albano (Faolo), de Milan, II, 271.
Albèri (Eugcnio), 1, 43 n.
Albert, archiduc d'Autriche, II, 277.
Alberli (Frà L'^andro), II, 163.
Alberti (Léon Battista). 1, 103, 123.
Albizzi (Carlo dpgli), dit le chevalier
d'AI bisse, I, 230 n.
Albizzi (Sibilla degli). Il, 14.
Albon (Antoine d'), II, 6.
Alciato (Andréa). I, 106, 191, 195,
213 ; — II, 153.
AIdrovandi (Ulisse), II. 164.
Aleandro (Girolamo), II, 166 n.
Alessandrino (Giacomo Filippo), II,
180 n.
(N.), impr. à Paris, I,
Alexandre
247.
Alincourt
(Charle
(M.
de).
d'). Voy. Neufville
Alloviti (Bernardo), II, 14 n.
Altovili ((leneviève), II, 14 n.
Altoviti (Isabelle), II, 14 n.
Altoviti (Jeanne), II, 14 n.
Altoviti (Sibilla Albizzi), II, 14.
Amadis de Gaule, I, 305, 306.
Araaseo (Pompilio). II, 164.
Amaseo (Romolo), II, 153.
Amboise (Famille d'), I, 3.
Amboise (François d'), I, 249; — II,
60, 83, 151, 3'i2 n.
Amboise (Georges, cardinal d'), I,
4, 5, 9 n., 10 n., 14 n.
Amboise (Jacques d'), évêque de
Clermont, I, 28 n.
Amboise (Michel d'), I, 236.
Ambrogio, serviteur de Pietro Areti-
no. \oy. Eusebi (Ambrogio).
Ambrogio (Teseo), comte d'Albonise,
I, 314.
Amyot (Jacques), I, 68, 75-76, 2:38 ;
— 11, 117.
Amirault (Moïse), II, 250 n.
Araraonius, I, 119.
Amours [les] de Cupidon et de
Psyché', I, 334.
Amomo, n" III, t. I, pp. 53-77.
Anacréon, II, 351 n.
360
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Ancelin (Michel), II, 239.
Ancelin (Thibaud), impr. à Lj'on, II,
189, 195 n.
Ancona CAIessandro d'), II, 203.
ADdigné~(Mathurin d'), I, 102.
Andini (Mario degli), II, 28.
AndorDO (Bernardo d'), II, 271.
Andouins (Paul, seigneur d'), II, 9 n.
Andréas (Johann), iibr. à Nuremberg;,
II, 276.
Andreini (Francesco), II, .341 n.
Angela Beirocchi, courlisaue véni-
tienne, II, 50, 61.
Angelica, courtisane vénitienne (?\
II, 61.
Angelio (Pietro) da Barga, 11, 105.
Anglure (Hector d'), archidiacre de
Marseille, I, 12.
Angot (l'abbé), II, 215 n.
Anjou (François de Valois, duc
d'Aleucon, puis d"), II, 99, 187.
Anne Boleyn, I, 237.
Anne de Bretagne, I, 10 n.
Anne Jagellon, I, 267.
Annebault (Jacques d'), cardinal, I,
93.
Annebaut (Jean d'), H, 309.
Annebaut (Mndeleine d'), II, 82.
Anticaton, II, 19S.
Antinori (Luigi), II, 97.
Antoine (Saint), figure en émail, I,
153.
Antoine (Mathieu d'), I, 323 n.
Antonio, entremetteur vénitien, II,
51.
Antonio de Portugal, II. 103.
Anzalone (Ernesto), I, 90 n.
Appieu, I, 8.
Apulée, I, 3.38.
Aquin (Mardochée, dit Philippe d'),
II, 348.
Aragona (Tullia d'), I, 113.
Aramon (Gabriel de Luetz, baron d",,
I, 229. 317. 328 ; — 11, 129.
Arbois, II, 242.
Arenthon (Marius d'), I, 24.
Aretino (Pietro), I, 58 n., 134-159,
16i n., 174, 221 n., 240, 259,
294 n., .322 n., 329-334; — 11,
- 1, 62, 263. p6( 'Wf^-
^ Ariosto (Lodovico), 1,^56, 103, 203,
( 204, 207. 208, 210, 216, 218, 220,
302 ; — II, 28, 54. 189, 190.
Aristole, II, 123, 232.
Arlier (Antoine), I, 97 n., 125.
Armagnac (Georges d'), cardinal, I,
44, 46, 112, 116 n., 269; — 11,
20 D.
C
Arnoul, évêque de Montpellier, II
152
Arques (Claire d'), II, 181.
.\rrighi (Niccolô), II, 128 n.
Asselineau (Pierre), II, 113.
Astarac (Madeleine d'). II. 9 n.
Ath, en Hainaut, II, 269, 279.
Aubais (M's d'), II, .39.
Aubigné (Théodore-A grippa d'), I,
324.
Aubigny (Sluart d'), II, 161.
Aubry (Jean), impr. à Francfort-sur-
M., II, 122 n.
Auch (Collège d'), 1, 108.
Audebert (Germain), II, 150, 153-
158, 358.
Audebert (Nicolas), n» XL. t. II,
pp.153-180.358. — Cf. 1I,1.")0, 151.
Audry, 11, 240.
Auffray (Mathurine), 11. 215.
AufTray (Nicolas), 11. 215.
Aulx (Pierre d'), I, 228.
Aumale (Henri d'Orléans, duc d'),
II, 325, 332.
Ausone, II, 84.
Ausoult (Jean), impr. ù Lvon, II,
2 43.
Auton (Jean d'). Chroniques, I, 4 n.
Avanson (Guillaume d'), cardinal, I,
269.
Avaugour (Madeleine d'), 11, 9.
Avignon, 1, 168 ; — II, 2, 33, 34, 46.
Âvila y Zûniga (Luis de), II, 19 n.
Avost (Jean d'), II, 215.
AvosT (Jerô.me d'), n" XLVII, t. II,
pp. 215-222.
Avviso piacevole dato alla bella
Ilalia, I, 365.
Bacbet( Claude-Gaspard) deMéziriac,
II, 349.
Baciuelti (Lucio), H, 72.
Bacquenois (N.), impr. à Reims, I,
248.
Bade (Josse), d'Aesche, impr. à Paris,
I, S n., 10 n., 19 n, 28 n.
Bagnolo (Giovanni da), 11, 25 n.
Baguenault de Puchesse, 1, 240 n.
Baïf (Jean-Antoine de), 1, 73, 22i,
300, 307; — H, 142 n., 151.
Bail I y (Claude), I. 226.
Baissey (Chrestienne de), dite M"" de
Saillant, II, .59, 60.
Baissey (Jean de), 1, 13.
Balbani (Manfredo), I, 360 n.
Bàle, 1, 318, 323.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
361
Ballard (Robert), impr. à Paris, II,
205.
Baluze (É(ienne), I. 76.
Bandello (Matteo), I, 41 ; — II, 91,92.
Bandinelli (Baccio), II, 336.
Bandini (Frà Beruardo), II, 271.
Banos (Théophile de), II, 109.
Barbaro (Ermolao), II, 157.
Barbazan (Calliprine de). Il, 10 n.
Barbé (Jean), libr. à Paris, I, 10 n.
Barbedor (Barthélémy), U, 97.
Barberousse, I, 228, 252.
Barbier (SYmphorien), iinpr. à Lyon,
I, 129. ^
Bardin (Estienne), II. 4 n.
Bardin (Françoise), II, 4, 5 n.
Barenton. I, 813.
Barezzi (Barezzo), impr. à Venise, II,
350 n.
Bargaeus (.\ngelius). Voy, Angelio
(Pielro).
Bargellini (Paolo), II, 163.
Barillon (Antoine de), 1, 265 n.
Barjavel (C.-F.-H.;, IK 33 n., 43 n.,
318 n., 351 n.
Barjot (André), I. 118.
Barlet (Désiré), II, 235.
Barnestaple (Robert), pseudon., II,
26Ù.
Baronio (Cesare), II, 291.
Barraud Jean de), II. 218.
Barré (Antoine) musicien et impr., 1,
162 n.
Barril (Jean), I. 120, 178
Barthélémy (Éd. de), 281 n.
Barlholin, II. 60.
Bartoli (Giuseppe), II, 203
Bartoli (RalTaéllo di Gio. Batt.), II,
14 n.
Basa (Dominiro) on Basi, libr. à
Rome, II, 275. 278.
Biisère (Frère Martin-, II, 272.
Basile (saint) le Grand, II. 51.
Bàthori (Sigisraond), II, 323 n.
Baudrier (le président I.), I, 121 n.,
183
Baudrier (Julien), I, 100 n.. 121 n.
163, 183; — H, 5 n., 21 n.
Baumgartner (Christoph ?). I, 323.
Beaquis (Girolamo de), I, 146 n.
Beauchesue (Jean de) II, 128 n.
Beaufort (André), impr., I, 161 n.
Beaulieu (Eustorg de), 1, 236.
Beaumont (la comtesse de), II, 139 n .
Beaumont (le duc de), nom donné ù
Henri IV enfant, I, 239 n.
Beaune {Claude de), dame du Gau-
gnier, II, 10 n.
Beanregard (de), secrétaire des finan-
ces, I. 281 n.
Beauvais (François de), sieur de
Briquemault, 11, 98.
Bt^cq de Fciuquières (L), I, 289 n.
Behou (Jean), II, 271.
Beynes (le commandeur de), I. 230 n.
Bellarraino (Roberto). II, 290, 291.
Belleau (Remy), I, 73.
Belleforest (François de), n° XXXIII,
t. II, pp. 89-93,' 241-244.
Belliard (Guillaume), H, 188.
Bellièvre (Pomponne de), chancelier,
I, 376.
Bellini (Francesco), I, 63.
Bellosane, abbave. I, 238.
Belon (Pierre), I, 317.
Bembo (Pietro), I, 18, 56, 205, 208,
298; — U, 16, 54. 157.
René (le chevalier del), 1, 2.30.
Benedetti 'Niccol)ô. on de Bene-
dictis, impr., à Turin, I, 19 n,
162.
Benedicti (Frère Jean). Il, 232.
Bentivoglio (Ercole), 1,215; — II,
28.
Benvoglienti (Fabio), 1, 92 n.
Berardi (Giovanni), I, 15.
Bérauld (Nicolas), [. 23 n.
Bergalli (Luisa), I. 47.
Berjon (Jacques), impr. à Genève, I,
361.
Bernard (le P.) de Paris, U, 352.
Bernard (Jean), II. 348 n.
Bernard (Jean) de La BalTarderie, II,
348.
Bernardin (le P.), jésuile, II, 162.
Berne, 1, 9, 23,
Bernier (Pierre), II, 303 n.
Bernoni (Domenico), I, 280.
Béroaide (François) de Verville, II,
220.
Bérot (Laurent), impr., I, 161 n.
Berruyer (Jean), impr.. I, 162 n.
Bertani (I), impr. à Venise, II, 351 n.
Berthal (Françoise), I. 166.
Bertherean (Nicolas), I, 59.
Berthier, II, 174.
Berthot (Claude), I, 318.
Berzevicki (Martin), I, 223.
Besancon, I, 318.
Besse\P.), II, 239.
Belhamo (Fausto), impr. à Venise,
II, 205 n.
Bethléem, II, 275.
Beus (Domenico di), dit Pontizet, I,
110.
Bezançon (N.), II, 151.
362
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Bèze (Théodore de), 1,351-353, 35 in ,
357 n., 374.
Bianchplti (Giovaimi), II, 356.
Biaunay, II, 328.
Biclion (Guillaume), impr. à Paris,
II, 237.
Bienné (Jean), llbr. à Pans, II, 85,
146 11.
Bigot (r.uillaume), I, 96 n., 98, 100.
Billon (François de), I, 86, 262 n.; —
II, 9 n.,' 10 n., 11 Q., 13 n,,
15 n.
BiodoDi (Francesco) et Maffeo Pasini,
impr. à Venise, I, 36.
Binet (Claude), II, 150, 151.
Biot (Jeanne), II. 331 n.
Birague (Flaminio de), II, 223, 225.
Birague (Françoise de), marquise de
Nesle, II, 227.
Birasue (Renalo da Birago, ou de),
I, '76 ; — II, 139, 224
Birckraann (les héritiers d'Arnold),
libr. à Cologne, I, 131, 132.
Biron (Jean de Gontuut, baron de),
I, 268 n.
Biscarton (Thomas), II, 234.
Biset (Edouard), I, 354.
Bissey (l'abbé), II, 65 n.
Bizzaccari (Fià Gasparo), II, 336.
Bizzarro iPietro), I, 215, 216.
Blado (Antonio), impr. à Fiome, I,
278 ; - II, 71.
Blanc (Antoine), impr., I, 162 n.
Blanc de Seguin (Marguerite), H,
201 n.
Blanchi (Guillaume), I, 282 n.
hianchon ,Joachim), II, 8i, 226.
Blaseul (Jacqueline de), II, 181.
Blason de la mort, I, 123.
Blason du la grâce, I, 236.
Blason de l'esprit, 1, 235.
Blason de l'honneur^ I, 235.
Blason des cheveulx, I. 123.
Blason du genoil. 1, 235.
Blason du pitd, I, 235.
Blasons anatomiques, I, 123. 236.
Blégier (C'e) de La Salle, II, 33 u.
Blois, I, 6
Boaisluau (Pierre) dit Launay, I, 283.
Boccaccio (Giovanni), 1,41, 201, 204,
212, 257, 366; — II, 7, 11, 16,
91, 105.
Boccamaza (Giov.-Angelo), I, 29i n.
Bodin (Jean), H, 3-35.
Bodmers (Joli. Jak.), impr. à Zilrich,
I. 377.
Bohier (Uabeau) ou Boylier ('?), II,
5 n.
Boil'^au (Gilles), de Bouillon, 1,
305 n. ; — II, 19 n.
BoiLEAu (Si.MO.N), no X.X.X, t. I[, pp.
67-70.
Boisy (Hélène de), I, 65.
Boissard (Jenn-Jacques), I, 370 n.
BOYSSIÈRES (Jea.\ DE), D" XLII, t II,
pp. 187-19J. — Cf. II, 193,
318 n.
Boyssonné (Jeau de). I, 98, 1(30. 125.
Boylier (Isabeau), ou Bohier Cl), II,
5 n.
Boyvin (René), grav., I, 244 n.
Bollo (Frère Pierre de), II, 198, 299,
300.
Bologne, I, 5. 329, 331, 334, .335,
337, 345, 349 ; — II, 153, 162,
166 n., 194.
Bomberg (Daniel), I, 317.
Bonfons (Nicolas), impr. à Paris, II,
52 n., 216.
Bonfons (Pierre), impr. à Paris, I, 9 n.
Bongars (Jacques), II, 289.
Bonhomme (Barthélémy), impr. à
AvignoD, 11, 44.
Bonhomme (Jean), libr. à Paris, 1,
178.
Bonhomme (Macé), impr. à Lvon, L,
192, 195 ; — II, 259.
Bonhomme (Mathias), libr. à Lyon, 1,
178.
Bonyer (Nicolas), II, 55.
Bonitazio (Natale), graveur. II, 272,
275.
Bonnefoy (Jean), 11, 150.
Bonnefoy (Saloraou ben Ferez),
imp., I, 161 n.
Bonnefoy (Yomtob ben Perez). impr.,
I, 16rn.
Bonnefon (Paul), I, 238 n. ; II, 204.
Boniiefons (Jean), II, 152, 318 n.,
332 n.
Bonnerier (François), sieur du Pies-
sis, II, 225, 235.
Bonsi (Giuliano), II, 28.
Bonteraps, vicaire du cardinal de
Médicis, I, 168.
Bonvalet (François), II, 111 n.
Bonvoisin Catherine), II, 5 u.
Bordeaux, II, 81.
Bordeau.x (Jean de). II, 172.
Bord- aux (Jean de^, libr. à Paris,
II, 59 n., 83,
Bordoni (Camillo), II, 16.3.
Borgaro (Francesco di), I, 24.
Borgetto (Giuvenale), I, 367.
Borghese (Bartolommeo), II, 290 n.
Borromaeus (P.), Il, 143 n.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
363
Borzano (Giulio),lI, 164.
Bossuet (Jacques-Béaisne), II, 213.
Bouclier (Nicolas), I, 247.
Bûuguier (J.), 11, 239.
BoLiilhal (Jean dp) ou Buglliat, irapr.
à Ferrare, I, 37, 38, 162 n.
Bouilhart (Dom Jacques), I, 2S n.
Boulaogier (Marguerite), I, 328, 3i9.
Bouleoger (Jacques), 1, 276 it.
Bouquet (Claude), libr. à Avignon,
1!, 44.
Bourbon (Anne, duchesse de) I,
120 n.
Bourbon (Charles, cardinal de), 1,218.
Bourbon (Charles, duc et conné-
table de), I, 91.
Bourbon (Charles de), cardinal de
Vendôme, 11, 237.
Bourbon (Madeleine de), I, 64.
Bourbon (Margu»^rite de), duchesse
de Nevers, 1, 64 n.
Bourbon (Marie de), fille de Charles,
duc de Vendôme, I, 64 n.
Bourbon (Nicolas) de Vendeuvre, I,
125 ; — II, 358.
Bourbon (Suzanne de). I. 120 n.
Bourdeille (Anne <ie), I, 67.
Bourdiu (Gilles), II, 83.
Bourg (Àlarguerile de), dame de
Gage, femme dWnloiiie Bullioud,
I. 177, 201, 205, 214 ; — II, 12,
13, 16.
Bourges, II, 19 n , 105, 117, 194.
Bourges (Clémence de). II, 13.
Bourges (Louis de) dit Burgensis,
II, 10 n.
Bourgogne (« Ricevera >< de), I, 67;
— Il, 355.
Bourgoing (le P. François), II, 213.
Bourgoing (Guillaume), II, 209.
Bounooi.NG (.Iacques), sieur de Pois-
sons, n" XLVI, t. Il, pp. 209-214.
Bourgoing (Marie). 11, 209 n.
Bourrilly (V.-L), 11, SoS, 356.
Bouteilles, II, 161.
Bouyer (M.), II, 150.
Bozzola (Gio-Batt.), libr.. I, 248.
Bracciolini (Francesco). H, 33U.
Brach (Pierre de), I, 249; — II, 141.
Brachet (.\ntoine), II. 166 n.
Brachet (Catherine), II, 166 n.
Brachet (Charles), II, 16tj u.
Brachet (Ignace), II, 166 n.
Brachet (Jean), seigneur de Port-
Morand. Il, 166 n.
Brachet (Jean-Claude), II, 348.
Brachet (Théophile), sieur de La
Millelicre, II, 166 n.
Brais (Denise de), I, 326.
Branche (Dominique de). II, 14 n.
Brantôme '^Pierre de Bourdeilles,
seigneur de), I. 67, 68, 226.
Brème (Jean de), 1, 19 n.
Bressuire (Jeanne de Brosse, femme
de René de Laval, seigneur de),
I, 65.
Breton (François), II, 235.
Breton ^Richard), impr. à Paris, 1,
284 n. ; — II, 45.
Bretonnayau (T.), II, 240.
Brever (Lucas), libr. à Paris, II,
226 n.
Bry (Théodore de), I. 370 n.
Bricard (Pierrr), no LVIII, t. II, pp.
315-324. — Cf. II, 326, 327, 329.
Brice (Germain), I, 106.
Brve (Charlotte de La Roche .Andrv,
dite M"'^ de), I, 76.
Brièle, II, 185.
Briroy (Nicolas de). II, 184.
Brilannicus (Nicolausl, Campanus, I,
276.
Brisse (S.), U, 239.
Briltonio (Niccolù), I, 276.
Brodeau (Victor), I, 236.
Broio (Carlo), II, 162.
Brucioli (Antonio), I, 115, 118 n.,
190. 192, 198 ; — II, 20 n.
Bruel (Alex.), I, 283 n.
Brularl (Noël), I, 84, u. ; — 11,297.
BruiDeu (Thomas), libr. à Paris, II,
46.
Brun (Pierre) de Vercel, il, 198.
Bruni (Leonardo), dit Aretino, I, 10.
Brunot (Fernand), I, 10. n.
Brusquet. Voy. Lombard (Jean-
Antoine).
Buchanan (George), I, 374.
Buccio ^Pietro). II, 323 n.
Buchon (J. A. C), II, 203.
Buglhat (Giovanni de), impr. à Fer-
rare. Voy. Bouilhat.
Bugnyon (Philibert), II. 164 n.
Bulin (Guillaume), I, 243 n.
Bullandre (Simon de), II, 233, 239.
Bullioud (Alexandre), II, 195.
Bullioud (Antoine), I, 201; — II,
13 n.
Bunel (Pierre), I, 326.
Buon (Gabriel), libr. à Paris, I,
328 u. ; — II, 145.
Buonaccorsi (.\nlonio), II, 262.
Buonaccorsi (Giovanni), II, 88.
Buonaccorsi (Giuliano), II, 88.
Buonaccorsi (Sebastiano), de Pistoia,
II, 85, 87.
364
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Buonaccorso da Pisloia, II, 87.
Buonamico (Lazzaro), H. 155.
BuonaparLe (Niccolo), II, 342 n.
Buoncompagni (B.. prince), I, 33.
Buoni:ompajîni (Jacopo), duca di
Sora. II, 133.
Buoncompagni {U};o), plus tard Gré-
goire XIII. II, 153.
Burckhard (Joiiann), I, 4, 5 n.
Buriamacclii (Vliciieie), I, 360.
Burlamacclii (Renée), I. 360 n.
Buson (Jean-Claude;, II, 328.
Butéon (Jean), I, 115.
Buttet (Claude de), I, 73 ; — 11,
162 n.
Cacciaguerra iBonpisnor), II, 91.
Cadamoslo (Paolo Emilio), II, 350 n.
Caillât (J.), II, 204.
Calandrini (Filippo), I, 319.
Calcagnini (Celio), II. 155.
Calers, abbaye, I, 238, 241.
Calvarin (Simon), irapr. à Paris, II,
55 n.
Calvimont (C), II. 85.
Calvin (Jean), I, 68, ITJ, 351.
Cambi (Pietro), I, 110.
Cambi Imporlnni (Alfonso), I, 214 ;
— II, 23,
Cambiano (Ciuseppe), II, 71, 77.
Cambis (Margu^nte de), baronne
d'Aigreiiiout, 11, 12.
Cambis (Pierre de), II, 12 n.
Cambrai (Ligue de), I. 9.
Camille lia (La), II, 260.
Camillo (Giulio) Delmiuio, 1, 62, 207,
214 ; — II, 220.
Camppsano (Alessandro), I, 215.
Caoay3 (Jacques), II. 115, 118.
Canaye (Jean), I, 326, 358; — 11,
115, 116 n., 118.
Canaye (Philippe 1*0, H, 115, 116.
CaNAVE (PiIIMPPE), SIEUH DK Fres^nk,
no XXXVl, t.ll, pp. 115-125.-Cf.
I. .^57, 371, .372; — II, lOi. 150,
291.
Canaye (Pierre), II, 115, 116 n.
Canaye (Séverin), II, 115.
Caudale (Aune de), comtesse de Foix,
fiancée de Vladislas de Hongrie,
1, 4.
Candido (Pietro), I, 8.
Cannes, appelée Canois, I, 228.
Canomèlre, I, 310 u.
Canossa (Ludovico), 1. I n.
Canlarel 'Joseph), H, 3(J0.
Canliqiœ des caiiliquec, I. 24 4.
Cantiques de la bible, I, 243.
Capello (Carlo), I, 257 n.
Cnpello (.Vlarco), II, 2yl.
Caphevres? (Gabriel), médecin, I,
101.
Capodilista (Sigismoudo), 11, 330.
Capodivacca (C). 11, 322.
Capodivacca (Giulio), H, 322 n.
Cappel (Jacques), II. 296.
Caponago (Ambrogio da), libr. à
Milan, I, 4 n.
Capponi (Luigi), I, 264.
Caraccioli (Antonio), 1, 244 n.
Caraiïa (,Gio. -Pietro), cardinal, plus
tard pape sous le nom de Paul IV,
1, 269.
Carani (Leiio), II, 216.
Cardoini (Mario). 1, 215.
Cardonne (Jean de), II, 140.
Carducci (tSaldassarrej, I, 257 n.
Carie (François de), sieur de La Ro-
quette, I, 235.
Carie (Jean 1er Je). I. 235.
Carie (Jean H de), I, 244 n.
Carle (LaiNCelot de), d» XIV, t. II,
pp. 235-249. — Cf. I, 74.
Carie (Pierre de). 1, 235.
Carlos (Don), prince d'Espagne, I,
215 ; — 11. 27 n.. 29.
Caro (Annibal), I, 94 n.
Carpentras, II, 43.
Carpin (Pierre), II, 277.
Caria (Frère Estienne), 11, .300.
Cartari (Vincenzo), 11, 196.
Cartier (Alfred), 1, 126 n., 163, 165,
174, 179 n. ; - 11, 3.
Carutti (Doraenico), 1, 21 n.
Casaubon (Isaac), 11, 124.
Caselis (de), U, 201.
Caslellane ((îaspard de), seigneur
d'Entrecasteau.x. plus tard comte
de Grignan, 1, 229.
Casteinau (Antoine de), évéque de
Tarbes, 1, 236.
Castejvetro (Lodovico), II, 21-26.
Castiglione (Baldessar), I, 59 u.
198.213; — 11, 11. 189, 358.
Castillon (Louis de Perreau, seigneur
de). Voy. Perreau.
Càteau-Canibrésis (Trail(î de), I, 309.
Calechis)nn (il), n Dollrinale e
Confession de fcde spagnuola, 1,
367.
Catherine de Bourbon, duchesse de
Bar, 1, ,370.
Catherine de Médicis, 1, 158, 174,
191, 199, 208,222, 224, 225 243 n.,
TABLE ALPHABETIQUIÎ GENERALE.
36j
2f)8 n. ; — II. 4, 14 n., 97 n.,
103, 158.211, 212, 22'i.
Calon (le) et Diogene français,
II, 297.
Calo?i [le) frcmçois, II, 293, 297.
Catto (Angelo), 1, 89.
Gato (Reiuito), II, 15n.
Gaule (Ange de). II, 116 n.
Caumont (François Nompar de),
comte dp Lauzun, I. 76.
C^vaceo (GiovaoDi), II, 322 n.
Cavalcante (Barlolominen), 1, 257.
Gavalli (Sigismondo). I, 229.
Cavellat (Denise), ïibr. à Paris, I,
311 n.
Gavellat (Guillaume), libr. à Paris,
[, 298 n., 309, 310, 311 n.
Cavour (Abbaye de N -D. de), 1,
80.
Cazalis (Bernard de), seigneur de
Fraiche. II, 201 n.
Gazalis (Bertrand de), seigneur de
Fraiche, II, 201 n.
Cenami (Ângela Spada), II, 28.
Geri (Renzo da), I, 79.
Cérisoles, I, 258.
Cervantes Saavedid (Miguel de), II,
350.
Cesano (Bartol.), impr. à Pesaro, l,
262 n.
Ghabodie (David), II, 84.
Chabot (Isabeau), I, 65.
Chabot (Françoise de Longwy. fem-
me de l'amiral Philippe), I, 65.
Chalcidius, I, 58.
Chalon-sur-Saône, II, 49, 325, 332,
333.
Ghamard (Henri), I, 289 n.
Ghambéry, t, 12 n.. 98, 100.
Chambon (P.) de Golz, II. 141.
Ghampaigne .lean), 1, 283.
Champaigne iJeanue). I, 283, 284.
Ghampier (Jean), I, lOS.
Ghan... (J. de), II, 257.
Ghanlatte (Marguerite). I, 94 n.
Ghansans (P. de), II. 306 n.
Ghanteloup (Anne d'Estouteville, dite
M"e de), II, 10.
Chapelain (Jean), II, 55 n.
Ghappe (Robert A. dei, II, 117 n.
Ghappelain, II, 51, 55.
Ghappuys (Claude), 1. 2.36, 334.
Ghappuis (Gabriel), I, 273; — II,
91, 188, 197.
Ghappuis (Jean), médecin, II, 242 n.
Charles VUI, I, 3 ; — II. 1.
Charles IX, I, 248, .324 ; — II, 82,
140.
Charles-Quint, 1, 7, 96 n. ; — II,
355.
Charles, duc de Lorraine. I, 242.
Charles, duc de Savoie, I, 21-23.
Charpentier (Michel), II, 116.
Charrier (Guillaume), seigneur de La
l^ochelle. II. 5 n.
Cluirtier, II, 255, 2.56.
(Ihassincourt, II, 101.
Ghastaigner (Louis) de La Rochepo-
zay, sieur d'Abain, II, 173.
Ghastellier fJean de), 11,227.
Chastellier (Renée dei, II, 227.
(Château-Thierry, I, 33.
Chaudron (Jeanne), II, 181.
Chaufepié, I, 313 n.
Chauldière (Regnault), libr. à Paris,
I, 20 n., 22 n., 23 n.
(''.haulnes (Jean de), seigneur de
Bures, II. 328.
Chavigny (Jean-Aimé de), II, 23i,
235
Clielubim-Khan, I, 228.
Chemin (Denis), II, 137.
Chenevière (Adolphe), I, 174 ; —
11,3.
(Chesneau (Jean), I, 329.
Chesneau Nicolas), libr. à Paris, II,
65 n., 225.
Chevalier (Anne\ II, 294 n.
Chevalier (L.), II, .306 n.
Chevalier (Pierre), libr. à Paris, II,
297.
Chevillot (Pierre), impr. à Paris, II,
217, 2.33.
Chevillot (Pierre), impr. à Troyes,I,
137 n.
Ghevrot (Ancely), II, 5 n.
(Chioult (Jacques), I, 187.
(Jhivron (François de), I, 81 n.
Choart (Paul), sieur de Buzanvai, II,
102, 289.
Choisnin (Jean), 1, 266, 267.^
Chnuet (Jacques), impr. à Genève,
II, 124 n.
Chrestien (Florent), II, 150.
Christine de Lorraine, grande-
duchesse de Toscane, II, 335, 338.
Christophe, prince de Portugal, II,
1(36.
(!]ibo (Inoocenzo), cardinal, I, 22.
Gicéron, I, 259 : — II. 184, 246.
Ciûucci (Giac(imo), I, 268 n.
Cinqarbres (Jean de), II, 250.
Cipelli (Gio. Batt ), dit Egnazio, II,
157.
Cipriano (Carlo), l, 367,
Cittadella (Andréa), II, 316, 322.
366
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Ciltadella (Famille), II, ^16.
Claude de France, I, 7, 8, 118.
Claudia, I, 55 n.
Claudin (A.). I, 314 n.
Clavel (Guillaume-Alexandre), sieur
de Novilliers, II, 350.
Glaverio (Frà Giacomo), II, 323 n.
Clément VII, I. 168, 169.
Clément VIII. II. 227
Clément (L.), II, 145 n.
Clément (Madeleine). II, 145.
Clément-Simon, I, 67, 68; — II,
187, 144.
Clerguet (S), de Chalon, II, 3n6 n.
Clermont (Charlotte de), dite M"*' de
Montigny, 11, 9
Clermont ('Claude-Catherine de), Ji,
309.
Clermont (François de), seigneur de
Traves, I, 66.
Cloyseault (le P.\ 11,213, 310 n.
Cloquemin (Abraiiam), libr. à Lvon,
II, 199.
Cloridone (::= Claude-Enoch Virey),
II. 329, 332.
Clouzier (Gervais), libr. à Paris, II,
172.
Coccodrillo (CapitanoU II, 3il n.
Coignel (Mathieu). II, 117.
Colet (Claude), 1, 305. 307.
Colin (Jacques), abbé de Saint-Ara-
broise, I, 10 n., 59 ; — II, 355.
Colines (Simon de), impr. à Paris,
I, 53.
Collas (Gaucher), impr. à Blois, 11,
152 n.
Collaud ';Claude), I, 186.
Collège d'Auch, I, 108.
Collège de Bourgogne, à Paris, II,
229.
Collège de Pompadour à Paris, I, 75.
Collège Saint-Gervais, à Paris, I,
.324.
Collège de Tournon, I, 108.
Colleoni (Cassandra di Bartolom-
meo), I. 64 n.
ColleH,et (Guillaume), I, 295, 304.
Colloci (Aogelo), I, 168 n.
Colnmbel (Robert), libr. à Paris, II,
217.
Colombs (.\bbaye de), I. 85 n.
CoIomiès(Arnauhl pt .Jacques), impr.
à Toulouse, II, 137 n.
Colomiès (Jacques), impr. à Tou-
louse, II, 140 n.
Colomiès (Paul), I, 325 n.
Colomiès (Haymond), impr, à Tou-
louse, II, 144.
Coionna (Francesco). I, 163.
Colonna (Stefano), I, 88.
Coionna (Vittoria). marquise de Pes-
cara, I, 42-46, 48. 206.
Com:irin, II, 56 n., 57 n.
Combi (Pierre), II, 5 n.
Comborn (de), II, 137.
Combraglia (Arnaldo), I, 102.
Commines 'Philippe de), II. 88-90.
Commendoni (Gio Francesco), cardi-
nal, I, 268.
Commolet (le P.), I, 337.
Compans (Marie). II, 19 n.
Condé (Henri de Bourbon, prince de),
II, 331, 332, 3.33.
Condé (Marguerite de Montmorency,
princesse de), II, 331 n.
Condom, II. 137, 1.38. 139.
Constantin (Antoine), libr. à Lyon,
I, 9 n.
Constantin (Jacquette de), I, 235.
Con>lanliDople, I, 228, 259, 329,
349; - II, 119.
Conlay (Françoise de), II, 9 n.
Contai'eno (Gasparo), II, 157.
Contens (les), comédie, II, 118,
152.
Contnt (Biaise), II. 55 n.
Conlet (Frère François), II, 55 n,
Contet (Jean), II, 55 n.
Contf't (Pierre), II. 55 n.
Conti (Foea de'), II, 323.
Conli (Lorenzo), I, 90 n.
Conti (Luca de'). H, .323.
Coqueley (Jean), I, 286 n.
Coqueley i Lazare), I, 276, 285, 286;
- Il, 65.
Coquille (Guy), II, 297.
('.oral (Esljpnnt'), impr., I, 161 n.
Corbinelli (Jacopo), 1, 317 n., .323 n.,
357 n.
Corbon (Jean), libr. à Paris, 1,
317 n.
Cordier (Balthasar), I, 16J n.
Coidone (Capitano), II, 341 n,
Coreis (Jean de), prévôt de Marseille,
I, 11 n.
Cornu (Pasquier), II, 162.
Correggio (Claudio da), impr. à
Venise, II, 205 n.
Correggio (Leonora da), I, 6i.
Correggio (Niccolo da), I, 6i n.
Corrozet (Gilles), libr. à Paris, I,
11 n.;12n., 297 n.
Corsanico (Gio. Balt.), II, 4 n.
Corsini (B.), II, .352 n.
Cortellini (M), Il .349 n.
Corti (Matteo), II, 154.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
367
Corvini (AnlODio), II, 252, 256.
Corvioi (Malteo), II, 249, 250.
Cosavecchia (Francesco), II, 31G.
Cosnac (Clément, baron de), II, 217.
Cosne, If, 161.
Cossé (Charles de), comte de Brissac,
H, 355.
Cossé (Tiraoléon de), comte de Bris-
sac, II, 82, 241.
Costantini (Baldasar di), libr. à
Venise, I. 315 n.
Costé (Augustin), II, 151.
Costeo (Luca). II. 163.
CoTEREAU (Jean-Pierre), n» LV, t. II,
pp. 299-301.
Cottereau (Claude), I, 98.
Couronneau (Denis), I, 318.
Conronneau (Jean), 1,106.
Courtecuisse (Jean), I, 9.
Courthardy (Pierre de), I, 5.
Courtin (Jacques) de Cissé, II, 151.
Cousard (Jeanne), T, 325 n.
Cousinot (Philibert), I, 91 n.
Coussord (CI.), I, 23 n.
Couture (Léonce), II. 137. 144.
Coux (Antoine de), II, 139, 144.
Coyecque (Ernest), I, 10 n. ; — II,
115 n-, 181, 185.
Crasso, Vénitien, II. 291.
Crasso (Jacopo) -jzr Le Gras, I, 178.
Crespin (Antoine de), I, 237 n.
Crespin (Jean), I, 164 n.
Crèvecœur (Louise de), II, 10 n,
Cristobal de Madrid, II. 46.
Croy (Charles de), I, 64 n.
Croy (Diane de), I, 178.
Crov (Philippe de), duc d'Arschot,
I,"6i n.
Crorawell (Thomas), I, 135 n.
Cron (Madeleine), I, 327.
Croquet (Jean), échevin de Paris, I,
350 n.
Croquet (Nicole I"), I, 350, 35i.
Croquet (Nicole II), I. 350 n.
Crusso! (Galliot de), II, 11 n.
Crussol (Guillaume de), II, 141.
Cujas (Jacques), II, 194.
Cumula, milliard, I, 38.
Cunyer (Philippe), I, 328, 349.
Cunilz, I, 353 n.
Ctipido et Psyché, I, 338.
Cursol. Voy. Crussol.
Curtembù, ou mieux Curlenbosch, II,
256.
Cuvier (Jacques), II, 115 n.
Daffis (François), \, 316.
Dal Borgo (Andréa), I, 13.
Dalebranc (Galyot), II, 14 a.
Dalondel (.Marguerite Hamelin, veuve
de Martin), I, 283.
Dal Sole (Alessandro), I, 39.
Dal Sole (Camillo), I, 39.
Dal Sole (Gio. Francesco). Voy. Du
Soleil.
Dampierre, I, 294 n.
Darapierre (Jean de), II, 156.
Dampmartin (P.), II, 143 n.
Dandane (?) (Bernardo), II, 271.
Dandini (Girolamo), I. 243.
Dandoio (Marco), I, 18 n.
Dandolo (Matteo), I, 43.
Danps (Pierre), I, 67, 108 ; — II,
20 n.
Danesi (Domenico), II, 271, 273, 274.
Danet (Louis), grav., II, 133.
Danfrie (Philippe), impr. à Paris, I,
281, 283, 284 ; — II, 45. 51 n.
Daniel (Pierre), I, 351, .352 n. ; —
11, 159.
Dante, 1. 41, 171, 195-197, 218,
219, 317 n., 366 ; — IL 21, 24.
Da Ponte (Niccolô), II, 179,
Dardier (Charles), I, 327 n.
De Coninck (Arnaud), impr. à An-
vers, II, 276.
Deffeiise du Traicié du delict com-
mun, etc., Il, •:^06 n.
Dehuchino (Pietro) ;= de Huchin,
impr., 1, 162 n.
Dei, trésorier du card. de Tournon,
1, 110, 230.
Dei (Anne), I, 230 n.
Dei (Carlo), I, 230 n.
Dei (Maria Albizzi de'), I, 189.
Dei (Piero), I, 230 n.
Dei (le protonolaire), I, 230 n.
Deim (Jacques), ou Demius, IL 273,
277.
De Keysere (Martin), ou L'Empereur,
impr. à Anvers, I, 12 n.
Delas (Léger), libr. à Paris, II, 317 n.
Delbayne (François) = Del Bene ? I,
2, 1, 192.
Del Bene (Piero?), II, 101.
Del Bene (Tommaso), I, 102.
Del Branca (Galeotto), II, 14 n.
Del Carrelo (Paolo), I, 93 n.
Délia Casa (Giovanni), I, 109, 240 n.,
258, 260, 261 n., 294 n. : — II, 91.
Délia Cornia (Ascanio), I, 262,
Délia Chiesa (Franc. Ag.), I, 81.
Délia Palla (Gio. Balt.\ I, 43 n.,
US n.
368
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Délia Rota (FrancescoV H, 162.
Dellii Bovere (Gio. Francesco), I,
22.
Délia Struda [= Du Chemin), II,
142 II.
Délia Stufa (Pandolfo), I, 229.
Délia Torre (P. Giacinto), I. 99 n.,
lOO n.
Del Maino (Giasone), I. 2.
Del Rosso (Paolo), I, 189.
Deiiipot (Nicolas), rlit « le conte
d'Alsinnis », I. 299. 300.
Denys d'Alexandrie, II, 305.
Deodet (Eslienne), dit le prolonotaire
de La Garde, I, 229.
De Rische (Matliieu), impr. à Anvers,
II, 134
Des Auberts (Perrinet'i, II, 223, 227.
Des Autelz (Guillaume), I, 109, 242.
Des Avenelles, I. 9.
Des Bas (Dominique), I, 34.
Des Bas (Jean), I, 3i. 35.
Des Bas (Pierre), I, 35 n.
Des Billons (le P.), I, 313.
Des Bordes 'Guillaume), I, 310.
Des Giiaraps (Henri), I. 162 n.
Des Champs (Martial). Il, 81. 84.
Des Fontaines (P.), II. 317. 318.
Des Friches (Mariej, II. 213.
Des Gouttes (Agathe), II, 194.
Des Hameaux, II, 351 n.
Desjardins (Abel), I. 11 n.
Des Masures (Louis), I, 353, 355.
Des Planches (Jérémie), impr. à Ge-
nève, I, 363 n.
Des Portes (Philippe), II, 232. 310-
313.
Des Roches (Catherine), II, 146-148.
Deuchino (Evan^elista), impr. à
Venise, I, 162 n..
Deuchino (Pietro), impr. à Venise, I,
162 n.
Devises :
Abriez vous sous voz esles
(Vauzelles\ I, 1.37 n.
Acuerdo olvido (Nie. de Her-
i)eray, seign. des Essarts), I,
272.
Amour et foi/ nous a lie (Pe-
rnssis), II, 38.
Ailles muerto que jnudado
(id.), II, .38
A recommencer (id.) 11, 35,
38.
Arle et Marie (Ph. de Mornay),
I, 378.
A tous accords {V.s{. Tabourot),
II, 303 n.
Devises (suite) :
Avec le temps (Vernassal), I.
271.
Bencdicam Domiumn in omni
tempore (P. Roux), II, 47.
CoelotuUssimabasisll:'. Roux),
II. 35, 37.
Coelum non soUim (J.-P. de
Mesmes^. I, 272, 298, 301 n.,
.302 n., 304-308.
Consequilur quodcumque petit
(Diane de Poitiers), 1, 180.
De muerte vida (Jérôme d'A-
vost), II, 218.
Des fleurs le fruit (Vasquin
Philieul), II, 46.
Asijrspai cppovxtôîi; aoqsojxcpat
(Jacques Bourgoing), II, 211.
D\in vruy zelle (Jean de Vau-
zelles). 1, 121, 123, 127, 136,
138. 148.
E-j6oy.!a? (Gabr. Simeoni), I,
180, 181.
Exspina rosa (Thomas Portau),
I, 378.
Felice ë l'aima che per Dio
sospira (J. P. Cotereau), II,
301.
Felice l'aima che per Dio sos-
pira (Pieire Poupo) , II,
'0 xapTTOç if. Twv avOîwv (Lo-
renzo Lenzi), II, 35.
Honra mi gom (François de
Belleforest). II, 92.
In virtule et forluna (Guill.
Roville). Il, 16.
La foy nous alie (Perussis), II,
38.
Natura ita impellimur ut pro-
desse velimus (Gabr. Si-
meoni), I, 180
Nec vi nec vicia (Serbelloni),
11.35.
NesciC labi virtus (C.-G. Bachet
de Méziriiic), 11. 3i9 n.
Non nobis, Domine, scd nomini
tno da gloriam (Perussis),
II, 38.
Numine Jovis valens, anagr. de
Jean Willemin, II, 212 n.
Par animas formae ; dispar
fortuna duobus (Gabr. Si-
meoni), 1. 180.
Per me slesso son sasso (Jean-
Pierre de Mesmes), 1, 298.
Plus mort que vif (Jacques
Moysson), I, 246.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
369
Devises {sitiie] :
Post tetipbras spero lucem
(Jean B;trril), T, 121, 178 ; —
imprimeurou libraire inconnu,
et divers auties personnages,
I, 178.
l'robe et tacite (.leanMaugin), 1,
272.
Qui. voit s'esàat (Guillaume
Gaulteroa de Genquoins), I,
254 n
Quod tibi fieri non vis, alleri
ne f eceris (ienn de Tournes),
I, 373.
Scopus mi sufficit niius (Phi-
lippe de Mornay), I, 378.
Scrutamini (Guill. Silvius), II,
130.
Son art en Dieu (Jean de Tour-
nes), I, 375.
Spes mea Deus (Eustaclie Ma-
reschal), 1,121.
Spiritus astra super (Gabr.
Siraeoni), I, 180.
.ijîrouoaiav
<J/ÛX^''
S'joa'.aova
olîiai (Jeau-Ed. Du Monin),
11,238.
Sua cuique Deus fit dira cu-
pido (id.;, Il, 238.
Sub umbra alarum tuurum
(Jean de Vauzelles), I, 137,
153.
Sub umbra alarum vestrarum
(id.) I, 122.
Tî) àpcTY) xal va'uyriaaiJ.Évi;)
ij7r£p6â)ÎX£iv sÇsCTTt (Jean Mar-
tin, irapr.), II. 25 n.
Tel) TcévM xai à^puiivc a(Rob.
Rivaudeau, seign. de Là Guil-
lotière). I, 272.
Uti7iam dirigantui" vie mee
(Jean Barri);, 1, 121.
Vertu conduict. Fortune la
suit (Séb. Gryptiius), I,
148.
Vis et prudenda vincunt (Jean
Vover, vicomte de Paulmy),
II, "85.
Devoyon (Catherine). II, 81.
Dezeimeris (Reinboldl, I, 74 ; — II,
142.
Diana, courtisane vénitienne, II, 50.
Diane de France, II, 8.
Dijon, II, 60.
Dinteville (Charlotte de), 1, 77.
Dinteville (Gaucher de), seigneur de
Polisy, r, 13, 77.
Dinteville (Jean de), I, 236 n.
Diodati (Giovanni), I, 182, 363, 376
n., 377; — II, 113.
Diodore de Sicile, 1, 10.
Discaizo (OttoûPlIo), II. 323 n.
Discaizo (Ubertaj, II, 323.
Discaizo (Ubertino), II, 323 n.
Dissino (Francesco), I, 191.
Divineur (Jean), impr., 1, 161 n.
Djafer-agha, I, 228.
Doice (Lodovico), I, 213, 215; — II,
28, 342 n.
Dole, II, 60, 229.
Dolé (Jean), le jeune, I, 328.
Dolé (Louis), ou Dollé, II, 331 n.
Dolet (Estienne), I, 54 n., 68, 109,
124, 276.
Dolot (Charles de Harlay, baron de),
II, 91.
Domenichi (Lodovico). I, 49 n.,210,
214, 219 ; — II, 45, 219.
Domet (Jacques), médecin, II, 242 n,
Dominique (Antoine), impr. à Dôle,
II, 244.
Dùnato (Francesco), I, 192, 195.
Doni (Gio. Francesco), II, 97.
Dorât (Jean), I, &S, 73, 249, 298,
300, 354 n. : — 11, 84, 85, 104,
142 n , 220.23'., 235.
Dorenet (Jacques), médecin, II, 323.
Dorez (Léon), I, 35, 80, 222, 228-
231, 325 n., — II, 357.
Doria (Andréa), I, 81.
Doria ((îiannettino), I, 231.
Dosi (AlfoQso), II, 163.
Douri (Firmin), II, 231.
Dousa (Jean), fils. II, 143. n.
Drelincourt (Charles), II, 112 n.
Drouyn (l'abbé). L 282 n.
Du Bartas (Guillaume de Saluste,
sieur), II, 144, 230, 231, 257.
Du Bellay (Guillaume), seigneur de
Langey, I, 82, 97, 98, lÙO, 102.
Du Bellay (Jean), cardinal, I, 82 n.,
83. 87, 91, 95, 97 n., 101, 152,
269, 290, 337 ; — II, 356, 357.
Du Bellay (Joachim^ n» XVIII, t. I,
pp. 289-294 ; t. II, 358. — Cf.
I. 73, 221 n., 236, 239, 242, 275,
281, 299, 303.
Du Bellay (Martin), II, 356.
Du Bois (Frère Loys), n» II, t. I,
pp. 27-31.
Du Bois (Simon), irapr. à Paris, I,
9 n.
Du Bourg (Anne), II, 173 n.
Du Bourg (Antoine \<"), I, 82, 98 ; —
II, 174 n.
Du Bourg (Antoine 11), II, 175 n.
n. — 24.
370
TABLE ALPHABÉTIQUE GENERALE.
Du Bourg (Claude), H, 175.
Du Bourg (François), II, 174 n.
Du Bourg (Jacques), H, 175 n.
Du Carroy (François), libr. à Pans,
II, 306 n.
Ducci (Filippa), II, 8 n.
Du Chastel (Pierre), évêque de Màcon,
1.277.
Du Cl-.astel (Pierre), médecin, 1, n,
122.
Du Chemin (Antoine). II, 139.
Du Chemin (Guy), II. 139.
Du Chemin (Jean), n» XXXMII, t. H,
pp. 137-144.
Du Chemin (Jean-Bapt.), baron de
Lauract, II, 139 n.
Du Chemin (Nicolas), impr. à Paris,
II, ^5- - ,, .
Du Chemin (Pierre), impr. a Venise,
II, 357.
Du Chemin (Théophile). II. 139.
Ducher (Gilbert), I. 108, 236.
Du Chesne (Joseph), sieur de La
Violette, II, 257, 258.
Du Chesne (Léger), I, 354 n.
Du Choul (Guillaume), I, 165, 2()1,
208, 216.
Du ( oudret (Laurent), libr. a Paris,
II, 189.
Du Drac (Adrien), II. LjO.
Duenas (Fray Juan de), II, 91.
Dufayard (Charles), I, 1 n.
Du Ferrier (Arnaud), I, 108, 188 n.,
357, 364 ; — II, 110, 118, 121, 202.
Du F'our (Antoinel, évêque de Mar-
seille, I, 11.
Du Four (Gabrielle), II, 5 n.
Du Four (Jean-Baptiste), n° XXIII,
II, 3-17.
Du Gauguier (Mii«), II, 10.
Du Guillet (Pernette), H, 125.
Du Hautoy, II, 201.
Du Laurens (André), médecin, II,
349 n.
Du Liège (Jean de Marnef, dit), impr.,
1. 161 n.
Du Mesnil (.lean-Bapl), II, 117 n.
Du Mirail (Estienne), II, 141.
Du Monin (Claude), II, 229.
Du MoNi.M (Jean-Éiiouabd), n» XLIX,
t. H, pp. 229-240. - Cf. 11,224,
225. 242, 318 n.
Du Monstier (Daniel), U, 106.
Du Mont du Chat (Bernard;, impr.,
1, 162 n.
Du Mortier (André Guillard). Voy.
G u illard.
Du Moulin (Antoine), 1, 17 i ; — 1 1, 3.
Du Parc (Denis Sauvage, seigneur),
I, 73.
Du Peyrat (Guillaume), II, 143 n.
Du Peyrat (Jean), II, 13 n., 91 n.
Dupin (Baron) de La Guérivière, II
2 n.
Du Pinet (Antoine), II, 233. 259 n.
Du Pont (Austrenioiup), II, 224.
Du Prat (Anne), II, 217, 220
Du Prat (Antoine), canlinal, I, 82 n.
Du Prat iFiancois), II, 215, 217.
Du Prat (Philippe). II. 217, 220, 222.
Du Pré (Claude). II. 5 n.
Du Pré (Denis), II, 82, 83.
Du Pré (Galliot), libr. à Paris, 1,
21 n.
Du Pré (Jean), impr. à Paris, U,
233.
Du Pré (Philippe) impr. à Paris, II,
105 n.
Du Pré (Pierre), libi-, à Paris, I, 9 n.
Du Puy (Claude), II, 159. 160, 165,
172, 175.
Du Puy (Pierre), II, 196, 297.
Du Puis (Jacques), ou de Puteo,
archevêque de Ban. 1, 93.
Du Puis (Jacques), libr. à Paris, 1,
Un;- II, 75, lo8 n.
Du Quesnel (J.), II, 151.
Durando di Villa (Co F lice), I, 99 n.
Durant (Gilles) de Lu Bergerie, 11,
143 n.
Duret (Claude), II, 199.
Duret (Louis), II, 82.
Du Hocher (Bonne), dame de Mau-
riac, II, 195
Du Rocher (Jacque.s), II, 195.
Du Sault, II, 152 n.
Du Sentier (= Du Chemin), II, 142 d.
Du Soleil (Jean), 1, 35 n
Du Soleil (Jean-Francois), n» III t. 1,
pp. 33-47.
Du Soleil (Louis), de Chàleau-ïhier-
ry, I, 33.
Du Soleil (Pierre). I, 38.
Du Soleil : personnages divers de ce
nom, I, 35, 39
Du Tillet (J. an). Il, 296.
Du Tillet (Jean-Baplisie), II, 296.
Du Tronchet (Estienne), II, 221.
Du Vair (Guillaume^, II, 117 n., 150.
Du Val (Catheri.e) II. 112 n.
Du Val (Pierre), U, 172.
Du Verdier (Antoine). II. 55 n., 84,
90, 194-196, 218, 219, 215.
Do Verdieb (i;laudk), n» XLIII, t. II,
pp. 193-200.
Du Verdier (Françoise), II, 195.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
371
East (Thomas), impr. à Loodres, IF,
207.
Ecclésiaste. I, 244.
Ecosse, I, 262, 26G.
Eder (Wolfg.), impr. à Ingolstadt,
, II. 2G(J n.
Edoard (Nicolas), I, 244 n.
Egidio {Frk Cl^mprite), II. .336.
Eynard (Cli.), I, 360 n.
Éiéonore d'Autriche, reine de France,
. I, 63.
ElisHbeth. reine d'Angleterre, I, 75,
. 373, 376. — II. 206.
Elisabeth d'Aiiti iciie, reine de France,
. I, 261 ; — il, 18S.
Elisabeth de France, reine d'Espagne,
II, 90.
Ellain (Nicolas), II, 83.
Emiliana. courtisane vénitienne, II, 50.
Emmanuel-Philibert, duc de Savoie,
1.229, 292; — 11,68.
Endters (Wolfgang), jibr. à Franc-
fort-sur-M., Il, 276.
Enghien (François de Bourbon, comte
d'), I, 258. '
Énoc (Pierre), II, 218.
Entrala ciel re... Henrico a Lyone,
I, 191.
Epinac (Pierre d'), II, 5. 299.
Ernest, archiduc d'Autriche, I, 268.
Escha. ou Hischa, I, 65, 77 ; — II,
355.
Esmeraida, courtisane vénitienne, II,
50.
Espagnols (Vers), I, 31, 273 ; — II,
90, 92, 147.
Espiuau (Jean d'), II, 271.
Esprinchard (Jacques), II, 289.
Esquetnt (Charlotte d'), II, .355.
Este (Alfonso d'), I, 36-38, 180.
Este (Anna d'), duchesse de Guise,
puis duchesse de Nemours, I, 36,
245, 261 : — II, 224, 2-25.
Este (Ippolito d'), cardinal, I, 42 n.
115, l'JO, 192, 255, 257^ — II, 5,
71, 76.
Estienne (Henri I'""), impr. à Paris,
I, 30 n.
Estienne (Henri II), II, 104, 122,
149.
Estienne (Robert I^'), impr. à Paris,
I, 276 n.,277 n. ; — II, 85.
Estie ne (Robert III), impr. à Paris,
II, 184, 348 n.
Estissac (d'), H. 201.
Estissac (GeofTroy d'), I, 96 n.
Estouteville (Anne d) dite M"e de
Chanteloup, II, 10.
Eul.; (le chevalier d'). Voy. Aui.x
(Pierre d').
Eumathius, II, 216.
Eusébe, F, 12.
Eusebi (Ambrogio), I. 135. 138 n.,
140 n., 141, 142, 146, 147.
Eustache le Français, impr., I,
161 n.
Expilly (Claude d'), II, 143 n., .306.
Fabert (Honorius), II, 353.
Fabri Claude, II, 65 n.
Fabri (Jean), impr., 1, 161 n.
Fabri (Nicolas-Claude), sieur de Pei-
resc. Voy. Peiresc.
Fabry (Pierre), ou Le Fèvre, Dolois,
II, 65 n.
Fabrizio ((>irolamo) Acquapendente,
II. 322 n.
Fain (Jean de). II, 227.
Falconcini (Onorato), II, 337.
Farel (Claude), I, 96 n.
Farel (Guillaume), I. 326 ; — II, 115.
Farinelli (Arturo). I, 41.
Farnese ( Alessandro). cardinal, I, 9i
113, 115, 139 n., 258 n.; — II,
158.
Farnese (Duarte ou Odoardo), H,
272, 273.
Farnese (Orazio), I, 262 ; — II, 8.
Farnese (Ottavio), duc de Parme, 1,
87 n., 88, 262.
Farnese (Pier Luigi), duc de Parme,
I, 112, 113.
Farri (Domenico), libr. à Venise, II,
219.
Farolles, II, 161.
Fauchet (Claude), I, 354 n. ; — H,
293.
Faiidoas de Sérillac (Jean-Francois),
II, 11 n.
Faure (Pierre), II, 227.
Favier (Jacques), II, 227.
Fayot (Philippe), impr. ou correc-
teur, 1, 162 n.
Fedioi (Frà Teofilo), I, 164.
Fenis (Pierre de), I, 76.
Ferdinand 1er, roi des Romains, puis
empereur, 1, 75, 318.
Fernand (Charles), de Bruges, I, 27.
Fernel (Jean) II, 277 n.
Ferrara (Gio. Bernardo da), F,
146n.
Ferrare, I, 33; — II, 110, 155,
175 n.
Perreau (Daniel), II, 143 n.
372
TABLK ALPHABETIQUE GÉNÉRALE.
Ferrero (Ermanoo). 1. 43 n.
Ferretli (Emilio), 1, 62, 109, 242.
Ferryer (Sébastien), trésorier de
Milan, I, 14 n.
Ferrières (François de^ II. 140.
Ferron (Arnauld de), II, 139.
Fétis, II, 207.
Fezandnt (Michel), impr. à Paris, I,
104, 299 n.
Fiacre (Saint), II, 335.
Fiancé (Antoine), II. 232, 234, 243.
Fichart (Johann), 1, 188 n.
Fieschi (Antonio), I. 54 n.
Filesac (Jean), I, 323 n.
Fillon (Benjamin), I, 153 n.
Finara (Davide da), I, 271.
Finet (Robert), II. 279.
Fiorillo (Silvio), II, 341 n.
Flamini (Francesco), I, 56 ; — II,
252.
Flécelles (Marie de), II, 117.
Flécelles (Philippe de), seigneur de
Brégy, II, 117.
Flegetonte (Capitano), II, 341 n.
Fleury (le P. Charles), 1. 105 n.
Florence, I, 14 ; — II, 157.
Flory (FR.-kNçois), n» XXXVII, t. II,
pp. 127-136 ; — Cf. II, 91 n.
Foix (Paul de), II, 110.
Foleiigo (Teofiio), I, 103.
Fondriac, II, 290 n.
Fontaine (Charles), I, 304 ; — II,
13 n.
Fontainebleau, I, 42.
Fontainebleau (Assemblée de), I,
2G6.
Fontana (Bartolommeo), 1, 33 n., 44,
49 n, 96 n.
Fontana (Domenico), II, 272 n.
Fonteius (P.) Voy. Des Fontaines.
Fontenay (Olivier), II, 151.
Foppens"( François), libr. à Bruxelles,
II, 279.
Forbin (Louis de), seigneur de So-
liers, I, 18 n.
Forcadel (Eslienne), II, 140.
Forest (François), irapr. à Bàle, II,
122 n.
Forfaict (Benoist), I, 310 n.
Forget (Vulcain), il, 235.
Fornaris (Fabrizio de), II. 341 n.
Fortoul (Ilippolyle, 1, 129.
Fortunalo (Leiio), 11, 27, 28
Fossano (Antonio da), médecin, I,
99.
Fossano (Girolamo da), I, 99.
Fossanus, I, 99 ; — II, 366.
Fouchier (Antoinette de), II, 242.
Fournier (Edouard), II, 145 n.
Fosses (les) raariennes. I, 97 n.
Fracasso (Marino), II, 72, 74.
Framberge (Gabriel), II, 156.
Framezelles (Robinet de;, I, 3.
Franceschini (Francesco), libr. à
Venise, II, 219.
Francesco (le P.) da Viltoria, T, 165.
Francfort-sur-le-Mein, II. 109-111.
François 1er. j^ §_ 20, 55, 57, 66,
135 n., 148, 169, 170, 207, 214,
237, 277, 374.
François, dauphin, I, 68, 69.
François II, I. 2G6.
Françoise (Sœur) de Saint-Omer, II,
95 n.
* Frangipani ;Cesare), 230 n.
Frangipani (Giovanni), I, 230 n.
Fregoso (Baltista), 1, 349 n.
; P'regoso (Cesare I'"'-), I, 298.
! Fregoso (Cesare II), II, 322 n.
I Fregoso (Ettore), évêque d'Agen, I,
■ 297 n.. 298.
Frego.'JO (Giano). I, 298.
I Fregoso (Ottavio;), II, 322.
Frein (Barthélémy), impr. à Lyon,
I, 190. 192. "
Frellon (Jean), libr. à Lvon, I, 129,
131, 133.
Frellon (Jean et François), libr., 1,
128, 130.
Frellon (Paul), libr. à Lyon, II, 199.
Frémy (Éd ), II, 175 n.
Frémiot (André), II, 65 n.
Frémiot (Bénigne), II, 65 n.
Frémiot (Jean), II, 65 n.
Frémiot (L. Memmius), II, 65 n.
Frémiot (Pierre), II, 65 n.
Freschot (Casimir), lî, 352.
Friapani (Cesare), I. 230.
Froissard (Pierre), II, 55 n.
Froissard (Thomas), II, 55 n.
Froschhauer (Christoph), impr. à
Zurich, II, 69 n.
Fuchs (Andréas), appelé Fusso, I,
177.
Fumée (Antoine), II, 156.
Fiirst (Paul), libr. à Nuremberg, 1,
132.
Gabaldo (Ceiso), 11, 271.
Gabiano (Vincenzo), 11, 342 n.
Gabre (Dominique de), I, 350.
Gaddi (Niccolô de'), cardinal, 1, 96 n.,
135 n.
Gage (Mlle de), I, 205. Voy. Bourg
(Marguerite de).
TABLE ALPHABETIQUE GENÉKALE.
373
Gaguin (Roberl), I, 27.
Gay, libr. à Paris, II, 45.
Gaillard (Mathurin), II, 166 n.
Galathaea, églogue de Pétrarque,
I, 169. 172.
Galese (Anne Claveile), T, 1S9.
Galesi (Agostino), 11, l64.
Gallo (Agostino), II, 91.
Gambacorta (Gio. Donato), I, 01 n.
Gambacorta (Gio. Viucenzo), l, Gl.
Garamont (Claude), libr. à Paris, 1,
10 n.
Garavini (Girolamo), II. 341 n.
Garavini (Riccio), H, 16'<.
Gardane (Antoine), musicien et impr.,
I, 162 n.
Gardano (Alessandro), impr. I. 162 n.
Gardano (Angeio), impr.. I. 162 n.
Garei (Jomet^ d'Api, I, 266.
Garnier (Robert), II, 140.
Gassot (Jules\ 1, 258 n.
Gattinara (Mercurino da). I, 11. 20.
Gatlrius (Gabriel), II, 260. Voy.
Gutlerry.
Gaulteron (Hector), I, 254 n.
Gaulteron (Hpnri), I, 254 n.
Gaultherot (Vivauli, libr. à Paris, 1,
12 n.
Gaultier (Pierre), impr. à Paris, I,
10 n., 12 n.
Gazeau (Guillaume), libr. à Lyon, I,
177, 179, 187; 190, 191.
Gazeau (Jacques), impr. à Paris. II,
44.
GeizkofTer (Ferdinand), baron de
Hausheira, II, 350 n.
Gelay (Jean), II, 237.
Gélas (le baron de). II, 139 n.
Gélyot (Louvent), I, 75; — II, 306 n.
Gelli (Gio. Batlista), I, 185.
Généalogie du grand Turc, I, 231.
Genese(la), de P. Aretino, 1, 147. 154.
Genève, I, 23, 358, 363; — II, 98,
109, 116, 258.
Genève (Gaspard de), marquis de
Lullin, II, 242.
Gentil (Pierre), n° XXXI, t. II, pp.
71-79.
Gentillet (François), I, 281.
Gerbays(Amblard), I. 12.
Gardes (Daniel), II, 295.
Germain (Jean), de Porentruy, II,
245.
Germain (Jean), médecin, II, 348 n.
Gesner i,Conrad), II, 69, S2.
Gesselin (Jean), libr. à Paris, II,
316.
Gessi (.\ntonio), II, 163.
Ghelaldi (Marino), I, 373.
Gy, 11, 229.
(iiambullari (Pierfrancesco), I, 316.
Giangiacomo. professeur à Rome
(1533), II. 357.
Giannotti (Donato), II, 356.
Giannolti (Erailio), II, 72.
Giannotti (Tomraaso) de' Rangoni, I,
27 n.
Giavarini (Antonio). II, 163.
Gyé(François de Rohan, seigneur de),
Voy. Rohan.
Giffen (Hubert van), I, 223 n.
(liglio (P. Geronimo), libr. à Venise,
1, 90.
Gigoux (Martin), H, 2.39.
Gillabon (Mathieu), II, 235.
Gilles de Rome, I, 29.
Gillot (Claire), II, 294 n.
Gillot (François), II, 294 n.
Gillot (Gabrielle), II, 294 n.
Gillot (Jacques), n» LIV t. II, pp.
281-297.
Gillot (Marie), II, 289 n.
Gillot (Philibert), II, 294 n.
Gillot (René), II, 294 n.
Giolito (Gabriel) de' Ferrari, impr. à
Venise, I, 152 n., 165, 184, lfc9,
210, 211 ; — n, 28.
Giordani (Frà Giordano), I, 188.
Giordano (Baldessar), 1, 188.
Giordano (Giacomo), impr. à Padoue,
1, 188.
Giorgi (Marino), I, 58 n.
Giovanelli (Francescoi, II, 163.
Giovanna, I, 55 n.
Giovanni, drograan pérote, I, 231,
232.
Giovio (Paoloi, I, 88, 89, 96 n., 184,
210, 212, 219, 254 n.; — II, 45.
Giraldi (Gio. Battista) Cintio, 1,
285 n. ; — II, 27 n., 155.
Girault (Gabriell, sergent d'armes,
I, 2.30 n.
Giraud (Philippe) du Broc, grand
prieur de Saint-Gilles, I, 230 n.
Giraudet (le Dr.) I, 184.
Giuliani, I, 268 n.
Giulio, H, 61.
Giuntinl (Francesco), 1, 214, 215 ; —
II, 24, 25.
Giustioiani (Agostino), évéque de
Nebbio, I, 58 n.
Giustiniani (Alessandro), H, 165.
Giustiniani (Gio. Paolo), I, 232.
Gûbelin (Denise , I, 326.
Gobelin (Jacques), 1, .350 n.
Gobeliu (Malhurine), II, 115.
374
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
r.obeliQ (Philippe), I, 326.
Godefroy (Tliéodore). I, 8 u., 11 n.
Godin (Pierre), I, 187.
Gûliorv (Jacques), I, 298. 30(J.
Goy (G.). II, 239.
Gondi (Albert de'), duc de Helz, \l,
309.
Gondi (.\ntonio de'). II, 309.
Gondi (Charles de). II, 309.
Go.N'Dl (PhiLIP[-E-E.\I.MANCEL de), SIliUR
nE Da.mpierre, c" LYJI, l. Il, pp.
309-313.
Gontaut (Robert de). 11. 138.
Gontier (Antoine), irapr., I, 161 n.
Gonzaga (Annibai), comte de Nuvo-
lara," t, CÛ.
GoDzaga (Lodovico), duc de Ne-
vers, II, 224.
Goseiini (Giuliano), I, 105 ; — II,
321.
Gouffier (Anne), II, 9 n
Gouffîer (Arthus,, duc de Roannois,
1,65.
Gouyne (Claude), II, Zî^i.
Goulu (Nicolas), II, 15(J, 235.
Gourmont (Gilles), impr. à Paris, I,
23 n.
Gourmont (Hiérosrae de), impr. à
Paris, I, 314 n.
Gournay (.Marie Le Jars de-, 11,
143 0.
Gousté (Claude), II, 296.
Govea (Antonio de), I, 351 n.
Goyet (Claude), I, 328.
Gray. II, 229.
Gramont (Gabriel de), cardinal, 1,
83.
Grammaire (In) ilalifnne, I, 297.
Granada (Fray Luis de), II, 91, 218.
Granchier (François), 11, 239.
Granjon (Robert), impr. à Paris, 1,
299 n.
Grangier (Maximilien), II, 291 n.
Gratti (Gio. Girolamo), II, 163.
Grazzini ( Antoufrancesco ) , dit il
Lasca, 11, 342 n.
Greeu (Henry), I, 129.
Grégoire (Pierre), II, 194 n., 196.
Gregorio (Lelio) I, 285 u.
Grenoble, i, 12 n., 147. "
Greuenbruch (Gerh.) impr. à Colo-
gne, II, 276.
Griffio (.\lessandro), irapr. à Venise,
1, 167 n.
Griffio (Cristoforo), impr. à Padoue,
^ i, 167 n.
Griffio (Giovanni), iin[ir. à Venise,
I, 167 n.
Grignan (le comte de). Voy. Adhé-
mar de Monteii (Louis d') et Gas-
tellane Gaspard de).
Grilly (Charles de), II. 56 n.
Grimra (Siegmiind). libr . I. 119 n.
Griraaidi (Ottaviano), II. 166 n.
Gringore (Pierre), I, 178.
Grvphius (Antoine), irapr Lyon, I,
167 n. ; - ïï, 140 n., 196.
Grvphius (Sébastien), impr. à Lvon,
r, 122, 124 n., 147, li8, 163, 167,
327 n.
Grisone (F.), I, 349 n.
Gritti (Andréa), I, 15 n.
Grorais (Giovanni de). 1, 24.
Gromors (Pierre), impr. à Paris, I,
314 n., 315 n.
Groslot (Jérémie), sieur de L'Isle. 1,
373 n. : — 11. 112 n., 125, 156,
291 n., 347.
Grotti (Lorenzoî, II, 250.
Groulleau (Estienne), impr. à Paris,
I, 271 n., 297 n., 298, 302.
Grilnlhler (.Audreas), II. 155 n.
Gualterio, peintre. 11,322 n.
Guazzo (Stefano), 1, 285 n. ; — If,
91.
Guélis (Germain Vaillant de). Voy.
Vaillant.
Giiérineau (Daniel), II, 216.
Guevara (Antonio de), 11, 91, 218,
259.
Guibeiet (.lourdain), II, 2.39.
Guicciardiui (Luigi, ou Lodovico\
II, 91, 127.
Guidacerio (Agazio), I, 3U.
Guiffrey (Georges), I, 123.
Guillard (André), seigneur du Mor-
tier, I, 239.
Guillaume de Nassau, dit le Taciturne,
II, 96, 96.
Guillemot (.Mathieu), libr. à Paris,
II, 331 D.
Guillemot (Vve Mathieu), libr. Il,
200.
Guilleret (Jean), impr. à Rome, II,
357.
Guilliaud (Claude), I, 23 n.
Guymier (Pierre), l, 178.
Guinigi (Camilla Bernardi), I, 276.
Guyse (Claude de), II, 259.
Guvse (François de Lorraine, duc
de), 1, 245, 261, 272; — 11, 46.
Guv.se (Henry de Lorraine, duc de),
lï, 224.
GuTTERRV (Gabriel de), n» LU, t. 11,
pp. 259 267.
Gullerry (Jean de), II, 259.
TABLE ALPIIAIJETIQUE GENERALE.
375
Guyon (Jacques), II, 306 n.
i^uyonnet de Vertron (C.-C), II, 3d'2.
Guvol (Claude), impr. à Dijon, 11,
306 D.
Guyot de Villeueuve (Gustave), Jl,
313.
Gyula- [Fehérvâr], II, 76.
Haag (les frères), I, 325.
Hacqueville (André de), II, 10 n.
Haebler (Konrad), I, 322 u.
Hahn (Ulrich),- impr. à Rome, 1, 161 n.
Hays (Jeau), U, 317 d.
Halluin (Anloiiie de), seigneur de
Piennes, II, 10 n.
Halluin (Jeanne de), dite Mi'<= de
Piennes. Il, 10.
Halluin (Louise de), dite M'i» de
Piennes l'aînée, II, 11.
Halphen (E.), II, 331 n.
Halphen (L.), 1, 280.
Hamilton (John), II. 233, 235.
Hamoa (Pierre), libr. à Paris, II,
51 n.,
Hangest (Jean de), I, 326, 345.
Harcourt (le comte d'). H, 3.33.
Harlay (Achille de). H, 148, 1VI7,
213, 297, 330.
Harlay (Charles de), baron de Dolot,
II, 112, 291.
Harlay (Christophe de). II, 112 u.,
317, 326.
Harrisse (Henry), I, 122.
Harsy (Denis de), impr. à Lyon, 1.
9 n.
Haultin (Hiérosme), impr. à La Ro-
chelle, H, 257.
Hauréau (Barthélemyy, II, 215 n.
Hauser (H.), Il, 120
Hauleville (Isabelle de). H, 11.
Hauvette (Henri), I, 43 n.
Hébert (Eustache), impr.. à Turin, I,
162 n.
Heidelberg, II, 2. 109, 118, 166 n.
Héliodore, I, 237 n., 238.
Hellaiu (Marie), II, 10 n.
Hémard (Charles) de Dénonville,
cardinal, I, 82 n., 83, 85 n., 87.
Hennequin. (Antoinette), II, 166 n.
Hennequin (Jeanne), I, 304.
Henri 11, 1, 151, 152, 175, 191. 239,
262, 263, 310; — II, 45, 194.
Henri III, I, 245 n., 266, 267, 328 n.,
364,378; — 11, 205, 266.
Henri IV, d'abord roi de Navarre, 1,
364, 865, 378 ; — il, 101 ; roi de
France, I, 239 n. ; — II, 123, 207,
307, 348.
Henri V^II, roi d'Angleterre, I, 7, 8,
30 n.
Henry (Honoré), II, 34, 46.
Herberay (Claude de), n*" XXIV II,
pp. 19-26. — Cf. I, 20/j, 212.
Herberay (Louis de). II, 19 n.
Herberav (iNicolas de), seigneur des
Essarts, I, 272, 273, 305; — II,
19.
Herbster (Johann), dit Oporinus,
impr. à Bàle, 1, 316 n., 318, 323.
— Ses héritiers. II. 257.
Herlin (Françoise), II, 57 n.
Herlot (Pierre), sieur des Forges, I,
94 n.
Hermès Trismégiste, I, 242.
Herminjard, 1, 96 n.
Heroèt (Antoine) de La Maison
Neufve, 1,236, 334.
Hesteau (Clovis), H, 188.
Heulhard (Arthur), I, 95.
Hiérosme (Maistre), marchand, I,
82 n.
Hill (Alban), appelé Ylio, I, 2.30.
Hippocrate, I, 103; — II. 323.
Hisca (Charlotte d'), I, 53, 55; —
H, 355.
Histoire evangelique, I, 118.
Holbeia (Hans) le jeune, I, 126-
133.
Hdlywood (John), ou de Sacrobosco,
1, 310 n.
Homère, I, 236, 239.
Honorât (Barthélémy), libr. à Lyon,
Voy. Onorali.
Honorât (Sébastien), libr. à Lyon.
Voy. Onorati.
Hooftman (Arnold), II, 127.
Hooftman (Gilles), II 127, 128.
Horate, II, 146.
Hosius (Stanislas), I, 143.
Hotraan (Antoine), II, 296.
Hotman (François), I. 364 n.
Hotman (François), abbé de Saint-
Médard, II,*291 n.
Houllier (Jacques), H, 82, 83.
Htiarte (Juan), II, 189.
Hucher (Antoine), impr. à Ferrare,
I, 37, 38, 162 n.
Huchin (Pierre dei, dit Deliuchino,
impr., I, 162 n.
Hugonis (Frère Jacquci), II, 81, 83.
Hnguetan (Gilles), libr. à Paris, puis
à Lyon, I, 166.
Hulpeau (Jean), libr. à Paris, 11,92,
243.
376
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Humanité [l') de Jesuchrist, par
P. Aretino, I, 136, 137, 140, 143,
154, 157.
Humières (Claude d'), II, 9.
Hurault (André), sieur de Maisse,
II, 291.
Huraull (Philippe), sieur de Cbe-
verny, II, 155, 158.
Hurault (Raoul), sieur de Cheverny,
II, 155.
Hurault (Robert\ baron d'Auneux,
I, 380.
flury (P.). libr. à Paris, II, 239,
240.
Hurmuzaki, I, 223 n.
Idée (]'), maîtresse de Claude de
Pontoux, II, 51, 53.
Ignace de Loyola, I, 316.
Image (l) de' la France, II, 297.
Imbert (Gérard-Marie), 1, 311 : —
II, 137.
Imola (Benedetto da), I, 173.
Ingold (le P.), Il, 213.
Initiales :
A. D., ÎI, 157.
A. L., graveur, II, 132.
A.V. L. [= Assuerus van Lan-
derseel], II. 132.
C, graveur, II, 132.
C. E., graveur, II, 132.
CI., graveur, II, 132.
D. R. D. T.. I. 178.
D. V. Z. [=D'unq vrai/ zele?\.
1,125. '
F. M., traducteur. I, 191.
G., graveur, II, 132.
G, E. L.. traducteur allemand,
II, 276.
G. H. R. G., If, 245.
H. T. S. de Torsav, II, 103,
104. Voy. Taffin '(Hermann),
sieur de Torsay.
J. Du Che. [= Du Cliemini, II,
143.
J. D. V. 1.= Jean de Vauzelles],
1, 126.
J, P. D. M. [= .lean-Pierre de
Mesmes], I, 272. 298.
J. P. S. (1603), II, 330.
0. D. L. N. [= Odet de La
Noue], IL 257.
P. C. D. F. [= Philippe Ca-
naye de Fresne], II, 257.
n. C. F. A., I, 245.
R. D. C. [= Renée Du Chas-
tellier], 11, 226.
Initiales {suite) :
R. R. [= Robert Rivaudeau ,
I 272.
V. 'p. [= Vasquin PhilieuIJ, II,
38.
Instructions et Missives des roijs
Tres-Chrestiens..., U, 296.
Isabelle d'Autriche, reine de France.
Voy. Elisabeth.
Isabelle, archiduchesse d'Autriche,
II, 277.
Isac (Jaspar), grav., II, 106.
Italien Ù) français, II, 297.
Yvor (Mlle d'), II, 13.
Jacopone daTodi, I, 317.
Jacques V, roi d'Ecosse, I, 64 n.
Jacquet (A.), L 1 n., 21 n.
Jacquet (Jeanne), I, 184.
Jacquier (Jean), sieur de La Barre,
II, 318.
Jadart (H.), II, 2.
Jannon (Jean), irapr. à Sedan, I,
à Paris, I, 9 n.,
•^ n.
Janot (Denis), impr. à Pa
21 u. 128, 147, 254 n.
Jarente (Balthazar de), II, 356.
Jean (Saint) Chrvsoslome, II, 184.
Jeanne d"Albret,'l, 138.
Jeanniu de Piene, impr., I, 161 n.
Jeannin (Pierre), II, 303 n.
Jeguy, II, 161.
Jenson (Nicolas), impr. à Venise, I,
161.
Jérusalem, I, 317 ; - U, 271, 274,
276, 277.
Jessé (Mil" de), I, 66-67.
Jodelle (Estienne), 1, 73 ; — II, 83.
Joguet, 1, 370.
Josèphe, 1, 273.
Joubert (François), H, 184 n.
Joubert (Laurent), II, 227.
Joulet (Antoioe), II, 181.
Joulet (François). II, 184, 185.
Joulet (Jean), II, 182.
Joulet (Laurent). Il, 182.
Joulet (Nicolas), II. 182.
Joulet (Pierre l"", II, III, IV), 11, 181,
182.
Joulet (Pierre [V]), II, n° XLI, t. Il,
pp. 181-185. — Cf. II, 151.
Joulet (Thomas), seigneur de Bélival,
II. 181.
Journal d'un habitant français de
Rome, I. 17 n.
Journé (le P. Jean), 11, 144.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
377
Joyeuse (Anne, duc de~l, U, 227, 264,
266.
Joyeuse (Marguerite de Lorraine,
duchesse de), II, 220.
Joyeuse (François de), cardinal, II,
227.
Juan (Don) d'Autriche, II. 130.
Jules III, pape, I, 158, 2fi2.
Julien (Guillaume), libr. à Paris, I,
- 247 ; — II, 232. 260. 266.
Junot (Antoinei, II, 246.
Juste (François), irapr. à Lyon, I, 10
n., 12:3.
Justin, historien, I, 9 n.
Justin (Saint), I, 69, 74, 242.
Kâmmerer (Joacliim), dit Caraera-
rius, I, 177.
Karelsen (Corneille), impr. à Amster-
dam, 1, 178.
Kaulek (Jean), I, 236 n.
'Keerberghen (Jean van), impr. à An-
vers, II, 277.
Kerver (Jacques), libr. à Paris, I,
245, 246; — II, 91 n.
Kervyn de Volkaersbeke, II, 258.
Korcola, ou Curzola, I, 113.
La Baifarderie (Jean-Bernard de),
II, 348.
La Baume (Antoine de), II, 227.
La Baume (Claude de), II, 231.
La Baume (Françoise de), dame de
Carnavalet, II,' 92.
La Baume (Françoise 11 de), II, 227.
La Baume (Marié de), II, 227.
La Baume (Philibert de), II, 162 n.
Labé (Louise), I, 126; — II, 13.
Labeyrie (Jean-Paul de), II, 137.
La Bessée (Jean de), II,. 14 n.
La Bessée (Marie de), II, 14.
La Boëtie (Estienne de), I, 74.
La Borde (Antoine de Vienne, baron
de), II, 55-56.
La Boutière (George de), I, 165.
La Cassagne, II, 139, 143.
La Chambre (Françoise de), baronne
d'Aix, I, 12 n.
La Chastaigneraye (Isabeau Chabot,
femme de Charles de Vivonne,
baron de), I, 65.
La Couture, abbaye, I, 27.
La Croix (Gaspard de), ou Vanden
Cruise, 1, 223.
La Croix du Maine (François Grudé,
sieur de), 11, 145, 218,' 233.
La Dolerie, I, 313.
Ladone (Est ), II, 306 n.
La Forest (Jean de), I. 257 n., 313.
La Fosse (Antoine de), situr d'Au-
bigny. II, .353.
La l'osse (Voré, seigneurs de). Voy.
Voré .
Lafréry (.\ntoiûe), impr. à Rome, II,
357.
La Gabissa (le chevalier), I, 230.
La Garde (Jean de), impr. à Paris,
I, 10 n.
La Garde (Jean-Antoine Escalin des
Airaars, baron de), dit le capi-
taine Polin, I, 221, 228, 269.
La Garde (le protouotaire). Voy.
Déoiiet (Estienne).
La G'-ssée (Jean de), I, 222 n.
La Guiche (Pierre de), 1, 12, 13 n.
La Haye (Robert de), II, 156.
La Hueterie (Charles de), I, 236.
La Huguerie, 11, 96 a., 98.
La Landouze, II, 161.
La Marque (Jean de), II, 97.
La Marthonie, II, 112.
La Marthonie (Gaston de), évèque de
Dax, I, 23 n.
La Martinière (Isaac de), II, 151.
Lambert (Dominique), II, 56 n.
Lambert (Léger), II, 56 n.
Lambert (Pierre de), évèque de Mau-
rienne, II, 162.
Lambertini (Lodovico), II, 163.
Lambin 'Denis), 1, 108, 354 n. ; —
II, 350'.
Lamezas (Jean), II, 143 n.
Lamoignon i^Charles de). II, 154.
Lamoigiion (Pierre de). II, 150, 154.
La Monnoye (Bernard de), I, 75 ; —
II, 218, 263 n.
Landerseel (Assuerus van), grav.,
Il, 132.
Landi (Ortensio), I, 124, 227, 276,
322 n. ; - II, 52.
Landi (Verduzio), II, 162.
Landré (Guillaume), I, 273.
Landry (Pierre), libr. à Lyon, 11,198,
299."
L'Ange (Jean), I. 326.
L'Angelier (Abel), libr. à Paris, I,
9 n. ; — II, 147 n., 183, 184, 220,
318 n.
L'Angelier (Arnoul), libr. à Paris, I,
12 n.
L'Angelier (Charles), libr. à Paris,
I, 123.
378
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Langes (Nicolas de), sieur de La Va!,
I, 371.
Languet (Hubert), 1, 357, 358 ; —
IF, 110.
Lannoy (Raoul de), I, 13.
La Noue (François de), JI, 98, 101,
122, 2i9. 256, 257.'
La Noue (Odet de), o» LI, t. II, pp.
249 256. — Cf. II, 122.
La Noue (Pierre de), II, 258.
Lansac (Guy deSaint-Gelais, seigneur
de), I, 267, 269.
Lantin (Jean-Baptiste), II, 56 n.
Lantin (IMiiliiserlj. II, 56 n.
Laon (Jean de), impr. à Genève, I,
359, 361.
La Ramée (Pierre de), 1, 68 ; — II,
109 n.
L'Arbaleste (Charlotte de), femme de
Philippe de Mornay, I, 378, 379 ;
— II, 109, 110, 112.
La Rie (Françoise de), I, 147.
Larivey (Pierre de), I, 137 n. ; —
II, 341.
La Roche (Pierre de), poète, II, 85,
86.
La Roche (Pierre de), irapr. à
Langres, II, 183.
La Roche-Andry (Charlotte de), dite
M'>« de Brye, I, 76.
La Roë, abbaye, I, 243.
La Roquette (François de). II, 143 n.
La Salle (Alexandre pe). n» XXII,
t. II, pp. 1-2.- Cf. 1,329. .331, 334.
La Salle (André de), II, 277.
La Salle (Claude de), II. 1.
La Salle (François de), II, 1.
La Salle (Gratien de), II, 2.
La Salle (Henri de), II, 1.
La Salle (Jean-François de), II, 1.
La Salle (Louis de), II, 2.
La Salle (Paul Perrot de), II. 2.
Lascaris (Jean), 1, 4, 5, 6, 8, 10, 14.
La Tour d'Auvergne (François de),
vicomte de Turenne, I, 83.
La Trémoïlle (Famille de), II, 161.
La Trémoïlle (Louis de), I, 13.
Latrène (J. de). H, 239.
L'Aubespine (Madeleine de), dame
de Villeroy, II, 266, 267.
Laugière (de). II, 227.
L''Aunay (A. de), secrétaire de Mar-
guerite d'Angoulème, 1. 43 n.
Laure, chantée ()ar Pétrarque, I,
169, 172-174, 195, 207, 214.
Laureo (Vincenzo), 1, 110; — II,
327.
Lausanne, I, 23; — II, 122.
Lauterbach (Georg), I, 21 d.
Lautrec (Odet de Foi.x, seigneur de),
II, 355.
Laval (Jean de), marquis de Nesles,
II, 224.
La Val (Joachim de), II, 227.
Laval (René de), seigneur de Bres-
suire, etc., I, 65.
La Valette (Jean de), II, 74.
La Vergne (Hugues de), II, 217.
La Vigne (Jean de), I, .350.
Lazzara (Giovanni), II, 322.
Lazzara (Niccolù). H, 322 n.
Le Bey (Denis), sieur de Batillv, l;
369; — il, 124, 144, 288.
Le Bouc (Hilaire). libr. à Paris, II,
231.
Le Breton (G.), H, 151.
Le Brelon (Jeanl, seigneur de Vil-
landry, I, 284.
Le Breton (Nicolas), n» XVII, t. I,
pp. 175-187.
Le Caron (Louis), dit Charondas, I,
304.
Le Chevalier (Antoine), de Vire, I,
352.
Le Cirier (François), 11, 184.
Le Clerc (Jeanl, libr. à Paris, II,
218.
Le Clerc (Philippe). II. 209.
Le Clerc (Pierre), II, 209.
Le Co.mte (le P. Jean), n" LX, t. Il,
pp. 335-339.
Leeneu (Paul), clerc et impr., 1,
161 n.
Le Fèvre (Guy) de La Boderie, I,
323 n. ; — II, 82, 84.
Le Febvre (Jacques, I, .354 n.
Le P'ebvre (Jacques), d'Étaples, II,
115.
Le Febvre (Jean), ou Fabn, impr.,
I, 161 n.
Le Fèvre (Jean), Dict. des rimes,
l\, 55 n., 301, 303.
Le Fèvre (Nicolas), H, 117 n.
Le Fèvre (Pierre), ou Fabry, Dolois,
II, 65 n.
Le Fizplier (Robert), libr. à Paris,
II, 189, 218.
Le Fort (François), 11, 134.
Lefranc (Abel), I, .313 n.
Leqrnde de dotn Claude de Guyse,
il, 259 n.
Léqpiide de SdinI Nicaise, II,
259 n .
Le Glay, I, 7 n.
Le Goulx (Guilllaume), II, 65 n.
Le Goulx (Jean-Baptiste), H, 65 n.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
379
Le Goulx (Pierre) : trois person-
nages de ce nom il, 56, 64 n.,
65 II .
Le GoiiLx (Prudent), U, 65 n.
Le Grand, seigneur de Sainte-Co-
lombe, II, 65.
Le Grand (Albert), L 236.
Legrand (Emile), I, 6 n., 242 n.
Le Gias (Jacques), de Rouen, ï,
178.
Le Groing (Marc), seigneur de l^a
Mothe-au-Groing, I, 83.
Le Jeune (Martin), riit Juvenis,
impr. à Paris, l, 315 n., 324 n. ;
— IL 146 n , 148 n.
Le Lieur i(jermain). I. 335, 356.
Le Lieur (Jacques) : personnages de
ce nom, I, 346 n.
Le Lieur (Jacques), seigneur du
Chesnev, L 326 n., 335 n., 3'i6 n.
Le Lieur (X ?), I, 326, 335 n.,
346 n .
Leiio, II, 53.
Le Loyer (Pierre), II, 151.
Leluau, II, 188.
Le Maçon (Anne), I, 327.
Le Maçon (Jacques), 1, 326. 335 n.
Le Maçon (Perrin), ou Latlionie,
impr., l. 161 n.
Le Maire (Jfan), I, 165.
Le Manguier (Félix), iibr. à Paris,
IL 152.
Le Mangnier (Robert), Iibr. à Paris,
1,297 n., 298 n.
Le Moine (Geneviève), 1, 326, 334 n.
Le Messager (Jean), IL 145.
Leni (Marcantonio), I, 294 n.
Le Noir (Guillaume), impr. à Paris,
II, 103.
Lénoncourt (Robert de), cardinal, I,
277, 281.
Lenzi (Lorenzo), II, 34, 35, 41.
Léon X, I, 16, 18, 22.
Leonardi (Gio. Jacopo), I, 315 n.
Leoni ((Jio Francesco), I, 139 n.
Leonontrono Arcitronilonanle (Capi-
tano), II, 341 n.
Le Preux Poncet), impr. à Paris, I,
30 n.
Lerigos (Jacques de), II, 2 n.
Le Roy (Adrien), impr. à Paris, I,
243 n ; — II, 205.
Leroy (Aimé), II, 279.
Le Rouge (Jacques), impr., 1, 161 n.
Le Roux de Lincy. I, 244.
Le Royer (Jean), II, 51 n.
L'Eschassier (Jacques), II, 297.
Lesches, seigneurie, 1, 77.
Le Signerre (Guillaume), impr., l,
161 n.
L'Escuier (D. ) Iibr. à Paris, I,
314 n.
L'Espinats (Antoine de). II, 137.
L'Estoile (Pierre de), I, 328 n.; —
II, 106.
Le Tartier (Adrien), médecin, I,
323 n. ; — II, 56 n.
Le Tellier (Pasquier), I, 272.
L'Estrange (M™» de), I. 65.
Lato (Pomponio), I, 103.
Leu (Thomas de), grav , II, 103.
Lévêque (l'abbé), ], 282 u., 284 n.,
285 n.
Le Vieil (Jean), dit Vêtus, I, 247,
248.
L'Hospital (Michel de), I, 242, 326 n.,
328 n., 354 ; — U, 145 n.
L'Huilier, poète, I, 73.
Libert (Jean), Iibr. à Paris, II, 332.
Licheto (Frà Francesco), I, 23 n.
Lignerolles (le comte de), I, 120 n.
Linocier (Geoffroy), Iibr. à Paris, II,
233.
Liotard (Ch ), 1, 289 n.
Lipse (Juste), II, 56 n.
Lire, I, 289
Lobel (Mathieu de), II, 164 n.
Loche (le comte de), I, 1 n.
Loi/ {la) salicque, I, 21 n.
Loynes (Antoinette d>'j, femme de
Jean de Morel, 1, 300.
Loisel (Antoine), II, 295.
Lovson (Estienne), Iibr. à Paris, H,
352 n.
Lombard (Jean-Antoine), dit Brus-
quet, I, 225, 226. 294 n.
Longueil (Christophe de), I, 51 n. ;
— II, 1(56 n.
Longueville (Louis de), marquis de
Rothelin, I, 13.
Longwy (Jacqueline de), II, 8 n.
Loreto, II, 8 u.
Lorraine (Anne de), I, 64 n.
Lorraine (Antoinette de), plus tard
abbesse de Faremouslier, I, 64 n.
Lorraine (Charles, cardinal de), 1,
74, 226 n. 243 n.. 247, 248, 282,
293, 294, 355.
Lorraine (Jean, cardinal de), 1, 53,
58, 135 n., 140 n.
Lorraine (Louise de), femme de
Charles de Croy, I, 64 n.
Lorraine (Renée <le), abbesse de
Saint-Pierre de Reims, I, 64 n.
Lotrian (Alain), impr. à Paris, I, 9 n.
Lotto (Lorenzo), 11, 164 n.
380
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Louis XII, I, 3-7, 15, 20.
Louis XIU. II, 348 n.
Louis XIV, II, 352 n.
Louis ^Henri), I, 221.
Louise de Lorraine, II, 224.
Louise de Savoie, I, 10 n., 21, 122.
Lourde! (Nicolas , II, 245.
Louveau (.iean), II, 216.
Louvencoiirt (François de), sieur de
Vauchelles, II, 316, 317, 321.
Luc (Antoine), II, 227.
Lucerne, I, 13.
Luciana, courtisane vénitienne, II,
50.
Lucques, I, 14
Lucrezi;!, courtisane vénitienne (?),
II, 61.
Luisetaines-en-Brie, I, 261 n.
Luilin ((îaspard de Genève, marquis
de), II, 242.
Lusciniiis (Ottraar Nachlitiall, dit\
I, 119.
Lusignan, II, 148.
Lutzeiburger (Hans), grav., 1,126.
Luxembourg (Charlotte de Brosse,
femme de François de), vicomtesse
de Murlignes, I, 65.
Luzio (Alessandro), I, 104, 135 n.,
145 D.
Lyon, I, 5, 44, 97, 98, 118, 120, 122,
'186, 191, 323, 324; - II, 194,
335, 338.
Mabre-Cramoisy (Sébastien), libr. à
Paris, II, 296
Macault (Antoine), I, 54 n.
Maccarano (D.), impr. à Naples, II,
349 n.
Maccasola (Francesco), I, 222.
Macé (Barthélémy), libr. à Paris, If,
197.
Macé (Charles), libr. à Paris, II,
83, 233
Macé (Guillaume), libr. à Paris, II,
233.
Macé (.Iean,, libr. à Paris, I, 9 n.
Macefer (de), II, 151.
Machi.ivelli (Niccolù^ I. 298.
Macrin (Salmon), I, 108, 276. ,^
Madeleine de France, reine d'Ecosse,
1,64.
Madronet (Blas), I, 23 n.
Maps (André), dit Masius, T, 317 n.
Maes (Jean), impr. à Alh, II, 279.
Ma(/dalo7i, par Jean de Vauzelles, I.
157 .
Magdalon (le capitaine). Voy. Orne-
sun Magdalon d").
Magen \.\d.), II, 107 n.
Maggi (Ottaviano), 1, 246.
.Magnv (Olivier de), I, 70, 73, 221 n.,
2'A\ 273, 29!, 307.
Magûien, bibliothécaire, I, 138.
Magnien (Guillaume), 11, 328 n.
Maillv (Madeleine de\ I. ('i6.
Mainârd (Charles), II, 151.
Mayuemares (Jean de). I, 310.
Maynier (Accurse), I. 25i.
Maiocchi ^Rodolfo), I, 2 : — II, 1 n.
Maire (Jran), impr. k Leyde, I, 324 n.
Maisse (André Hurault, sieur de).
II, 291.
Maître (le) au dé, I, 334.
Malarmet (Bernard), II, 300.
Maligny (François de Ferrières, sei-
gneur de), I, 102.
Malines, I. 13.
Mallnc (Pierre Gilbert, sieur de), I.
266.
MHllot (Gervais), irapr. à Paris, II,
83.
.Malmont (Pierre de), I, 125 n.
Malpoy (P.), If, 306 n.
Malle, II, 71-79, 97, 138.
Malvatico (.Marcantoniol, H, 163.
Malvin (Geolîroy de). II, 141. 143 n.
Mandeint 'Catherine de), II, 219.
Mandelot (François de), II, 216, 219.
Mandelot (Marguerite àe\ II, 219.
Maniald (Eslienne), H, 141, 143 n.
Manne (François de Bouliers, dit
l'abbé de), i, 102.
Mannell (Giovanni), 1. 193; — II, lin.
Mannelli (Girolamo), I, 168.
.Manolesso (Francesco), libr. à Mo-
dène, II. .348.
M.inson (Gio. Giacomo), I, 197, 218.
.Manuzio (Aido), II, 146 n., 157.
Manuzio (Paolo), I, 100, 259, 262 n.
Maralfi (Bartolommeo), I, 165.
Maraffi (Onmianol, I, 165, 175, 176,
181 ; 11, 13 n. '
.Marcel 11 Cervini, pape, 1, IKi.
.Marchand, notaire à Lyon, II, 5 n.
.Marchant (Kstienne), II". 240.
.Marchetti (Alessandr^), II, .352 n.
.Marcilly (Philibert de), seigneur de
Cipierre, il, 11.
Mard'Chée, rabbin. Vovez Aquin
(Philippe d').
Mareschal (Pierre), impr. ù Lvon.
I, 23.
Maresroli Georges), impr. à Florence,
I, 162 n.. 164, 165 n.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
381
Marescotti 'Gristofano), impr., I,
162 n.
Marguerite d'Angoulême, n» IV, t. 1,
pp. 41-50. — Cf. l, 118, 120 n.,
122. 136. 147, 155, 299-301 ; —
II, 89, 355.
Marguerite d'Autriche, I, 13.
^larguerite de France, duchesse de
Berrv, puis de Savoie, I, 64, 17.').
276, "293. 306, 307 n. ; — II, 7,
Un., 22, 67, 68.
Marguerite de Richemont, I, 29.
Marguerite de Valois, reine de Na-
varre, II, 215.
Marie, dame chantée par Fiarainio
de Birague, I, 224, 225.
Marie d'Angleterre, reine de France,
I, 30. 31.
Marie de France, II, 188.
Marie de Médicis, II, 297.
Marie Stuart, I, 262, 293.
Marielta, courtisane vénitienne, II, 50.
Marillac (Charles de), I, 236 n.
Marini (Gio. Batlista), II, 348 n.
iMarle (Claude de), I. 335 n.
Marius (Gilles), II, 235.
Marliani (Gio. Battisia), I, 95, 103.
Marne (Claude de), impr. à P'ranc-
fort-s.-M., II. 122 n.
Marne (Claude de) et Jean Aubry,
impr. à Hanau, II, 158 n.
Marnef (Jean de), ou du Liège, impr.,
I, 161 n.
Marnef (Jeanne de), veuve de Denis
Janot, impr. à Paris, I, 189.
Marostica, I, 327.
Marot (Clément), 1, 54 n., 65, 66,
123, 235,303 n., 874.
Marquale (Giovanni). I, 192, 195.
Marseille, I. 11, 20-22, 229.
Marseille (Eutrevue de), I. 168, 169.
Marsilio (Giovanni), II. 290 n.. 291.
Marteau (C), sieur de Gland, II, 150.
Martelli (Baccio), 11,229, 231.
Martelli (Niccolo), 1. 41, 58 n
Martelli (Ugolino), II, 197.
Martelli (Viucenzo), I, 229.
Marty-Laveaux (Ch.). 1.289n.,.304n.
Martin (Barth.^., libr. à Lvon, I, 258 n.
Martin (Gabriel), libr. à Paris, II, 85.
Martin (Guillemine), II, 215.
Martin (Jean), I, 277.
Martin (Jean), impr. à Lyon, II, 25 n.
Martmeau (Claude), I, 84.
Martioengo (Nestor), 11,91.
Martini (Spirilo), I. 179.
Masi (le P. Gio. Battista), II, X36.
Masparault (Martin), I, 323 n.
Massac (Charles de), II, 179.
Massiot, II, 118.
Massiot (L. de), II, 143 n.
Massip (M.), I. 108 n.
Masson (Jean-Papire\ II, 105.
Massuau (Claude), I, 100.
Matai (Henri), II, 111 n.
Matai (Jean^dit Metellus, II, 111.
Matai (Philecte, II, 111 n.
Matai (Simon), 11, 111 n.
Mattamoros ^Capitano), II, 341 n.
Mattecoulon (Bertrand lî^yquem, sei-
gneur de). II, 201.
Matthieu (Pierre), II, 198, 200,213,
242, 244, 246-248, 299, 348, 350.
Maufer (Pierre), impr., I, 161 n.
Maugin (Jean), dit le Petit Angevin,
t, 271, 272, 307, 3.34.
Maulde (René de) La Clavière, 1, 3n.
Maumont (Charles de), baron de La
Roche, I, 67.
Mauuiont (Charlotte de), I, 68.
Maumo.nt(Jean de), n» V!, 1. 1, pp. 53-
77. — Cf. I, 242.
Maumont (Jean de), fils naturel de
François, II, 68 d.
Maupas (Charles), II, 152 n.
Maurano (Jérôme), n» XIII, t. I, pp.
2-21-233.
Mauriac (Estienne de), I, 81 n.
Mauroy (Frère Henry, II, 264 n.
Mauroy (Honoré de), II. 264 n., 265.
Mauroy (Nicolas), II. 264 n.
Mayenne (Charles de Lorraine, duc
de), II, 195.
Maximilien ]", empereur, I, 12.
Maximilien II, II, 223 n.
Mazzei (Francesco), I, 210.
Mazzei (Simone), 1,210.
Medici (Alessandro de'), II. 342.
Medici (Bernardo de', II, 40 n.
Medici (Catherine de'). Voy. Catherine.
Medici (Cosimo de'), 1, 268 n.
Medici (Ferdinando de'), II, 335.
Medici (Francesco de'). I, 177.
Medici (Giov. Angelo de'), cardinal,
puis pape, II, 40 n.
Medici (Ippolito de'), cardinal, I, 113,
168.
Medici (Lorenzino de'), II, 342.
Medici (Lorenzo de'), II, 265.
Medici (Maison de), I, 16.
Medici (Marie de'). Voy. Marie.
Médicis (Paul de), II, 5 n.
Megenti (Domenica de'), ou de'Men-
ghini, 1, 34-35.
Mellino, trésorier du cardinal J. de
Lorraine, I, 147.
382
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Memeleau (Adrien), I, 24G.
Ménage (Gilles), II, 352.
Mercato (Giacomo), II. 1G3.
Mercier (Josias ?), II, 109 n.
Mercœur (Phil. Emm. de Lorraine,
duc de), 11, 188.
Merlini (Cosimo), orfèvre et graveur,
II, 336.
Merlo(Barlolommeo),irapr. à Vérone,
II, 3i8 n.
Mermet (Françoise), 1, 167 n.
Mérode(Phiiippede), baron de Fren-
tzen, II, 269, 271, 273, 274, 276.
Alerula (Gaudenzio). I, 276.
Mesmes (Georges de), I, 297.
Mesmes (Henri de), seigneur de Mai-
assise. I, 265, 295, 302, 304, 328 n.,
354.
Mesmes (Jean-Jacques de), seigneur
de Roissy, I, .308, 309 ; - II, 125,
189.
Mes.mes (Je.\n-Pierre de), no XIX,
t. J, pp. 295-311.
Mesmes (Pierre de), seigneur de
Monstroo, I, 297.
Mesmio 'Giovanni) = de Mesmes, I,
298.
Melellus(Joannes), II, 111. Voy. Matai.
Metz, I, 101, 35i; — II. 97 n,
Meudon, I, 104.
Meusnier de Querlon (A. -G.), Il,
203.
Mexia (Pedro), II, 217.
MvCa (Jacques), libr. à Lyon, 1, 16('>.
MJcanzio (Frà Fulgenzio), I, 372.
Michel (Claude), libr. à Lyon, II,
198.
Michieli(Melchiorre), I, 110.
Migot (.Marie), H, 19 n.
Milan, I, 4, 5, 21 ; - H, 349 n.
Million (Jean), II, 239.
Milieu ((iuy de), II. 227.
Millanges (Simon), impr. à Bordeaux,
II. 8'..
Milletot (Bénigne), II, .306.
MiLLOTET (Marc-Antoine), n» LM,
t. 11, pp 303-307.
Millotct (Marc-Antoine H), II, 307.
Minart (Antoine), 1, 281.
Minkwitz (Anna von), 11, 50 n.
Minkvvitz (Erasmus von), II, 50 n.
Minkwitz (Kaspar von;, II, 50 n.
Minuziano (Alessandro), impr. à Mi-
lan, I, 3 n., 4.
Mirzia (M ), II, 27.
Miscellanea groningana, II, 29.>.
Mittorion -Marguerite), II, 242, 244.
Modiraayr ^llansj, I, 25.
Moysson ^Jacques), I, 246.
Mommart (Jean), iu.pr. à Bruxelles,
I, 178.
Moncetti (Frà Benedeltol. I, 29.
Moncourt (Frère Gilles de), II, 199.
Monier (Martial), II, 141.
Monluc (Biaise de), I, 268; —II,
143.
Monluc (Fabien de), seigneur de
Montesquiou, II, 143.
Miinluc (Jean de), évêque de Con-
dora, II, 138. 143.
MoMLUC (Jean ue). évêque de Valence.
0° XV, t. I, pp. 251 269. — Cf. I.
69, 73, 74, 83; - II, 143, 857.
Monluc (le. commandeur de), II,
143.
Monluc (Pierre-Bertrand de), sei-
gneur de Caiipenne. Il, 143.
Monslreuil ou Montrueil (C'aude de),
libr. à Paris, II. 187, 188.
Montaiglon (Anatole de), I, 291.
Montai-'ue (Marie e), II, 201 u.
Montaigne Michel Fyque.m, seigneur
de), no XLIV, t II. pp 201-204.
Montano (Gnolamo), II, 155.
Montanus iJoliannesi, II, 67.
Montasier (M. de). II, 166.
Mont-Cenis, II, 162.
Montdoré (Pierre de), I. 354 n.
Monterenzi (Aauibale), II, Iti3.
Montgascon (Catherine de), II, 57.
Monti (Giacomo), libr. à Bologne, II,
.352 n.
Monti (Zaccaria). II. 105, 106
Montigny (Charlotte de Clerraont,
dite Mi'e de). II. 9.
Montmorency (Anne de), I, 44, 59,
80-82, 84, 85, 91, 116, 249, 258 n.,
281 n.
Monlmorencv (François de), II, 8 n.,
10 n.
Moiituiorency {Marguerite de). Voy.
Condé.
Montorsoli (Giov. Angelo), I. 111.
-Montpensier (Louis de Bourbon, duc
de), II, 148
Montpensier (Louise de Bourbon,
comtesse de), II. 7.
Montrottier, prieuré, I, 119.
Morandi (Giovanni), 11. 163.
Morata (Olimpia), II, 155
Morel (Fédéric), impr. à Paris, I,
239, 291 n., 293, 309; — II,
122 D.
Morel (Guillaume), I, 242 n,
Morel (Jean de), I, 290 ; — II, 122,
232.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
383
Morel (Jean), II. 239, 306 n.
Morelet (Antoine) du Museau, II,
in.
Morel-Falio (Alfred), II, 358.
Morisot (Antoine), II, 306 n.
Morisson (Frère Yves), I, 28 n.
MoRNAY (Philippe de), sieur du Ples-
sis-Marly, no XXXV. t. II, pp.
109 113 — Cf I. 356. 363-365,
3Ï7, 378; — II. ICI, 124.
Moro (Antonio, II. 271.
Moro (Claudio), II, 163.
Moro (Giovanni). II, 157.
Morosini (Francesco), II, 7 n.
Morosini (Girolamn), II, 341, 3i2.
.Morra (Gio. Michèle, baron de), I, 61.
Morra (Laraberto d'), I, 61 n.
Morvillier (Jean de], I, 240 ; — II,
156 n.
Mouchar (Jean), irapr. iraag. à Reiras,
II. 257.
Moussy (Denis de), I, 328.
Moyet (Estienne), I, 370.
Millier (Giuseppe), I, 43 n.
Muulz vEiigèue), II, 171.
Murard (.lean-Bapliste). II, 328 n.
Muret (Marc-Antoine de , I, 73. 108,
223; — II, 65 u., 146 n., 165 n.
273.
Mussata (Maria), II, 322 n.
Muteau (Ch.), II, 307 n.
Nabeyrat (L ), H, 239.
Nani (Battista), II, 352 n.
Nannoccio, peintre, 1, 111.
Nactiligali (Ottmar), dit Luscinius,
I, 119.
Nancy, I, 370.
Naples, I, 258 ; - II, 158, 349.
Narbonne, 11, 342, 345.
Narbonne (le provincial de), plus
tard général de l'ordre des Carmes,
I 150 152.
Nardi (j'acopo), II, 128 n.
Nassau (Ludovic de), II, 96, 98, 99.
Nassau (Maurice de). II, 112.
Naturel (Philibert), I, 7 n.
Navagero (Andréa), II, 157.
Navières (Charles de), I, 73.
Negri (Girolamo) de Foss.mo, I, 99.
Néhou (Gilbert), irapr., I, 162 n.
Nemours (Jacques de Savoie, duc de),
I, 261.
Nerini (Giuliano), I, 323.
Nesmond (François de), seigneur de
Ghézac, II, 142 n.
Nesti (Pietro), impr. à Florence, II,
336.
Neuber (Ulrich), II, 67.
Neufville (Charles de) de Villeroy,
sieur d'Alincourt, il, 219 u., 260,
264, 267.
Neuville (Jeanne de), II, 19 n.
Neufville (Madeleine de L'Aubespine,
femme de Nicolas de) de Villeroy,
II, 266, 267.
Nevers (François de Clèves, duc de),
I, 64 n.
Nevers (Louis de Gonzague, duc de).
Voy. Gonzaga (Lodovico).
Nevers (Henriette de Clèves, du-
chesse de), II, 224.
Niccolini (les frères) de Sabbio,
impr. à Venise, 1, 315 n.
Niccolini (Piero di Matteo), I, 207,
214, 219.
Nice, I, 135 n., 228.
Niceron (le P.), I, 1 n, 313 n.
Nicolaï (Nicolas de), seigneur d'Ar-
feville, I, 183 ; — II, 129-134.
Nicole, maîtresse de Claude de
Pontou.x, II. 51.
Nivelle (Nicolas ?), impr. a Paris,
II, 176 n.
Noailles (François de), I, 243 n.,
349, 350, 357; — II, 118.
Noailles (Gilles de), abbé de L'Isle,
I, 267.
Noailles (le marquis de), I, 266.
Noceto (Francesco di), comte de
Pontremoli, I, 83.
Nodier (Charles), II, 239.
Noëlat (Cl.), II, 239.
Noircarmes (de), II, 96.
Noihac (Pierre de), I, 289 n. ; —
II, 167 n., 171, 176 n., 322-823 n.
Nouvelet Claude), II, 85.
Novare (Bataille de), I, 15.
Novello (Lodovico), I, 215.
Novilieri (Gugl. Aless. de). Voy.
Clavel, sieur de Novilliers.
Noyon, I, 282.
Nuvolara (le comte de). Voy. Gon-
zaga (Annibal).
Obsequens (Julius), 1, 165, 176; — II,
13 n.
Oemler (Georg), diiAerailius, I, 129-
132.
Olimpia, 1, 56, 65.
Olivier (Nicolas), de Liège, 11, 271.
Olivier! (Benvcnuto), 1, 102.
384
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Onorati (Bartolommeol, libr. à Lyon,
II, 196, 197, 219.
Onorati (Sebasiiano), libr. à Lyon,
I, 1G4 n., 179.
Oporinus (Joli.). Voy. Herbsler.
Orange (Philiberte de Luxembourg,
princesse d'), I, 13.
OranL;e (René de Nassau, prince d'),
I, Ù4 n.
Orano (Domenico), I, 1(34.
Orazi (Niccolô), II, 163.
Orazia (/'), I, 152.
Orbec-Oronte, II, 233.
Orléans, II, 161.
Orléans (Charles duc d'), fils de
François 1er, j^ 256.
Orléans (Louis d'), II, 150.
Ornesan (Bertrand d'). Voy. Sainl-
Blancar(L
Ornesan (Magdalon d'), T, 228.
Orologgi (Giuseppe). 1, 154.
Ors! (Aurelio), 11,272, 273.
Orsini (Fulvio), II, 159, 175.
Ossinger, II, 335 n.
Ottaviani (Otlaviano), I, 265.
Ottilio (Marcantonio), II, 326.
Otto Heiiirich. comte palatin, 1, 323.
Oudart, II, 162.
Ovide, I, 180, ISI.
Pacard ('Abraham), libr. à Paris, I,
11 n.
Padoue, 1, 28n.,51 n., 268,285 n.,
326,355; —II. 33 n, 49,59, 64 n ,
97 n., 110, 112, 138, 155, 165,
174 n., 175 D.. 201, 260. 315,
317 n.. 320, 326, 328, 330, 347,
348 n. ,350.
Pagano (Giovanni), II, 163.
Pabnerin, I, 271.
Panciatichi (Barlolommeo), I, 134,
138, 139, 146.
Panciroli (Guide), II, 326.
Pandocheus (Elias) = Guill. Poslel,
1, 316.
Pane (Madeleine de), II, 42.
Pantalon, I, 367.
Papio ((jiov. Angelo), II, 163, 164.
Papon (Jean), II, 119.
Papon (Pierre), II, 120.
Papus, II, 119.
Parabosco (Girolamo), II, 149.
Paradoxes de la cure de pente,
11,65 n.
Parant (Jean), libr. à Paris, II,
231. 233.
Pardaillaa (François) de Gondrin
IL 139.
Parfaict (Nicolas!, I, 286.
Paris, I, 281, 285 n., 324.
Paris (Paulin), 1, 7 n.
Parma(Battista da), libr., I, 150, 151.
Parme, I, 5.
Parn:ienlier (Michel), impr. à Lyon,
276 n.
Parodi, I, 2 n.
Parrino et Mazi, libr. à Naples, II,
.352 n.
Pascale (Lodovico) , de Cattaro, I,
164 n.
Pascali (Gio. Luigi), I, 164.
Paschal (Pierre de), 1, 244 ; — II,
140,
Pasinelli (Angiolo), I, 258 n.
Pasini (Maffeo) et Francesco Bindoni,
irapr. à Venise. Voy. Bindoni.
Pasquier (Estienne), II, 117 n., 143
n., 146, 149, 151, 179, 318 n.
Passano (Gio. Gioacchino da), I, 83.
Passerai (Jean), I, 287 n. ; — II. 105.
Passion {la) de Jesuchrist, 1, 138.
Pastori (Francesco), I, 258 n.
Palernô (Lodovico), I, 215 ; — II,
27-29.
Pater nosler italien macaronique,
II, 251.
Pâtisson (Mamert), irapr. à Paris, II,
149, 158, n. ; — II, 176, 277 n.
Patrasson (Jean), libr. à Lyon, II,
243.
Paul III Farnese, pape. I, 112.
Pavie (Université de). I, 2 ; — II, 1.
Pazzi (Allonso), II, 25.
Pé (Jekn). II, 2.39.
Peiresc (Nicolas-Claude Fabri, sieur
de), II, 289, 347.
Peyron (Pierre), I, 159.
Pelesino (Giovanni), II, 341 n.
Pélissier (Léon-G.), I, 3 n., 4 n.
Pelletier (Jacques), du Mans, I, 236,
239; — II, 221.
Pelletier (Jean), II, 151.
Pellicier (Guillaume), 1,97, 100, 232,
253 ; — II, 157.
Pellisson-Fontanier (Paul), II, 349n.
Peiia (Francisco), II, 164.
Penacors (François l" de Veilhan,
seigneur de), I, 69, 74 n.
Penacors (François II de Veilhan,
baron de), I, 74 n.
r'ent(Georg von), 11, 271.
Penlhièvre (Jeanne de Brosse, dite
Mil» de), I, 65.
Pepoli (Diamante), I, 360 n.
TABLE ALPHABÉTIQUE GENERALE.
385
Pepoli (Co. Giovanni), II, 194 n.
Percacino (Grazioso), impr. à Padoue,
1,320, 322.
Perier (Adrien), libr. à Paris, II,
305 n.
Pernumia (? Zabarelia), II, 322.
Peroto (Giovanni), drogman. Voy.
Giovanni.
Perreau (Louis de), seigneur de
Caslillon, I, 236 n.
Perrenev (Nicolas), II, 326 n.
Perret (Marc), II. 111 n.
Perrot (Aimée), II, 142.
Perrot (.\ndré), I, 328.
Perrol (Charles), I, 351 n., 352 n.,
353 n.. 358.
Perrot (Espérance), I, 354, 356, 380.
Perrot (FuAiNcois), sieur de Mézières,
n» XXI, t.'l, pp. 325 380. — Cf.
1, 182; —II. 1, 98, 99, 102, 104,
110, 116, 118.
Perrol (Jacques^ I, 328, 371, 372.
Perrot (Malhien), I, 327 n.
Perrot Milles I"), I, .325, 335 n.
Perrot (Milles il), I, 326 ; — II, 115.
Perrot (Nicolas I«r), I, 325 n.
Perrot (Nicolas II), seigneur des
Carneaux, I, 326 n., 327, 33 'i n.
Perrot (Nicolas III), I, 327, 339,
354 n.
Perrot (Paul) de La SmIIp, II, 2.
Perrot (Philippe), I, 326 n.
Perussis (Blanche-Hicbarde de), II,
42.
Perussis (Clément de), co-seigneur
de Caumont, II, 33.
Perussis (François de), II, 33 n.
Perussis (Louis de), n" XXVI, t. II,
pp. 33- '.2.
Pesillau. II, 111.
Petau (Paiil\ H, 2S'.).
Petit (Guillaume), I, 19 n., 20 n.
Petit (Jean), Iibr. à Paris, I, 23 n ,
24 n.. 28 n.
Petit- Pas (Jean), libr. à Paris, II,
147 n.
Petrarca (Francesco), I, 166, 172,
193, 195, 205, 212, 214, 218, 366 ;
— II, 4'., 54, 62, 220, 321.
Petremand (Jean), II. 245.
Pétrovitch ((jeor.i;es T.), I, 254 p.
Peverone (Francesco), I, 179, 181.
i'hilaletha, polytopiensis civis (= Or-
tensio Landi), I, 276 n.
Philibert, duc de Savoie. I, 5,
Philieul (V.\squin), n" XXVIi, t. II,
pp. 43-48. — Cf. I. 246; - :l,
35, 36, 38, 164 u., 220.
Philieul (Romain), II, 43.
Philippe, archiduc d'Autriche, I,
3, 5.
Philippe II, roi d'Espagne, I, 227, n.
310; — II, 27 n., 95. 295.
Philippsohn (Joh.), ditSleidan. Voy.
Sleidan.
Phillips (Sir Thomas), II, 269.
Pibrac (Guy Du Faur, seigneur de),
II, 352 n.
Pico (Giovanni) délia Mirandola, II,
265.
Pie IV Medici, pape, I, 286 n ; —
II, 40 n.
Pie V Ghislieri, pape, I, 2, 84.
Piennes l'aînée (Louise de Halluln,
dite M'i« de), II, 10.
Piennes la jeune (Jeanne de Halluin,
dite M»» de), II, 10.
Pier Giovanni (Frà) di Sardegna, II,
271.
Pierre Cercel, prince roumain, H,
174 n.
Pierre (le P.) d'Abbeville, II, 352.
Pierrevive (Marie-Catherine de), II,
309.
Pietrasanta. I, 15 n.
Pielrasauta (Paolo), I, 145.
Pigafetta (Filippo). II, 272 n.
Pigeon, I(, 189, 190.
l'igghe (Eslieone), II, 97 n.
Pignerelle, II, 161.
Pillon (Germain). II. 149 n.
Piuelli (Carlo), II, .857.
Pinelli (Gio. Vincenzo), I, 372 ; —
II, 159, 165, 173, 175 n.
Pinghon, II, 190.
Pingon (Emmanuel-Philibert de). II,
190.
Pingon (Louis de), II, 190.
Pinon (N.), II, 151,
Pinzio (Paolo), 1, 163. 174 ; -II, 4,
Pio (Alberto), comte deCarpi, I, 64 n, ,
82 : — II.. 356.
F'io (Rodolfo), cardinal de Carpi, I,
85 n., 88. "
Piochet (Jean de), II, 162.
Pisani (Faustina), I, 322 n.
Pisseleu (Charles de), II, 137.
Pithou (Pierre). II. 117 n., 296.
Poisle (Jean), II. 295,
Plantin (Christophe), impr. à x\nvers,
I, 364 ; - II, 36.
Platon I, 58 n.
Pline le jeune, I, 189.
Plutarque, I, 10, 189 ; — II, 145.
Poggini (Spuno), II, 128,
Poissenot (Bénigne), II, 245,
386
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Poissy (Colloque de), I, 244, 266,
282, 286.
Poitevin (B.). II, 151.
Poitiers, II, 96, 146, 230, 231.
Poitiers (Diane de), duchesse de Va-
lenlinois, 1, 180,181, 306.
Poitiers (Guillaume de), seigneur de
Saint-Vallier, I, 229 n.
Polelti, libr. à Venise, II, 352 n.
Police (la) de l' Aulmosne de Lyon,
I, 122.
Police subsidiaire a celle quasi
infinie multitude des povres . . .,
1, 120.
Polidoro Virgilio, I, 165.
Poliziano (Aogeloi, I, 103.
Poliero (Giulio), II, 271.
Polin (le capitaine). Voy. La Garde.
Pologne 1, 261, 266-268.
Polombello Corano (Frà Gasparo), II,
336.
Pompadour (Geoffroy de), I, 23 n.
Pomponazzo (Pietro), 1, 63 n.
Poncelet (Nicolas), libr. à Paris, II,
188.
Poncet (Maurice), II, 277 n.
Poncet (Simon), II, 277.
Poncher (Estienne de), arcliev. de
Sens. I, 23 u.
Pons (Jacques), II, 199.
Pontac (Arnaud de), 1, 249.
Pontano (Gio. Gioviano), I, 103.
Pontievre. Voy. Penlliièvre.
Porchères (Honoré Laugier de), II,
143 n.
P0.NT0UXiCLAUDEDE),n<' XXVIII, t. II,
pp. 49-57. — Cf. ][, 60. 64.
Pontoux (Claude de), seigneur de
Granges, II, 55 n.
Porlau (Thomas), impr. à Saumur,
I, 378.
Portonariis (Andréa de), libr. en
Espagne, I, 186.
Portonariis (Domenico de), libr. à
Lyon, I, 185.
Portonariis (Gasparo de), libr. en
Espagne, 1, 186.
Portonariis (Marguerite de), I, 185.
Portonariis (Vincenzo de;, libr. en
Espagne, 1, 185, 186.
Portos (Krançois), ), 352.
PosTEL (Guillaume), n" XX, t. I, pp.
313-324. — Cf. I, 68, 96 n., 109 ;
— 11, 82, 85.
Potez (Henri), II, 357.
Polon(Jean) de Saintrailles, H, 166 o.
Poupo (Pierre), II, 301.
Pourrai (Philippe), II, 194.
Poyet (Guillaume), chancelier, 1, 815.
Prévost (Honorai), II. 217.
Prévost (Mathurin'i, libr. à Paris, II,
196.
Prévost (Paul), seigneur de Brenault,
I, 326 n.
Priapea, 11,263.
Primaleon de Grèce, I, 271, 305.
Prévosteau (Eslienne), impr. à Pa.-is,
II, 211, 239, 2iO.
Prinet (Max), H, 244.
Priuli (LorenzoK II, 157.
Privey (Maurice), II, 60.
Proclus, I, 23 n.
Prontuario de le medaqlie, I, 199,
219.
Prunis (le chanoine), II, 203.
Pseaumes {les sept) de la péni-
tence, de P. Aretino, 1, 147, 154.
Queck (Paul), impr. à Bàle, I, 178.
Rabatla fVincenzo), II, .3.36, 337.
Rabelais (François), n" IX, pp 95-
104. — Cf. i, 122; — 11, 356.
Rabyot (Dionys), II, 306 n.
Rademaker (Jan), II, 98 n., 127,
129.
Radzivvillowna (Barbara), 1, 261.
Rsmond (Florimond de), I, 323 n. ;
— Il, 141.
Raqionameti ta havulo in Lione, 1,
204.
Ragot (Anne), H, 317 n.
Ragot (Emmanuel), II, 317 n.
Raguier (Louis), seigneur de La
Motte de Tilly, I. 77.
Ragusa (Martino da), impr. à Naples,
I, 276.
Raguse, I, 252, 329, 350; — II, 118.
Ragusea (la), courtisane vénitienne,
II, 50.
Rahlenbeck (Charles), II, 95 n.
Ravmond (Florimond de), I, 323 n. ;
— Il, 141.
Raince (Auguslin), I, 94 n.
Raince (Claude 1"), I, 94 n.
Raince (Claude II), I, 94 n.
Raince (François), 94 n.
Raince (Françoise), I, 94 n.
Raince (.lean), I, 94 n.
Raince (Nicolas), n» VII, t. 1, pp.
79-94. - Cf. I. 252; — II, 356.
Raince (Nicolas II), I, 94 n.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
387
Raince (Nicolas III). I, 94 n.
Raince (Pierre), I. 9't n.
Raince (Simon), I, 94 n.
Rainoldi (Elisabetta), II, 40 q.
Ramier (i^ierre), impr. à Pari», II,
•239, 265.
Ramigny (Lazare), II, 109.
Rampazetto (Francesco), libr. à Ve-
nise, I, 280 n.
Rance, I, 19.
Raridan (Charles de La Rochefou-
cauld, comte dei, I. 266.
Ranzo (Jeronimo;, 1, 79.
Rapin (Nicolas), II, 288, 289, 297.
Ravaud (Jean), sieur de Bocgriman,
11,318 n.
Ravel (Claudine), I, 186.
Ravel (Pierre de), II, 152.
Ravenoido (Andréa), libr. à Venise,
II, 219.
Ravot (Antoine), impr. à Turin, 1,
19 û., 162 n.
Ravot (Claude), impr. à Paris, puis
à Lyon, l, 162 n.
Ravot(Pierre),impr. àTurin, 1, 162 n.
Razzi (Girolamo), II, 342 n.
Réaumur (M'ie de), II, 355.
Receveur (Claude), II, 245.
Reffuge (Marguerite de), 11, 184.
Regnault (François), libr. à Paris,
I, 10 n.
Regnault (le P. Robert), II, 124 n.
Régnier des Marais (Franc. Séra-
phin), II, 351.
Reich (Johann), dit Richius, I,
54 D.
Reidellet (le P. L.), Il, 351.
Reynaud (Hector), I, 251 n.
Reinhardt (.Johann), impr., I, 161 n.
Reinier (Jacques), II. 227.
Rély (Jean de), II, 296.
Renda(LI.), I, 104 n.
Renée de France, duchesse de Fer-
rare, I, 33; -II, 155.
Renzo, I, 79.
Renzo (Benedetto), 1, 80.
Rentio (Nicolas), I, S8.
Resecco (Fabrizio), H, 179.
Résolution claire et facile sur. . .
la prise des armes. II, 257.
Reure (l'abbé), II, 194.
Reuss, I, 353 n.
Reuss (Heinrich III von), seigneur
de Platten, etc., Il, 350 n.
Ribier (Guillaume), I, 84 n., 85 n.
Riccardi (Pietro), I, 34 n.
Riccio (Michèle), I, 315 n.
Riccoboni (Antonio), II, 174.
Ricevera, I, 67 ; — II, 355.
Richard (Jean), II, 59, 65.
Richard (J. G.), Il, 306 n.
Richard (la veuve de Thomas\ libr.
à Paris, II, 82.
Richardot (Antoine), II, 56 n.
Richardot (François), II, 56 n.
Richardot (Guillaume), II, 56 n.
Richardot (Jean), seigneur de Barli,
II, 56 n.
Richelieu f\rmand, cardinal de), i,
378; — II, 333.
Richer (Christophe), 1, 97 n.
Richer (Jean), impr. à Paris, II,
152 n., 231, 303.
Richter (Joh. Paul), II, 171.
Ridolfi (Lucantonio), I, 187, 189,
193, 194, 196, 202, 206, 207, 213,
214, 218, 219; — II, 11 n., 15,
2.3, 24. 26.
Riez, I, 241.
Rigaud (Benoist), libr. à Lyon, l,
298 n. ; — II, 52 n.. 53, 199, 226.
Rigault (Nicolas), 11, 333.
Rigolet 'J.\ II, 239.
Rihel (Joh.), l, 21 n.
Rincio (Bernardiuo), I, 79.
Rinoceronte (Capitauo), II, 341 n.
Rinuccini (Alamanno), I. 189.
Rippa (Alberto da), ou Délia Ripa,
musicien, I, 303.
Rivasson (Jean), 11, 143 n.
Rivaudeau (Robert), seigneur de La
Guillolière, 1, 272.
Roanne, I, 6.
Robertet (Florimond), I, 9 n., 14 n.
Roberlis (Dominico de), impr. à
Séville, II, 217.
Robinot (Gilles), impr. à Paris, 1,
137 n.
Rocca (Bernard ino), II, 91,
Rochechouart (Charles de), II, 9 n.
Roën (Jean), 11, 105.
Roffignac (Christophe de), I, 74.
Rogier (Guillaume), 1, 84 n.
Rohan (François de), seigneur de
Gyé, l, 239.
Roy (Emile), 11, 3H;.
Roillart (Louis), 11, 209.
Roillart (Pierre), 11, 209 n.
Rollet (Philibert), impr. à Lyon, I,
190, 192.
Romain (Philippe), I, 187.
Rome, l, 5, 17, 80 83, 85, 88, 95,
112, 113,239. 251, 252, 262, 275,
281, 290, 323 ; — 11, 51, 71, 97 n.,
III, 118, 138, 260 n., 269, 330,
357.
388
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
RoMiEU (Jacques de), n» XLVIII t.
II, pp. 223-228.
Roraieu (Marie de), II, 225, 227,
232, 283.
RoMiEU (Paul), LXI, t. II, pp. SM,
345.
Rompre, II, 65.
Rondelet (Guillaume), II, 164 n.
Ronsard (Pierre de), I, 73, 241, 244, j
298, 303, 304 ; — II, 9 n., 65 d.,
66, 225.
Roquetlft (Estienne), II. 271.
Roscio (Giulio), II, 273.
Roseo (Mambriûoj, de Fabriano, I,
347 n.
Rossi (Francesco\ de' Salviali. pein-
tre, I, 294 n.
Rossi (Giovanni), impr. à Rologne,
II, 72.
Rossi (Pinc de", II, 12.
Rolarius (.loanoes). Voy. Radema-
kpr.
Rolh, libr. à Francforl-s.-le-M., II,
276.
Roth (Adam), impr.. I, 161.
Rothschild (le baron .Tunes de),
bibliophile, 1, 120 u. : — II,
179 D.
Rott (Edouard), I, 9 n , 13 n. ; —
11, 117.
Rouard, I, 66.
Rouillé — Roville, I. 184.
Roussat (Richard), 1, 185.
Rousselet (Pierre), I, 186.
Rousset (Nicolas), libr. à P<iris, 11,
306 n.
Roussy (.Madi'Iein" de JMailly, femme
de Charles de Rove, comte de), 1,
66.
Roussin (Pierre', im[)r. à Lyon, 11,
219.
Roux (Pierre), impr. à Avignon, I,
246; — II, 34, 35,37, 4i, 46.
Rovesiale (Ricardo), 11, 111 n.
Roville (Drivonne de), I, ls6.
Roville (Guillaume), n" XII, t. 1,
pp. 183-220. — Cf J, 115; — II,
7, 11, 12, 16, 20, 21, 28, 130; -
ses héritiers, II, 351 n.
Royat (Fontaine de), 1, 181.
Roye (Charles de), comte de Roussy,
I, 66
Ruble (Baron Alph. de), II, 10 n.
Ruelle (Jean), impr. à Paris, I,
10 n.
Ruff (Simpert), impr., I, 119 n.
RufTey (Jean de Vienne, baron de),
II, 57.
Ruffi.I, U n.
Ruffiuelli iGiacomo"!, impr. à Venise,
II, 272.
Rusca (Eleuterio), I,6i n.
Ruscelli (Girolamo), 1, 115, 215, 218,
220; - II, 91.
Russel (Francis), comte de Bedford,
I, 215.
Sabbio (Lodovico da\ impr., I, 248.
Saquespee (Antoine ?), seigneur de
Sélincourl, II, 50, 57.
Saciati (Alberto), I, 44 n., 135 n.
Sadoleto (Jacopo), cardinal, I, 169,
276.
Sagon (François de), I, 2.36.
Saillant (Ghrestienne de Baissey,
dite M"« de), 11, 59, 60.
Saint-Acheul, 1, 81, 82 n., 8i, 87.
Sainl-Barthélemy (la), I, 266, 324.
Saint- Calais, abbaye, 1, 81, 82 n, 87.
Saint-Blancard (Bertrand d'Orne-an,
baron de), 1, 228.
Saint-Christophe de Jambet, I, Idi.
Sainte-Justine de Padoue. 1, 28 n.
Siinte-Miirguerile, îie, I, 228, 231.
Sainte-Marthe (Charles de), 11, Il n.
Sainte-Marthe (Scévole de), II, 156,
158, 161 n., 179, 288, 29.5, 297, 358.
Saint-Gelais (Meli.in de), n" V, t. I,
p. 51. - Cf. 1,59. 66, 241, 303 n..
334; — II, 10 n, 11 n.
Saint-Jean (Claude de\ I, 66
Saint-Romuald (le P. de). I, 66.
S.iint Maisal (Rigal de), 11, 6 7.
Saint-Martin (J^an de). 11, 143 n.
Sainl-M irtin-des-Champs, à Paris
(prieuré de), I, 324.
Samt-Pierre-le-Vif, abbaye, 1. 2()1.
.Saint-Saeiis, abbaye. 1. 283.
Sainl-Sulpice (.\nt(iine Du Bourg,
baron de). II, 175 n.
Haint-Symphnrien, 1, Rtl.
Saint-Thomas (Claude de), 11, 227.
Saint-Yon (Peir;tte de), 11,55.
Sayve (Antoinette), II, 65 n.
Sayve (Estienne), II, 64 n.
Sayve (François), II, 64
Sayve (Olivier^. II. 65 n.
Sayve (Jean), il, II 1 n.
Sala (Fécuyer). I, 106.
Sala-rais, 1, 228.
Salcedo, I, 355.
Salel (Hugues), I, 69, 74
Salicato (Altobello), impr. à Venise,
11,74 n.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
389
Salignac (Barlliéleray de), 1, 54 n.
Salirabeni (Gio. BalUsta), II, 163.
Sallel (Jeanne), II, 279.
Sabni cU David, I, 182, 359, .364,
373-377.
Salomon (Bernard), grav., I, 175.
Saluées (Gabriel, marquis de), II, 82.
Salviani (Ippolilo), II, 155 n.
Salvioni (Pielro), impr. à Macerata,
II, 348 n.
Samerponl (Mathieu de), II, 271.
Samouillan (AI.), I, 326 n.
San Casciaoo, II, 166.
Sandiiion, II, 161.
Sanesi (Giuseppe), II, 357.
Sanesi (Ireneo), I, 276 n.
San Gioanni (Claudia), I, 66.
Sangiorgi (Jacopino da), I, 2.
Sanguin (Jacques), seigneur de Li-
vry, I, 335 n.
Sannazaro (Jacopo), I, 56, 57, 206,
208; - II, 236 n.
San Pedro (Diego de), I, 165.
San Severino (Federigo), cardinal,!,
17 n., 18.
Sansovino (Francesco ïatti, dit), 1,
280 n. ; -II, 28,74.
Santasofia (Girolamo), II, 323 n.
Santasofia (P.), II, 323.
Santa Uliana (Elena), II, 322.
Sanuto (Marino), I, 4- n., 5 n.
Sarpi (Frà Paolo), I, 283 n., 372,
373; — II, 112 n., 113, 125, 290-
293,
Saugrain (Jean), libr. à Lyon, I,
823 n.
Saumaise (Bénigne de), II, 65 n.,
305, 306 n.
Saumaise (Claude), II, 306 n.
Saumaise (Estienne de), II, 65 n.
Saumaise (Jérôme de), II, 65 n.
Saur, impr. à Francfort-s.-le-M., II,
276.
Savaron (Jean), II, 289..
Savigliano (Gabriello), médecin, I,
101.
Savigny, abbaye, I, 119 n.
Scaliger (Joseph), I, 324 ; — II, 102,
107, 125, 289.
Scaliger (Jules-César), 1, 74 ; — II,
231.
Scanderbeg, I, 254 n.
Scaraveili (Ippolita), dame de Milieu,
II, 227.
Scarron (Clémence), II, 5 n.
Scarron (Jean-Eustache), II, 5 n.
Scarron (Louise), II, 5 n.
Scève (Claudiue), I, 125 n.
Seève (Guillaume), I, 124.
Scève (Jean', prieur de Montrottier,
I, 159.
Scève (Maurice), I, 125, 156, 163,
167, 170, 171, 2.36.
Schefer (Charles), I, 221, 230 n.,
232 D., 329 n.; — II, 121.
Schioppius. Voy. Schopp.
Schlotthauer (Joseph), I, 129.
Schomberg Gaspard de), II, 50 n.
Schomberg (Henri, comte et maré-
chal de), II. 333.
Schomberg (Wolfgang von), II, 50 n.
Schopp (Kaspar), dit Schioppius, II,
198.
Schwallart (J.), II, 276. Voy. Zuallart.
Schwartz (Johann.), impr. imaginaire
à Munich. I, 365.
Schwendy (Lazarus von), II, 76.
Scoriggio (Lazzaro), impr. à Naples,
II, .349 n.
Scoto (Francesco), II, 322 n.
Scribanus (le P. Carolus), II, 125 n.
Scrimger (H.), I, 352.
Secchia (Francesco Beltramo), d'U-
dine, comte de Marrano, I, 229-230.
Séché (Léon), I, 289 n.
Sedan, I, 360 n., 363, .-^64, 371, 376.
Segni (Lodovico), II, 163.
Segrè, II, 355,
Séguier(Anne), II, 215,217.
Séguier (Pierre), \, 328 n.
Sevraour lAnne, Marguerite et
Jeaune), I, 155, 299, 301.
Seyssel, ville, II, 335.
Seyssel (Agnès de), I, 24.
Seyssel (Antonine de), 1, 24.
Seyssel (Claude !«' de), maréchal de
Savoie, I, 2.
Seyssel (Claude [II] de), n" I, t. I,
pp. 1-25; II, 355.
Seyssel (François-Philibert de), baron
d'Aix, I, 12 n.
Seyssel-Cressieu (Marc, comte de),
i, 1 n.
Seytres (Françoise de), II, 42.
Selincourt (Antoine (?) Sacquespée,
seigneur de). Voy. Sacquespée.
Selve (Georges de), 1, 83, 85.
Selve (Jean de), I, 89.
Selve (Jean-Paul de), I, 246.
Semerpont (Mathieu de), II, 271.
Senault (le P.), II, 213.
Sénèque, 1, 9.
Senneton (Antoine), I, 354 n.; — II,
151, 154.
Sepp (Christiaan), II, 95 n.
Serbelloni (Cecilia), II, 40 n.
390
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE
Serbelloni (Franrpsco Fabri/.io), II,
34-36, 40, 41. 4'3, 47.
Serbelloni iPietro), 11, 40 n.
Sergent ( Pierre), impr. à P.iris, 1, 123.
Seriio (Sebasliano), I, 154, 157, 174,
210.
Serre (Honoré), II, 2.35.
Serre (Thomas), II, 234.
Serres (Jacques), abbé de Monta-
bourg, II, 227.
Serres (Mme de), II, 227.
Serres (Olivier de), sieur du Pradel,
II, 227.
Sertenas (Vincent), libr. à Paris,
I, 254 n., 272.
Servain (Estienne), impr. à Lyon,
II, 199.
Servin (Louis), II, 306.
Sevestre( Pierre), libr. à Paris, II, 189.
Sevin (Jean), I, 95
Sforza (Otlaviano .Vlaria), I, 4.
Sibiiet (Tliomas), I, 349, c54 n.
Sidney (Philipp), I, 357, 358.
Sidoine Apollinaire, II, 289.
Sienne, I, 15, 17, 265, 268.
Sigismond-Augusle, roi de Pologne,
I, 261.
Silly (Jacques de), comte de Roche-
fort, II, 82.
Sillv (Françoise-Marguerite de), II,
310.
Sigonio (Carlo), II, 159, 164, 165,
173, 174 n.
Silva (Miguel de), I, 213.
Silvecane (Guillaume de), I, 223 n.
Silvecane (Nicolas), I, 223.
Sylves (Garci), I, 244 n.
Svlvester (Josuah), II, 257.
Silvia, II, 190.
Silvius (Guillaume), impr. à Anvers,
II, 127 n., 130.
Simeoni (Gabriel), I, 55, 62, 66,
165, 180, 185, 201. 2^3. 208, 210,
212, 214. 215, 216, 219, 220, 294 n.;
— Il, 45.
Sbnulachres {It's) et historiées
Faces de la Mort, 1, 127-133.
Sirod, IL 241
Sle,idan(Joh Philippsohn,dit), I, 21n.
Sdfferoni (Malteo), I. 152.
Sohier (Guiilaurael, H, 350 n., 351.
Solerti (Angelo), II, 322 n , 323 n.
Soliman, I. 227, 228, 313.
Sorleone (Alessandro), !, 224.
Sormano (Gasparo), I, 82.
Sossin (Ponson), II, 341, 3i3.
Soubrou (Thomas), libr. à Lyon, II,
199.
Soultrait i;Georges de), II, 209.
Sourio (Jean de), II, 227.
Sozzi (Giacomo), II, 25 n.
Sozzini (Alessandro), II. 155.
Spada (Gherardo). II, 28.
Spandugiuo (Théodore) Cantacuzène,
I, 232.
Spavento (Capitano), II, 341 n.
Speroni (Sperone), II, 322 n.
Spon (Jacob), II, 352 n.
Slafileo (Giovanni), I, 83.
Stampa (le Comte Massimiano), I
136.
Staraplé (Pierre), II, 156.
Stofner (Johann), I, 309-311.
Stratius (Jean) , libr. à Lyon, H,
245.
Strozzi (l'abbé), II, 351 n.
Strozzi Ciriaco), II, 105. 10(î.
Strozzi (Filippol, 11. 96, 97, 101-107.
Strozzi (Lionardo), II, 14 n.
Strozzi (Leone), I, 229; — 11, 105.
Strozzi (Piero), I, 226, 257, 268 n.,
269; — II, 96. 105.
Strozzi (Pompeo), I, 231.
Stuart (Jean), duc d'Albany, I, 83.
Suarès (Jospph-iMarie), 11, 351.
Suci (Francpsco), impr. à Ferrare, I,
39.
Suétone, I, 165.
Suisses, I, 13, 18.
Sully, IL 161.
SuUv (Ma.ximilien de Bélhune, duc
de), IL 199.
Surdy (Mi"- de), II, 352.
Sussanneau (Huberfi, I, 108.
Sziget, 11,76.
Tabert (François), libr. à Paris, II,
187, 188.
Tabourot (Estienne), II, 143 n.. 301,
303.
Tacchi (le P. Pietro), II, 357.
Taffin (Hermann). sieur de Torsav,
n» XXXIV, t. II. pp. 95-107. —
Cf. I. 360, 376, 377.
Taflin (Jacques), II. 95. 99,101.
Taffin (Jean), II, 95,97 n., 98.
Taffin (Nicolas i, II, 95.
Taffin (Pierre). II, 95 n
Taflin (Quentin), sieur de La Pré, II,
95,96, 98.
Tagliacarne(Benedetto), ditTeocreno,
I, 59 n., 63.
Taillemont («".laudrt de). 11, 13 n.
Taillepied (Frère Noël), II, 2.32.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
391
Tainturier (Jean), impr. h Bourg-en-
Bresse, 11, 349 n.
Taraizey de Larroque (Philippe), 1,
74, 235 II.. 251 n.,295 n.
Tarapach (Gotlfried), iibr. à Franc-
fort-s.-M., II, 276 n.
Tané, II, 61
TaplienoD (Gabriel), médecin, 1, 101.
Tartier. Voy. Le Tartier.
Tassin (Cbarles), II. 357.
Tassins. I, 118.
Tasso (Bernardo), I, 109.
Tasso (Torquato), II, 183, 219.
Tassooi (Galeazzo), I, 135 n.
Tatli (Francesco). Voy. Sansovino.
Tatli (Giovanni). I, 315 n.
Tatli (Jacopo), dit Sansovino, I, 315 n.
Tausseral-Radel, 1, 97 n.
Telesphorus, II, liO.
Téligny (Louis, seigneur de), II, 9 n.
Téiigny /Marguerite de), II, 249.
Télignv (Odet de La Noue, seigneur
de),' II, 249, 257. — Voy. La
Noue.
Tenrier (Pierre), II, 233.
Teofilo (Massimo), I, 164, 177, 178.
Ternali in glovia di Giidio III et
délia maeslà délia reina, par
P. Aretino, I, 155139.
Terissan (Françoise de), II, 143 n.
Tessier (Carle)i II. 206.
Tessier (G.), no XLV, t. II, pp. 205-
207.
Tcslamento (Nitovo), I, 177, 182,
190, 192, 197, 20i.
Teslori (Gugiielmoj, II, 205 n.
Thadée (Frère), augustin lyonnais,
I, 24.
Théâtre de française désolation. I,
122.
Themon-Dessy (Ed.), impr. à Atb.
II, 279.
Théodore (Jean), II, 96.
Thermes (Marguerite de Saluces-
Cardé, dame de), I, 203.
Thesut (Jacques de), II, 65 n.
Thesut (Louis de), II, 65 n.
Tbevet (André), I, 317.
Thibault (Nicolas), abbé de Saint-
Calais, I. 84.
Thibault (Nicole), procureur général,
I, 84.
Thiboust (S.), Iibr. à Paris, II, 200.
Thiene (le comte Edoardo di), I,
360 n.
Thierry (Amiable). II, 30.
Thierry (Claude), II, 30.
Thierry (Gilbert), II, 30.
Thierry (Gontran), II, ,30 n.
Thierry (Jacques), II. 30.
Thierry (Marie), II, 30.
Thierry (Pierre), II, 31.
Thierry (Thomas), n" XXV, t. II,
pp. 27-31.
Thou (Adrien de), seigneur d'Hier-
ville, I, 335 n., 347, .348.
Thou (Anne de), I, 355 n.
Thou (Augustin II de), 1, 335 n,; —
II. 117 n.
Thou (Augustin de), seigueur de Bon-
nœil, I, 344 n.
Thou (Barbe de), I. 335 n.
Thou (Christophe de), seigneur de
Bonnœil, I, 328 n., 335 n. ; — II,
178, 295.
Thou (Jacques de), seigneur du Bi-
gnon, I, 326, 334 n.
Thou (Jacques-Auguste de), I, 108 n.,
328, 304; - II, 276, 331,
Thou (Jeaune de), I, 335 n., 346 n.
Thou (Marguerite de), I, 326, 335 n.,
346 n.
Thou (Nicolas de), I, 33i, 3.35, 337,
346, 348.
Thuasne (Louis), 1, 27 n., 95, 103 n.
Thucydide, I, 10.
Thumery (Jean de), sieur de Bois-
sise, II, 289.
Tyard (Pontus de), I, 241 ; - II, 13
n., 66.
Ticioni (Gio. Giacomo), I, 24,
Tigeou (Jacques), I, 247.
Tilens (Antoine), impr. à Anvers, H,
36, 37.
Tissier (J.), II, 345.
Tissot (Jeanne), II, 328 n.
Todeschi (N.), dit le Panormitain, I,
167 n.
Toepke, II, 2.
Toisay (mauvaise lecture), II, 102 n.
— Voy. Torsay.
Toldo (Pietro), I. 41, 104 n.
Tolomei (Claudio), I, 58 n., 91 n.,
113-115, 348 n.
Tolomei (Febo), I. 92 n.
Tolomei (Girolamo), I, 113 n.
Tombeau [le) de Marguerite de
Valois, I, 299.
Tomitano (Bernardo), I, 215.
Tongheren (Guillaume van), Iibr. à
Anvers, II, 278.
Tordi (Domeuico), I, 44 n.
Tory (Geoffroy), impr. à Paris, I,
12 n.
Torsay (Hermann Taffin, sieur de).
Voy. Taffin.
392
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Tosalo (Aonibale), H, 322.
Toscano (Lorenzo), I, 82.
Toulouse, I, 326; — II, 116. lit).
Toulouse (Pariemenl de), I, 3.
Tournai, II, 95, 244.
Tournebu (Adrien I" de). Voy.
Turnèbe.
Tournebu (Adrien II de), 11, 151.
Tournebu (EsUenne de). II, 151.
Tournebu (Odet deI, n^ XXXIX, t.
II, pp. 145-152. — Cf. Il, 122, 156,
177, 182.
Tournes (Jean [I^'] ue), impr. à Lyon,
no XI, t. 1, pp. 161-182. — Cf. I,
9 n., 158, 187.
Tournes (Jean II ;le), irapr. à Lyon
et à Genève, I, 166, 181, 373 ; —
II, 122 n., 123 D., 257.
Tournon (Claude de Turenne, dame
de). II, 226, 2i2, 243.
Tournon (Collège de), I, 108, 110.
Tournon (François, cardinal de),
no IX, 1. 1, pp. 105-116. — Cf. I,
83, 98, 260 ; — II, 6, 355.
Tournon (JusL-Loïs, baron de), comte
de Roussillou, II, 226, 241.
Tournon (Lovs de), seigneur d'Arlan,
11,241
Touset (Claude), impr. à Carpentras,
H, 45.
Toussaiu (Jacques), I, 68.
Touszèle (Jeanne de), I, 127.
Traicté du délit coimnun. etc.. H,
306.
Tramasure (Jean de), 11, 279.
Tramezino (Michèle), impr. à Venise,
I, 89.
Traves (Hélène de Clermont, dite
Mlle (le), I, 66.
Treciisel (Gaspard), libr. à Lyon,
puis en Espagne, I, 186.
Treciisel (Melcliior et Gaspard^i,
impr. à Lyon, I, 127, 136, 138.
Tredelian (Pierre), I, 165.
Tremblay (Jean), impr. à Avignon,
II, 44.
Tremelius (lunrnanuel). II, 109.
Trêves, 1, 2.
Trichet du Fresne (Haphaël), 11,
351.
Tricotel (Edouard), I, 30i n.
Trionli (Francesco), H, 348 n.
Trissino (Gio. Giorgio), 11, 12.
Trislan de Leonnois, I, 307.
Trivulzio (Agosliuoî, cardinal, I,
85 n., 111.
Trivulzio (Pomponio), 1, 276.
Truchet (l'abbé). II, 162 u.
Trumeau (François), impr. à Troves,
L246. ■ ^^ ^
Tullon (Anne), 11, 15.
Turchi (Sempronio), 11, 180 n.
Turcs, II, 67-76
Turenne (Claude de), dame de
Tournon. Voy. Tournon.
Turin. I, 21-24, 98, 100; — II, 67,
162
Turin (Université de), 1, 2.
Turini i^Baldassarre), I, 18, n. 3.
Turnèbe (Adrien de Tournebu, dit),
l,242n.,354n.;-ll. 142 n., 145.
Turner (Robert), 11, 266.
Turbin (Claude), n» XXIX, II, pp.
59-66. — CL I, 285 n.
Uberti (Alessandro degli), I, 204,
212; — II, 20, 21, 24.
Uberti (Niccolô degli), II, 21.
Udine (Bellramo da). Voy. Secchia
(Beltramo).
Ugbelli, I, 4 n.
Ulloa (Alonso de), 11, 45, 91, 217,
218, 259 n.
Umanilà (l') di Cristo, de P. Are-
tino, I, 136, 137, 140, 143, 154.
Urfé (Claude d'), l, 114 n.
Uire. (mauvaise lecture pour Voré),
I, 99 n.
Urrea (Gerônimo de), I, 184 u.
Vadillo (P. Vinc. de), II. 235.
Vaganay (Hugues), II, 65 n., 220.
Vaillant (Germain) de Guélis, appelé
par erreur de La Guelle, i, 354 n.
Valée (Joachim), II, 228. Voy. La
Val.
Valence, I, 109.
Valensole, doyenné, I, 248.
Valentin (Pierre), libr. à Hoiien, 11,
183.
Valet (Antoine), \\° XXXII, t. II,
pp. 81-88. — CL 11, 145, 241.
Valgrisio (Felice), impr., 1, 162 n.
Valgrisio (Vincenzo). Vov. Vaugris.
Va!la (Lorenzo). 1, 103. "
Vallauri (Tominaso), 1, 2 n.
Vallon (Marie de), 227.
\'al(in (Arlus), seigneur de Rozey,
11, 55 n.
Valvassori (Giov. Andréa), dit Gua-
dagnino, impr. à Venise, 11,
27 n.
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
393
Vanden Crnise (Gaspard), ou de La
Croix, I, 223.
Vandeu Rade (Gilles), impr. à An-
vers, II, 128.
Vanden Zande (Martin), il, 271-273.
Vander Aa (A. J.), II, 95 n.
Vander Haegtien (Ferdinand), I,
353 n.
Yarchi (Benedetto), II, 2d n.
Varennes (OlivitM- df), libr. à Pjris,
II, 297.
Varia (Cliarles), II, 23).
Varron, II, 145.
Varsovie, 1, 266.
Vaschalde (Henri), II, 223.
Vascosan (Michel de), impr. à Paris,
I, 10 n , 74, 75, 2i3 n , 244 u.,
277 D., 308, 315 n.
Vatel (A.), II, 83.
Vaucelles (Macé de), I, 123.
Vauchelles (François de Louvenconrt,
sieur de). Voy. LouvencourI,.
Vaudois, I, 22.
Vaugelas (Claude Favre, sieur de),
II, 349.
Vaugris (Vincent), ou Valgrisio. impr.
à Venise, I, 131, 133, 162 n.,
315 n.
Vaugris (.lean), dit Valgrisio, impr.,
I, 162 n.
Vauprivas, II, 195 n.
VautrouHier (Thomas), impr. à Lon-
dres, I, 379.
Vauzelles (Georges de), I, 117,
119.
Vauzelles (Jean de), n" X, t. I, pp.
117-159. — Cf. I, 173, 236.
Vauzelles (Ludovic de), I. 117.
Vauzelles (Matthieu de), 1, 117, 123.
Vecchio (Tommaso), II, 5 n.
Veilhan (François de), seigneur de
Penacors, I, 69, 74.
Veilhan (François II de), baron de
Penacors, I, 74.
Veyrat (Jean), libr. à Lyon, II, 199.
Vellutello (Alessandro). 1,197.
Vellvvijck: (Gérard van), I, 259.
Vendôme (Louis de), prince de Cha-
bannais, I, 65
Veneroni (Jean Vigneron, dit), II,
352.
Veneziano (Giorgio), peintr.', I, 294 n.
Venier (Doraenico), II, 157.
Venier (MatTeo), I, 322.
Venise, I, 9, U, 253-2.>S, 316, 318,
322, 328, 349, 358, 360, 372 ; -
II, 49, 110, 113, 118, 119, 12i,
153, 157, 165, 270, 271, 290, 355.
Verancic (Anton), II, 72, 73.
Vérard (Antoine), libr. a Paris, I,
10 n., 11 n.
Vérard (la veuve d'Antoine), libr.
à Paris, I, 9 n.
Vergèce (Ange), I, 242.
Vergerio (Pier Paolo), I, 4l, 43.
Vergy( François de), comte de Champ-
hte, II, 231, 244.
Verini (Ugolino), II, 157.
Vernassal, capitaine du château de La
Roque, I, 274.
Vernassal (François de). n° .Wl,
t. I, pp. 271-274. — Cf. I, 305.
Vernassal (Maxirailien de), I, 27 4.
Vernon (Aune de), dame de Broon,
II, 9.
Vernon (Arthuse de), dame de Thé-
ligny, U, 9.
Vernon (Raoul de). II, 9 n.
Vérone, II, 348.
Veronica, courtisane vénitienne, II,
5U.
Versoris (.M irguerite), II. 182.
Verviiel (Jacquesi, II, 277.
Vesch (Nicolas de), U, 227.
Vettori (Alessandro), II, 3->6, .337.
Vettori (Piero), I, 110 n. : — U,
165, 167-171.
Vêtus (Jo.). Voy. Le Vieil.
Vezza (Ferrante), II, 163.
Vianey (Joseph), I, 290 n.
Victor (Aurelius), I, 189.
Vida (Girolarao), U, 45.
Vidal (Blanche), II, 33.
Viène (M.), Il, 141.
Vienne (Wien), I, 318; — II, 76.
Vienne (Antoine de), baron de La
Borde, II, 55-56.
Vienne ( François de^., baron de Ruffey,
U, 56n.
Vienne (Jean de), baron de Ruiïey,
II, 57.
Vierge (la) vénitienne, I, 318-322.
Viezi (Scipione), I, 265.
Vigenère (Biaise de), II, 224.
Vigneron (Jean), dit Veneroni, II,
352.
Vignon (les héritiers d'Eustache),
impr. à Genève, II, 258.
Villauio (L. A ), II, 69
Villars (Pierre de), II, 154
Villebranche (Claude), seigneur de
Broon, II, 9 n.
Villehardouin (Geoffroi de), II, 351 n.
Villeneuve (? Perrenot, dame de), II,
245.
Villeneuve (Imbert de), I, 13.
394
TABLE ALPHABETIQUE GENERALE.
Villiers (Gilbert de), impr. à Lvon,
1,119.
Vinci (Leonardo da), II, 351.
Vinet (Elie), II, 84,
Vintimille (Jacqiies de), I, UU, 354 n.
ViREY (Claudk-Énûch), d» LIX, t. II,
pp. 825-333. — Cf. II, 317 n., 320.
Virey (Cliristophe), II, 331 n,, 333.
Viret ,' Pierre). I, 323 u.
Virgile, I, 197.
Visa^ier (Jean), dit Vulteius, I, 68,
124, 276.
Visconti (Frà Filippo), II, 336.
Vita (la) di Caterina vergine, de
P. Aretino, I, loi.
Vita [la) di Maria vevf/ine, de P.
Aretino, I. loi.
Vitel (Marguerite), I, 75.
Vitlorino (Lorenzo), II, 28.
Vivian (Thielmann), libr. à Paris, I,
178.
Viviers, II, 227.
Vizé (Gilles? Donneau de), II, 165,
172.
Vladislas, roi de Hongrie, I, 4.
Vogel (Johann), I, 132.
Voilure (Vincent), II, 352.
Voré (Barnabe de), seigneur de La
Fosse, 1,99; — II, ■.ioC,.
Vosellus (Johannes), I, 124. Voy.
Vauzelles.
Vossius, II, 198.
Vover (Jean de;, vicomte de Pauiray,
II, 85.
'Voyer (Marc René de) de Paulmy,
marquis d'Argensou, II, 85.
Vulcob (Jean de), seigneur de Sassy,
I, 357.
Vulteius (Jo.). Voy. Visagier (Jean).
Warty (Françoise de), II, 11.
Wechel (Chrestien'i, impr. à Paris,
I, dOl.
WHll CG.), I, 313 n.
Wiliemin (Antoinette), II, 242.
Willemin (Désirée), II, 242.
Wiliemin (Guillaume), II, 242.
Willemin (Jean), n» L, t. II, pp. 241-
248. — Cf. Il, 235.
Windakiewicz (St.). I, 268 n.
Wolf (Kaspaii, II, 82, 84.
Wûtton (Sir Henrv, II, 113.
Xénophon, I, 6, 20 n.
Zabarella (Bartolommeo), H, .322 n.
Zabarella (Diana Rustica), II, 823.
Zabarella (l'rancesco), II, 322 n.
Zabarella (France.sco II), II, 323 n.
Zabarella (Jacopo), II, 322 n.
Zarapini (Matteo), II, 122.
Zanetti (Francesco), impr. à Venise,
II, 272.
Zanni, 1, 367.
Zeller (Jean), I, 253 n.
Ziletti (Francesco), impr. k Venise,
II, 133.
Zonaras, I, 75, 242.
Zumbini (B ), I, 104 n.
Zuallart (Charles), II. 279.
ZuALLART (Jean), n» LUI, t. Il, pp. 269-
279.
TABLE DES MATIERES
DU TOME SECOND
Pages
XXII. — Alexandre de La. Salle 1
XXIII. — Jean-Baplisie Du Four 3
XXIV. — Claude de Herberay 19
XXV. — Thomas Thierry 27
X^VI. — Louis DE Perussis 33
XXVn. — Vasquin Philieul 43
XXVIIL — Claude de Pontoux 49
XXIX. — Claude Turrin 59
XXX. — Simon Boileau 67
XXXI. — Pierre Gentil 71
XXXîL — Antoine Valet 81
XXXIIL — François de Belleforest 89
XXXIV. — Hermann Taffin, sieur de Torsay 95
XXXV. — Philippe de Mornay, sieur du Plessis-Marly. 109
XXXVI. — Philippe Canaye, sieur de Fresne 115
XXXVIL — François Flory 127
XXXVIII. — Jean Du Chemin 137
XXXIX. — Odet DE Tournebu 145
XL. — Nicolas Audebert 153
X LI. — Pierre Joulet 1 81
XLII. — Jean de Boyssières 187
XLIIL — Claude Du Verdier 193
XLIV. — Michel de Montaigne 201
XLV. - G. Tessier 205
396 TABLE DES MATIÈRES.
PAGES
XLVI. — Jacques Bourgoing, seigneur de Poissons. 209
XLVII. — Jérôme d'Avost 215
XLVIII. — Jacques de Bomieu 223
XLIX. — Jean-Edouard Du Monin 229
L. — Jean Willemin 241
LI. — Odet DE La Noue 249
LU. — Gabriel de Gutterry 259
LUI. — Jean Zuallart 269
LIV. — Jacques Gillot 281
LV. — Jean-Pierre Cotereau 299
LVI . — Marc- Antoine Millotet 303
LVIL ~ Philippe-Emmanuel de Gondi, sieur de Dam-
pierre 309
LVIII. — Pierre Brigard. 315
LIX. — Glaude-Énoch Virey 325
LX. — Le P. Jean Le Comte ..... 335
LXI. — Paul RoMiEU 341
Coup d'oeil sur le xvii° siècle 347
Addilions et Corrections 355
Table alphabétique générale 359
IMPRIMERIE FRANCIS SIMON, RENNES.
G
PQ Picot, ^dle
239 Le? Français italianisants
P5
t. 2
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